jeudi 6 octobre 2011

Le soir où je me suis enfermée dehors

Je suis dédaigneuse. Vraiment, vraiment beaucoup. Je peux dire que ça ressemble à une maladie mentale, même si mon premier psy me disait de pas m’en faire avec ça (ce qui me faisait croire qu’il était peut-être aussi débile que moi). Toute m’écoeure, même moi je m’écoeure. Et parmi ces choses qui m’écoeurent, il y a le jus de vidanges visqueux qu’on peut récolter sur le rebord des bacs à déchets, par exemple. Ah! Hon! Eh que chu donc bin spéciale de trouver ça dégueu, du jus de vidanges, mouah!

Heille. Les nerfs. Je vous sors un exemple qui va servir dans l’anecdote plus bas.

Je sais que c’est un dédain partagé avec une bonne masse de gens, tsé. Je suis folle, mais folle correke.

Donc, le jus de vidanges, ça m’écoeure. Alors je limite mes contacts avec cette mixture douteuse et je me lave toujours les mains tussuite après avoir dompé mes résidus domestiques dans le gros bac puant. L’affaire, c’est que je trouve ça dégueu de taponner mon trousseau de clés quand mes mains sont souillées de jus de vidanges. C’est pour ça que j’ai eu une idée géniale : « Bin là! J’ai juste à amener LA clé des vidanges quand je les sors! Tsé! » C’est ainsi que je me suis retrouvée à sortir dehors avec ma grosse poche sale. Je déverrouille la grille de la ruelle où sont parqués les bacs, je balance ma poche pesante dans un bac, je referme la grille, la verrouille, je reviens sur mes pas avec ma clé, j’entre, non, j’entre pas, je

TABARNAC DE CÂLICE

DE CRISSE

DE GROSSE CRISSE

DE PISSE

KERISSE

de

PHOQUE DE MARDE DE CRISSE DE AAAAAAAAAAAAAH VIEDEMAAAAAAAAAAARDE.

(Etc.)

(Ces gros mots sont semi-fictifs parce que j'ai un peu oublié les sacres exacts qui me sont passés par la tête.)


Me manque l’autre clé. Pour la porte principale. Je le savais, pourtant, que je devais toujours sortir de chez moi avec TUTES mes clés, c’était gravé dans un recoin de mon cerveau, et j’ai quand même trouvé moyen de m’enfermer dehors. Ma porte de chambre est même pas verrouillée et les seuls objets de valeurs que je possède sont placés en évidence sur mon lit, dont mon téléphone mobile qui me sert d’outil de communication avec Vécké qui est supposée passer la soirée avec moi, on était justement en train de se texter, et là je suis prisonnière dehors. Je vais quand même pas aller sonner chez mon concierge à minuit pour lui dire « M’escuse, monsieur, gniii, j’ai oublié mes clés chez moi, gniii ». J’ai toujours l’option « attendre que kekun entre ou sorte et accepte de me laisser entrer même si la plupart de mes voisins me connaissent pas encore » ou « sonner à n’importe quelle porte en espérant que la personne qui va peut-être se faire réveiller n’est pas dangereuse ».

J’ai envie de pepi. Je vais aller faire ça chez Mathieu, où se trouve justement ma Vécké. Je pourrai par le fait même lui dire à travers la porte de salle de bain à quel point je suis fâchée, que je me trouve conne, que j’ai tellement pas d’excuse pour me retrouver dehors comme ça comme une grosse nouille qui comprend pas le fonctionnement des portes.

« Maintenant, affronte le Plateau! », que je me suis faite répondre quand j’ai osé me plaindre sur Facebook en rentrant chez moi (parce que t’es wise pis tu devines que j’ai fini par regagner mon appart, han!). Ouan. Je vais bravement affronter le Plateau, mon Plateau trash, dans l’escalier de mon bloc. J’attends que Vécké vienne attendre avec moi que kekun finisse par franchir la porte principale.

Oh! Ça bouge! Oh oui, je vois de la vie dans le hall! En plus c’est mon ami, le gentil monsieur zombie qui me parle à tous les jours pour me dire « Bonjour. Ça va bien? Il fait beau aujourd’hui, hein? ». Il est toujours super gentil et poli, même pas zombie pour vrai, il va sûrement m’ouvrir la porte! Je lui fais des signes. Je gesticule. Je fais des faces. Je lui montre ma clé. Je mime des affaires. Et lui, il reste là, dans l’embrasure de sa porte, à fumer sa clope. Ah, OK. Il veut finir sa clope avant de venir m’ouvrir. Mais pourquoi? Il a juste à peser sur le bouton qui est drette à côté de sa porte, pourtant. Peut-être qu’il me reconnait pas de loin? Peut-être que, en réalité, il me reconnait jamais, et que c’est pour ça qu’il me dit à chaque jours les mêmes banalités, parce qu’il s’adresse ainsi à tout le monde qu’il croise?

Pendant que je me zombifie à fixer monsieur zombie, kissé que je vois pas s’en venir vers la porte, de l’extérieur?

Oui oui, c’est GASTON!

Ah! Je suis contente de vous voir arriver! (Oui, je te jure que j’étais contente pour vrai!) « Tu t’es-tu enfermée dehors? » Bin oui… je l’sais, c’est con... Savez-vous si on peut avoir un double de la clé magnétique? « Oui mais ça coûte vingt-cinq piasses, je l’sais parce que je m’a suis faite voler une fois, y’a un gars dans l’métro y m’a poussé, j’y ai dit heille kess tu veux toé veux-tu t’battre?, pis y m’a repousser pis yé parti ek mes clés. L’ai jamah r’vu. »

Gaston, je le trouve tellement fucké que ça le rend sympathique.

5 commentaires:

Sevas Tra a dit...

Fais-toi poser un implant de clé magnétique super-cyber-punk-trash.

Symon Douvil a dit...

Les péripéties Mourialaises (que le criss) de Lorazepam

Lorazepam a dit...

Angé : J'y ai pensé. Mais j'ai pas l'intention de rester ici longtemps, faque.

SimonDou : J'ai hâte de lire les tiennes.

Sevas Tra a dit...

Ok. Ben tu me le diras, je vais poser une bombe de Bomberman quand tu vas être partie. :)

Lorazepam a dit...

Non, ça pourrait tuer mes voisins gentils! :O