samedi 19 janvier 2013

Comme se faire droguer solide pour pas cher


Jeudi matin, j’ai décidé d’aller à pital pour leur donner un échantillon de mon sang, question de voir s’il n’aurait pas quelque chose à dire au sujet de ma santé. Je suis arrivée à jeun à la clinique de prélèvements sans rendez-vous à 13:10 — pour moi, c’est le matin —, et j’ai pas eu à faire la file ni rien, c’était comme si on m’attendait. Le jeune homme qui m’a accueillie, probablement un employé au soutien administratif, a regardé ma prescription, un peu exaspéré.

— Je vais être honnête avec vous…
— [Ça augure rien de bon, ça.]
— Le médecin qui vous a fait cette prescription y est allé un peu vite. Il manque la date, le nom et l’adresse du médecin à qui on doit envoyer les résultats, et surtout, il manque votre nom.
— En effet, je peux pas dire qu’il était super méticuleux. 
— Normalement, je devrais vous renvoyer à votre clinique, mais je vais simplement vous demander le nom et l’adresse de votre médecin de famille.
— Dr Ballard. Il habite sur la Lune. Y’a pas de téléphone.
— Merci. Vous êtes consciente que je vous fais une grosse faveur, là…
— Oui, merci beaucoup monsieur.

L’infirmière vient me chercher alors que j’ai même pas eu le temps d’apprécier le confort du banc d’église (!) ou même de voir ce qui se passe de mauvais aux nouvelles, je lui tends ma plus belle veine et lui donne un petit peu de moi-même, j’ai envie de m’excuser pour ma mauvaise haleine mais je me dis qu’elle doit être habituée à ces affaires-là, pis après je regrette de pas l’avoir fait pareil. Là, faut que je me rende au bureau des archives de la pital pour leur donner mon consentement comme quoi c’est bin correct qu’ils envoient mes résultats à mon médecin de famille. Ça m’a pris quinze minutes, querisse. Montagnes russes d’ascenseur de fuck off du crisme, j’aurais dû prendre les escaliers. Après cette folle aventure — ouh la la! — je m’assois deux menutes pour caler un jus de légumes, pis je marche jusque chez moi, pis je déjeune, parce que j’ai le droit, pis parce que j’ai pas mal faim. Mais mon aventure n’est pas terminée! Oh non monsieur. Je dois me rendre à la pharmacie d’à-côté pour acheter mon refill de potion magique. Je dépose ma prescription pis je m’en vais me perdre dans les allées parce que toute la ville de Montréal a décidé d’aller chercher ses penules en même temps que moi, au même comptoir. Même pas cinq minutes plus tard, j’entends mon nom. Han, déjà? Ma pharmacienne — je suis pas mal sûre que c’est Anne Archet, mais je vais jamais lui demander ça — a l’air confuse.

— Madame Zepam, est-ce que votre médecin vous a prescrit 50 mg?
— Euh, non! J’en prends juste cinq, encore.
— Parce qu’on dépasse rarement 40 mg.
— Ouais, 50 mg ça me semble élevé...
— Oui… Alors le zéro ici serait un « o »?
— Je… Je sais pas. On peut s’attendre à tute.
— On va y aller avec 5 mg.
— S’il vous plaît. 

Je suis allée me perdre un bon quart d’heure en attendant le délivrance de ma potion bien dosée. Et c’est ici que s’achève cette capsule complètement dibile de ma vraie vie full pas créyabe. En tout cas, Docteur Chose, tu mérites ta note globale de 2,4 sur Rate My MDs.

2 commentaires:

RAINETTE (l'énigmatique) a dit...

Tutes les vietnamiennes sont A.A.

Petite pastèque a dit...

« Dr Ballard. Il habite sur la lune. Y'a pas de téléphone. » J'en ris encore.