vendredi 27 janvier 2012

Aujourd’hui, j’ai monté de niveau


J’avais une affaire plate à faire, et je l’ai faite. Dans la bonne humeur, en plus! Je me suis rendue, à pieds parce que je voulais profiter de l’hiver à fond, au bureau de Sévice Canada le plus près de mon domicile dans un rayon de 25 kilomètres. En chemin, j’ai croisé mon SDF préféré, j’étais pas du tout étonnée parce qu’il est toujours au même coin de rue, assis par terre avec son beau chien tout chaud. On s’est dit salut, il m’a dit « je te trouve très jolie! » j’ai dit merci, t’es bin fin! pis j’ai dit bonne journée, là! En arrivant au bureau, j’ai vu Patrice Desbiens dehors. Il récitait des poèmes à un attroupement de pigeons. Les pigeons étaient tout poffés d’ébaubissement. Mais c’était le faux Patrice Desbiens; il faisait des fautes dans ses propres poèmes.

Je me suis présentée à l’accueil, le monsieur était souriant. Accueillant comme il se doit, vu le poste qu’il occupe. C’était la première fois que j’allais là. Ça sentait même pas la mort comme dans un Centre local d’emploi. Personne criait. Le monsieur poli m’a demandé s’il pouvait m’aider. J’explique que j’ai rien reçu depuis le 22 décembre, et que j’arrive jamais à parler à un agent même si j’appelle trente fois par jour, et que je m’inquiète un peu pour mon loyer à payer. Le monsieur me demande gentiment mon numéro d’assurance social, les deux derniers chiffres de mon code d’accès, et me demande de patienter un petit moment, le temps de vérifier mon dossier. Il revient avec sa supérieure. Elle me salue, sa voix est douce et calme. Les deux m’expliquent, pleins de regrets, qu’ils avaient effectivement reçu ma dernière déclaration ainsi que mon billet médical, mais que, pour une raison qu’ils ignorent, et c’est ça le pire, ils sont vraiment désolés de pas comprendre de kessé qui s’est bin passé, ma déclaration n’a pas été traitée. Ils me demandent si je peux patienter encore un instant, le temps de réparer l’erreur. Je  dis y'a pas de problème et je m’assois sur un siège dans la salle d’attente. Je suis vraiment étonnée de piger une revue Spirale au milieu d’une pile de brochures gouvernementales et de revues collantes. J’ai même pas le temps de lire un article qu’on m’appelle à l’accueil. Le monsieur me remet un chèque qui couvre tout ce que j’aurais dû recevoir durant le dernier mois, « avec un petit bonus » qu’il me dit en me faisant un clin d’oeil. Aon! Merci, monsieur accueillant! Merci, madame douce!

En quittant la bureau de Sévice Canada, tout le monde me saluait amicalement, c’était beau de les voir sourire doucement en m’envoyant la main, ça me rappelait la fin de Mario 2, c'était pareil mais avec le thème final de Bubble Bobble.


FIN

8 commentaires:

Gral a dit...

Détail oublié.

Combien fut le bonus ? Combien de cash de plus as-tu eu ?

Du cash de plus...tellement cool...
un employé d'Hydro nous avit fait cela en venant vérifier notre compteur...2-3 jours de bonus qui nous avait dit...

Lorazepam a dit...

En réalité, j'ai pas eu de bonus.

En réalité, c'est une menterie. Ça s'est pas passé exactement comme ça, mais je devrais avoir de l'argent (sans bonus) mardi ou mercredi. Juste à temps pour le loyer.

En réalité, les fucktionnaires sont un peu moins sympathiques que les ti bonhommes dans Mario 2.

Jamais su pourquoi mon cas était "pardu dans malle".

Hydro qui fait des cadeaux? Woah. Tu me donnes espoir, là!

Gral a dit...

Ouin genre ils changeaient le vieux compteur pour un compteur sécurisé "lisable" à distance.

Le gars avait vu un gros sac de weed sur la table qu'on avait vraiment pas pris la peine de cacher.

Le technicien l'avait tout suite vu et une conversation croche s'en était suivie....tsé canabis et électricité ça va bien ensemble.

Le technicien super baba cool...nous coupe genre 2-3 jours (selon ses dires) sur la lecture de l'ancien avant de poser le nouveau...

Trop cool.

On parle en 1998-1999 là...j'étais plus jeune...aujourd'hui je cacherais surement le bag de weed.

Chinaski a dit...

ça puze la cutitude, ta note de bloye. huhuhu. mais <3

Symnd a dit...

«En arrivant au bureau, j’ai vu Patrice Desbiens dehors. Il récitait des poèmes à un attroupement de pigeons. Les pigeons étaient tout poffés d’ébaubissement. Mais c’était le faux Patrice Desbiens; il faisait des fautes dans ses propres poèmes.»

Jsuis jalouse.

Lorazepam a dit...

Gral : Oui. Aujourd'hui, tu ranges ton sac de pot, puis tu sors la coke pis les putes. Les techniciens d'Hydro sont pas faciles à impressionner.

Chinaski : Plus ça puze, plus on s'habituze que ça puze pis qu'on veut que ça puze plusse. Non? Oui.

Symon : T'es sûr que t'es jalouse? T'es peut-être wet, on confond souvent les deux.

Gral a dit...

Voilà une femme qui sait parler.

Lorazepam a dit...

Oh, je dirais que je parle assez mal. Je sacre presque autant que mon mononc Robin (j'aime ça dire « mon mononc »), j'articule pas toujours bien et j'ai plein de tics de langage (je fourre trop de tsé un peu partout). J'aurai jamais le droit de faire de la radio.