mardi 31 juillet 2012

Ne jamais refuser une demande d’amour de Po


Parce qu’elle va insister et insister, jusqu’à ce que je perde patience et lui dise : « Po, arrète*! Je te donnerai de l’amour plus tard! » Puis, je vais finir par abdiquer, charmée et prise d’un certain remord, je vais interrompre mon travail tellement important et je vais la flatter. Ohmondiou, comment ai-je pu résister à toi, petite Po complètement adorabe? Aon, tu fais du pain dans les airs? T’es trop quioute, arrète ça! Et pis tu ronronnes beaucoup trop fort pour la taille que tu as! C’est à peine croyable! Aon, tu me présentes ton bedon! Hé, c’est vrai que t’as des belles bottes blanches, je comprends pourquoi Léa trippe autant! Etc, etc.

Je ne pourrai jamais me lasser de m’extasier devant sa quioutitude. Même à 30 ans elle sera encore quioute. Parce que la Po gériatrique, elle est comme un chaton, sauf qu’elle se fatigue un peu plus rapidement quand elle joue et elle ronfle quand elle dort. Mais elle demeure aussi quioute. Vraiment! Je la regarde se tortiller devant et moi et je me rappelle encore très clairement de quoi elle avait l’air quand je l’ai adoptée, toute mini, avec une tite queue de rat. Elle était un peu plus maladroite dans ses premières semaines de vie, c’est entre autres ce qui fait le charme des chatons et autres bébés animaux, mais elle a vite acquis l’agilité et la souplesse des fauves, superprédateurs de la nature. Sauf que Po est tellement dénaturée qu’elle ne chasse même pas les areniers. J’ai fini par réaliser qu’on avait adopté Po et Chechou un peu trop jeunes. Leur maman, qui était une vraie chatte de ferme super chasseuse, n’a même pas pu leur faire comprendre qu’elles étaient des tueuses nées. Alors nos chattes n’ont jamais utilisé leurs pouvoirs de superprédateur. Je me souviens même d’avoir surpris Chechou en train de JOUER avec mes souris. J’avais accidentellement laissé la cage ouverte, et Chechou avait l’air de trouver ça divertissant, ces petits masses qui bougent. Elle les touchait du bout de la pattes, tout doucement, sans même sortir ses griffes. Ça, c’est le plus wild qu’elle pouvait faire. Neuneu, mon premier chat, il BOUFFAIT mes souris. Pis il les rotait dans ma face. Po, elle osait même pas s’en approcher. Je me rappelle aussi que les deux soeurs avaient une peur bleue du petit lapin qu’on a gardé. Un lapin nain. Bébé. À peine plus gros qu’un hamster. Il faisait fuir Po et Chechou, qui grimpaient sur le divan pour se mettre hors de sa portée et l’observer de loin, presque tremblantes.

Autre chose qui a peut-être contribué au caractère exceptionnellement tendre de Po, c’est que je ne lui ai jamais appris à jouer avec mes mains. C’est très tentant d’agacer un chaton avec nos mains, leurs griffes nous chatouillent, leurs dents sont presque molles, on les trouve craquants dans leurs tentatives désespérées d’abattre la proie que représente notre main. C’est moins craquant quand le chat devient grand. Ça peut faire très mal. Et même quand on est résistant à la douleur, on finit généralement par se tanner d’avoir des lacérations aux bras et aux mains. À onze ans, je lisais plein de livres sur les chats. J’ai donc suivi ce conseil que je trouve toujours pertinent : les mains pour flatter, les jouets pour le jeu. J’ai déjà lu « les mains pour caresser, le bâton pour corriger » — c’était un livre sur les chiens — pis j’ai fait fuck you, gros cave, je vais jamais battre un animal. Faut pas croire tout ce qu’on lit. Tsé. Bref, Po ne m’a jamais mordue, griffée, ou agrippé le bras pour ensuite le ruer avec ses pattes arrières (sauf UNE fois, mais ça compte pas parce qu’elle était sur une grosse défonce de cataire).

Pendant que j'écrivais cette note, Po me déconcentrait avec sa quioutitude.

Le boutte triste avec les chats gériatriques, c’est la peur des maladies liées à l’âge. Je la surveille de plus près, j’essaie de remarquer si elle a des douleurs, si ses articulations sont aussi souples, si elle mange bien. Je dois l’amener chez le vet très bientôt pour un examen complet. Ça, c’est un moment traumatisant pour elle. La douce Po va se faire tâter par des mains étrangères dans un environnement étranger, se faire prélever du sang, et perdre un nuage de poils à cause du stress. Et moi, j’appréhende comme jamais cette visite. Non seulement elle risque de se faire prescrire des médicaments pour l’insuffisance rénale, mais en plus je dois faire examiner la grosse pustule qui pousse sur son front. J’espère fort que c’est un kyste bénin. Pour calmer mes inquiétudes, Meulie m’a dit : « Sophy. Tu le sais bin, au fond, que Po a mourra jamais. » J’espère que t’as raison, Meulie. J’espère.


*Je perds pas mon accent de Québec-Vile.

4 commentaires:

La citadine a dit...

Aaah j'aime trop tes textes sur la belle Po-Highlander qui va vivre pour toujours :D

Jacinthe Chevalier a dit...

J'avais un chat avec un kyste sur le front.

www.jacinthechevalier.com/chats/EV.JPG

C'est devenu assez gros (un peu plus qu'une bille) et la lumière passait au travers ^^ On l'appelait notre petite lumière. Pauvre enfant. Ça se fait facilement enlever si c'est ce qu'a ta petite Po. Nous, elle l'a eu vraiment longtemps (années) avant que ça soit gros et qu'on voit que ça la gênait. Mais sinon, c'est pas grave.

Frédérique a dit...

J'ai jamais rencontré Po et je suis en amour. :)

Lora Zepam a dit...

@ La Citadine : Si Creme Puff a vécu 38 ans, Po peut bien dépasser la vingtaine!

@Jacinthe : Elle est donc bin belle cette minette! *o* Et elle me fait penser à Po! Ça ressemble beaucoup à ça, son kyste. Par contre, la vétérinaire m'a dit que c'est à peu près impossible de savoir si c'est bénin ou malin à vue d'oeil. J'attends les résultats en essayant de ne pas trop m'en faire...

@Frédérique : Veux-tu que j'en rajoute? En ce moment, Po dort à côté de moi, en ronflant doucement, et je trippe sur ses p'tites bines roses qui sont vraiment très roses parce qu'elle n'est pas sortie dehors dans les derniers jours (yé, mon plancher est donc plus propre que ma ruelle). Ah et pis elle se pogne la tête avec sa patte droite.