vendredi 30 novembre 2012

Ça fait longtemps que j’ai pas parlé de mes dents


Cet été, j’ai dû me résigner à consulter un dentiste que je connais pas. J’ai souvent dit que j’ai pas peur des dentistes, mais cette fois, j’avais la chienne solide. J’avais peur parce que je connaissais pas ce dentiste, et moi je fais juste confiance à Dr Boubou. J’avais pas spécialement peur que ça fasse mal, j’ai même pas peur des injections, j’avais surtout peur que ça me coûte une fortune, parce que ma dent faisait mal, alors je craignais avoir besoin d’un traitement de canal. J’avais aussi peur de tomber sur un incompétent, ou un semi-compétent. Mais j’avais surtout peur parce que cet été, j’avais peur de tute, j’avais même peur de moi.

Le dentiste avait l’air sympathique, même si je trouvais ça étrange qu’il opère son cabinet seul, sans secrétaire ni assistante dentaire. Je suis arrivée là en disant J’AI PEUR, MONSIEUR. « Comment ça t’as peur? » Heille. Viens pas me dire que c’est la première fois qu’un patient te dit ça. Fais pas le smat avec moi.

Y’était rassurant, quand même. Pas besoin de traitement de canal, juste un plombage. Cool! Il m’a demandé d’où venait ma cicatrice au menton. Je lui ai expliqué mon histoire conne. Il a trouvé ça drôle. Quand est venu le temps de payer, il m’a dit qu’il prenait pas les cartes de crédit. J’étais un peu fourrée, là. Bin il m’a dit que j’avais juste à revenir le payer plus tard. La grosse confiance pis toute. Je suis revenue huit minutes plus tard, avec du cash. Il m'a fait une bine su l'épaule, j'ai dit baille, baille baille.

Une fois fois passé l’effet de la lidocaïne, ma dent s’est mise à faire mal comme jamais. C’était supportable et pas très inquiétant, je me disais que j'avais sûrement une grosse carie et que le dentiste avait dû creuser profondément. Mais la douleur n’est jamais complètement partie. Pis comme ça va faire trois mois que j’ai ce nouveau plombage, c’est pas bin rassurant quant à l’état de ma dent. Je sais pas si c’est la faute de mon nouveau dentiste, mais j’ai pas super envie de vérifier ça. J’ai décidé d’aller voir Dr Boubou à Québec-Vule. Heille wo. C'est sûr que je pourrais régler ça facilement et pour moins de 100$ en me faisant arracher la coupable. Mais c'est une prémolaire, alors ça serait pas très discret. Pis comme j'ai pas un magnifique sourire de pâte à dent, je fais mon possible pour pas empirer mon cas.

Mais là, cette semaine j’ai réalisé que ma dent ne me fait presque plus mal! Je dis ça à Mathieu, pleine d’espoir. « Ta dent doit être morte. » Gnn.


Maudit que c’est plate (et cher), entretenir un corps. Jésus, je veux un dentier.

dimanche 25 novembre 2012

Exposer mon zizi, prise deux


Mise en garde : Attention au bukkake de liens hypertexte.


Le dimanche matin, je me sentais moins fanée que la veille. Je savais que Darnziak serait avec moi en début d’après-midi, puis que Mathieu viendrait me rejoindre après son contrat de travail. Je serais donc seule pas très longtemps, et en cas d’urgence peupi, je pourrais toujours demander à un voisin de table se surveiller mon stock. Là, c’était mon occasion de faire une tournée!

J’aurais voulu acheter tous les livres de chez Rodrigol et l’Écrou, mais je me suis contentée de zines (de qualité). J’ai pas pu regarder attentivement tout ce qui me semblait mériter mon attention, mais j’ai pu faire une belle récolte.

Stuff on ma cat : Po a l'air en crisse sur la photo, mais j'ai tout enlevé après le clic. Elle n'a pas souffert longtemps.
Sur et autour de Po : Bib & Bum par Fabien (cadeau de Darnziak, un autre zine de punaises!); My Cat’s More Punk Than Yours, A Biography of Maxwell, par Five Seventeen; Queer Tribes : Pour les mecs qui aiment les mecs, ainsi que la liberté; Queer and Trans Youth Resistance! Out of Order; Playchat : BARELY LEGAL, par Mimi Traillette; Judith Butler, de la série The Life and Times of Butch Dykes, par Eloisa Aquino; The Journal of Fantastical Creatures, par Vanessa Vaughan; Dans l’cul, par Sara;  Autobus 64 Nord #4, avec Ed H. Bound (!), mon collègue de Terreur! Terreur!; Pro-Paganda, par Keenan P.; Hasemeister dans [é]TRON, par Frédéric Mahieu.

Absent sur la photo : Mon calendrier Annus Horribilis, de Richard Suicide (j’espère qu’il en fera d’autres, parce que j’ai acheté le dernier exemplaire) et mon poster The Birth of NES, par Emmanuel Laflamme. Sa table, juste derrière la mienne, était remplie de beeeeelles affaires. J’aurais acheté au moins la moitié de ses cartes postales. C’est drôle parce qu’on a tous les deux l’impression de se connaître, mais on sait pas trop pourquoi. Me semble qu’on n’était pas dans la même classe en maternelle. En tout cas.

On a encore eu de la belle visite! On a eu droit à deux Myriam! Double stuff! Et Swan a affronté la masse d’humains même si elle gère pas trop bien les foules, surtout quand « on dirait qu’y en a qui ont oublié de prendre une douche », pis même Cédric est venu! C’était une belle surprise pour Darnziak et moi. Ma belle-soeur Marie-Anne avait l’air enchantée par sa première visite à l’Expozine. Elle portait son t-shirt de Po, le seul que j’ai imprimé en négatif (ça donne un tout autre air à Po, faudrait que j'en fasse une photo en gros plan pour le partager avec l’univers entier).

On a aussi eu la visite de Luc Chicoine pis sa charmante blonde. Darnziak et moi on lui a fait une mini carte de fête qui contient beaucoup amour. J’avais un paquet de petites feuilles d’un format parfait pour faire des cartes et des mini zines. On a torché quelques zines gnéseux sur le coin de la table, c’est laid — j’écris trop mal — et plein de fautes mais on a décidé que ça valait au moins 400$. Personne n’en a acheté. Gang de pauvres.

J’ai donné à Iris un macaron de Salopette, qui est dans mon premier kit Folle aux chats, et le lendemain, elle m’a dit qu’il a joué avec le macaron de sa face durant des heures. J’ai vu la belle Sophie Bédard en coup de vent, la pauvre aurait tellement voulu avoir un téléporteur pour passer du Salon du livre à Expozine durant la fin de semaine. Belooga Joe était là avec sa blonde Sara, qui avait des nouveaux zines (je regrette de pas avoir acheté À qui la noune) et des beaux macarons vulgaires, dont les fameux « J’ai une vaginite ». J’étais assez contente, là! Au printemps dernier, j’avais donné ma vaginite à Fredoune, mais j’ai là pu m’en racheter une autre. Pis une plus grosse, en plus! On a fait un échange de zines : son Dans l’cul contre ma Punaise de lit. Je lui ai fait un beau bandeau à partir d’une authentique critique orale de Mathieu le kekloune (« J’aime ça Dans l’cul. » - Mathieu Arsenault) et elle m’a fait une belle dédicace « pour la reine des chats et des insectes ».

Alors que mon niveau d’énergie commençait à être dans le rouge, Léa est arrivée. A m’a-tu remonté ça, tu penses? Était en feu, la Léa! Elle avait beau dire qu’elle était fatiguée, moi je la sentais comme une boule d’énergie et de mongolitude. Était tellement dedans qu’elle s’est mise à faire de la vente intense. Faut dire qu’à ce moment-là, on avait la table à nous seuls parce que mes voisins de gauche étaient partis tôt, et celui de droite ne s’est jamais pointé. On s’est étalés solide. Faque là Léa expliquaient aux visiteurs que tous mes macarons de chats représentaient un chat spécial, et qu’ils devaient absolument porter Courgette, son chat brun. Elle a vendu trois Courgette et d’autres minous. Léa, tu serais une excellente vendeuse. « J’ai appris ça des Arabes! »

On a même vu Marine et Julien! C’est le couple de Français à qui j’avais sous-loué mon studio pour un mois. Ils venaient tout juste d’arriver à Montréal et ne connaissaient personne, alors je les ai invités à nos parties de pétanque et ils se sont fait plein d’amis. Normal, sont trop gentils! Julien a acheté mon aimant de Bubble Bobble. Je sais maintenant que je pourrai l’inviter à jouer à l’un de mes jeux préférés sur NES. Aon. Presque au même moment, Vérognique Morgner est venue faire des faces à notre table. C’est une spécialiste des faces, c’est pour ça.

Autre moment de aon : Une maman arrive à ma table avec son fils. Elle point mon aimant de Mappy. « C’est ça que tu veux? » Le petit garçon, super gêné fait oui de la tête. Je lui offre un macaron de beubitte en cadeau bonus pour le remercier de sa quioutitude, mais il fait non de la tête. Je lui offre alors une Po, il fait oui. Avec un tout petit sourire et des grands yeux.

Une petite Dakota Fanning vient me dire « c’est beau ce que tu fais » et poursuit son chemin comme une libellule en chasse.

Une autre fillette regarde un dessin de Clara et demande à sa maman « c’est quoi ça? ». La maman, mi-amusée mi-traumatisée, me sourit et entraîne sa fille vers des choses moins gore.

Un monsieur vient me voir juste pour me parler et me dire que je suis ravissante. « Tu viens d’Ailleurs, toi, han? » Ah, j’ai jamais su d’où je venais, mais c’est pas de la planète Terre certain! Vous non plus, han? « Ah non, c’est sûr! Nous on est Lumineux, on n’est pas comme les Autres! » Il était marrant. En plus il avait la même coupe de cheveux que le capitaine Jean-Luc Picard.

Merci au dude qui m’appelait la Femme-Chat et me trouvait excessive dans ma passion pour les chats (« en réalité, je suis pire que tu penses »).

Merci à Vincent Giard qui distribuait des stickers de soucisses. À la fin, on était une gang à être douces. 

Merci à Catherine qui m’a donné un set de beubittes glow-in-the-darque. Woah! Je vais les coller partout dans ma chambre.

Merci à Larouche de m’avoir fait rire avec ses histoires de poètes malades mentaux au Salon du livre. L’Écrou devait être l'un des rares stands amusants là-bas.

Merci au monsieur qui m’a demandé c’est quoi un fanzine.


En tout cas, je me trouve pas mal choyée d’avoir vu autant d’humains aimables en deux jours. Mention d’honneur à mon frère Darnziak, qui est finalement resté avec moi durant toute la fin de semaine, même quand il était lendemain de veille. « Ça me tente tellement pas de faire de la correction… » Sans sa présence, j’aurais sûrement anticipé tussortes d’affaires plates et j’aurais jamais eu autant de fonne. Merci à Léa, ma belle mongole. J'espère qu'elle voudra revenir l'an prochain. Et merci à Mathieuse, qui est venu me voir plusieurs fois malgré ses contrats et sa fatigue.

J’ai quitté le sous-sol de l’église du Chris-d’Enfant-Jésus-du-Sacrament avec ces trois mongols adorabes, épuisée mais heureuse.

Pour terminer, il faut que je souligne qu’au moins trois personnes m’ont dit que mon t-shirt était malade. Si vous voulez un t-shirt On n’est pas des trous-de-cul de Marie Letellier, faut faire pression auprès de Mathieu. C’est vrai que mon t-shirt était pas mal beau, mais à mon avis, personne n’était aussi chic que Mark Ambrose Harris.

vendredi 23 novembre 2012

Exposer mon zizi


À force de parler de mon fanzine comme d’un zizi, ça a fini par être pinisse, pis batte. J’aurais donc pu intituler cette note « Exposer mon batte », c’était même ça qui a spontanément poppé dans mon esprit, mais heille, wo, fourrait pas que je perde le contrôle, là. Je cherche pas spécialement à être vulgaire. Pis ça commence à être nébuleux, « Exposer mon batte », tandis qu’avec « Exposer mon zizi », tu peux rapidement faire le lien avec Expozine et mon fanzine. Trouver des titres de notes de bloye, c’est un art, et si je m’y investissais vraiment, je pourrais pondre les plus beaux titres de la blogosphère mondiale — voire COSMIQUE — mais y parait que j’ai d’autres qualités, faque j’ai pris l’habitude de torcher ça assez vite, les titres. Voilà. T’as compris que je m’apprête à parler d’Expozine pis que ça risque d’être long et gnéseux et peut-être même plate.

J’anticipais un peu la fin de semaine parce que ça me faisait peur d’avoir à me lever à neuf heures du matin pis passer la journée à essayer d’être de bonne compagnie. J’ai dormi cinq heures (le minimum que mon corps réclame pour pas trop souffrir) pis je me suis hissée hors de mon lit chaud. Même Po trouvait ça trop tôt, elle avait même pas encore commencé à faire du pain sur moi. Malgré l’horreur de devoir exister le matin, ma journée a commencé par que’que chose de beau : Darnziak m’a remis une carte de fête faite par lui-même. A-ooooooon!

Punaise Face-de-marde, SNES, mon épée Master, Po, pis mon frigo Excite Bike.


Yé fin, lui! Il m’avait promis de venir m’aider à m’installer et passer une partie de la journée avec moi. Faut que je le dise : c’est bizarre de voir mes amis le matin. L’éclairage naturel est du mauvais bord, j’ai l’impression de vivre à l’envers.

En arrivant sur les lieux, j’ai spotté un coin de table pas loin d’une sortie. Je me suis dit que la petite brise nous garderait vivants (comme tu peux le constater, mes chers lecteurs, ça a fonctionné puisqu'on est tous les deux vivants au moment où je tape ces mots). Par bonheur, il y avait deux chaises, alors c’était possible pour Darnziak et moi d’être assis en même temps. On s'était préparés au pire, on se disait qu'une seule chaise saurait suffire pour nos demi-fessiers, faque on se considérait assez chanceux. Par contre, on était tellement tassés que c’était plus simple pour nous de se glisser sous la table plutôt que de de tasser les autres humains si on voulait entrer ou sortir de la zone des exposants.

Avant qu’il n’y ait trop de visiteurs, je suis allée voir Zviane à sa table pour lui donner un aimant que j’ai fait. Je savais qu’elle l’aimait, elle avait l’air de tripper quand je l’avais mis sur Facebook. C’est un « Peupi » en beads jaune et brun. Quand je lui ai remis ça, ses yeux se sont illuminés, elle a mis une main sur son coeur, et a dit :  « C’est le plus beau jour de ma vie. » Ses yeux se sont mis à lancer des rayons laser, pis elle a mis le feu à ses zines. J’ai dit wo, calme-toué, wo! Je voulais pas avoir du troube avec la sécurité.

Après ça, quelqu'un que je connais pas s’est présenté à ma table, puis il a dézippé sa veste pour me montrer… un chandail de Po! Laurence! C’était Laurence, que j’avais jamais vu, mais avec qui j’ai échangé quelques emails cet été quand il m’a écrit pour me commander son t-shirt. Il s’occupait de deux tables, dont une où j’ai acheté des zines queer (Queer and Trans Youth Resistance — Out of Order et  Queer Tribes — Pour les mecs qui aiment les mecs, ainsi que la liberté). Peu après, Ranger l’énarvé est venu nous voir. J’étais contente de le voir tout content tout fringant. On a jasé un bon moment, nous assis, lui dansant devant nous, comme un fou.

Je suis allée faire une tournée rapide, question de voir, taponner et acheter des zizis. En nageant dans la foule, j’ai retrouvé Angé! Aon! Je l’avais pas vue depuis des mois, alors j’étais tutesssitée par sa présence. Elle était enrhumée, alors elle osait pas trop se frotter sur moi pour notre traditionnel échange de phéromones. Le moment était mal choisi pour examiner le stoffe et les zizis magnifiques qui m’entouraient, alors je suis retournée à ma table, me disant que je ferais le tour dimanche avant que la foule n’arrive.

Au total, je me suis absentée 10 ou 15 minutes. Juste ça. À mon retour, Darnziak me dit : « Tu croiras pas ce qui vient d’arriver. Faut que je te conte ça. » J’ai tout de suite pensé à un truc grave, mais il a souri et m’a dit nenon, c’est du beau. Je me faufile alors sous la table et je le rejoins, super intriguée. Il me raconte que pendant ma courte absence, François Fucking Blais est venu acheter une édition deluxe de La punaise de lit. « Je lui ai dit que t’allais revenir dans pas long, mais il voulait pas t’attendre, y’avait l’air INTIMIDÉ. Peux-tu croire à ça? » Darnziak était tout lumineux. Cette rencontre-là, il aurait même pas osé l’espérer. Parce que François Blais, c’est un peu un mythe, des fois on se demande s’il existe pour vrai. Y’a des gens qui me disent l’avoir déjà vu, mais quand tu leur demandes des détails, sont pus trop sûr si c’était bin lui. Mais Darnziak, il l’a vu pour vrai, et lui a même parlé. « Il était pareil comme sur le cover d’OVNI! Avec la même tuque! » Woah. OK, ça fait notre journée en crisme. 

Là j’ouvre une parenthèse : (Qu’est-ce qui fait qu’on est en émoi comme ça, Darnziak pis moi? Parce qu’on est des fans de François Blais, oui, mais y’a pas que ça. Il y a environ un mois, une certaine Marie m’a contactée via la page de Po. Elle voulait me commander deux t-shirts de Po : un pour elle, un pour son frère. On s’est mis à s’écrire un peu, et dès les premiers emails je l’ai trouvé adorabe. Puis elle me dit que je connais peut-être son frère… qui est écrivain… François Blais… Meh! Bin oui! Mais non, je le connais pas personnellement, mais j’ai Vie d’Anne-Sophie Bonenfant dans mon lit, drette à côté de moi, parce que ça fait un boutte que Vickie pis Mathieu me disent de lire du François Blais, que je vais aimer ça, c’est sûr. Faque j’ai commencé par lire Document 1, son plus récent. Moi là, quand je regarde un film qui me fait beaucoup tripper, ça m’arrive de taper des mains en sautillant comme une mongole. Seule devant mon écran, consciente que personne sait que j’applaudis pour souligner les qualités de l’oeuvre. J’y peux rien, c’est l’essitation qui sort spontanément. Bin Document 1, c’est exactement le genre de livres qui m’aurait fait taper des mains comme une querisse de mongole si j’étais pas obligée de le tenir entre mes mains. Je suis pas critique littéraire, han. Je peux te dire à quel point j’étais énarvée et émerveillée de lire un livre, mais je serai pas très profonde. J’écris pas pour Liberté, tsé. Là, je suis dans Iphigénie en Haute-Ville, pis je fais attention pour pas l’échapper à cause de mon envie de taper des mains. Mais mise à part mon admiration pour l’oeuvre de François Blais, j’ai un peu un crush sur sa soeur pis lui. Je les adopterais. Ils s’occupent des chats SDF de leur quartier! Ils sont A-DO-RA-BES. Dans ma tête, je les vois comme un couple ducharmien, pis ça rajoute encore plus à mon affection pour eux. Ouain, je suis un peu intense, j’sais bin, mais c’est comme ça. Je suis emo, tsé. Oh pis l’autre jour ils m’ont envoyé un magnifique cadeau! C’est pour ça que c’était ma fête en tabarnaque. Sur le colis, c’était écrit « Sophy et Po » (AON!), et à l’intérieur, il y avait deux (2!) sachets de minouches deluxe, QUATRE (4) livres de François Blais, et une lettre touchante et farfelue. Darnziak est arrivé chez moi pendant que je lisais la lettre de François, il a bien vu que j’étais tutémue. Veux-tu bin m’dire comment je pourrais ne pas les aimer, han? Bon, on va dire que je ferme ma parenthèse ici.)

Marie-Chantal, ma beauté sauvage, est aussi venue faire un tour. C’était vraiment la journée des rencontres, ça n’arrêtait pus! Une chance que je filais pas sauvage à ce moment-là. Même Clara, qui trippe pas sur les foules, a osé mettre le pied à l’Expozine! On a jasé de chats, bien sûr, et de notre future soirée de gaming. Elle m’a laissé une petite pile d’impressions, je lui avais proposé de les ajouter à ma table parce que je trouvais ça inacceptable que ses beaux dessins ne fassent pas l’Expozine. 

Toute le monde était là. Même François Blais, même le soundman de Fred Pellerin, même Mathieurseno qui était occupé pour la fin de semaine, même Sonia Vachon avec une boîte de Tide, pis même la fille du centre d’impressions est passée! « T’as oublié ta clé USB. Je savais pas ton nom, on a collé une note avec Folle aux chats écrit dessus… » Aooon. Bin non je suis pas offusquée! J’assume totalement ce titre!

On a aussi vu Sébastien Dulude. Il m’a dit qu’il allait peut-être adopter un chat prochainement. Je lui ai parlé de Ron Jeremy. Il était bin d’accord sur le fait que c’est un très beau chat, « les tigrés, c’est les meilleurs », pis je l’ai laissé réfléchir à ça. Darnziak pis moi on était pas mal fatigués, mais la journée était l’fonne, et on n’avait pas beaucoup de temps pour penser à notre fatigue. En tout cas, je l’ai trouvé pas mal toffe de faire toute la journée sur un lendemain de brosse. « Mais demain, je pourrai pas rester aussi longtemps, je vais juste t’aider à t’installer, te laisser faire une tournée, pis rentrer. J’ai de la correction à faire… »

À 18 heures, j’ai recouvert ma table d’une belle nappe blanche, on s’est glissés de l’autre bord de la table, pis on s’est laissés rouler jusque chez moi. On a mangé au ralenti, enduré les nounoueries du Ringuette, pis Darnziak est rentré chez lui. Ce soir-là, je me suis écroulée dans mon lit avant une heure. Fait rare. Même pas eu le temps de tout regarder mon documentaire sur les hippopotames.

Là, il reste dimanche. Ouh.

mercredi 21 novembre 2012

Juste pour vous dire que...


Ron Jeremy est toujours à la recherche d’un foyer permanent et aimant. Il sera vacciné et castré le 1er décembre, mais je vous promets qu’il sera aussi sexé.

Chat gentil, magnifique, et qui sait faire du pain recherche humain aimant et responsable. Pour tute la vie. MP. Merci.

mardi 20 novembre 2012

La mort de Minoune et autres histoires de chattes


Lora Zepam et les chattes de sa vie, par Clara B.

Avant ma naissance, mes parents ont eu une chatte siamoise. La Minoune, qu’elle s’appelait. Mon père l’aimait bin gros, pis elle est morte dans ses bras. Ça l’a tant bouleversé qu’il n’a pas pu dormir de la nuit. Quand ma mère me racontait ça, elle avait l’air de trouver ça un peu exagéré de la part de mon père, de trouver ça drôle qu’il soit emo. J’ai jamais eu l’impression que ma mère s’attachait beaucoup à nos animaux. Elle les flattait peu, sauf quand ils étaient très jeunes et irrésistibles avec leur face de Cute Overload. Mon père, lui, il est du genre à travailler debout à sa table à dessin parce que mon chat est couché sur sa chaise. On dirait bin que mon père, c’est mon père, han.

Un peu avant que mes parents ne s’installent définitivement dans Charlevoix, mon papa avait trouvé un emploi là-bas. Il passait la semaine au chalet et revenait nous voir à Québec-Vile durant la fin de semaine. Le voisin du chalet a toujours eu des chats pour dératiser sa grange. Il s’y forme une micro colonie de chats — ou plutôt de chattes, les matous ayant tendance à s’exiler pour aller fourrer ailleurs ou à mourir sur la 381 — qui chassent le petit gibier et nous quêtent pour le reste. Je crois que leur espérance de vie se limite à environ quatre ou cinq ans maximum, l’âge à laquelle Améthyste, la maman de Po, est disparue dans la nature. Ma famille et moi avons toujours eu l’habitude d’apprivoiser les chats du voisin et de leur donner des restes de table comestibles pour eux, ce qui inclut les délicieuses entrailles des truites qu’on pêchait à la rivière. Bref, les chats ont toujours préféré chiller autour du chalet que dans leur résidence officielle. Mais cette année-là, quand mon papa vivait au chalet presque à temps plein, il y avait trois nouveaux chatons pour remplacer La Marbrée, qui avait disparue un peu après Améthyste. Je dis trois mais au début ils étaient quatre, sauf que la plus poquée de la gang n’a pas survécu deux jours. J’avais pourtant dit au voisin que la petite tigrée — je l’avais appelée Twiggy — était malade et contagieuse, qu’elle devait être isolée des autres. « Ah, bah non! A doit avoir eu une paille dans l’oeil! » De kessé? Une paille? Pis c’est pour ça qu’elle a du mal à tenir sur ses pattes, qu’elle éternue, morve, pleure? Deux jours plus tard, la chatonne avait disparue — les chats qui meurent dans la nature ne laissent pas souvent de trace — et les trois autres chatons avaient les yeux et le nez pleins de pus. La plus affectée, c’était Moufie, une belle angora bicolore aux yeux verts full eye-liner. Une fois, elle avait tellement de pus dans les yeux qu’elle ne voyait plus où elle s’en allait. Ma soeur (la petite) et moi on s’occupait d’eux du mieux qu’on pouvait, on nettoyait leurs yeux à tous les jours quand on allait au chalet. Je trouvais ça triste, moi. Je pense que je suis trop sensible pour la campagne. Ça m’a toujours traumatisée de voir des animaux souffrir sans pouvoir intervenir.

Il me semble que la vie des chats de ferme est juste un peu plus soft que celle des chats de ruelles : chaque jour est un combat, et l’intervention humaine est plutôt rare dans la courte vie de ces petits fauves qui devront se réparer tout seuls en cas de blessure ou maladie. Les chats de ferme, tout comme les animaux de boucherie, sont des choses remplaçables, il ne faut pas s’attacher à eux. On a bien essayé de me rentrer ça dans la tête, rien à faire. Le nombre de fois où j’ai demandé à mes parents qu’on soigne un chat malade. Où j’ai fouillé le frigo pour trouver de la nourriture potable pour les plus maigres de la gang. Mais j’ai jamais pu convaincre personne de faire soigner un chat de ferme par un vétérinaire. On dépense pas d’argent pour ces animaux-là, weyons. Pas pour cette sous-catégorie d’animaux. C’est pour ça que j’étais un peu surprise quand mon père m’a appelée du chalet pour me demander ce qu’il pouvait faire pour Moufie, qui avait l’air vraiment mal en point. Il était prêt à l’emmener chez le vétérinaire, même si ça représentait une dépense un peu folle. Ma mère trouvait que ça n’avait pas d’allure qu’on débourse le peu de cash qu’on avait pour soigner le chat du voisin. « C’est pas à nous autres à payer pour ça, c’est même pas notre chat! » Mon papa, lui, trouvait ça trop triste de la voir souffrante. Je me souviens plus ce qu’on a fini par faire, mais je sais que Moufie a survécu à cet épisode ainsi qu’à quelques autres plus bénins, la rhinotrachéite ne se guérissant jamais complètement. Ce que j’avais retenu de ça, c’est que mon père est probablement plus sensible que ma mère à la souffrance animale, ou alors qu’il est plus enclin à intervenir. Je comprends très bien son insomnie après la mort de sa tendre Minoune.

Cet été, quand j’ai appelé ma mère pour lui dire que Po était hospitalisée et que je pouvais pas assumer les frais immédiatement, elle m’a dit que ça valait peut-être pas la peine de payer pour la faire soigner. Vu son âge, pis vu ma situation financière. J’en revenais pas que ma mère me parle d’euthanasie comme si c’était une option. Po était pas en train de vomir du sang, secouée par des spasmes de possédée. Po avait une cystite, et ça traite, et elle fait de l’hyperthyroïdie, et ça se traite aussi. Je vais pas transformer Po en mort-vivant, je vais pas lui faire subir des chirurgies expérimentales qui coûte 10 000$. Sauf que ma mère s’inquiète pour mes finances. Moi aussi, mais je m’en fais pas mal plus pour ma chatte. Ça fait des années que ma mère n’a pas vu Po, elle sait pas qu’on passe nos journées ensemble, qu’on est pas mal en amour-fusion depuis depuis la mort de Chechou. Elle se doute peut-être pas de l’attachement que j’ai pour ma vieille minoune, que cet attachement s’intensifie toujours plus avec le temps. Mais ma mère est loin d’être insensible. D’abord, elle m’a prêté 500$ pour que je puisse payer ma première facture de vet. Sans me faire sentir cheap. Sans laisser sous-entendre que je pourrai jamais la rembourser de ma vie parce que je suis trop pauvre et irresponsable et pas débrouillarde. Pis ma mère, elle s’inquiétait pas mal quand sa jeune chatte a fait une fugue l’autre jour! Parce que mes parents aussi sont rendus avec une chatte, astheure. Un rejeton de Mini-Po qu’ils ont adopté l’hiver dernier. Elle est née le 11 septembre. Ma mère a noté la date, elle suit attentivement les grossesses de Mini-Po. Leur jeune chatte est bicolore et s’est donc mérité le nom de Moufie II. Une belle minoune hyperactive qui suit mes parents partout, un vrai chat de poche. Moufie II m’a fait réaliser que ma mère est plus protectrice que je ne l’aurais cru. Elle a peur que sa jeune minoune se fasse frapper par un char, attaquer par une bête sauvage, tirer par un chasseur, ou encore qu’elle attrape des vers en mangeant des oiseaux. Maman, tu peux y donner du lousse, tsé. Moufie va pas se faire bouffer par un étchureu.

Ma mère, elle a du coeur. L’autre jour elle m’a appelée pour me dire qu’elle avait pris une décision. « Je va faire opérer Mini-Po. » AON. Mini-Po, mon amour impossible, la chatte sauvage de mon coeur. Ça fait si longtemps que je gosse mes parents pour qu’ils la kidnappent et la fasse opérer. Cette minuscule chatte enchaîne les grossesses sans prendre de break. C’est pas créyabe, tous les chats qui débordent de sa chatte. Et ils deviennent tous plus gros qu’elle, avant même d’être sevrés, parfois. Je disais à mes parents que le voisin, il s’en sacre de Mini-Po, je les encourageais à la prendre en charge. Si elle est stérilisée, elle pourra poursuivre sa vie palpitante de chatte sauvage apprivoisée, mais sans le fardeau de la maternité. Faque là, ma mère essaie de trouver le bon moment pour l’envoyer à la clinique. Dès que ses petits derniers seront sevrés. Faque ma mère va prendre les responsabilités que son voisin millionnaire veut pas assumer. Je l’ai déjà dit, j’ai grandi dans une famille de Barbapapas.



Le 31 octobre, ça a fait trois ans que Chechou est morte. C’était juste un animal, oué. Mais je me souviens parfaitement de la texture de son poil, de ses miaulements en « rwouar » quand elle ronronnait, de sa façon de se crisser violemment par terre pour se rouler quand on la flattait, je me souviens comment elle chassait des proies imaginaires sur le plancher de la cuisine, de ses trips de droyes avec les autres chattes, de sa manie de se coucher sous les draps pour former un petit tas, de ses séances de toilettage passionné avec Po. Et je me souviens que j’avais très mal dormi quand elle est morte à 160 km de moi.

*


La magnifique illustration est de Clara B. Je trippe sur ses dessins, qui sont un parfait mélange de quioute et de morbide, et quand je lui ai demandé si elle aimerait illustrer une de mes histoires de chats — elle aussi c’est une folle aux chats — elle a gentiment accepté et m’a DONNÉ le dessin quand elle est passée me voir à l’Expozine samedi! En plus d’une impression de ce dessin! C’était encore ma fête!  J'étais si émue. Si vous voulez lui acheter des impressions, n’hésitez pas à la contacter, elle est charmante et douce comme des bonbons au caramel.

lundi 19 novembre 2012

Euaé


J’ai eu beaucoup de pliaisir à l’Expozine en fin de semaine, mais ce soir je suis beaucoup trop fatiguée pour expliquer pourquoi. Juste pour te donner une idée de mon état d’esprit du moment, je suis un peu excitée à l’idée de trier des beads. Tsé. Lora Zepam en mode vedge : ON.

Mais j’ai autre chose à partager avec toi, mes chers lecteurs. Dès que Mathieuse m’aura envoyé un dessin qu’il a scanné, je mets en ligne un texte écrit il y a déjà plusieurs semaines. Je tenais à le joindre à un magnifique dessin, c’est pour ça que je l’ai gardé FULL SECRET. Mais ça s’en vient.

OK, je veux quand même pas créer des attentes, là. C’est quand même juste une autre fucking note de bloye sur les chats.

samedi 17 novembre 2012

Je me préparais pour l’Expozine


Je me suis fait une liste de choses à faire pour venir à bout de ma semaine chargée, et j’efface mes tâches à un rythme constant. Ce soir, je trouve que j’ai l’air efficace et organisée, mais en réalité, si je travaille vite et bien, c’est bin juste parce que je suis encore à la dernière minute, et que j’ai juste pus le choix de courir. Je suis pas encore aussi organisée que je le voudrais, querisse. Dans ma liste de tâches : arrête de glander sur Fecebook. Parce que ça aide à augmenter l’efficacité, lâcher le Fecebook. 

En tout cas, j’ai réussi à faire tout ce que j’avais prévu! J’en ai même fait plus, comme me brûler les doigts avec mon gonne à colle. C’est des choses qui arrivent. J’ai aussi décidé de teindre ma repousse de cheveux. Pourquoi pas? Tant qu’à être efficace. Je me suis un peu tachée. Ça aussi c’est des choses qui arrivent. 

J’ai tout fini. J’ai préparé quelques éditions deluxe de La punaise de lit, j’ai fait plein de macarons, dont un tout nouveau kit de minous adorabes, et mon kit Folle aux chats sera aussi à ma table, agrémenté d’un mini-zine, ainsi que des beaux aimants de frigo 8-bits et trois (3) t-shirts de Po. Bonus : je vais aussi vendre des articles de Doctorak! Des macarons et cartes d’auteurs! Oh ouimadame!

Étant donné que je devrai me lever en pleine nuit pour arriver à l’heure, j’aurai une face de zombie pire que d’habitude. Je devrais être en train de dormir, mais mon corps veut pas, il trouve ça cave de dormir tôt. C’est qui c’est qui va avoir l’air cave demain, han?

Bon, je me plains, je chiâle, mais je le sais bin que je vais avoir du fonne. Pis en plus (un autre bonus), Darnziak va être avec moi! Pas toute la fin de semaine, là, mais il va quand même m’aider à m’installer demain, il va faire des dédicaces pour toi, et me soutenir moralement. Yé fin, mon frère. Pis le Mathieu aussi va venir faire son tour. En fait, tout le monde va y aller. Même Sonia Vachon avec sa boîte de Tide.

Si jamais je réponds pas quand tu me parles, ça se pourrait que je sois simplement en train de dormir les yeux ouverts. T’as juste à me poker doucement pis ça va me rebooter le système.

jeudi 15 novembre 2012

Parce que c'est ma vraie fête


Cher Jésus,

Pour ma fête, je veux : un remède contre le cancer. C’est tout. Merci. Baille baille baille baille baille.


Sophy (je te donne pas de ti becs, on n’est pas pantoutes intimes, tsé)





Péesse : Dis donc oui, c’est même pas pour moi, le cadeau.

Péesse 2 : Ah pis mille fuck you, Jésus.

lundi 12 novembre 2012

Y’a un petit point noir sul soleil aujourd’hui

Je venais tout juste de revenir de Québec-Vule, hier après-midi, quand Mathieu m’a tweetée pour me dire qu’un chat était entré chez lui pendant qu’il prenait sa douche. L’intrus s’est faufilé par un trou dans le moustiquaire, le même par lequel Linus est tombé dehors sur la galerie — un aventure qui l’avait bin gros traumatisé, mais qui avait surtout fait peur à Mathieu. Faque là Mathieu me teasait avec son histoire de beau petit chat noir tout gentil qui vient se coucher sur lui en ronronnant. Je me suis encore plus dépêchée de m’en venir, je voulais pas manquer le p’tit chat noir. J’ai même soupçonné Mathieu d’avoir inventé ça pour que j’arrive plus vite. Parce que Mathieu est triste depuis samedi soir. Et moi aussi. Des fois, c’est pas toujours ma fête. Des fois, il arrive de belles choses super essitantes, et l’instant d’après, c’est un truck de marde qui t’orcule dessus sans crier biiiip. Le p’tit chat noir, c’est un ange darque qui est allé voir Mathieu pour ronronner par-dessus sa tristesse, ça c’est sûr. Et je voulais le voir de mes propres zoeils (et le flatter de mes propres mains, ça c’est évident).

J’avais donc comme mission d’aller flatter Mathieu et Berlioz, parce qu’il s’appelle comme ça le p’tit chat noir, c’est écrit sur sa médaille. Sur sa médaille, il y avait aussi un numéro de téléphone, Mathieu a donc appelé là pour savoir si quelqu’un s’inquiétait de la disparition de Berlioz, mais non, c’est normal, il vit dans le quartier pis il aime bin ça chiller avec le monde. On en a-tu profité, tu penses? On le flattait, on trippait sur ses tactiques de chasseur de point rouge, je m’extasiais sur sa beauté, pis j’arrêtais pas de rire parce que sa queue battait l’air super vite quand je le flattait. C’était presque canin comme attitude. Mais le plus drôle, le plus quioute, c’est quand je lui faisais des compliments : il me répondait en plissant des yeux. Mgnnnnnnn aon le beau ti chat qui fait des beaux zieux!

Notez le flou de mouvement au bout de la queue.

Bien sûr, on l’a gâté un peu. Mathieu lui avait donné un bol de lait avant mon arrivée — « Faut pas faire ça, le lait pourrait lui donner la fouérasse! » « Pas grave, c’est pas chez moi qu’il va avoir la fouérasse! » — et moi je lui avait apporté les minouches deluxe que Po a reçues par la poste de ses admirateurs de Québec. C’est dommage, parce que Po ne pourra jamais y goûter, à cause de son régime strict de chatte hyperthyroïdienne. Mais ces petites gâteries vont finir entre de bonnes dents, car j’ai bien l’intention de gâter tous les mimis SDF que je vais croiser sur la route de ma vie de folle aux chats. Bon, je sais que Berlioz n’est pas un chat mal nourri, mais ces petites croquettes tendres ont tellement l’air délicieuses que je me suis dit qu’il méritait bien ça, notre petit ange noir. Heille, si j’avais pas été une végane radicale, j’y aurais goûté, c’est pas des farces.

Là, je me suis rendu compte que j’avais oublié mes penules chez moi. Mathieu m’a proposé qu’on aille les chercher, ça nous ferait prendre une bonne marche. Il a pris Berlioz dans ses bras, et je te jure qu’il avait vraiment l’air bien, il était tout en confiance, et là Mathieu l’a doucement déposé sur la galerie en lui disant « tu reviendras nous voir, han ».

Sur le chemin du retour, Mathieu a décidé d’aller à picerie, et moi je suis rentrée directement chez lui. J’ai fait le tour de l’appart pour voir si Berlioz n’était pas revenu en passant par la fenêtre invitante, mais non, que des pièces vides de vie, pas un ange. Quand il est revenu de la picerie, la première affaire que Mathieu a faite c’est d’aller vérifier si son p’tit rayon de soleil noir était pas revenu. Déception? Je pense que oui. Tchèque bin si le Mathieu va pas se mettre à recevoir des chats chez lui. Ils vont se passer le mot dans le quartier, pis ils vont tous aller se frotter sur les jambes de mononc Mathieu. Je devrais peut-être lui laisser un sachet de minouches deluxe.


Avant de s’endormir, on a regardé un documentaire sur les léopards.

— J’espère que le p’tit minou noir va revenir!
— Ha ha! Je SAVAIS que t’avais un kick sur lui.
— Bah, je dis ça juste pour te faire plaisir…
— Oué oué.

Moi je sais que si c’est pas son p’tit ange darque qui va revenir, ça va être un autre. Les chats sont les êtres les plus doués pour bien pétrir la tristesse.

samedi 10 novembre 2012

C'est encore ma fête! \o/

Cadeau du Ringuette. <3 td="td">

Juste pour vous dire que…


… aujourd’hui, c’est ma fête en tabarnaque. J’ai pas le temps de t’expliquer pourquoi parce que je dois me lever tôt demain (j’ai mis le cadran à 10 heures, arque), mais je voulais juste le partager. Parce que c’est l’fonne de partager des belles affaires, tsé.



Péesse : « Juste pour vous dire que… », j’ai totalement piqué ça à Fredoune, qui utilisait souvent cette formule sur le défunt blogue Fins & Spirituels. Je l’aimais, ce blogue. Et j’aime encore les fins & spirituels, que j’ai la chance de côtoyer.

Péesse 2 : Finalement, j’ai un peu scrapé la patente, parce qu’un « Juste pour vous dire que… », c’est supposé être bref, sans développement. Chu pas bin bonne avec les règles. M'escuse.

jeudi 8 novembre 2012

Entrevue de revues de madames avec Darnziak


OK. Je commence avec une question pas facile. J’aimerais que tu me parles de ta peau. C’est quoi son type, quels soins lui prodigues-tu, des affaires de même.
L'acné a longtemps dévoré mon visage, jusqu'au-delà de vingt ans, mais cela a fini par se résorber, disparaître. Maintenant, je l'aime bien, ma peau. Même si elle combine des extrêmes, elle est graisseuse, elle est sèche. Je peux me coller une feuille de papier dans le front. Parfois je me décompose en flocons. Pour les soins, je ne fais pas grand chose. Aftershave. Rarement du savon. Juste de l'eau.

Eh boy. Tu pourrais pas faire des annonces de crèmes à face, toi. Qui s’occupe de tes cheveux?
J'allais voir Réjan (oui, il l'écrit comme cela), je lui dit : même chose que la dernière fois. Mais là il était occupé et je suis tombé sur la coiffeuse pour la hausse. Elle m'a pratiquement scalpé pendant que m'essayais de lui expliquer la loi 78.

Étais-tu satisfait de ta coupe?
Non. J'avais l'air d'un soldat.

As-tu peur des rides? De la bedaine de bière? De la calvitie? Des ongles cassants?
Des rides, un peu. Quand je souris maintenant je plisse de partout. Pour rester jeune le secret c'est l'impassibilité. Bedaine, non. J'ai peut-être tort. Jeune, mon père était aussi maigre que moi. Puis il a doublé de poids et quadruplé de volume. Calvitie, oui. Quoique quand je me rasais, on disait que j'avais un beau crâne. Ongles casssants, non. Je les ronge. Ils ne peuvent atteindre ce stade.

Oh. Donc, t’es pas trop du genre à te faire une manucure totale? Genre, accepterais-tu d’être mon invité spécial dans mon Club de manucure VIP secret?
Non. J'aimerais mieux qu'on me coupe la dernière phalange. Mieux vaudrait l'absence totale de doigts.

Bin là. Sans doigts, tu pourrais pas tenir dans tes mains la deuxième meilleure chose taponnable au monde, et j'ai nommé la manette de Nintendo. Ni la première que je sais pas kessé c'est.
Il suffit d'éviter la manucure et de continuer à me ronger les ongles solide. La première meilleure chose taponnable au monde, c'est innommable en public.

Es-tu game de dire publiquement c’est quoi ton sous-vêtement le plus kinky?
Je suis game solide : des vieilles bobettes trouées en avant.

En coton?
En matière synthétique inconnue.

Hum. As-tu des textiles fétiches?
Le « doux ».

Heille y paraît que tu magasines ton linge avec ta mère. Stu vrai?
C'était vrai jusqu'en 2015.

Oh. Et depuis 2015, tu ferions quoi? Tu demandions-tu de l'aide aux vendeurs et vendeuses?
HAMAH. Je prendrions un truc noir et l'essayons pour voir si je ne me perds pas dedans. Quand je retrouvions la sortie hors du chandail ou du pantalon, je payions et je sortions et le problème étions réglé pour un lustre ou deux.

Fais-tu des efforts pour te tenir en forme? Comment tu fais pour avoir les biceps assez puissants pour me battre au bras de fer?
Je fais aucun effort mais je suis somnambule quand je suis réveillé et mes jambes me conduisent par elles-mêmes à l'autre bout de la ville, ce qui gonfle mes muscles de cuisses et mollets. Pour les bras, je danse en gesticulant comme Ian Curtis. Régulièrement. Une heure et demie par jour.

(Note à moi-même : Écouter plus de Joy Division.) Es-tu préoccupé par ton poids?
Non. Je suis déjà devenu gros (130 lbs) mais c'est parce que je mangeais de la soupe Chunky. J'ai coupé ça et tout est redevenu stable. Aucun besoin de s'en préoccuper. J'ai un hypermétabolisme. Tout est brûlé instantanément. L'angoisse, ça consomme beaucoup d'énergie.



Beaucoup de produits cosmétiques sont testés sur les animaux. Tu en penses quoi?
Je travaille souterrainement à faire advenir la grande révolte animale qui dévastera toute l'industrie pharmaceutique à coup de dents pointues et de panaches d'orignaux.

Ostie que j’ai hâte. C’est quoi ton maquillage préféré?
Le cache-cerne que je piquais à ma mère pour cacher mes boutons. Me souviens plus de la marque.

OK. Je ferai un effort pour le retracer. Aimes-tu te parfumer? Ou sentir le parfum des autres?
Dans mon cas, un peu d'aftershave fait le travail. Le parfum des autres : ça dépend si le brûlement des muqueuses nasales est complet ou non. J'aime ça bien pulvérisé.

Je sais que t’aimes pas ça quand on dit des mots comme graine-toton-plotte-fourrer, mais j’aimerais savoir ce que tu penses de l’épilation génitale. Genre, noune lisse? Noune velue? Noune râpeuse? Graine barbue? Graine tounue?
Aucune lame jamais ne s'est approchée de ma « graine » (je mets des guillemets pour écrire ce mot comme on met des gants de caoutchouc pour le toucher rectal) mais une « noune » (idem) lisse, c'est bandant en tabarnak. Sinon, s'pas grave. La vulgarité de cette question me heurte profondément, bientôt le son de la porte claquée avec violence et intimidation se fera entendre et continuera longtemps de retentir.

Lololol. Et sur la guerre aux poils en général?
Étant moi-même propriétaire d'un luxuriant shaggy (dont personne ne soupçonne heureusement l'existence parce que je n'ai aucun poil sur les bras), je milite ardemment pour la fierté velue, nonobstant la bandéosité affriolante des « nounes » lisses, dont l'existence ne demeurera que surprises éparses et imprévues sur le chemin de la vie.

Querisse que t’es poétique quand tu parles de pouèle. Pour ou contre le point G?
Je suis pour son existence mais contre l'idée de le chercher.

Tu veux qu’il demeure une surprise imprévue sur le chemin de la vie?
Ainsi soit-il, comme les fissures rectales, les chalazions, les « fellations » et autres actes de bonté altruiste.

Attaboy. Tu fais des mix audacieux. Pis la beauté intérieure, peux-tu me dire qu’est-cé c’est?
C'est ce qui sort de la bouche mais qui ne tache pas le bol de toilette.

Parlant de ce qui sort de la djeule, c’est quoi ton expression favorite?
Ces jours-ci : « Je suis dedans pour X solide. »

Hu hu. Pour finir, tu peux me nommer deux romanciers ou romancières que tu trouves FOURRABES?
Fourrabe solide?

Solide.
OK : Une jeune dont je garderai le nom caché. Pis moi. De préférence, ensemble. Mutuellement fourrabes. (Mes gants sont tachés.)

T'es vraiment un ossetie. As-tu une dernière chose à rajouter, avant de m'envoyer ta violence intimidante?
Comme le dit Conan, le meilleur dans la vie c'est écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes. Merci, bonsoir.

Merci, Darnzizi.


UPDATE : Prenez note que l'entrevue a été réalisée l'été dernier.

mercredi 7 novembre 2012

Je m'ennuie de Robin


Jaser au téléphone avec mononc Robin, ça me met toujours de bonne humeur. Surtout quand la conversation commence par : « Salut ma p’tite crisse. »

On jase de tussortes d’affaires, pis un manné je me rends compte qu’il a oublié que je vis à Montréal depuis plus d’un an.

« Comment ça tu restes à Montréal? Montréal c’t’un ostie d’trou, câlisse. J’ai déjà resté là une ou deux semaines, une fois, je faisais du plâtre à une place, me rappelle pus où, pis j’avais yinque envie d’orvenir chenous. C’TAIT L’ASILE. Tu devrais r’venir vivre dans l’boutte. À St-Urbain, ou Baie-St-Paul. Montréal, c’est trop loin. Je te vois pas souvent, j’m’ennuie d’toué. Là ch’t’en train d’flatter la p’tite chatte [Moufie II], pis a pense à toué. »

Moi aussi je m’ennuie de Robin. Pis là je lui fais remarquer qu’il essaie de me prendre par les sentiments avec Moufie (il me connait trop bien, le p'tit crisse!). Il m’explique qu’il va partir tout l’hiver et se cherche quelqu’un pour garder Bebé, son gros chat gris. « J’veux l’donner à que’qu’un que je connais, que’qu’un qui va pas l’martyriser. J’veux pas qu’y souéye malheureux. » Je voudrais bien garder son Bebé, mais j’ai déjà ma Po. « Est quatre fois plus p’tite que mon chat! Ha ha! »

Là, il me parle d’une annonce de chat. Je lui dis que je l’ai jamais vue, que je sais pas pantoute de quoi il parle.

— Comment ça t’as pas vu ça?
— J’ai pas de tévé.
— T’AS PAS DE TÉVÉ?! T’en veux-tu une? J’en au trois quatre icitte!
— Bin, j’en ai une, mais je m’en sers juste pour jouer au Nintendo. J’ai pas le câble.
— Comment ça t’as pas l’câble?
— Parce que j’écoute à peu près jamais la tévé, j’aime pas ça!
— COMMENT ÇA T’ÉCOUTES PAS LA TÉVÉ?
— Bah, j’écoute que’ques émissions sur internet, des fois, mais j’aime pas trop la tévé. Je suis plus de type internet.
— Ah. Internet, c’est plate, ça?
— Le jour où tu vas découvrir internet, Robin, ta tévé va prendre le bord en estie.

Pis là on a raccroché parce que tous les sans-fil de ma mère étaient en train de mourir.

Gouttes de marde gouttes de marde gouttes de marde


Mathieu m’expliquait qu’il a connu un chat qui laissait échapper des petites gouttes de marde quand il le flattait ou jouait avec. Il comprenait pas trop pourquoi, c’était peut-être sa manière d’exprimer son excitation, ou un problème de glandes anales. Des gouttes de marde. Je trouve ça vraiment dégueu comme expression. « Je me demande ce qu’on peut trouver sur internet en cherchant « gouttes de marde ». »

— Oh oui, cherche ça!
— Meh. Un seul résultat.
— Juste un!?
— Bin voyons, Mathieu, ça se peut pas que partout dans les internets, on ne parle de gouttes de marde qu’à un seul endroit, et une seule fois!
— Eh oui, une seule occurrence.
— Mais ça se PEUT PAS. C’est INTERNET! Personne d’autre n’a écrit « gouttes de marde »!?
Toi, t’as écrit « gouttes de marde ».
— Je suis en train de l’écrire! Te rends-tu compte? Je suis en train de changer les internets.
— Toi tu changes ça pour le mieux quand tu changes que’que chose.
— Ouan.

Immense concours de chattes


Quoi, un autre concours? Bin oui, je CAPOTE sur les concours. J’espère que toi aussi, chers lecteurs, tu capotes au moins un peu. J’ai déjà reçu quelques textes pour mon concours d’histoires de beubittes, mais pas tant que ça. J’espère que c’est parce que tu travailles fort sur ton texte, parce que j’ai hâte de te lire! Heille, wo, je suis pas téteuse, je suis enthousiaste.

Pourquoi un autre concours là là tussuite? Parce que je prépare un autre kit de macarons que je vendrai à l’Expozine (les 17 et 18 novembre, ça s’en vient vite, ça s’en vient genre au grand galop) et je t’offre la chance de voir ta propre chatte macaronée. Pourquoi des chattes et pas des chats? Serais-je sexiste? Pas du tout. C’est juste que je me trouve bin drôle de faire un kit « J’aime les chattes ». Tu vois, ça prend pas grand chose pour m’enthousiasmer. Des minous, des jokes de noune, des concours.

Wow! C’est extraordinaire! Comment fais-je pour participer?
Tu m’envoies une ou des photos de ta chatte accompagnées d’une description de l’animal. Si t’es pas trop inspiré pour faire une notice biographique féline, je peux la faire à partir de quelques informations. Mais le plus important, c’est la photo. Il faut penser au fait que le macaron est rond, et que j’ai besoin d’assez d’espace autour de la tête de la chatte, car cet espace se retrouvera sur les rebords et sous le macaron. Je te montre un exemple :

Pas super.

Ici, Mick Dundee aurait pu faire un macaron parfait (oué!). Mais la photo était cadrée trop serrée autour de sa belle tête, ce qui me laisse peu de jeu pour la centrer idéalement. (Juste pour être claire, la zone verte correspond à ce qui se trouve sur les rebords et sous le macaron.)

Aon.

Ici, le portrait d’Edgar me laissait peu de jeu, mais sa p’tite face adorabe était très belle sur un macaron, même sans ses oreilles et la pointe de ses moustaches. Donc, ça dépend vraiment de l’image. Moi j’dis, : en cas de doute, tu m’envoies la photo et je verrai ce que je peux faire. (Merci à Frédérique pour son chat top-modèle.)

Je gagne quoi?
Tu gagnes l’honneur et la fierté. Ta chatte va être dans un kit de macarons! Moi, je serais fière pis je passerais mon temps à me vanter. En tout cas, c’est ce que je fais avec mon incomparable Po. Aon, Po.

Oui, je veux ressentir cette fierté! J’ai jusqu’à quand pour participer?
Disons, au plus tard le mercredi 14 novembre à 23h59? Faut quand même me laisser le temps de gosser ça. Et tu disposes d'une semaine pour trouver tes plus belles photos ou en faire des meilleures! Allez, dis oui! Ça va d’être le fonne!

mardi 6 novembre 2012

La surprise de rêve


Mathieu revient de Rimouski, et il me dit de fouiller dans son sac si je veux trouver la surprise.

— Tasse le linge sale, tu vas tomber sur une surprise de rêve.
— Un capteurs de rêves?
— Non, mieux que ça. Un cadeau de rêve.
— DES CATALOYES SEARS!!! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! Mathieu Mathieu Mathieu!

C’est ça. Il a ramené des catalogues Sears Cadeaux de rêve de 1993 à 1997. On capote. Il y a quelques semaines, il avait trouvé des catalogues Sears des années 70 et 80, et on avait regardé ça avec Meulie, on trippait fort. Même à l’heure du coucher, je décrochais pas, je lâchais pus le cataloye. Je savais même pas que je m’intéressais à la déco! Je voulais avoir TUTE ce que je voyais dans le printemps-été 77, c’était trop beau.

Le garçon qui ressemble beaucoup trop à une poupée de ventriloque.

La voiture qui fait des pets en clappeti-clap.

Le garçon/fille androgyne qui fantasme sur Mario Lemieux. Ou Peter Šťastný. Ah, j’sais pas c’est qui, mais c’est un JOUEUR DE HOCKEY ÉTOILE, baon.


— On va-tu s’abonner aux catalogues Sears, comme tu l’as dit tantôt? Han? On va pouvoir le faire, han?
— Bin oui! On va en recevoir à chaque année.
— Yé! Heille, on a quand même des passe-temps béesses.
— C’est pas béesse, c’est anthropologique.
— Tss, lâche-moué  avec ton vocabulaire d’universitaire!

Je lui secoue la main en guise de fausse punition (c’est le Ringuette qui m’a enseigné ça).

— Heille! Attention à mon document ethnographique!
— Mais je dis que c’est béesse parce qu’on regarde des catalogues d’affaires qu’on n’achètera jamais. C’est pas une critique, là. Pis je trouve ça VRAIMENT L’FONNE.


Là, il faut que je mette fin à cette note de blogue immédiatement parce que Mathieu est en train de regarder le cataloye 2012 dans mon dos.

lundi 5 novembre 2012

Jésus va-t-il partir à la recherche de Ron Jeremy?


Samedi soir, je commençais à être pas mal inquiète. J’avais pas eu de nouvelles du chat brun depuis deux jours, et j’avais peur qu’il se soit fait ramasser par des méchants halloweeneux, ou pire, par le Berger blanc. J’ai tweeté Mathieu pour lui faire part de mes inquiétudes. « Il est après fourrer tes plottes du Plateau. » Ah non! Ça va faire encore plus de chats errants! « Il était attendrissant par sa vulnérabilité, mais il avait quand même des gosses de douche. » Essaie pas de diminuer ma tristesse en le traitant de douchebag! « Pis son tan, han? On dirait qu’il sort de Jersey Shore. » Même si c’en est un, c’est pas grave. Tous les chats sont adorables, même les plus douchebags d’entre eux.

Dimanche matin, j’ai reçu un email de Robert, le gentil bénévole du refuge pour chats. Ça faisait déjà plusieurs jours qu’on s’écrivait pour tenter de trouver un foyer à Ron, et là il m’apportait une bonne nouvelle : Ron était de retour à l’église! Ron, qu’est-ce que tu fous là? Qu’espères-tu? Je suis allée lui acheter une doudou au Douleurama pour qu’il puisse dormir au sec. Après l’avoir nourri, je suis restée un bon dix minutes avec lui pour le flatter. J’ai découvert que Ron, c’est un chat boulanger, pis il m’a montré l’étendu de ses talents. 


Je serais bien restée avec lui, mais je devais recevoir Darnziak pour une soirée de travail et gaming. On avait prévu faire notre toute première dédicace pour Swan, puis un shooting photo, puis un peu de travail de beubittes, et finir ça dans The Lost Levels. Mais nos plans ont vaguement été perturbés à cause d’une autre bonne nouvelle : Joanie avait trouvé un foyer d’accueil pour le beau chat brun! La blonde de son frère était disposée à le prendre. Darnziak et moi on s’est donc rendus à l’église avec des croquettes et la cage de transport de Po. Je voulais agir en douceur, question de diminuer le traumatisme, alors j’ai loadé ma réserve de patience. Après beaucoup de flatte-flatte et de croquettes lancées dans la cage, j’ai pu capturer Ron. Darnziak était transi, il dansait sur le trottoir pour se réchauffer. Ron a miaulé tout le long de la ride en taxi. Des petits miaulements anxieux, presque des pleurs, et ça me tordait le coeur. Une chance que je vis pas des événements semblables au quotidien. J’ai beau savoir que c’est pour son bien, ça me perturbe de le voir comme ça. Comme quand je voyais ma Po en détresse, mon petit coeur de Folle aux chats trouve ça dur. J’aurais fait une très mauvaise vétérinaire.

Quand Ron est sorti de la cage, il a tout de suite entrepris de faire le tour de sa nouvelle maison, en rampant sur le plancher. « Miau? Miau! Miau! » J’ai jasé un peu avec Izzy, qui va s’occuper de lui pour un temps indéterminé, puis on est repartis. Darnziak voulait prendre un taxi, il avait beaucoup trop froid dans ses p’tits sniques, mais on s’est vite rendu compte que j’habite pas assez loin du Mile-End pour que ça vaille la peine de payer un taxi. En chemin, on s’est dit qu’on pourrait aller prendre une pinte pour célébrer notre belle mission accomplie. Oué! On va su Allaire! (Je sais pas si t’es au courant, cher lecteur, mais le resto sportif sur Laurier coin Henri-Julien, bin c’est lui qui a servi pour les stock-shots de Chez Allaire, le fameux resto où tout le monde allait manger dans Watatatow. Voilà une autre belle information à emmagasiner dans ton cerveau à la place de tes notions de maths du secondaires.) Ça a valu la peine de déranger nos plans et d’affronter le froid, Ron va enfin être hors de danger. On est quand même fiers de notre mission, là. Darnziak just gained a level! Zepam learned *Ron! \o/

Ensuite, on a juste eu le temps de faire notre dédicace pis un shooting photo. Deux autres belles missions. Astheure, je me demande si Jésus va s’ennuyer du beau chat brun. Bin t’avais yinque à t’en occuper AVANT, gueros pas bon.

dimanche 4 novembre 2012

La punaise de lit pourrait se trouver entre tes mains


Ce soir je suis vraiment tutessitée de contente, je danse sur mon futon et Po se frotte la face en ronronnant à mes côtés, le parté est pogné ici et dans mes internets avec Darnziak-Scotchziak parce qu’on célèbre la sortie de notre tout premier fanzine! Ouémadame!




Il est juste ici, dans ma boutique Etsy (d'câlisse [scuse]). Et pour rajouter du fonne, je te propose une ÉDITION DELUXE : Darnziak et moi, on te dédicace ta copie, et je t’envoie trois beaux macarons que j’ai fabriqués sous la supervision de Po.


Po est se sent concernée par la qualité des macarons.

Dans un élan de joie — parce que je suis pleine de bonheur de c’est ma fête, c’est notre fête à Darnzizi pis moi, notre fêtre de zizine — j’ai eu l’idée de faire un concours super capoté. Les détails se trouvent sur Terreur! Terreur!, mais en gros, tu m’écris une histoire de beubittes et tu cours la chance de gagner La punaise de lit (Cimex lectularius) ÉDITION DELUXE et la publication de ton texte sur TT. Et tu gagnes automatiquement ma reconnaissance et des aon de wow je suis contente.

Ce fut plus long et ardu que je ne l’aurais cru, mais ça valait la peine d’investir temps et effort. Et je suis une fille chanceuse, moi. J’ai été aidée par des gens talentueux! Iris, qui a une grande expérience dans la confection de fanzines, m’a donné tout plein de conseils. Mélanie Baillairgé a eu la patience de m’enseigner les rudiments de InDesign — j’avais juste feuilleté un livre pour les nuls, et j’étais effectivement resté nulle. Et Mathieu a travaillé fort pour m’aider à comprendre ce qui ne marchait pas au début. Pourquoi la punaise s’étend comme une beurrée de caca mou? Il a demandé aux internets, puis j’ai ajusté ma méthode. J’ai même fait des recettes d’encres. La grosse affaire. J’ai même poffé de la colle en spray. Ça, c’est le boutte pas l’fonne. Mais Mathieu, surtout, il a été très encourageant et patient. Il n’a jamais pogné les nerfs pour toutes les fois où je sautillais en parlant de mon fanzine mon fanzine mon fanzine tsé mon fanzine. À la fin, quand il l’a pris dans ses bras, il a dit que c’était le plus beau premier fanzine qu’il avait vu. Puis on a pleuré et on s’est serré longuement dans les bras l’un de l’autre tandis qu’à la fenêtre on pouvait voir les feuilles voler au vent.


Un serpentin de fuckolat mou.

La vie est une beurrée de marde (mais pas tout le temps).

J'ai foutu le bordel chez Mathieu. Il m'aime encore. :D

En tout cas, tout ça me donne juste envie d'en faire un deuxième.

samedi 3 novembre 2012

Volière, de Fredoune


Durant toute la gestation de ce recueil, j’ai trouvé des spoèmes dans ma boîte de réception. Fredoune m’envoyait des poèmes, n’importe quand, parfois au beau milieu d’un tchat. J’ai eu le privilège d’être témoin de ça. L’échographie de Volière. Le Oh! ça s’en vient! Puis le Wow! il a tes yeux! Parce que je suis allée au lancement de son deuxième recueil de poésie, samedi dernier, et j’ai pu sentir, lire et savourer le fruit de ses entrailles d’ossetie de poète. Je lis pas encore beaucoup de poésie, mais ça, querisse que ça me parle.

La première fois que j’ai vu Frédéric Dumont, il pétait des bouteilles dans un parc en criant. C’est pas que je trouvais ça suspect, mais à ce moment-là je me doutais pas qu’on deviendrait vite de bons amis, qu’on deviendrait des soeurs. Parce que Fredoune c’est ma petite soeur, pis on s’aime gros. Quand il va mal, je me fais du mauvais de truie, quand il va bien, mon sang se calme les nerfs et je suis contente. À son lancement, ça m’a fait du bien de le voir tout heureux et gai. Il m’a fait une belle dédicace en oune, et je lui ai donné mon fanzine de punaises, parce que c’est quand même grâce à lui que j’ai commencé ça, à cause de son infestation de punaises et de mon envie de lui faire aimer ces beubittes. Darnziak lui a dessiné une punaise avec un pinisse. On a fait plein de jokes de pinisse ce soir-là. Mais c’est pas de jokes de pinisse que je voulais parler. Fredoune écrit des poèmes, c’est un poète. Alors j’en partage un avec toi, cher lecteur, dans l’espoir que ça te titille. 

je n’entends rien : je t’écoute
le poème parle de tes reins toi
tu parles à travers les trous

ta voix fait passer le silence pour un cave

les mouches se prennent
pour des colibris.

Dans le livre, il y a aussi de belles illustrations de Mivil Deschênes, et à la fin, une magnifique photo du poète prise par MOUAH. Ah pis j’ai dit à ma maman de le lire. Allez, maman, lis du Frédéric Dumont.


jeudi 1 novembre 2012

Encore des nouvelles de Ron Jeremy


Hier soir, j’ai décidé de faire un abri pour Ron Jeremy. J’ai renversé une grande boîte sur le côté, pis j’ai mis une couverture dedans. C’est cheap, mais je fais ce que je peux. J’ai mis un bol d’eau et un bol de bon manger (deluxe) juste à côté. Le tout disposé dans ma ruelle, à côté de ma porte. Restait juste à voir s’il accepterait d’entrer dans une cage de transport. Mathieu et moi on s’est donc rendus à l’église, à son spot habituel. Pas là. Je l’appelle, pas de trace de Ron. C’est la première fois qu’il est absent quand je vais le voir, alors c'est un petit peu inquiétant. J'espère qu'il n'a pas été kidnappé par des méchants enfants de la Louigne. On décide de faire le tour du terrain de l’église. On trouve pas le chat, mais trouve un monsieur couché par terre.

— Veux-tu t’occuper de lui aussi?
— Huuuuh… Ça me met un peu mal à l’aise… Penses-tu que c’est un message de Dieu? Qui essaie de me dire « Heille fille, tu passes assez de temps à t’intéresser aux chats, oublie pas les humains! »? Mais là, Dieu, wo menute. Je vais le faire dormir dans une boîte en carton, le monsieur SDF?

Malaise.

Et déception. On a fait le tour, on n’a pas vu le matou. Puis, soudainement (tsé comme dans un retournement), j’entends tinter sa petite clochette! Aon, c’est lui, regarde! On va le voir, Mathieu! Je me félicite intérieurement de lui avoir mis un collier avec une médaille.

C’est à ce moment-là que la bagarre éclate entre mon beau chat brun pis un autre chat brun que je connais pas. Une vraie bataille de matous furieux. Un troisième chat vient s'en mêler. Heille wo, un instant, wo. On fonce vers le tas, question de les désorienter. Les chats se sauvent dans toutes les directions, et Ron court vers la nôtre. Il est tout émotionné, le pauvre. Je le flatte, je lui parle doucement, je lui donne des croquettes. Après un bon moment de ce petit manège, je réussis à le faire entrer dans la cage en mettant des croquettes dedans. Je voulais pas faire usage de la force, chu pas dans police, moué. Ron aime pas bin ça être dans une cage, il lâche des petits miaulements inquiets, mais on n'a pas un long bout à faire.

Je l'ai laissé s’installer en paix dans ma ruelle, je l’ai flatté un peu, il a mangé, ronronné, puis j’ai décidé de rentrer avec Mathieu qui m’attendait pour jouer à Castle Crashers. Quand j’ai ouvert ma porte, Po a aperçu Ron. Elle est devenue toute raide, a fait des gros yeux de hibou, mais je lui ai pas laissé la chance de se jeter à la poursuite du beau chat brun.

Ce matin, Ron n’était pas dans ma cour. Il était retourné à l’église. Qu’est-ce que tu crisses là, beau chat? Dieu peut rien faire pour toi. À part te lancer un hiver en pleine gueule. Ça s'en vient. Prépare-toi, beau chat.

Linus, le gros chat qui aurait voulu être petit


Quand Mathieu m’a appris qu’il allait garder l’un des trois chats de sa soeur pis son chum durant leur voyage en France, je me suis tout de suite dit « aon, je vais aller chez Mathieu plus souvent ». Premier réflexe. C’est-tu une maladie mentale, coudonc? Si oui, bin c’est la plus belle de toutes. Et je m’assume totalement (je pense que c’est assez clair, han). Ça fait que j’avais très hâte que le minou arrive, en plus on savait pas ce serait lequel des deux obèses, on attendait donc un chat surprise.

J’étais présente quand Marie-Anne et Jonathan sont venus porter leur gros Linus. Il était si stressé que son nez rose est devenu rose vif. En sortant de sa cage de transport géante, il s’est dirigé vers le premier abri qu’il a trouvé, drette sous le futon du salon. En rampant. Ses deux humains étaient accroupis à côté du futon, un sac de Minouches à la main, et lui parlaient doucement pour le rassurer et l’inciter à sortir. « Linus? Viens mon beau Linus. Linus? » Des vraies mères poules. Je peux pas les juger, je suis pareille.

Linus est resté caché deux jours. Quand il a commencé à explorer timidement, il grognait au moindre son suspect. Mais il grognait si peu fort que c’était à peine audible. Mathieu disait qu’il grommelle. Linus a donc grommelé comme un gros pas content pendant quelques jours. Mais faut pas lui en vouloir, c’est un chat très inquiet. Il a peur de tout (sauf de manger). Alors tout pouvait lui sembler suspect. Un voisin qui marche dans le couloir, par exemple. C’est pour ça que j’étais si étonnée par son accueil quand je suis revenue le voir pour la deuxième fois. Au lieu de rester sous le futon à grommeler, il est venu me faire une parade de cul. Il fait ça en marchant un peu de travers, style crabe, puis en se frottant le darjére sur moi, en frétillant de la queue. Et il recommence, encore et encore. La plupart des chats que je connais ont plutôt tendance à se frotter la face, mais Linus fait les choses autrement, on dirait bien. J’étais quand même émue qu’il me fasse confiance, alors je le flattais beaucoup pour le remercier, et il ronronnait un peu. Linus est énorme, mais il fait tout pour être discret. Il pousse des tout petits miaulements, tellement subtils qu’on se demande si on n’a pas halluciné ça, et ça prend un stéthoscope pour savoir s’il ronronne. Moi je lui touchais la gorge pour tâter le pouls de la vibration du contentement félin. Po, elle est minuscule mais elle miaule fort et elle fait vibrer le plancher quand elle ronronne. Linus est donc pas mal plus discret qu’elle, même s’il fait trois fois son poids. C’est vraiment un gros, gros tas de chat. On pouvait le flatter à deux pis on avait en masse de place dessur. Avec la taille qu’il a — en plus il est noir et blanc pétant, ça crie « ORGARDEZ, CHU LÀ! » — il doit travailler fort pour ne pas attirer l’attention sur lui. Parce que TOUT le stresse.

— Des fois je pète et il sursaute.
— Meh!
— J’te jure.

Je suis pas étonnée que Linus sursaute à cause d’un pet. Je suis étonnée d’apprendre que Mathieu pète. Depuis qu’on se connait, je l’ai entendu péter une seule fois, et j’en avais fait toute une histoire, il faisait semblant que nenon c’pas moi de quoi tu parles, pis moi j’arrêtais pus de lui parler de son pet. Je pensais pas qu’il se lâchait lousse pendant mon absence. Eh bin.

Je trouvais ça triste que Linus ne dorme pas avec nous. Il pouvait pas nous rejoindre dans le lit suspendu au plafond, il sait pas grimper dans une échelle, et surtout, il est bin trop gros pour sauter gracieusement sur la commode puis la table de chevet qui aurait pu le mener au lit. Tout ça explique la double surprise que j’ai eu le dernier matin où j’ai dormi chez Mathieu. Linus devait avoir très envie de compagnie, parce qu’il s’est lancé sur le lit à partir du rebord de la fenêtre. En s’agrippant à mon pied, d’où ma deuxième surprise. Ça surprend, une griffe planté dans le pied quand tu dors. Mais je pouvais pas lui en vouloir, il était tout ronronnant et pétrissant d’être enfin avec nous. Quand même, on n’en revenait pas qu’il ait réussi ce coup. Plus tard dans la matinée, on l’a vu faire. J’ai vu la scène au ralenti. Linus qui fixe son but, Linus qui se concentre fort, Linus qui s’élance dans les airs, en apesanteur, Linus qui écarte ses griffes et s’accroche au matelas. Deux mois de plus chez Mathieu et ce chat-là redevenait l’athlète qu'il a dû être avant d’être obèse.


Linus a toujours les pattes un peu écartées, comme un monsieur qui veut avoir l'air d'un mâle alpha.


Hier soir, Linus est rentré à la maison, et j’étais un peu triste de pas avoir pu lui dire baille baille, mais je retournerai le voir chez ma belle-soeur. Et je suis sûre qu’il a hâte de se faire garder à nouveau par mononc Mathieu.