jeudi 2 août 2012

La fois où Po s’est battue


Quoi quoi QUOI, elle parle encore de son crisse de chat? Oué. C’est ça ou bin je parle de mes maladies mentales. Faque. Compte-toi chanceux, toi, mes tendres lecteurs. Et puis Po fait partie de mon quotidien depuis tellement longtemps — je la flatte au moment même où je tape ces mots — que si je parle de ma vie plate, c’est claire que Po va être mentionnée au moins une fois de temps en temps. Ou souvent, comme je l’ai fait ces derniers temps.



Depuis qu’on vit dans le Manoir deluxe, Po peut enfin prendre l’air. Vu son âge et son manque d’expertise en matière de flanâge dins ruelles, je n’ose pas la laisser se balader en totale liberté, même si au fond de moi c’est ce que je voudrais, c’est ce qui colle à mes valeurs. Sauf que je suis trop mère poule. J’ai peur que ses réflexes ne soient plus assez vifs, qu’elle se fasse frapper par une voiture, attaquer par un chien ou un chat, voler par un humain mesquin. Je trouve ça cruel de la garder captive, alors je lui mets une laisse et je laisse la porte ouverte. Compromis, genre. Le plus souvent, elle attend que je l’accompagne pour sortir dehors. Ça la met en confiance. Alors je m’installe parfois dehors avec mon portable ou un livre pendant que Po reste assise à fixer le vide ou sentir des affaires qu’on sait pas kessé c’est ça. Des fois, elle est tellement à l’aise qu’elle n’attend plus ma présence, même qu’elle se couche sous l’escalier. J’avais jamais vu Po se coucher dehors. Avant, elle restait constamment sur ses gardes quand elle était dehors, comme si le monde extérieur n’était qu’hostilités et dangers. Astheure, c’est une vieille Po, pis a s’en querisse. Je sais pas si je me trompe, mais j’ai l’impression qu’elle dort un peu plus qu’avant (sauf vers 5-6 heures du matin, quand je commence à m’endormir). Alors peut-être qu’elle a des attaques de sommeil même quand elle est dehors? Peu importe qu’elle soit confiante ou juste vieille, je la laisse jamais sans surveillance très longtemps. Si je ne suis pas avec elle dehors, je demeure dans le salon juste à côté de la porte, à mon bureau, et je me lève souvent pour aller voir si tout est OK. Parfois j’entends passer le vieux monsieur qui parle à son p’tit chien. Le p’tit chien n’est jamais attaché, alors je dois surveiller Po, parce que si jamais il s’approche trop près d’elle, il risque de manger une patte griffue en pleine tronche. Je voudrais pas que le p’tit chien du vieux monsieur se fasse dézieuter, ça me ferait de la peine et ça me mettrait bin mal à l’aise, même si en réalité, je peux pas vraiment être tenue responsable (enfin, je l’espère?). Hier, justement, au moment où j’allais voir si Po était OK, je l’ai surprise dans une posture un peu crispée. Je me demandais pourquoi elle était tant arquée et figée, puis j’ai vu que c’était le p’tit chien qui lui faisait cet effet, parqué à deux pieds de Po. Il avait l’air fasciné par elle, mais assez prudent pour ne pas s’approcher. Pas de risque à prendre, j’ai fait rentrer Po. Elle avait l’air un peu outrée et a tenté de me faire changer d’avis. « Sophy, faudrait vraiment que je sorte. Je veux juste vérifier quèque chose. Aweille donc. Sophy? Je promets de pas faire de marde avec le p’tit chien. Come ooooon. » Le pire, c’est les autres chats. En fait, je dois dire que je crains un peu plus le chien du p’tit voisin. Le kid joue parfois dans la ruelle avec son berger australien pas attaché. C’est arrivé une fois qu’il le sorte au moment où Po était dehors. Il avait l’air furieux contre elle, il jappait après en grognant, elle crachait de son mieux mais était complètement terrorisée. Le p’tit gars avait l’air pas vite vite. Il foutait rien, il laissait son chien tourmenter ma vieille Po. C’est moi qui ai dû faire peur à son chien pour qu’il sacre la paix à ma chatte qui était poffée comme jamais. Dude! Ma chatte n’est pas dégriffée, elle pourrait faire mal à ton chien! (Je me suis dit que ça passerait mieux que « ton chien a l’air méchant avec les chats ».) Mais avec les autres chats, c’est quand même assez terrible. Et je dois avouer en toute franchise que je viens juste de m’apercevoir, après 17 ans de vie commune avec Po, qu’elle est très, très territoriale. Au point de péter sa laisse trois fois. Dès qu’un chat s’approche de son minuscule territoire, elle le charge, telle une maman rhinocéros voulant protéger son bébé. Plusieurs fois, j’ai vu de mes zoeils vu, ma douce Po charger des chats faisant deux fois sa taille. La première fois qu’elle a croisé un chat du quartier, elle a même lâché un hurlement de démon. Elle devient un démon. Mais la pire shot, ce fut l’INVASION DE DOMICILE. 

Je commence à connaître les chats du quartier, et un des plus réguliers, c’est le p’tit gris tout doux. 

Non mais regardez-moi ce beau chat. Qui oserait s'en prendre à lui?

C’est un touptit chat, assez jeune, qui vit à deux maisons de chez nous. Malgré son attitude plutôt amicale avec Po, celle-ci est plus du genre « FUCK YOU, TOUÉ MON TABARNAQUE! TU DÉCÂLISSES TUSSUITE! » (Il s’agit de mon interprétation personnelle, alors peut-être que je me trompe sur ses intentions ou ses sentiments envers le jeune chat.) Le p’tit gris tout doux n’insiste jamais et décâlisse au plus crisse, suivant l’invitation de Po. Sauf une fois. Une fois où Po n’était pas attachée. Parce que ça m’arrive, oui, de filer relaxe avec ça, de lui faire confiance. Je la surveille plus souvent, pour être sûre qu’elle ne parte pas trop loin pour charger un chat ennemi. Mais cette fois, pour une raison qui m’échappe, le p’tit gris tout doux s’est dit : « Tiens, je vais m’inviter chez Po, pour voir. » Heille, l’idée de génie, toué. J’étais à quelques pas de la porte quand j’ai entendu les cris démoniaques. J’ai à peine eu le temps de bondir de ma chaise que la masse de chats était déjà rendue dans ma chambre. Ça se déplaçait plus vite que la bête du Gévaudan. Partout en même temps. Le Yâwbe pogné dans place. 

Ils se battaient. Sur mon lit. En criant. Pis moi je criais après. En courant. Ça a duré trois secondes et demi pis j’ai réussi à faire fuir le p’tit gris pus très doux. J’étais un peu en état de choc. Si j'avais été pouélue, j’aurais été poffée en tabarnaque.

Y’avait des tumbleweeds de pouèles dans ma chambre.

Po était encore un peu poffée, sul gros nerf. Puis, elle s’est calmée, s’est couchée par terre, pis a s’est crissé une cigarette entre les dents. Po, c’est Clint.

3 commentaires:

La citadine a dit...

YES un autre billet sur Po! Amènes-en des histoires de Po, j'adore :D Et celle-là était vraiment trop divertissante, tu racontes trop bien.

"Si j'avais été pouélue, j’aurais été poffée en tabarnaque." J'ai fait "lol" dans la vraie vie. :D

Éric McComber a dit...

Yea. A l'a bin raison. Faut se défendre, asti.

Lora Zepam a dit...

(Han, c'est bizarre, je viens juste de recevoir une dizaine de commentaires d'une shot. Blogspot est pas vite? Je devrais peut-être enlever la modération des commentaires. Ouan, fuck la modération.)

@La Citadine : Merci! Moi aussi j'ai lolé (dans ma tête), mais après. Le temps que le choc passe, que je me dépoffe un peu (dans ma tête).

@Éric : T'as tellement raison! Po a l'a raison!