dimanche 5 décembre 2010

Ma gingivectomie au laser

C'est aujourd'hui que débute ma série d'aventures dentaires qui sont supposées me mener vers un sourire plus acceptable et quelques factures que je vais payer en essayant de ne pas avoir de regrets. Je me rends à la clinique sans trop anticiper l'opération car on m'avait dit que ce serait bref et sans douleur. Je suis assise dans la salle d'attente, à côté de l'aquarium géant bourré de poissons exotiques fluo et de coraux bin relax. J'ai trouvé Nemo. Et Dory. Et un autre Nemo. Tiens donc, il y a beaucoup de Nemo là-dedans... Do me dit qu'une partie des 2000$ (ARGH*) que je vais investir dans mes dents se trouve dans ce bac d'eau salée (on s'envoie des mechazes tesques pendant que j'attends). Elle n'a pas tort… L'assistante dentaire vient me chercher, toute souriante (TOUT LE MONDE est toujours content dans cette clinique. En tout cas, ils ont l'air heureux.). Je ne me rappelle plus de son nom, on va dire que c'est Julie. Julie et Dr Boubou sont penchées au-dessus de moi pis ma yeule ouverte. Elles me parlent des jouets éducatifs de leurs enfants. Du caractère de leurs enfants. De leur progression à l'école. Je ne me souviens plus pourquoi on s'est mises à parler de ça, mais c'est un sujet intarissable et Dr Boubou le sait, alors elle revient à mes dents et m'explique qu'elle va simplement enlever une toute petite partie de ma gencive qui touche trois dents. Elle m'applique du stuff anesthésiant en me disant que si jamais l'opération est trop douloureuse, elle pourra m'injecter de la vraie droye bin profond à l'aide de sa seringue géante de dentiste. Je consens à essayer sans injection, juste pour voir… Non pas que je sois fif avec les seringues, mais j'ai tendance à rester gelée beaucoup trop longtemps et cette journée-là, j'ai envie d'être capable d'articuler quand je vais discuter avec mes collègues. On a le temps de jaser encore un peu toutes les trois, le temps que ma gencive devienne insensible, puis Dr Boubou sort son sabre laser de dentiste du futur. Je ressens une tite fraîche à l'endroit où elle travaille, rien de plus, ça s'endure très bien. Puis je vois de la fumée lever devant mes yeux… Wow, elle est vraiment en train de désintégrer ma viande de dedans de bouche! C'est quand même impressionnant.
Après quelques minutes de gossage, elle s'arrête pour bien m'observer, consulte Julie, qui approuve avec son sourire, puis me tend un miroir pour que je donne mon avis moi aussi. Euh, ça me semble correct, je sais pas? Comment juger? Je n'avais même pas remarqué ma difformité au départ, alors mon avis, hein…
Dr Boubou me confie que c'est une bonne chose que le stuff anesthésiant ait été suffisant, car l'injection nécessaire à cet endroit précis aurait été assez douloureux. Il y a certains secrets qu'un corps médical fait bien de garder car, à mon avis, l'anticipation est bien pire que la souffrance en tant que telle.
Je paie, je confirme mon prochain rendez-vous (blanchiment de luxe, oh yeah!) et je sors pour aller attendre le bus au froid. En marchant, j'ai l'étrange sentiment qu'une partie de ma vie me remonte au cerveau. Le goût… Il y a un goût dans ma bouche, ça goûte une autre époque de ma vie… Mais c'est quoi? Ah! Ça goûte la viande, bordel! Mais pas le goût métallique du sang quand on se mord! Le boeuf! Le boeuf? Mais oui, ça goûte la viande cuite, ma viande cuite! Fuck! Dr Boubou m'a carrément grillé le dedans de bouche et je suis présentement en train de me goûter. Woah. C'est spécial. Dire que je n'avais pas goûté un atome de viande depuis plus de 10 ans, et me voila en train de savourer MA viande.
Mais ça ne compte pas pour une infraction à mon végétarisme extrémiste, ok là?

*Je suis CONNE.

4 commentaires:

manouche a dit...

Horreur patagée; je demande au dentiste de ne rien m'expliquer au moins je gagne la peur anticipatrice!!!

Lorazepam a dit...

Je n'ai pas peur du dentiste (heureusement!), mais j'étais terrifiée quand on m'a dit qu'il fallait m'extraire les quatre dents de sagesse. Je n'aurais jamais du écouté toutes les histoires d'horreur de mes amis, ça s'est si bien passé que c'est presque un beau souvenir...

'nique a dit...

Moi quand on m'a brûlé le feu sauvage que j'avais dedans la gencive (sérieux, jamais D'HERPES de ma vie, mais, go figure, j'avais un truc semblable DEDANS LA GENCIVE) je trouvais que ça goûtait le bacon trop cuit.

Lorazepam a dit...

Tu goûtes la cossonne, je goûte la vasse.