lundi 31 décembre 2012


Quand je pense aux jeux vidéo qui m’attendent à la maison alors que je suis en train de prendre une marche dehors, ça me donne un turbo.









BAILLE.

samedi 29 décembre 2012

Les gars de la Croix-Rouge


La veille de son départ pour Rimouski, Mathieu m’avait invitée à passer la soirée et la nuit chez lui pour jouer à Secret of Mana. On s’était dit que ce serait notre journée jeux vidéo en bobettes rien qu’à nous. J’avais hâte! Notre game nous attendait depuis des mois, j’étais tutessitée de retrouver TiCass, Peupi et Doune. Je suis arrivée chez lui en début de soirée.

— Mathieu! As-tu vu, en face du Jean-Coutu…
— Les gars de la Croix-Rouge super agressifs?
— OUI! Sont donc bin gossants!!!
— Ils doivent pas ramasser beaucoup de dons.
— J’cré bin! J’ai mes écouteurs sur les oreilles, je suis affamée, je marche en pleine tempête avec des bottes de marde, pis le cave s’écarte les bras pour me bloquer le chemin. Il me déballait son speech comme un robot, pis quand je lui ai dit que j’avais pas d’argent, il a fini ça en disant « BLA BLA BLA ». Non mais faut-tu être effronté?!
— Y’a peut-être du monde qui vont porter plainte.
— Ça serait pas étonnant. Quand même, c’est une honte pour la Croix-Rouge d’avoir des osties de baveux qui les représentent. Manne, ils bloquaient le chemin aux piétons! Je suis sûre que des p’tites madames effrayées ont crissé le camp sur le trottoir! 
— Ça te fâche donc bin. Je dirais même que t’es assez agressive pour travailler pour la Croix-Rouge.
— Gnn. Mais je suis fâchée, oui! Je sens que j’ai absorbé leur agressivité, chu en crisse! Heille j’ai même jamais vu un SDF junkie avec une attitude de marde comme ça! Pis il me dit « vous donnez ce que vous pouvez ». AH OUIN? Faque je peux prendre dix minutes à remplir ton formulaire en pleine tempête sur un coin de rue pour dire que je vais donner 0$ par mois à la Croix-Rouge? Pis va donc chier avec ton BLA BLA BLA de même pas Danielle Ouimet!

Je pouvais pus m’arrêter de me crinquer contre les gars de la Croix-Rouge. Et à leurs yeux, je suis peut-être un monstre d’égoïsme et d’indifférence qui fait semblant de pas avoir d’argent juste pour avoir la paix. En tout cas. Au moins je me suis pas fait taxer, han.

À la base, j’étais de grosse bonne humeur ce jour-là, alors ma colère est vite tombée. Finalement, on n’a pas joué en bobettes, parce qu’il faisait un froid inhabituel chez Mathieu, et on n’a pas avancé tant que ça à Secret of Mana parce que j’étais trop fatiguée pour être efficace. J’ai peu d’énergie, ces temps-ci, et en ce moment-même je lutte contre l’envie de me coucher en tas avec Po. Ça doit être 2012 qui m’a trop bouffé de stamina. L’ostie. Ça ou bin c’est les gars de la Croix-Rouge qui sont des vampires, et ils ont aspiré mon énergie vitale. Les osties.

vendredi 28 décembre 2012

Mon séjour dans la Vallée du gouffre

Suite et fin de mon carnet de voyage commencé ici.


Jeudi
J’ai décidé de me réfugier chez mes parents, en quarantaine. C’est l’endroit le plus proche où je peux me terrer, et Oli a la gentillesse de m’y amener. Je lui paie l’essence et je le mets sur mon testament — à condition que je ne meure pas endettée. J’ai dormi à peu près trois heures, j’ai peur d’avoir pogné le choléra, j’ai peur que mon chum crève dans une chambre d’hôtel, mais je vais quand même essayer de voir ça comme des vacances, comme une opportunité d’aller voir mes parents et visiter la nature mi-sauvage mi-domptée. Si mon système immunitaire n’assure pas, je pourrai toujours monopoliser une seule des deux salles de bain afin d’éviter de contaminer mes parents. Dans tous les cas, je pourrai avoir la paix, me reposer, rêvasser, écrire dans le solarium avec les chats. Mais j’avais oublié que mes soeurs viennent visiter mes parents durant la longue fin de semaine. Hum. Bon, je vais faire avec.

En route, j’essaie de me détendre. La loi 78 vient d’être adoptée pis ça me donne l’impression dégueuse de vivre maintenant dans un pays hostile, je suis pas chez moi pantoute. J’arrive chez mes parents. Leur tévé HD diffuse les nouvelles de Tévéya. Mon père est content. Il dit que ça va ramasser les crottés. Heille! Ta fille est une crottée! Ça te fait quoi d’apprendre ça? Penses-tu qu’il faut me sacrer en prison?

Ça part mal pour mes plans de relaxer dans le fond des bois.

Mathieu m’a écrit. Il se sent un peu mieux, mais il va dormir une autre nuit à l’hôtel et se rendre à Montréal le lendemain. Il peut pas me parler longtemps parce qu'il y a une équipe de tournage de Vision Mondiale dans sa chambre d'hôtel. Aon, mon chum va survivre. Au moins une bonne nouvelle!


Vendredi
Ma soeur (la grosse) arrive avec Elmo, sa chatte gériatrique. Elmo n’aime pas Moufie, la jeune chatte de mes parents, alors elle monte à l’étage pour se cacher dans une chambre. Une marche à la fois. Pas vite. Elmo a le poids de la vie sur ses petites pattes frêles. Mais elle est toffe. À 15 ans, elle a dépassé l’espérance de vie que le vétérinaire lui avait prédit à cause de ses problèmes cardiaques. Elmo continue.

Plus tard, l’autre soeur avec arrive avec mon neveu préféré. Elle est accompagnée de son nouveau chum, qui est aussi l’ex de notre cousine. Ça fait un peu Watatatow, mais c’est pas grave. Yé bin fin, pis au moins on le connait déjà, faque on sait que c’est pas un psychopathe.

Durant le souper, ma famille insiste pour que je reste à table, même si j’ai déjà mangé. Je fais un effort, je vais les rejoindre dans le solarium. Il n’y a pas de chaise pour moi, alors je m’assois sur la balançoire juste à côté. Discussion au sujet d’un membre de la famille qui a un trouble alimentaire. Gros procès. J’aimerais ça leur dire de fermer leur djeule, mais je traîne une fatigue mentale depuis trop longtemps, et une fatigue physique vient de s’ajouter à ça. Je quitte, personne semble s’en apercevoir.

Plus tard, on fait un feu. Discussion sur la hausse. Ah, mais oui, fallait bien que ça arrive. Le nouveau beau-frère est un peu fâché contre les carrés rouges et il déteste Gabriel Nadeau-Dubois, mais il a un peu de misère à m’expliquer pourquoi. En jasant avec, je lui fais remarquer qu’au fond, il est lui aussi en faveur la gratuité scolaire. Comme moi, il pense que tout le monde devrait avoir accès aux études supérieures. Manne, toi aussi tu devrais porter le carré rouge! Par bonheur, la discussion ne vire pas à l’engueulade. Faut dire que mon père n’est pas là pour me poker avec son Richard Martineau. Je suis convaincue qu’il a décidé de l’aimer juste pour me faire chier…

OMG, UN BARBEAU!

Ça, je voulais que ça arrive. Je voulais apprivoiser les hannetons, c’était un de mes buts de l’été — heille, ris pas de mes ambitions —, parce que les hannetons sont les beubittes qui m’ont le plus terrorisée durant mon enfance. En écrivant un texte sur eux, je me suis dit qu’astheure que je les aime et les connais mieux, je veux cesser d’éprouver de la peur et du dégoût quand j’en vois. Je veux être capable de les toucher, de les apprécier. Alors voilà ma chance de tester où j’en suis dans tout ça.

Je l’attrape avec le pot à insectes du Neveu. Pas trop dur comme opération, les hannetons sont assez lents. Ensuite, je le regarde pendant un petit moment. Je l’apprivoise dans ma tête. Je me demande si je le trouve beau. Est-ce qu’il est beau? Mais oui, il est beau! Là, ça devient une évidence. Je le laisse tomber dans ma main. Ses pattes griffues ne m’incommodent pas une crisse de seconde. Je trouve qu’il a une belle tite face de barbeau. Oh! Il a du pouel sul chest! Fanny, regarde! Comme le premier homme de ta vie, George Michael! Je vais l’appeler George. George Barbeau. Ma soeur aussi l'a flatté. Je l'ai libéré parce que je commençais à m'attacher pas mal. Quelques minutes plus tard, un autre hanneton a atterri dans la chevelure de mon autre soeur (la petite). J'ai dit bouge pas, fille, pis je l'ai débarrassée du monstre d'un geste viril mais tendre.

J'ai pus peur de rien.


Samedi

Mon espoir grandit : j’ai toujours pas la gastro. Top shape. Mais ça fait deux jours que j'hallucine une odeur de renvou, comme si elle était restée collée dans mes nasaux. Je pense que j'ai subi un vrai traumatisme olfactif.

Le Neveu pis moi on part donc en expédition! On veut trouver des traces du limbo, cet être mythique dont on entend parler depuis assez longtemps, là, wo, c’t’assez, yé temps qu’on le trouve. On veut des preuves de son existence.

La première fois que notre père a fait mention du limbo, mes soeurs pis moi on est parties à rire. On se disait ça y est, le pére est saoul. On revenait en char du chalet de ma cousine Janie — dans le temps c’était correct de conduire un peu saoul —et il faisait très noir, et comme dans les bois y’a pas de lampadaires, mon père pouvait nous faire croire n’importe quoi. Il a un peu dévié de la route, frôlant le précipice à notre gauche — ma mère, qui a bin gros le vertige, paniquait un peu — pis il a lâché un : « WEUP! Je viens de voir un limbo. » (lol) Que c’est ça? « Un limbo, c’t’un lièvre avec une dent en or. » (gros LOL) Plus tard, j’ai fini par demander à mononc Robin s’il savait c’est quoi un limbo. « Bin c’t’un lièvre ek une dent en or, crisse. Tu connais pas ça?! » C’est là que je me suis dit qu’il fallait enquêter.

Maintenant que Le Neveu a enfin l’âge de prendre part à des activités dangereuses, le timing est bon pour aller se parde dans le bois. On s’équipe : son pot à insectes (d’un coup qu’on verrait des beubittes étranges), une loupe pour analyser les traces minuscules suspectes, des bâtons magiques pour marcher plus vite, des barres granola, de l’eau, un sifflet, un carnet de notes, un iPod pour prendre des photos, pis du poivre de Cayenne (d’un coup que).

On a trouvé : une couleuvre écrapou.

En soirée, on décide d’aller au traditionnel concert de crapauds. Les anoures ont l’habitude de se produire gratuitement à chaque nuit durant quelques semaines, et à chaque représentation, je vis un grand moment. En plus, c’est vraiment tout près de chez mes parents. On marche quelque minutes, on prend un chemin INTERDIT D’ACCÈS - PAS RESPONSABLE DES ACCIDENTS, on descend une côte, pis on s’assoit sur la galerie du minuscule chalet de Madame Voorhees. Pis là, on se trouve à être drette en face d’un touptit lac tranquille. Tranquille en apparence, parce qu’on sait que ça grouille de vie, ce milieu là. J’arrive là avec Le Neveu, ma soeur Fanny et notre mère. Les crapauds interrompent toujours leur show quand des spectateurs arrivent. Il faut s’excuser, puis leur laisser le temps de reprendre le beat. On reste silencieux durant quelques minutes, dans la pénombre. Puis… WOUP, WOUP, WOUP… BRRRRRR. On les entend! Pseudacris crucifer et Bufo americanus  nous font un bon jam. Crisse que c’est beau. On les écoute en silence, admiratifs, presque méditatifs. Pendant un instant, je sens qu’il n’y a que ça qui compte, je suis là, avec eux, ma famille et les anoures, qui sont aussi ma famille, on est entourés d’arbres résineux qui sentent bon et découpent le ciel comme des démons tordus, la lune brille un touptit peu, juste pour dire, pas du tout éblouissante parce qu'on n'est pas à un fucking show de Pink Floyd, le ciel est rosé à l’ouest, presque noir à l’est, pis même les maringouins n’osent pas faire chier. Tout est parfait.


Le reste de la semaine, un peu dans le désordre...

Là j’y vais de mémoire, je me souviens pas exactement dans quel ordre ni quel jour les prochains événements sont arrivés, parce que c’est pas vrai que je tiens un carnet de voyage quand je vais dans la Vallée du Gouffre, pis de toutes manières, t’étais même pas là faque ça crisse eurien.

(J'ai hésité avant d'écrire le mot « événements », parce que je suis pas encore sûre si les prochaines lignes en contiendront réellement.)

Après le souper, je demande au Neveu si ça lui tente d’aller chez Robin à pied, et il accepte sans aucune hésitation. Le Neveu, yé toujours partant pour faire des affaires avec matante Monstre. C’est moué, ça, matante Monstre. J’ai héritée de ce doux nom parce que je fus longtemps l’épouse de Patrick Monstre, et peut-être un peu parce que face au reste du monde, Le Neveu pis moi on s’est toujours pris pour des extraterrestres, des monstres, des créatures d’ailleurs. Patrick a gagné ce titre parce que la première fois qu’il a vu Le Neveu, âgé de deux ans et demi, il avait joué au monstre avec lui. Les enfants avaient eu bin du fonne. Cet événement — oh! en voilà un! — s’est imprégné dans le cerveau tout neuf du Neveu, qui n’a jamais cessé d’utiliser ce surnom.

Se rendre au village à partir de chez mes parents, c’est une grosse demi-heure de marche. On aurait pu se prendre un chocobo pour aller plus vite, mais on n’était pas pressés, on voulait regarder le paysage, jaser, prendre des photos. Ma mère était bin inquiète qu’on marche sul bord de la 381, mais je lui ai dit qu’on serait encore plus prudents que des vieux chats. Ma mère a toujours peur qu’il nous arrive des affaires, on dirait qu’elle a même peur qu’il nous arrive des affaires le fonne. Pour calmer ses inquiétudes, ma maman s’est rendue chez Robin en voiture, avec ma soeur (la grosse), et elles nous attendaient là qu’on est est arrivés à destination. On n’a pas regretté d’avoir pris notre temps, on s’est gâté les oreilles avec des concerts de crapauds, gâté les yeux avec les beaux paysages de montagnes explosées et les ruminants et les équidés et tussortes de belles affaires de la campagne. Pis ça sentait bon. Chez Robin, ça sentait la Export A. Odeur réconfortante que je peux juste associer à Robin. Fanny aime pas ça, elle va sûrement pas vouloir passer la soirée dans l’appart plein de boucane, mais pour l’instant elle veut pas partir, on a trop de fonne à écouter Robin nous expliquer l’importance de se mettre chum avec la police pis les Hell’s. « Comme ça, t’auras jama d’troube. » Ma soeur hurle de rire. Littéralement. Ma soeur crie vraiment comme une dingue quand elle rit. Des fois ça me fait mal aux oreilles. En tout cas, c’est pas grave, parce qu’on a beaucoup trop de pliaisir pour que je me plaigne.

Le lendemain, Le Neveu pis moi on a un peu exploré la rivière. On voulait faire nos coureurs des bois, encore, mais en version riverains. On saute sur les roches — nous autres on sait sur quelles roches marcher pour pas se planter — pis on se pogne après des branches — nous autres on sait à quelles branches s’agripper pour pas qu’elles nous cassent entre les mains — pis on scrute la faune entomologique qui entoure le cour d’eau — on a spotté des dolomèdes, les plus grosses araignées du Québec — pis on essaie de pas sniffer de mouches — ça, je sais pas encore comment l’éviter complètement. Nous autres on est des explorateurs de régions semi-sauvages pis on n’écrase pas les araignées quand on court dans le bois.

J’aime beaucoup ma famille, mais ça me demande pas mal d’énergie de passer des journées entières avec elle. Les parents, les soeurs, les beaux frères, pis même les voisins des fois, ça fait du monde en crisse. C’est avec mon neveu que j’ai la plus belle complicité, et c’est un peu sa présence qui a sauvé ma semaine, autrement je me serais sentie pas mal seule parmi tout ce monde. OK, je me suis évité la gastro de Mathieu. Mais un très long week-end en famille, c’est un peu comme une maladie. Peut-être que je me fais des accroires, mais dans ma tête, la famille est supposée être un milieu confortable comme un pyjama XL. Quand je m’y retrouve, j’ai souvent l’impression d’être une étrangère. J’imagine que c’est l’adolescence qui fait ça. Paraît que ça peut durer longtemps.


Jeudi

Fanny pis moi on remplit son char de nos bagages, et quand tout est prêt, qu’on a fait nos beubailles aux parents, on met Elmo dans sa cage de transport et on retourne vers la grand’ville.

La route était belle, on a vu le soleil se coucher doucement. On a chanté du Wham! pis notre toune de duo, Marcia Baila. Plus on approchait de Montréal, plus je sentais monter l’angoisse. J’étais fatiguée et j’avais hâte d’être chez moi, mais j’avais pas l’impression de me rapprocher de chez moi. Mathieu m’attendait au métro Longueuil. Il s’avait que j’avais peur de croiser des grosses polices dans notre ville pleine de grosses polices. J’avais peur parce que tout le monde se faisait arrêter par la police, tout le monde, tout le temps, même le soundman de Fred Pellerin s’est fait arrêter par la police. Pis moi, j’ai un carré rouge pis une face louche, pis je refuse d’enlever mon carré rouge, et je refuse aussi d’enlever ma face louche. 

Mathieu pis moi on s’est mis en mode invésibe pis on est rentrés au Manoir deluxe sans problèmes. Po était douce et sentait bon comme une botte de foin charlevoisien.

Encore une journée de fête


La nuit dernière, le coloc s'est mis à gigoter dans le lit. Il était fâché parce que Po prenait toute la place et laissait des allergènes partout. J'ai dit "OK, on va aller se coucher dans mon lit." Mais il voulait pas que je parte. Juste Po. Crisser Po dehors? Heille wo, WO monesti. Je vais pas la laisser dormir tusseule dans ma grande chambre froide. Hamah. J’ai pris Po, mon portable, mon cell, ma bouteille d’eau pis ma boîte de kleenex (je dors jamais seule, coudonc), et je suis retournée dormir dans ma chambre. Brr. Mais on a bien dormi! Et ma banane du matin était parfaitement mûre (on dit que les p’tites choses de la vie comptent pour gros, faque). Et sans vouloir me vanter, mes derniers muffins étaient juste EXCELLENTS. Tu parles d’un beau début de journée, toué! Là, j’étais pas mal essitée parce que juste avant de m’endormir, j’avais downloadé The Legend of Zelda : Ancient Stone Tablets. Quand on m’a dit qu’il existait un genre de sequel à Zelda : A Link to the Past, mon jeu préféré, j’étais tute han han QUOI comment ça yousse?! Je comprends pas pourquoi je viens juste d’apprendre l’existence de ce jeu. En tout cas, j’avais pas mal hâte d’essayer ça, même si j’ai pas fini Minish Cap, mais c’est quoi la première affaire que j’ai faite après le déjeuner? Pelleter l’entrée. Ouan. Y’en avait tellement que je me suis dit que ça doit compter pour toutes les fois où c’est le coloc qui a déneigé l’entrée. 

Po veut toujours aller sniquer dehors. Alors j’ai ouvert la porte, elle s’est approchée doucement en plissant des yeux…




Et quand je l’ai invitée à sortir dehors, elle a lâché un long miaulement angoissé. Bin weyons, Po. C’est ton dix-septième hiver! Reviens-en!

Après ça, j’ai nagé jusqu’au Jean Couteux pour acheter des affaires plates, je suis rentrée au Manoir, j’ai fait du lavage, pis là j’ai pu considérer que ma journée avait été assez productive pour me permettre d'y consacrer le reste à essayer mon nouveau Zelda et avancer dans ma game de Minish Cap.

Oh wow. Pendant que j’écris ces lignes, je viens de recevoir un colis. Un colis des États-Unis? Ça peut juste être de Joanie! Hiiiiiiiiiiiiiii! Une carte postale! Des cadeaux pour Po et moi! *o*

Sur les cadeaux, il y a des Post-It Nintendo sur lesquels c’est écrit « Ne pas ouvrir avant Noël! Je te check! 0_0 » He he. Je m’évite une petite torture, on dirait.


Un étchureux californien que Po pourra tapocher et lécher joyeusement.

Unc Crazy Cat Lady aimantée avec des chats métalliques! Aon, moi aussi je veux devenir une madame qui vit avec douze chats velcro!
Je ne fête plus Noël, mais je suis super touchée que Joanie ait pensé à nous envoyer ces cadeaux (ainsi qu'une superbe carte postale avec un reflet de sa face dans une boule de Noël!). Merci, chère. Tu vois, c'est encore ma fête!

La folle aux chats aimantée est accompagnée d’un mini livre intrigant, faque je vais aller le lire à l’instant. Baille baille bonne nuit baille!

jeudi 27 décembre 2012

Comment sécher Noël en une étape facile

Après ma courte marche au frette — le 25 décembre à 21 heures, l’avenue du Mont-Royal a l’air d’un film de zombie — je rentre pis je demande au Ringuette s’il est prêt à voir La classe américaine. Il dit que oui, mais moi je tiens à me laver avant de m’écraser pour de bon — pis fuck mes cheveux gras, je suis déjà tannée.

On reste dans sa chambre, où on est installés depuis la veille parce que la température est vraiment plus confortable, pis Po vient se mettre à l’aise sur le lit. Le Ringuette est un peu allergique aux chats, mais il tolère Po. Pis elle est bin trop adorabe, il peut pas la rejeter, voyons donc. On regarde La classe américaine, il trouve ça « un peu drôle, mais pas tant » (pff), pis après il veut que je trouve un autre film. Je suis trop lâche pour fouiller dans mes boîtes de DVD pis sur mon disque dur, pis ça commence à me prendre du temps à trouver un film pas pire sur Youtube faque le Ringuette décide de s’abonner à Netflix. Je réussis à le convaincre de choisir le film sur les tortues marines (je me souviens pas du titre, mais c’est sur les caouannes (Caretta caretta) qui, comme toutes les tortues marines, ont un début de vie beaucoup trop intense et dramatique), ensuite il a vu qu’on pouvait regarder des vieux épisodes de Degrassi faque je dis OUI OUI OH OUI et on se tape trois Degrassi de suite pis c’est sûr qu’on va regarder tous les autres bientôt.

Qui c'est qui était plus cool que Joey Jeremiah, han? Qui c'est?

Là, le Ringuette veut dormir, il trouve que quatre heures du matin c’est pas une heure pour glander devant la tévé, mais moi je m’endors pas encore, alors je retourne sur Youtube, où j’avais trouvé un peu plus tôt un vieux film que j’avais reçu en VHS quand j’étais touptite, accompagné d’un cahier à couleurer. C’est La forêt enchantée (Sekai Meisaku Dowa - Mori wa ikite iru, Japon, 1980), que je regardais régulièrement quand j’étais très jeune, seule ou avec ma soeur (la petite). L’histoire d’une pauvre orpheline maltraitée par sa tante et sa cousine, qui finira par enseigner la gentillesse à une jeune reine égocentrique et caractérielle et, par la même occasion, enseignera aux jeunes enfants comment c’est que ça marche les saisons dans la nature. Si tu l’as déjà vu, ou que tu comptes le voir, je te préviens quand même d’une chose : même si tu retrouves ton coeur d’enfant, fais-toi pas d’idée, c’est pas possible de trouver des galantusias dans la forêt en décembre. D’ailleurs, j’aimerais bien savoir d’où vient le nom galantusia, parce qu’il paraît que ces fleurs sont des narcisses, et le terme « galantusia » ne semble lié qu’à La forêt enchantée.

Envoyer une jeune orpheline bûcher du bois tusseule au coeur de la forêt pendant une tempête? Certainement!

Après ça, l’idée me pogne d’essayer de retrouver les vieux dessins animés de Walt Disney que ma mère avait enregistrés sur cassette Beta, ceux que je lui réclamais à tous les jours et que j’ai dû écouter jusqu’à ce que le ruban pète. Eh bien je dois remercier chaudement Youtube, encore une fois, parce que je les retrouve tous, et ils sont dans une bien meilleure condition que sur ma Beta (surtout qu’il me manquait le début à l’un d’eux, pis je suis pas mal contente de pouvoir enfin apaiser une frustration d’enfant). Pis heille, je me doutais pas que ces films était si vieux! 1939, wow! C’est pour ça que je les trouve si beaux. Les Disney d’aujourd’hui, je les trouve insupportables. Je dis aujourd’hui, mais ça date pas d’hier, le début de la dégradation…

En tant que vieille ossetie qui trippe sur les vieilles affaires, je me fais plaisir pis je partage ça ici avec toi, si tu le veux bien.

Cette vidéo, dans laquelle on voit clairement que Donald Duck est un gros ass, m’avait un peu troublée à l'époque. Je trouvais ça tellement cruel et injuste. Mais ça me fascinait, je pouvais pas m’empêcher de le voir et le revoir (pis y’a quand même des p’tits bouts farfelus). Quand je la regarde aujourd'hui, je trouve ça encore plus choquant.


L’exploitation animale expliquée aux enfants (1953)



Celle-ci, toujours avec le nours malchanceux qui veut juste rester vivant, était incomplète sur ma cassette. Donald Duck est toujours aussi désagréable, égoïste, méprisant (et méprisable), mais la violence est un peu moins flagrante.


Tute là! Au COMPLET!


Mais mon préféré, c’était celui de Goofy avec son ami le criquet-appât. C’est d'ailleurs comme ça que je décrivais ces dessins animés : je disais à ma mère « je veux voir ma cassette de Goofy! » pis elle comprenait tussuite de quoi je parlais. Une fois rendue à l’école primaire, je comprenais pas c’était qui Dingo. Manne, de quoi tu parles? Il s’appelle Goofy. Querisse.


OK, la fin est discutable, mais quand même, le reste est très cool!


Quand je regarde ce film de Goofy aujourd’hui, je comprends pas, mais vraiment pas, comment j’ai pu développer une phobie des criquets. Des petits Wilbur! Ce ne sont que des Wilbur! Ah, des fois j'aimerais ça aller parler à Jeune Sophy pour lui faire comprendre des affaires.


J’espère, mes chers lecteurs, que tu as passé un beau Noël. Le mien était magique.

mercredi 26 décembre 2012

Comment dompter un Ringuette


Je trouve que Ringuette abuse du mot noune. Il a yinque ça dans la bouche. 

— Là, va falloir que je t’impose une punition à chaque fois que tu dis le mot « noune » pour rien.
— On pourrait faire une jarre à nounes?
— Hum. Excellente idée.
— À chaque fois que je vais dire le mot « noune », je vais devoir le redire une deuxième fois.
— Non, je suis pas du tout d’accord. Tu vas mettre 25¢ dans la fente de la jarre à nounes, c’est tute.


L’histoire est à suivre.

mardi 25 décembre 2012

Pourrait faire mieux


Après avoir passé plus de vingt-quatre heures cloîtrée chez moi à jouer à Zelda et à regarder Ringuette jouer à Zelda, j’ai décidé d’aller prendre une marche dehors, pour reposer mes yeux et me rappeler de quoi avait l’air le vrai monde. J’ai trouvé les graphiques semi.

lundi 24 décembre 2012

Comment devenir emo en douze (12) mois


Aujourd’hui, j’ai les cheveux gras pis je suis habillée laitte. Mais j’ai pas besoin de me justifier en disant que c’est mon nouveau look néo-grunge, parce que je fête pas Noël. Je reste à Mourial avec Po et le Ringuette, pis on va faire ce qui nous tente. C’est la Veille de Noël pis j’écris une note de bloye mais on fera pas toute une histoire avec ça, même si je suis pas pressée, parce que personne m’attend, pis j’attends personne. J’ai un peu hâte de retourner jouer à Minish Cap, mais ça urge pas. J’aime ça faire durer le pliaisir du jeu.

(Bon, le Ringuette est en train de se partir une game de Minish Cap pour me prouver qu’il est capable de le finir plus vite que moi.)

L’année 2012 achève, pis je suis pas très originale alors je repense un peu à mon année, et à ce qui s’en vient, ce que je me souhaite, nous souhaite. Dans ma tête, l’année est déjà finie, parce que le pire est passé. Les tragédies et les micro-drames sont derrière moi, mais je sais que je dois me rockyfier pour encaisser les prochaines claques. Cette année m’a bien fait vieillir de dix ans — pis ça, ça veut pas dire que j’ai acquis plus de sagesse, oh non! — pis j’espère fort que j’en vivrai pas souvent des comme ça, sinon ma vie sera très brève. Mais toi, mes chers lecteurs, tu as quand même été un peu épargné, parce que si j’avais partagé avec toi toutes les histoires plates qui me sont rentrées dedans cette année, mon bloye aurait été lourd longtemps, pis t’as sûrement eu ta dose d’affaires plates toi aussi. Mais c’est pas de ça que je veux parler. Ce que je veux dire — bon, j’ai une graine dans l’oeil —  c’est que le monde est fin, des fois. Mais j’y pense pas juste à Noël, là. Pis c’était pas prévu que j’arrive avec ça le 24 décembre. Le monde est fin, mais pas tout le monde, mais ça tu le sais déjà. Ce que je tiens à souligner, et c’est aussi en guise de gratitude, c’est que le monde peut être fin pis généreux à d’autres moments qu’à Noël. Autrement, j’aurais pas reçu autant de mots gentils quand Po a été malade. Autrement, j’aurais pas pu rembourser 60% de ma dette grâce à la vente de t-shirts et autres belles gnéseries sur mon Etsy de boutique. Je t’avais pas dit ça? Tchèque ce que ça donne, visuellement :

En réalité, ça m'a coûté plus de 1000$, mais quand même. Heille. C'est dibile. *_*

C’est fou, han? J’aurais jamais pu imaginer ça.

Mais c’est pas toute. La sagesse populaire dit qu’on sort toujours grandi de nos épreuves. Ostie qu’on va bientôt se péter la tête au plafond, mes amis pis moi. Mets ton casse, Bobbé, ça va faire mal. Mais on va être grands. En tabarnaque.

Pis emo. Parce que c’est en 2012 que j’ai admis que je suis emo. (Ça fait du bien d’en parler, merci.)


Ce qui fait sautiller mon coeur de guerosse joie, en cette fin d’année : Véckée est vivante, mes amis s’aiment encore, Darnziak est en train de devenir un Paladin, Po ronronne sur moi, Ringuette joue à Zelda  sur mon lit à côté de moi (en sacrant parce que Po fouette son écran avec sa queue), et Mathieu revient à Montréal dans quelques jours. On va célébrer le Nouvel An ensemble.

dimanche 23 décembre 2012

Aon, Dr Boubou


Après notre soirée su Jos Dion, j’ai pas pu faire la grasse matinée bin longtemps parce que je devais me rendre à mon rendez-vous chez Dr Boubou. J’avais quand même un peu hâte de savoir ce qui allait arriver à ma dent, tsé. J’ai dû laisser une partie de mon stock à Mathieu pour qu’il le fourre dans sa valise, mon caddy à roulettes ayant pété au frette la veille. Plus tard, il m’a dit qu’il faisait tellement pitié dans la côte Salaberry avec sa valise de trois tonnes qu’un automobiliste lui a même proposé un lift. Pauvre Mathieuse, je me sentais mal...

Je suis tellement partie vite de chez Litchi que j’ai oublié de vérifier si j’avais du change (non), faque j’ai dû payer mon passage 5$ (arque). Ça fait chier, surtout que je savais que j’avais à peu près 40$ de monnaie dans la valise de Mathieu. Là, je sais pas trop comment j’ai fait ça, mais je me suis un peu perdue dans L’Ancienne-Lorette. Mais ça m’a permis d’apprendre une chose : Savais-tu que les chauffeurs de bus communiquent entre eux par micro-signes que les humains ne peuvent percevoir à l’oeil nu? Ouémadame. Pis c’est grâce à eux si j’ai pu arriver à temps à mon rendez-vous. Tchèque bin. J’ai dit à la chauffeuse : « Madame! Madame! Je crois que je suis perdue! Est-ce qu’on va bientôt croiser Wilfrid-Hamel? » Elle me dit que non, qu’elle se dirigeait jusqu’au boutte de L’Ancienne-Lorette, dans un territoire jamais foulé par l’Homme. Là j’étais un peu paniquée, je savais que je pourrais pas retourner sur mes pas à dos de chocobo noir, mais la chauffeuse m’a sauvée — certains types d’androïdes peuvent éprouver de la compassion, crois-moi. Au moment où j’essayais de trouver une solution rapide et facile, on a croisé un autobus qui roulait en direction opposée. C’est là que ma chauffeuse a fait un micro-signe au chauffeur de l’autre bus. « Descends pis va vite le rejoindre, il t’attend. » Le chauffeur m’attendait! J’ai même pas eu besoin de lui expliquer toute l’affaire, il m’a laissée entrer sans payer, pis j’ai vite retrouvé mon chemin. Pour me rassurer, j’ai tout de même appelé Litchi pour qu’elle me confirme que je suis dans la bonne direction. Ouf. Merci, chauffeurs de bus!

Là, je devrais aussi remercier Dr Boubou. Parce qu’elle a vite compris pourquoi j’avais mal : le dentiste que j’ai vu à Montréal a un peu botché sa job. En plus d’avoir choisi le mauvais ton de stoffe qui sert à patcher les caries — ce qui est pas trop grave, quand même — bin il en a trop mis à un endroit, et pas assez à un autre. Juste en touchant ma dent, je peux sentir une cavité. Ça, c’est pas mal cave. Parce que ma dent va éventuellement re-carier si je fais rien. Bien sûr, je pourrais retourner le voir pour lui demander de refaire une meilleure job gratuitement, mais j’ai pas trop envie de le revoir, han. Alors j’ai pris un rendez-vous avec Dr Boubou pour qu’elle refasse ça en beauté. Ça va me coûter 90$, mais c’est une bonne nouvelle si on considère que le traitement de canal que je craignais m’aurait coûté plus de 600$.

Ouf.

Après ça, je me suis rendue à la Gare de Steufoye sans me perdre. Mathieu était déjà là, pis on a pris place dans le bus en seconde classe (pas de fenêtre géante sur le monde, buhu). En arrivant à la Gare de Montréal, on s’est tussuite garochés sur la machine à photos pour voir si elle était réparée : OUI! Yé, on va pouvoir se faire des signets! Tu le savais peut-être pas, mais à la gare, il y a une machine à photos instantanées qui fait les plus beaux signets laittes du monde. Mathieu a découvert ça avec Vickie, ils ont fait un signet d’eux sur lequel il est écrit « J’adore les livres ». Avec des sock puppets pis des livres d’informatique (?). Pis leurs faces d’hurluberlus. Mathieu pis moi, on a choisi le modèle « J’adore les petits chiens », avec des chiots coupés en deux. J’invente rien, c’est la machine qui propose ça. En tout cas, j’ai déjà hâte d’y retourner pour essayer les autres modèles laittes!

Ostie que j’avais hâte d’arriver chez moi, pour manger, dormir, jouer, et surtout, flatter Po. Dans ma chambre, je me me suis rendu compte que mon lit était fait alors que je l’avais laissé tout décrissé avant mon départ. Je suis allée voir le coloc.

— Mynou, t’es allé dans ma chambre.
— Un peu.
— Comment ça « un peu »?
— Fred pis moi on a dormi dans ton lit pour laisser mon lit à Véesse.
— Meh, vous avez dormi dans mon lit! Pis vous avez fourré dedans?
— Bin non, pis en plus on n’a pas dormi dans tes draps.
— Quoi, vous avez flotté au-dessus?
— Non, on était entre le couvre-lit pis le drap.
— Mais c’est la place de Po! Manne, j’aime pas ça qu’on dorme dans mon lit sans me prévenir! J’aime pas ça qu’on squatte ma chambre quand elle a l’air d’une porcherie!
— Mais ça compte pas, c’est juste Fred!
— Ah, bin oui, Fredou ça compte pas, Fredou c’est comme les acariens qui vivent dans mes draps.
— Exactement.
— Manne, fais pus ça.
— Tchèque mes belles fesses poilues.

Pis là il m’a montré ses fesses, encore. J’étais de retour chez moi, au Manoir deluxe.

Fin.

Abobo


Je suis en train de faire Abobo en Hama beads. Maxym arrive et me questionne.

— C’est qui?
— Abobo.
— C’est qui Bobo?
— A-BO-BO.
— JE SAIS! Mais c’est QUI Bobo?
— C’est pas Bobo, c’est ABOBO, pis c’est un personnage de Double Dragon, querisse!
— Je t’ai pas demandé « c’est qui », je t’ai demandé « c’est pour qui »!
— Ah. Pour personne en particulier.


A-BO-BO, baon.

vendredi 21 décembre 2012

On est beaux pis on sent bon


On aime les bonnes nouvelles. Et on aime ça, des fois, se faire flatter un peu. Terreur! Terreur! est dans le top six des meilleurs sites de l’année de Matthieu Dugal. Je suis un peu émue, quand même.

J’en profite donc pour remercier Ed de m’avoir invitée à bloguer sur TT il y a un peu plus d’un an, ainsi que tous les auteurs et ex-auteurs qui contribuent à cette guerosse beubitte qu'est Terreur! Terreur!, et j’espère que ça ne fait que commencer parce que j'ai pas fini d'y partager mes gnéseries. Ouémadame.

jeudi 20 décembre 2012

Dimanche au Salon Nouveau Genre (et su Jos Dion)


Le dimanche matin était encore plus pénible pour la petite créature nocturne que je suis. Je regrettais encore plus de d’avoir sacrifié ma sieste de la veille, et j’espérais pouvoir trouver une manière de dormir assise sans fermer les yeux. Les chevaux sont capables, me semble?

Mais j’aurais pas pu dormir anyway parce qu’il y avait toujours des humains avec qui interagir. Pis c’est ça que je voulais, au fond! J’ai même texté l’Angélique pour l’inciter à venir me voir. « Ta soeur vient de me montrer sa vule. Viens donc! » En effet, sa soeur Alex était là, et elle venait tout juste d’acheter un magnifique étui « VULE » conçu par Sara. J’étais pas mal envieuse, alors je m’en suis procuré un. Au lieu d'avoir l'inscription « VULE », il est garni de plein de vules. C'est super beau, ça donne un aspect motif fleuri. Sara a fait ça avec des patates. Des vules imprimées par des patates? Sara, tu vis dans ma tête, toué. Angélique a fini par se pointer, et je lui ai montré mes vules. Elle était accompagnée de sa pouliche, que j’avais encore jamais rencontrée. J’ai pas pu jaser bin longtemps avec Angé, pis j’ai même pas eu le temps de me frotter dessur pour m’imprégner de ses phéromones, mais je savais que je la reverrais plus tard en soirée.

Ensuite, j’ai eu la visite de Chogna, ma chère cousine et amie qui autrefois faisait partie de mon quotidien. Elle me manque, la Chogna. Et comme toujours, elle avait plein d’affaires à me dire, mais ses idées étaient embrouillées, parce qu’elle attend encore après un médecin pour soigner son déficit d’attention, elle espère qu’il lui prescrira enfin des médicaments efficaces et qui, cette fois, ne vont pas amplifier son anxiété. Oui, c’est chiant et ardu, prendre soin de sa santé mentale. J’aimerais ça être là pour ma Chogna, parce que je sais qu’elle est fatiguée, je voudrais prendre soin d’elle, et aussi célébrer les belles choses de la vie — y’en a encore, oui oui. Pis en plus, Chogna c’est l’enthousiasme sur deux pattes, faque faire la fête avec elle, c’est toujours un vrai parté de vrai fonne.

Plus tard, pendant un moment d’accalmie, Mathieu et moi avons eu la visite d’un couple particulier. Deux gars dans la trentaine. Le premier semblait être un genre de grand frère ou tuteur pour le deuxième, et il avait l’air d’un vrai geek, de type semi-autiste. Il scrutait les cartes d’auteurs de Mathieu, la tête penchée, les yeux collés sur le texte. Super absorbé. Puis, il est venu voir de près mes macarons de beubittes et mon fanzine. On a discuté de ça assez longtemps, il avait l’air de tripper pas mal sur les insectes et les connaissait assez bien. Son ami au regard d’enfant, qui disait rien depuis le début : « Moi j’aime pas ça les perce-oreilles. C’est laitte. » J’ai tenté de défendre les perce-oreilles (regarde des bébés perce-oreilles pis viens me dire que c’est laitte, voir!), mais il avait pas l’air dedans pour se remettre en question. Ils sont partis, le deuxième suivant de près le premier. Mathieu : « Je voudrais tellement voir ce qu’ils font dans une journée. C’est des vrais personnages. » Ils étaient fascinants et beaux à voir, et je dis ça sans aucune ironie.

Vers la fin de la journée, je me suis décidée à quitter ma table pour aller aux toilettes — vraiment trash, des tampons souillés et des kilomètres de papier de toilette qui traînent par terre, la poubelle qui déborde — et en revenant, Alexandre était là avec des amies, dont Leïla qui a les plus beaux cheveux verts du monde. Mathieu vouvoyait Alexandre, il l’avait pas reconnu à cause de sa moustache. Quelle surprise. Comme les plans de la soirée commençaient à se préciser, j’ai invité Alexandre pis sa moustache su Jos Dion pis je lui ai donné un macaron de Linel Richel.

Sur le chemin du retour, Mathieu pis moi on a trouvé un pigeon. Les pigeons de Québec, sont pas comme les pigeons de Mourial : il volent. Mais notre pigeon, là, il volait pas. Il se tenait au pas d’une porte, en boule, tout poffé. Et il n’avait qu’une patte! Monsieur Pigeon? Avez-vous perdu une patte? Monsieur Pigeon, êtes-vous correct? Je me suis approchée, et Monsieur Pigeon a fait réapparaître sa deuxième patte. Aon, ouf. J’ai parlé de Monsieur Pigeon à Litchi, et d’après elle, c’est pas rare de trouver des pigeons brisés qui veulent pus voler. Peut-être qu’ils ont pogné ça des ceuses de Mourial? Ou peut-être que j'aurais dû prendre soin de Monsieur Pigeon?


Cette fois, j’ai fait une sieste. Simon était chez Litchi, déjà prêt à sortir su Jos Dion avec nos fous, et j’ai laissé tout ce joyeux monde s’animer devant la télé dans le salon, et j’ai vaguement dormi durant presque une heure. Miro est venu me rejoindre pour me poker et me dire « yeault, fille, lève-toué ». Je l’ai flatté pis je suis allée rejoindre les autres. 

OUÉ, CE SOIR, C’EST SU JOS DION. \o/

On était les premiers à prendre d’assaut la place. Mathieu avait hâte de conquérir le juke-box, pis moi j’avais hâte à tute. L’Emmanuel s’est joint à nous malgré son rush de fin de session et la fatigue qui vient avec. Tout le monde — sauf moué, bien sûr — s’est commandé de la grosse Laurentide. Pis heille, c’est pas parce que j’aime pas la bière que je peux pas reconnaître que la Laurentide a le plus beau design d’étiquette de bière de l’univers.

Tu trouves pas?

Le niveau de fonne a grimpé d’une shot quand Simon a mis Danger Zone. C’est plate qu’Angé ne soit pas venue, j’aurais tant aimé lui chanter « Allô? C’tu moué qu’tu r’gardes pour? ». En tout cas, on se gâtait solide sul juke-box. Mathieu n’a pas regretté d’avoir dépensé tous ses profits su Jos Dion. « Stevie Wonder, c’est le Patrick Normand américain. » On a même dansé presque sensuellement sur Careless Whisper, tout en tas.

Quand Simon, Alexandre et Emmanuel sont sortis fumer, et je les ai accompagnés pour leur montrer la vidéo du bacon solide. La veille, je l’avais montrée à Litchi et Jérémy. Cinq (5) personnes de plus ont donc visionné cette vidéo. C’est important.

J’ai tellement ri ce soir-là que j’avais mal à la face. Pis c’est là que je me suis dit que si je ris de même tout le temps, ma face va devenir ultra musclée, brune et bien huilée comme un poulet rôti. Mais j’aurai pus mal. Oué. C’est d’même que ça marche.

En jasant — oui, on jasait beaucoup — on s’est rendu compte qu’on avait tous vu La classe américaine — sauf Simon, mais on va remédier à ça assez vite — pis juste d’en parler ça m’a donné envie de le revoir, mais de le revoir avec eux, pis avoir mal à la face, encore, et rire de Mathieu qui rit de la joke de pet.

Petite déception : J’ai parlé avec Emmanuel et il a pu me confirmer que c’est pas Linel Richel qu’on a vu le vendredi en arrivant. Linel peut pas se rendre aussi loin, il ne flâne que dans la cour intérieure de La Garçonnière où il vit avec Emmanuel et Alexandre, ses colocs humains. Buh.

Chez Jos Dion, on a remarqué une chaise avec un portrait et un nom installée en haut d’une des entrées. J’ai demandé au barman, intriguée, si c’était la chaise du fameux Jos Dion. Il m’a dit que c’était celle d’un client régulier qui est mort le mois dernier. Il a passé tous les jours de sa vie chez Jos Dion, depuis sa naissance, presque. J’ai trouvé ça touchant, quand même (mais j'ai pas osé demander s'il était mort sur cette chaise). Je sais que je pourrais jamais recevoir un tel honneur. Parlant, d’honneur, Mathieu s’est fait offrir une langue de porc par le staff du resto où il avait soupé juste avant. Tout le monde était fin, ce soir-là! J’aurais jamais cru que St-Sauveur serait mon quartier de Calinours.

La suite est floue (je devais être trop saoule, han), mais je me souviens être sortie de là avec Mathieu, Litchi, Jérémy, Simon et Alexandre, pis un manné, Alexandre s’était volatilisé. En arrivant à l'Auberge Litchi, on a regardé Les Inconnus, Les Appendices, RBO, pis La bataille de Farador. Encore eu mal à la face.


Simon a dormi avec la laveuse, Mathieu pis moi on a dormi avec le sapin. Je m’invente peut-être un souvenir, mais il me semble m’être endormie ce soir-là avec l’impression que cette fin de semaine à Québec-Vile fut encore plus efficace qu’une potion bleue (une grosse).


EDIT : Simon me signale qu'on a fait jouer Danger Zone deux fois. Deux fois plus de fonne, donc.


*BONUS*

Pour toi, mes chers lecteurs avides de connaissances, voici quelques données sur cette mythique taverne.

Savais-tu que?…

- La Taverne Jos Dion est la plus vieille de Québec-Vile? Est là depuis 1933, ouémadame!
- Le poffecorgne est gratis?
- La place a ouvert ses portes aux femelles en 1986? Avant ça, le seul droit que les femmes avaient, c'était le droit de farmer leur yeule. Les clients du Jos Dion auraient dit OK pour les femmes lors de la tenue d’un vote populaire.
- La porte des toilettes pour hommes est surplombée d’une tête de chevreu, et celle pour femmes, d’un dardjére de chevreu? J’essaie de rien interpréter ici.
- Une Laurentide, c’est beau en câlasse?
- Le plafond de la Taverne Jos Dion est recouvert de belles moulurations? Lynda Tremblay a tripperait fort.
- C’est un bon spot pour les amateurs de sports? Mais je connais rien là-dedans.
- J'ai hâte d'y retourner?

lundi 17 décembre 2012

Samedi au Salon Nouveau Genre


Le samedi matin, j’ai obéi à mon cadran et je me suis levée à 8:30 pour être sûre d’avoir le temps de m’habiller, de manger, de bien me beurrer la face et surtout, de sortir un peu des vapes. Mathieu s’est réveillé genre huit minutes avant qu’on parte. Yé pas compliqué, lui.

On est sortis dehors habillés comme si on allait grimper l’Everest. Mathieu transportait ma grosse valise remplie de stock Doctorak, pis moi je traînais mon caddy à roulettes cheapo tout plein de belles gnéseries (et de manger et de kleenex). 

Ostie de ville en pente. Je te rappelle, mes chers lecteurs, que l’Auberge Litchi est en Basse-Ville. L’église St-Jean-Baptiste, où a lieu le Salon Nouveau Genre, est en Haute-Ville. Je me trouve chanceuse de pas avoir de maladie cardiaque, je serais bin morte dans la côte Salaberry. Consolation : Québec étant tatouée de jolies pouliches, j’en ai spottée une drette en haut des escaliers.


Aon.

Rendus sur place, Mathieu et moi étions pas mal contents d’avoir une table près de l’entrée, tout contre le mur. Un spot parfait. On était un peu loin de Carl et Sara, mais ça nous a pas empêchés de se visiter mutuellement pour jaser et s’acheter des beaux cossins. J’ai acheté deux autres Dans l’cul, sachant à qui j'allais les offrir.

Avoir eu un budget respectable, j’aurais acheté un ou deux foulards que notre voisine vendait. C’était pas des foulards ordinaires, c’était des foulards muppetisés! Des genres de Fraggle Rock monstrueux quioutes!

Parmi les premiers visiteurs, je remarqué une fille dont le visage me semblait familier. Apparemment, c’était réciproque… Ah! C’est Marika! Tu sais pas c’est qui Marika, c’est normal parce que j’en ai jamais parlé, c’est pas vraiment une amie. C’est une fille super sweet que j’ai connue durant un voyage Québec—Montréal. Au début de la ride, on s’était dit qu’on dormirait tout le long, pour finalement jaser comme des pies sales durant trois heures. J’étais contente de la revoir! On s’est échangé nos cartes d’affaires — elle est massothérapeuthe, pis moi, euh, je suis une femme d’affaires, oué — pis elle m’a montré des photos d’elle quand elle était une ado punk, pis m’a raconté ses histoires d’entomophagie en Asie. Paraît que les criquets frits, ça goûte un peu le poulet graisseux.

Plus tard est passé François, aka Maphto, qui bloguait pas mal durant l’Âge d’or des blogues. On s’était jamais vus! Il est sympathique, le Maphto. Mathieu trouve qu’il ressemble à Patrick, mais moi je sais pas comment Mathieu peut trouver que quelqu’un ressemble à quelqu’un d’autre puisqu’il est incapable de reconnaître un visage humain. François-Maphto pis moi on a jasé de beubittes, de chats et tussortes d’affaires, puis il est reparti avec son exemplaire de La punaise de lit

Oh! Moment quioute de la journée : un garçon de six ans s’approche de ma table, suivi de sa maman. Il regarde mes aimants en beads, et s’ensuit une conversation sur les jeux vidéo rétro.

— Lui je le connais, je l’appelle le champignon volant. Il faut le tuer deux fois : une fois pour tuer ses ailes, pis une fois pour le tuer, pis là y devient tout aplatit.
— Oui, en plein ça! Son vrai nom, c'est Paragoomba.
— Lui aussi je le connais, la grenouille, mais j’ai jamais joué avec parce que je me suis pas rendu assez loin.
— C’est le suit de grenouille dans Mario 3! On peut juste l’avoir dans le monde deux.
— Lui non plus je le connais pas.
— Ah, c’est normal, le tanooki on le trouve dans le monde cinq. C’est comme le raton laveur, mais il peut se transformer en statue.
— Lui aussi je le connais, je l’ai déjà vu.
— C’est le Shy Guy! Il apparaît pour la première fois dans Mario 2. Connais-tu aussi Birdo, le trans qui crache des oeufs? Yé dans Mario 2 aussi.
— Hum, non.

J’étais impressionnée. L’adorable petit garçon était tout content de partager ses connaissances, mais il a pas cherché à avoir l’air de tout connaître. Pas frais chié une crisse de seconde. Pis sa maman savait même pas qu’il en savait autant.

Autre visiteur trippant : SIMON DOUVILLE! J’étais heureuse de le voir, parce que j’ai pas assez souvent ma dose de Simon depuis que j’ai quitté Québec. Mathieu pis moi on sait que Simon va finir par déménager à Mourial. J’ai hâte.

Des nostalgiques du 8-bits, j’en ai vus toute la fin de semaine, et à chaque fois ça me fait plaisir de voir un gamin de 35 ans repartir avec un aimant de Megaman ou de Contra, le sourire jusqu’en ardjére des oreilles. Et avec les 27 000 beads qui viennent d’être livrés à ma porte aujourd'hui, je vais bientôt faire plaisir aux nostalgiques du 16-bits.

Une fois terminé notre première journée au Salon, on décide de nos plans de la soirée. Mathieu veut aller rejoindre Erika et Catherine, moi j’ai gravement besoin d’une sieste réparatrice avant de décider quoi que ce soit, faque je descends chez Litchi en crazy carpet. J’ai un peu failli me perdre, mais je me suis retrouvée un peu par hasard. Ma mère dirait que c’est mon ange gardien qui m’a guidée. Oué.

J’étais pas mal contente de m’écraser sur un divan confortable. Litchi m’a offert d’aller faire une sieste dans la chambre conjugale, mais j’ai dit nenon, je risque de m’endormir en boule sul divan pendant que vous jouez à Mario 2. Je la regardais essayer de bombarder un mur, pis réessayer, pis sacrer. J’étais si fatiguée, ça faisait mal comme durant mes années de cégep, mais j’étais bien et heureuse, pis j’ai finalement passé le reste de la soirée à placoter comme une grosse pie sale avec Litchi pis Jérémy. Heille, Jérémy, yé fin comme un chat. Litchi m’avait déjà dit plusieurs fois que son chum était fin, pis j’ai pu le constater par moi-même. Ces deux-là se méritent mutuellement, pis sont beaux à voir. En tout cas, on a tellement parlé de tussortes d’affaires que je leur ai même raconté la fois où j’ai lâché une job après seulement une journée, entre autres parce que ma superviseur parlait sans arrêt
— SANS ARRÊT— pis là je me sentais vraiment poche d’être aussi mémère, pis je m’imaginais devenir moi aussi une vieille crisse de radoteuse qui fait juste parler sans jamais écouter personne, pis ça m’a donné envie de me plaquer un tape sua yeule pour le reste de la soirée, mais Mathieu est arrivé pis on a continué de jaser un peu, jusqu’à ce qu’on se couche à une heure quand même raisonnable. Mathieu s’est endormi la face dans un épisode de Star Trek, la mienne dans La nuit des morts-vivants.

samedi 8 décembre 2012

Québec-Vule nous accueille trop bien


C’est en parlant de navet que je me suis aperçue que j’ai oublié chez moi ma série d’aimants de Mario 2. Pis mes deux Bubble Bobble. Je me trouve un peu poche, là. Mais c’est pas grave, j’aurai plein d’autres belles gnéseries à vendre demain.

Mathieu pis moi est en présentement couchés au Manoir Litchi. Son copain pis elle vivent dans un appart trop coquet, sur trois étages, avec un grenier mystérieux pour cacher des enfants pas fins, et un gros coffre bleu comme j’aimerais avoir, qui peut aussi servir à cacher des enfants, et Miro arrête pas de sentir les phéromones de Po qui recouvrent mon stock. Miro a des grands yeux aux pupilles dilatées, ça lui donne un air de renard empaillé mais en plus vivant. Yé doux. Yé beau. Pis il travaille fort pour attraper le p’tit point rouge.

Litchi et Jérémy sont aquariophiles depuis peu (non, pas une déviance sessuelle), et ils ont un beau bac rempli de plantes, de ti pouéssons et de BÉBÉS ESCARGOTS trop adorabes. Le plus petit qu’on a trouvé, celui qu’on n’était même pas sûrs si c’était une crotte ou un mini bébé escargot, bin on l’a appelé Ti-Concombre.

Oh! L’affaire hot qui est arrivée : Après une belle ride d’autocar — on avait la plus belle place, en première classe dans les tous premiers bancs pour voir la route et les paysages plates de la 20, pis Mathieu m’a dit que j’avais pas encore l’âge de vouloir m’assoir en avant — on a pris un taxi qui nous a déposés devant le Manoir Litchi, dans St-Sauveur. En sortant de la voiture, j’aperçois un beau chat poffé caramel et crème. « MATHIEU MATHIEU! Regarde! C’est Linel Richel! » Il dit que ça pourrait être bin des chats. Mais moi j’espère que c’est Linel Richel, parce que je sais qu’il habite dans le coin, et surtout parce que j’aime vraiment l’idée d’avoir été accueillie à Québec-Vule par Linel Richel. OK, il m’a pas regardée ni rien, mais quand même. Il s’est montré. J’tais un peu énarvée.

Là, faudrait que je dorme un peu, il est presque deux heures et je me lève à 8h30. Huuuuh...

vendredi 7 décembre 2012

Mes gars de Contra sont pas pires, mais mon Gemini Man est plus hot



J’ai passé la soirée chez Darnziak à faire des aimants en beads — que je vais vendre au Salon Nouveau Genre en fin de semaine, clin d’oeil — avec comme trame sonore : Low, la musique de Megaman 2, 3 4 et 5 et celle de Ninja Gaiden, pis aussi nos discussions de grosses pies sales si ça compte pour une trame sonore. Essaie juste d’imaginer mon fonne. En plus, j’avais le gros Chi à flatter, le chat le plus long et le plus mou du monde. Yé long à flatter, Chi. Je trouve qu’on devient de plus en plus amis, j’aime ça. Durant la soirée, le Ringuette m’a textée pour me dire que Po avait fait un renvou. Qu’est-ce qu’il a fait? Il m’a envoyé une photo. J’ai bien vu que c’était un renvou de motte de poils, rien d’alarmant. En rentrant au Manoir, après avoir habilement contourné les trois semaines de recyclage qu’on a accumulées dans des sacs, j’ai failli mettre le pied dans le renvou. Ouf, la chance. Je le ramasserai demain. Ce soir, je me couche tôt, car j’ai une guerosse fin de semaine qui m’attend.

Baille baille. Baille baille baille.

Il est intact. Ouf.

lundi 3 décembre 2012

Si un jour j’ai un chien, je sais déjà comment je vais l’appeler


La nuit dernière, Mathieu s’est réveillé en riant. Je dormais pas encore, alors je lui ai demandé ce qui le faisait rire de même. Il m’explique alors, non sans difficulté, qu’il vient de rêver que son oncle avait un chien nommé Ti-Concombre. « Ç’a pas d’allure comme nom, c’est tellement ridicule! Un chien qui s’appelle Ti-Concombre peut pas être pris au sérieux! » C’est pas SI drôle que ça, que je lui dis en essuyant mes larmes. Parce que là, on est deux à rire comme des fous, fous braques pour un Ti-Concombre. À chaque fois que je vois Mathieu rire de même — ça lui arrive pas si souvent, la dernière fois c’était pour une joke de pet dans La classe américaine, film qu’il a quand même vu plusieurs fois — je peux pas m’empêcher de rire autant, il me contamine systématiquement. Une fois qu’on a eu fini d’éponger nos ti peupis et ramassé nos ti morceaux de rate, on s’est endormis. Ce matin, je l'ai questionné pour voir s’il se rappellait de Ti-Concombre. Ça l'a restarté pour un bon quart d’heure. Si Mathieu lit ces lignes, je suis prête à parier qu’il va en rire encore. Ou, du moins, sourire assez pour se sécher les dents.

Ti-Concombre?

TI-CONCOMBRE?

vendredi 30 novembre 2012

Ça fait longtemps que j’ai pas parlé de mes dents


Cet été, j’ai dû me résigner à consulter un dentiste que je connais pas. J’ai souvent dit que j’ai pas peur des dentistes, mais cette fois, j’avais la chienne solide. J’avais peur parce que je connaissais pas ce dentiste, et moi je fais juste confiance à Dr Boubou. J’avais pas spécialement peur que ça fasse mal, j’ai même pas peur des injections, j’avais surtout peur que ça me coûte une fortune, parce que ma dent faisait mal, alors je craignais avoir besoin d’un traitement de canal. J’avais aussi peur de tomber sur un incompétent, ou un semi-compétent. Mais j’avais surtout peur parce que cet été, j’avais peur de tute, j’avais même peur de moi.

Le dentiste avait l’air sympathique, même si je trouvais ça étrange qu’il opère son cabinet seul, sans secrétaire ni assistante dentaire. Je suis arrivée là en disant J’AI PEUR, MONSIEUR. « Comment ça t’as peur? » Heille. Viens pas me dire que c’est la première fois qu’un patient te dit ça. Fais pas le smat avec moi.

Y’était rassurant, quand même. Pas besoin de traitement de canal, juste un plombage. Cool! Il m’a demandé d’où venait ma cicatrice au menton. Je lui ai expliqué mon histoire conne. Il a trouvé ça drôle. Quand est venu le temps de payer, il m’a dit qu’il prenait pas les cartes de crédit. J’étais un peu fourrée, là. Bin il m’a dit que j’avais juste à revenir le payer plus tard. La grosse confiance pis toute. Je suis revenue huit minutes plus tard, avec du cash. Il m'a fait une bine su l'épaule, j'ai dit baille, baille baille.

Une fois fois passé l’effet de la lidocaïne, ma dent s’est mise à faire mal comme jamais. C’était supportable et pas très inquiétant, je me disais que j'avais sûrement une grosse carie et que le dentiste avait dû creuser profondément. Mais la douleur n’est jamais complètement partie. Pis comme ça va faire trois mois que j’ai ce nouveau plombage, c’est pas bin rassurant quant à l’état de ma dent. Je sais pas si c’est la faute de mon nouveau dentiste, mais j’ai pas super envie de vérifier ça. J’ai décidé d’aller voir Dr Boubou à Québec-Vule. Heille wo. C'est sûr que je pourrais régler ça facilement et pour moins de 100$ en me faisant arracher la coupable. Mais c'est une prémolaire, alors ça serait pas très discret. Pis comme j'ai pas un magnifique sourire de pâte à dent, je fais mon possible pour pas empirer mon cas.

Mais là, cette semaine j’ai réalisé que ma dent ne me fait presque plus mal! Je dis ça à Mathieu, pleine d’espoir. « Ta dent doit être morte. » Gnn.


Maudit que c’est plate (et cher), entretenir un corps. Jésus, je veux un dentier.

dimanche 25 novembre 2012

Exposer mon zizi, prise deux


Mise en garde : Attention au bukkake de liens hypertexte.


Le dimanche matin, je me sentais moins fanée que la veille. Je savais que Darnziak serait avec moi en début d’après-midi, puis que Mathieu viendrait me rejoindre après son contrat de travail. Je serais donc seule pas très longtemps, et en cas d’urgence peupi, je pourrais toujours demander à un voisin de table se surveiller mon stock. Là, c’était mon occasion de faire une tournée!

J’aurais voulu acheter tous les livres de chez Rodrigol et l’Écrou, mais je me suis contentée de zines (de qualité). J’ai pas pu regarder attentivement tout ce qui me semblait mériter mon attention, mais j’ai pu faire une belle récolte.

Stuff on ma cat : Po a l'air en crisse sur la photo, mais j'ai tout enlevé après le clic. Elle n'a pas souffert longtemps.
Sur et autour de Po : Bib & Bum par Fabien (cadeau de Darnziak, un autre zine de punaises!); My Cat’s More Punk Than Yours, A Biography of Maxwell, par Five Seventeen; Queer Tribes : Pour les mecs qui aiment les mecs, ainsi que la liberté; Queer and Trans Youth Resistance! Out of Order; Playchat : BARELY LEGAL, par Mimi Traillette; Judith Butler, de la série The Life and Times of Butch Dykes, par Eloisa Aquino; The Journal of Fantastical Creatures, par Vanessa Vaughan; Dans l’cul, par Sara;  Autobus 64 Nord #4, avec Ed H. Bound (!), mon collègue de Terreur! Terreur!; Pro-Paganda, par Keenan P.; Hasemeister dans [é]TRON, par Frédéric Mahieu.

Absent sur la photo : Mon calendrier Annus Horribilis, de Richard Suicide (j’espère qu’il en fera d’autres, parce que j’ai acheté le dernier exemplaire) et mon poster The Birth of NES, par Emmanuel Laflamme. Sa table, juste derrière la mienne, était remplie de beeeeelles affaires. J’aurais acheté au moins la moitié de ses cartes postales. C’est drôle parce qu’on a tous les deux l’impression de se connaître, mais on sait pas trop pourquoi. Me semble qu’on n’était pas dans la même classe en maternelle. En tout cas.

On a encore eu de la belle visite! On a eu droit à deux Myriam! Double stuff! Et Swan a affronté la masse d’humains même si elle gère pas trop bien les foules, surtout quand « on dirait qu’y en a qui ont oublié de prendre une douche », pis même Cédric est venu! C’était une belle surprise pour Darnziak et moi. Ma belle-soeur Marie-Anne avait l’air enchantée par sa première visite à l’Expozine. Elle portait son t-shirt de Po, le seul que j’ai imprimé en négatif (ça donne un tout autre air à Po, faudrait que j'en fasse une photo en gros plan pour le partager avec l’univers entier).

On a aussi eu la visite de Luc Chicoine pis sa charmante blonde. Darnziak et moi on lui a fait une mini carte de fête qui contient beaucoup amour. J’avais un paquet de petites feuilles d’un format parfait pour faire des cartes et des mini zines. On a torché quelques zines gnéseux sur le coin de la table, c’est laid — j’écris trop mal — et plein de fautes mais on a décidé que ça valait au moins 400$. Personne n’en a acheté. Gang de pauvres.

J’ai donné à Iris un macaron de Salopette, qui est dans mon premier kit Folle aux chats, et le lendemain, elle m’a dit qu’il a joué avec le macaron de sa face durant des heures. J’ai vu la belle Sophie Bédard en coup de vent, la pauvre aurait tellement voulu avoir un téléporteur pour passer du Salon du livre à Expozine durant la fin de semaine. Belooga Joe était là avec sa blonde Sara, qui avait des nouveaux zines (je regrette de pas avoir acheté À qui la noune) et des beaux macarons vulgaires, dont les fameux « J’ai une vaginite ». J’étais assez contente, là! Au printemps dernier, j’avais donné ma vaginite à Fredoune, mais j’ai là pu m’en racheter une autre. Pis une plus grosse, en plus! On a fait un échange de zines : son Dans l’cul contre ma Punaise de lit. Je lui ai fait un beau bandeau à partir d’une authentique critique orale de Mathieu le kekloune (« J’aime ça Dans l’cul. » - Mathieu Arsenault) et elle m’a fait une belle dédicace « pour la reine des chats et des insectes ».

Alors que mon niveau d’énergie commençait à être dans le rouge, Léa est arrivée. A m’a-tu remonté ça, tu penses? Était en feu, la Léa! Elle avait beau dire qu’elle était fatiguée, moi je la sentais comme une boule d’énergie et de mongolitude. Était tellement dedans qu’elle s’est mise à faire de la vente intense. Faut dire qu’à ce moment-là, on avait la table à nous seuls parce que mes voisins de gauche étaient partis tôt, et celui de droite ne s’est jamais pointé. On s’est étalés solide. Faque là Léa expliquaient aux visiteurs que tous mes macarons de chats représentaient un chat spécial, et qu’ils devaient absolument porter Courgette, son chat brun. Elle a vendu trois Courgette et d’autres minous. Léa, tu serais une excellente vendeuse. « J’ai appris ça des Arabes! »

On a même vu Marine et Julien! C’est le couple de Français à qui j’avais sous-loué mon studio pour un mois. Ils venaient tout juste d’arriver à Montréal et ne connaissaient personne, alors je les ai invités à nos parties de pétanque et ils se sont fait plein d’amis. Normal, sont trop gentils! Julien a acheté mon aimant de Bubble Bobble. Je sais maintenant que je pourrai l’inviter à jouer à l’un de mes jeux préférés sur NES. Aon. Presque au même moment, Vérognique Morgner est venue faire des faces à notre table. C’est une spécialiste des faces, c’est pour ça.

Autre moment de aon : Une maman arrive à ma table avec son fils. Elle point mon aimant de Mappy. « C’est ça que tu veux? » Le petit garçon, super gêné fait oui de la tête. Je lui offre un macaron de beubitte en cadeau bonus pour le remercier de sa quioutitude, mais il fait non de la tête. Je lui offre alors une Po, il fait oui. Avec un tout petit sourire et des grands yeux.

Une petite Dakota Fanning vient me dire « c’est beau ce que tu fais » et poursuit son chemin comme une libellule en chasse.

Une autre fillette regarde un dessin de Clara et demande à sa maman « c’est quoi ça? ». La maman, mi-amusée mi-traumatisée, me sourit et entraîne sa fille vers des choses moins gore.

Un monsieur vient me voir juste pour me parler et me dire que je suis ravissante. « Tu viens d’Ailleurs, toi, han? » Ah, j’ai jamais su d’où je venais, mais c’est pas de la planète Terre certain! Vous non plus, han? « Ah non, c’est sûr! Nous on est Lumineux, on n’est pas comme les Autres! » Il était marrant. En plus il avait la même coupe de cheveux que le capitaine Jean-Luc Picard.

Merci au dude qui m’appelait la Femme-Chat et me trouvait excessive dans ma passion pour les chats (« en réalité, je suis pire que tu penses »).

Merci à Vincent Giard qui distribuait des stickers de soucisses. À la fin, on était une gang à être douces. 

Merci à Catherine qui m’a donné un set de beubittes glow-in-the-darque. Woah! Je vais les coller partout dans ma chambre.

Merci à Larouche de m’avoir fait rire avec ses histoires de poètes malades mentaux au Salon du livre. L’Écrou devait être l'un des rares stands amusants là-bas.

Merci au monsieur qui m’a demandé c’est quoi un fanzine.


En tout cas, je me trouve pas mal choyée d’avoir vu autant d’humains aimables en deux jours. Mention d’honneur à mon frère Darnziak, qui est finalement resté avec moi durant toute la fin de semaine, même quand il était lendemain de veille. « Ça me tente tellement pas de faire de la correction… » Sans sa présence, j’aurais sûrement anticipé tussortes d’affaires plates et j’aurais jamais eu autant de fonne. Merci à Léa, ma belle mongole. J'espère qu'elle voudra revenir l'an prochain. Et merci à Mathieuse, qui est venu me voir plusieurs fois malgré ses contrats et sa fatigue.

J’ai quitté le sous-sol de l’église du Chris-d’Enfant-Jésus-du-Sacrament avec ces trois mongols adorabes, épuisée mais heureuse.

Pour terminer, il faut que je souligne qu’au moins trois personnes m’ont dit que mon t-shirt était malade. Si vous voulez un t-shirt On n’est pas des trous-de-cul de Marie Letellier, faut faire pression auprès de Mathieu. C’est vrai que mon t-shirt était pas mal beau, mais à mon avis, personne n’était aussi chic que Mark Ambrose Harris.

vendredi 23 novembre 2012

Exposer mon zizi


À force de parler de mon fanzine comme d’un zizi, ça a fini par être pinisse, pis batte. J’aurais donc pu intituler cette note « Exposer mon batte », c’était même ça qui a spontanément poppé dans mon esprit, mais heille, wo, fourrait pas que je perde le contrôle, là. Je cherche pas spécialement à être vulgaire. Pis ça commence à être nébuleux, « Exposer mon batte », tandis qu’avec « Exposer mon zizi », tu peux rapidement faire le lien avec Expozine et mon fanzine. Trouver des titres de notes de bloye, c’est un art, et si je m’y investissais vraiment, je pourrais pondre les plus beaux titres de la blogosphère mondiale — voire COSMIQUE — mais y parait que j’ai d’autres qualités, faque j’ai pris l’habitude de torcher ça assez vite, les titres. Voilà. T’as compris que je m’apprête à parler d’Expozine pis que ça risque d’être long et gnéseux et peut-être même plate.

J’anticipais un peu la fin de semaine parce que ça me faisait peur d’avoir à me lever à neuf heures du matin pis passer la journée à essayer d’être de bonne compagnie. J’ai dormi cinq heures (le minimum que mon corps réclame pour pas trop souffrir) pis je me suis hissée hors de mon lit chaud. Même Po trouvait ça trop tôt, elle avait même pas encore commencé à faire du pain sur moi. Malgré l’horreur de devoir exister le matin, ma journée a commencé par que’que chose de beau : Darnziak m’a remis une carte de fête faite par lui-même. A-ooooooon!

Punaise Face-de-marde, SNES, mon épée Master, Po, pis mon frigo Excite Bike.


Yé fin, lui! Il m’avait promis de venir m’aider à m’installer et passer une partie de la journée avec moi. Faut que je le dise : c’est bizarre de voir mes amis le matin. L’éclairage naturel est du mauvais bord, j’ai l’impression de vivre à l’envers.

En arrivant sur les lieux, j’ai spotté un coin de table pas loin d’une sortie. Je me suis dit que la petite brise nous garderait vivants (comme tu peux le constater, mes chers lecteurs, ça a fonctionné puisqu'on est tous les deux vivants au moment où je tape ces mots). Par bonheur, il y avait deux chaises, alors c’était possible pour Darnziak et moi d’être assis en même temps. On s'était préparés au pire, on se disait qu'une seule chaise saurait suffire pour nos demi-fessiers, faque on se considérait assez chanceux. Par contre, on était tellement tassés que c’était plus simple pour nous de se glisser sous la table plutôt que de de tasser les autres humains si on voulait entrer ou sortir de la zone des exposants.

Avant qu’il n’y ait trop de visiteurs, je suis allée voir Zviane à sa table pour lui donner un aimant que j’ai fait. Je savais qu’elle l’aimait, elle avait l’air de tripper quand je l’avais mis sur Facebook. C’est un « Peupi » en beads jaune et brun. Quand je lui ai remis ça, ses yeux se sont illuminés, elle a mis une main sur son coeur, et a dit :  « C’est le plus beau jour de ma vie. » Ses yeux se sont mis à lancer des rayons laser, pis elle a mis le feu à ses zines. J’ai dit wo, calme-toué, wo! Je voulais pas avoir du troube avec la sécurité.

Après ça, quelqu'un que je connais pas s’est présenté à ma table, puis il a dézippé sa veste pour me montrer… un chandail de Po! Laurence! C’était Laurence, que j’avais jamais vu, mais avec qui j’ai échangé quelques emails cet été quand il m’a écrit pour me commander son t-shirt. Il s’occupait de deux tables, dont une où j’ai acheté des zines queer (Queer and Trans Youth Resistance — Out of Order et  Queer Tribes — Pour les mecs qui aiment les mecs, ainsi que la liberté). Peu après, Ranger l’énarvé est venu nous voir. J’étais contente de le voir tout content tout fringant. On a jasé un bon moment, nous assis, lui dansant devant nous, comme un fou.

Je suis allée faire une tournée rapide, question de voir, taponner et acheter des zizis. En nageant dans la foule, j’ai retrouvé Angé! Aon! Je l’avais pas vue depuis des mois, alors j’étais tutesssitée par sa présence. Elle était enrhumée, alors elle osait pas trop se frotter sur moi pour notre traditionnel échange de phéromones. Le moment était mal choisi pour examiner le stoffe et les zizis magnifiques qui m’entouraient, alors je suis retournée à ma table, me disant que je ferais le tour dimanche avant que la foule n’arrive.

Au total, je me suis absentée 10 ou 15 minutes. Juste ça. À mon retour, Darnziak me dit : « Tu croiras pas ce qui vient d’arriver. Faut que je te conte ça. » J’ai tout de suite pensé à un truc grave, mais il a souri et m’a dit nenon, c’est du beau. Je me faufile alors sous la table et je le rejoins, super intriguée. Il me raconte que pendant ma courte absence, François Fucking Blais est venu acheter une édition deluxe de La punaise de lit. « Je lui ai dit que t’allais revenir dans pas long, mais il voulait pas t’attendre, y’avait l’air INTIMIDÉ. Peux-tu croire à ça? » Darnziak était tout lumineux. Cette rencontre-là, il aurait même pas osé l’espérer. Parce que François Blais, c’est un peu un mythe, des fois on se demande s’il existe pour vrai. Y’a des gens qui me disent l’avoir déjà vu, mais quand tu leur demandes des détails, sont pus trop sûr si c’était bin lui. Mais Darnziak, il l’a vu pour vrai, et lui a même parlé. « Il était pareil comme sur le cover d’OVNI! Avec la même tuque! » Woah. OK, ça fait notre journée en crisme. 

Là j’ouvre une parenthèse : (Qu’est-ce qui fait qu’on est en émoi comme ça, Darnziak pis moi? Parce qu’on est des fans de François Blais, oui, mais y’a pas que ça. Il y a environ un mois, une certaine Marie m’a contactée via la page de Po. Elle voulait me commander deux t-shirts de Po : un pour elle, un pour son frère. On s’est mis à s’écrire un peu, et dès les premiers emails je l’ai trouvé adorabe. Puis elle me dit que je connais peut-être son frère… qui est écrivain… François Blais… Meh! Bin oui! Mais non, je le connais pas personnellement, mais j’ai Vie d’Anne-Sophie Bonenfant dans mon lit, drette à côté de moi, parce que ça fait un boutte que Vickie pis Mathieu me disent de lire du François Blais, que je vais aimer ça, c’est sûr. Faque j’ai commencé par lire Document 1, son plus récent. Moi là, quand je regarde un film qui me fait beaucoup tripper, ça m’arrive de taper des mains en sautillant comme une mongole. Seule devant mon écran, consciente que personne sait que j’applaudis pour souligner les qualités de l’oeuvre. J’y peux rien, c’est l’essitation qui sort spontanément. Bin Document 1, c’est exactement le genre de livres qui m’aurait fait taper des mains comme une querisse de mongole si j’étais pas obligée de le tenir entre mes mains. Je suis pas critique littéraire, han. Je peux te dire à quel point j’étais énarvée et émerveillée de lire un livre, mais je serai pas très profonde. J’écris pas pour Liberté, tsé. Là, je suis dans Iphigénie en Haute-Ville, pis je fais attention pour pas l’échapper à cause de mon envie de taper des mains. Mais mise à part mon admiration pour l’oeuvre de François Blais, j’ai un peu un crush sur sa soeur pis lui. Je les adopterais. Ils s’occupent des chats SDF de leur quartier! Ils sont A-DO-RA-BES. Dans ma tête, je les vois comme un couple ducharmien, pis ça rajoute encore plus à mon affection pour eux. Ouain, je suis un peu intense, j’sais bin, mais c’est comme ça. Je suis emo, tsé. Oh pis l’autre jour ils m’ont envoyé un magnifique cadeau! C’est pour ça que c’était ma fête en tabarnaque. Sur le colis, c’était écrit « Sophy et Po » (AON!), et à l’intérieur, il y avait deux (2!) sachets de minouches deluxe, QUATRE (4) livres de François Blais, et une lettre touchante et farfelue. Darnziak est arrivé chez moi pendant que je lisais la lettre de François, il a bien vu que j’étais tutémue. Veux-tu bin m’dire comment je pourrais ne pas les aimer, han? Bon, on va dire que je ferme ma parenthèse ici.)

Marie-Chantal, ma beauté sauvage, est aussi venue faire un tour. C’était vraiment la journée des rencontres, ça n’arrêtait pus! Une chance que je filais pas sauvage à ce moment-là. Même Clara, qui trippe pas sur les foules, a osé mettre le pied à l’Expozine! On a jasé de chats, bien sûr, et de notre future soirée de gaming. Elle m’a laissé une petite pile d’impressions, je lui avais proposé de les ajouter à ma table parce que je trouvais ça inacceptable que ses beaux dessins ne fassent pas l’Expozine. 

Toute le monde était là. Même François Blais, même le soundman de Fred Pellerin, même Mathieurseno qui était occupé pour la fin de semaine, même Sonia Vachon avec une boîte de Tide, pis même la fille du centre d’impressions est passée! « T’as oublié ta clé USB. Je savais pas ton nom, on a collé une note avec Folle aux chats écrit dessus… » Aooon. Bin non je suis pas offusquée! J’assume totalement ce titre!

On a aussi vu Sébastien Dulude. Il m’a dit qu’il allait peut-être adopter un chat prochainement. Je lui ai parlé de Ron Jeremy. Il était bin d’accord sur le fait que c’est un très beau chat, « les tigrés, c’est les meilleurs », pis je l’ai laissé réfléchir à ça. Darnziak pis moi on était pas mal fatigués, mais la journée était l’fonne, et on n’avait pas beaucoup de temps pour penser à notre fatigue. En tout cas, je l’ai trouvé pas mal toffe de faire toute la journée sur un lendemain de brosse. « Mais demain, je pourrai pas rester aussi longtemps, je vais juste t’aider à t’installer, te laisser faire une tournée, pis rentrer. J’ai de la correction à faire… »

À 18 heures, j’ai recouvert ma table d’une belle nappe blanche, on s’est glissés de l’autre bord de la table, pis on s’est laissés rouler jusque chez moi. On a mangé au ralenti, enduré les nounoueries du Ringuette, pis Darnziak est rentré chez lui. Ce soir-là, je me suis écroulée dans mon lit avant une heure. Fait rare. Même pas eu le temps de tout regarder mon documentaire sur les hippopotames.

Là, il reste dimanche. Ouh.