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lundi 7 janvier 2013

Comment avoir du fonne à Louiseville

Mathieu, Véckée pis moi on était pas mal fébriles. On allait passer trois jours chez Patrick, à Louiseville. Ça faisait presque exactement deux ans que je n’y étais pas allée. La dernière fois, c’était juste après notre rupture. Un divorce à l’amiable. Patrick et moi, on sait qu’on va toujours s’aimer, mais que notre histoire d’amour romantique est derrière nous. J’étais alors allée le voir en tant qu’ex-épouse. Là, début 2013, j'étais due, pis j’avais hâte de sentir Louiseville — ça pue quand même un peu — et constater la masse adipeuse de La Fouine, et fouiller dans mes boîtes. Parce que toute ma vie est empaquetée chez Patrick dans ses garde-robes centenaires.

Le matin de notre départ, mon essitation a pris une claque. Po avait l’air de bouder ses bols d’eau, elle leur donnait des coups de patte avec un air méfiant, exactement comme la fois où elle a cessé de manger et boire durant deux jours. La fois où j’avais encore eu peur qu’elle meure. Au moins, cette fois elle avait l’air en forme et ne semblait pas avoir de douleurs buccales. Mais j’y peux rien, quand Po présente la moindre anomalie, je la scrute et je m’inquiète. Je suis une vraie mère poule, oui, et je pense que c’est quand même une qualité quand on prend soin d’un chat gériatrique. Là, j’étais pus sûre pantoute de vouloir m’absenter.


Mathieu vient me chercher dans trois heures. J’ai trois heures pour savoir si je pars ou si je reste. Trois heures pour observer Po. Je nettoie ses bols en profondeur et les remplis d’eau Eska — d’un coup qu’elle trouve que l’eau du lavabo pue, tsé? Mais là, ça sert à rien que je m’étale plus longtemps sur ça, puisque tu le sais bin que je vais y aller, à Louiseville. Tu le sais parce que t’es attentif et t’as lu le titre. Donc, finalement, Po a bu de l’eau, pis en plus elle était ronronnante et me regardait faire mes bagages avec sa curiosité de Po. Fiou. Fausse alerte.

Par bonheur, mon Ringuette de coloc revient de Québec avant mon départ, alors je lui explique la situation. Ringuette sera ma kittysitter pendant mon séjour en Mauricie et je le texterai matin et soir et nuit en majuscules pour savoir si Po va bien. Sans mon Ringuette, j'aurais pas osé m'absenter du Manoir deluxe.

Mathieu vient me chercher en char. En partant, c’est déjà dépaysant. Il s’est abonné à Communauto alors c’est le genre de choses qu’il va pouvoir faire de temps en temps, mais là il est un peu nerveux parce qu’il ne prend pas le volant souvent, mais je lui fais confiance, je sais qu’il va bien nous conduire.

Après avoir vu une coup' de maisons de serial killers, on pénètre dans Louiseville. Quand la voiture se stationne dans l’entrée chez Patrick, je ressens l’envie de crier « QUERISSE QUE CHU CONTENTE D’ÊTRE AVEC VOUS AUTRES!!! » mais je garde mon excitation pour plus tard, retenue comme un ressort.

Pitrick nous accueille chaleureusement, accompagné de notre grosse chatte blanche qui est pas mal devenu sa chatte avec le temps. Il l’aime beaucoup — il l’aime gros — et  j’espère qu’il réussira à lui faire perdre du poids, parce qu’elle a l’âge de commencer à collectionner les maladies liées à l’obésité. Patrick, si La Fouine meurt, tu vas pleurer? « Oui. » Moi aussi. Je veux pas que La Fouine meurt. Trop de chattes mortes en 2012. Mais là, fuck, c’est pas le temps d’être dramatique! On est heureux de se voir, et c’est la bonne humeur qui gagne la première place.

Oui, La Fouine a encore grossi.

Je tarde pas trop avant de commencer ma fouille archéologique. Je sors des grosses boîtes déformées et poussiéreuses, même pas peur des areniers, pis je plonge mes mains à travers mes souvenirs. Mes cheveux gaufrés en maternelle. Mes vieux toutous, assurément recouverts de colonies prospères d’acariens. Mes bulletins scolaires qui sont des preuves tangibles de l’ennui profond que je ressentais à l’école. Mes casse-têtes. Oh mon diou MES CASSE-TÊTE. Je veux les essayer tussuite. Je commence à les faire, je m’étale sur la table de cuisine, et je trippe pas mal à retrouver des petits univers visuels de ma tendre enfance. Mathieu se joint à moi. Je nous trouve pas mal bons. Surtout après avoir complété celui de 221 morceaux qui étaient presque tous de la même câlisse de couleur. On a travaillé fort dessur, mais on l’a pas contemplé longtemps. Je l’ai détruit, l’ostie de laitte, c’était loin d’être mon préféré, pis y’était pas aussi beau que mon casse-tête de Cookie Monster et du Comte qui est composé de pièces de formes inhabituelles.

Patrick nous a préparé des lits dans sa chambre à l’étage. Sa belle chambre avec le toit en pente. Vickie monte se coucher plus tôt, et Mathieu la rejoint peu de temps après. Je continue de farfouiller dans mon enfance tout en niaisant sur internet. Je demande des nouvelles de Po à Ringuette. On se parle en vidéoconférence. Il est avec Po! Aon, ma belle Po. Elle va bien. Elle mange, elle boit, elle galope, elle miaule après la porte. Ça me fait du bien dans mon coeur de mère poule, je sais que je pourrai dormir l’esprit en paix. Patrick, lui, il dort déjà, couché sur son divan, enseveli sous un chat-blob. Je décide de rejoindre les couche-tôt. Je trouve Mathieu assis au lit, le portable sur les genoux. « Tu viens juste de rater Vickie qui pète en dormant. » Hon, manque de timing. Pendant que je m’installe dans notre nid moelleux, je vois une araignée qui pendouille du plafond et s’approche tranquillement de l’épaule de Mathieu. Un Pholcus phalangioides. Longues pattes de ballerine qui se débat dans le vide. Un deux en un de grâce et de fragilité. C’est une espèce qui me fait peur, je l’ai pas encore apprivoisée, alors je fais des simagrées pour que Mathieu comprenne qu’il est en danger. Mais il s’en sacre solide, de l’arenier à grand’pattes. Avec raison! Je vais quand même chercher une gros pot de plastique et je l’attrape. Je t’aime bin, arenier, pour les deux prochains jours, je te veux pas dans mon lit. Fais dodo à mes côtés, on va apprendre à s’aimer.

Vickie marmonne quelque chose. Hon, je t’ai réveillée?

— Non, c’est mon pet qui m’a réveillée. 
— HA HA! Ça, je vais tellement mettre ça sur Facebook!
— NON!
— Okay. […] Je vais mettre ça sur mon blogue, d’abord.
— Okay.

Plus tard, Véckée se met à chanter dans son lit. « Le temps est bon… »  Je me joins à elle : « Le ciel est bleu! J’ai deux amis qui sont aussi mes amoureux! » Aon, c’est vous autres mes amoureux! « Non, c’est vous deux! » On est tutes des amoureux, hiiiiiiiii!

Je finis par m’endormir un peu, puis je me relève et je descends à la cuisine. Je tombe sur Véckée qui mange des céréales, les cheveux attachés en tas sur la tête. MA HA HA! T’as l’air d’un troll! Le lendemain, Patrick viendra me demander si j’ai ri de lui en le traitant de troll pendant qu’il dormait ou s’il a juste rêvé à ça.

Début d'après-midi, je suis la dernière à me lever, évidemment, faque je décide de pas les accompagner dans leur virée à picerie, à la SAQ pis au Tigre Géant. Pendant leur absence, je réalise que je suis dans une maison, que je peux donc en profiter pour mettre de la musique fort pis chanter comme une ossetie. Le gros fonne. Le luxe d'exister fort! Mes beaux mongols reviennent vite, les bras chargés. Vickie n’approuve pas mes choix musicaux. « Bon, Sophy a mis du Big Shiny Tunes. » Mais non! Ace of Base c’est bin trop vieux pour être sur un Big Shiny Tunes! Je vais la voir en dansant… Heille, dans c’temps-là, y n’avait pas de douchebags! On avait des ginos!

Une fois bien réveillée, je propose à Mathieu d’aller faire une visite touristique au Rossy. Ça sent drôle, mais je suis dedans solide pour du Rossy. Je me laisse tenter par un casse-tête de vaches — j’y prends goût, han — pis j’achète des belles bobettes Rossy pour les fesses à Mathieu. Du même coup, j’achète des mitaines à four neuves pour Patrick pour que pus personne se brûle les mains en sortant un plat du four (pauvre Véckée). Les minous ou les poules? « Les minous. » En revenant vers la maison, je me souviens de l'existence du magasin général sur la rue principale. Mathieu Mathieu! Faut aller là! Un beau gros ramassis de tussortes d’affaires. Le magasin général de Louiseville, c’est un voyage dans le temps. Sans DeLorean. Pis ça pue le moisi, sûrement parce qu’il y a des animaux du passé qui se décomposent dans les recoins du magasin. On trouve des jouets qui n’existent plus aujourd’hui, avec des boîtes décolorées par le temps. Un Jésus noir crucifié. Des pochettes des Backstreet Boys. Pis je m'achète du papier à lettre de cloune épeurant. J’aurais voulu rester plus longtemps, mais Mathieu a hâte de rentrer.

Dostie et Dulude sont déjà arrivés! Yé! (Dans ma tête, je me dis que ces deux-là pourraient s’ouvrir un resto à Trois-Rivières pis appeler ça « Do-Du », pis ça serait full drôle. Mais je serais peut-être la seule à trouver ça drôle. Anyway.) Repas de fondue oblige, on soupe pendant des heures —
« on » exclut la personne qui parle, tsé — et on jase en masse. J’ai même le temps d’aller faire un tour à picerie durant le repas (et d’acheter d’autres tattoos dans la distributrice à cochonneries). Une neige fluffy tombe doucement sur la ville — c’est pas que je trippe gros à parler de météo, mais je te jure que c’était que’que chose à voir — une neige brillante, ça brille tellement, là, que je serais prête à parier que c’est Vickie qui a crissé des sparkles partout à Louiseville.

Après Marc-Antoine K. Fennec, Marc-Antoine K. Famoeufs. Oui, j'sais, on est fous dans plotte.

Là, je suis tuténarvée parce que j’ai un pogné un beau tattoo de tigre. C’est Dostie qui aura l’honneur de le porter, dans son cou. Moi, je prends la pieuvre, Dulude prend le gorille, Véckée prend le coeur « Love kills slowly », et Mathieu prend le loup Dick Tracy. Crisse qu’on est beaux pis élégants.

Avant de ressembler à du renvou de pizza, c'était une bin belle pieuvre.

En tassant le divan pour mieux organiser le salon, on remarque la trappe du plancher. Oh. OH! Qui est volontaire pour explorer la cave creepy? Mathieu! Vas-y Mathieu! Dostie allume la lampe, et Mathieu descend dans les profondeurs de la résidence Brisebois. On le perd de vue, mais on garde un certain contact. T’es où Mathieu? « À l’autre bout du salon! » Tu vois quoi? Y’a-tu des trésors? Des squelettes? « Je… je préfère pas en parler… » Il remonte à la surface. « T’as des araignée-loups dins cheveux! » Es-tu correct? Qu’est-ce que t’as vu? « Je vais juste pas en parler, OK? J’aime mieux pas… » Mathieu fait son kekloune, il fait semblant d’être traumatisé. Ça nous empêchera pas de dormir cette nuit, les fantômes d’enfants morts. Non monsieur.

Après l’excursion de Mathieu, on joue à Scattergories, version maison. Moi j’appelle ça Scatogories pis je me trouve bin drôle. Patrick proteste quand on propose la catégorie « Herbes et épices ». « Je sais même pas c’est quoi, l’herbépisme. » Ouf. Moi je proteste un peu quand Dostie sort ses catégories : pièces de char, pis hockey. Câlasse. J’ai même pas de point pour « toit » parce que ça a l’air que c’est pas une pièce. Pff. Mais mon échec le plus frustrant, c’est quand j’écris « Meulie » dans la catégorie « vulgarité ». Come on! Si j’avais eu un V, j’aurais écrit Vickie! Vickie pis Meulie sont mes plus grands modèles de vulgarité! Je suis pas vraiment fâchée, là. Je m’obstine pour la forme, parce que ça fait partie du jeu. Pis en plus j'ai presque gagné. Mais c'est Dostie qui a gagné solide.

Juste avant leur départ, Patrick offre son Chant pour enfants morts à Dostie et Dulude. Pendant qu’il se concentre fort pour leur faire des dédicaces, je remarque que le plat à fondu a l’air rempli de dèche moisie. Personne est game de goûter à ça, même Patrick est pas assez saoul pour ça.

Menoum? OK, avant d'y mettre un oeuf, il paraît que c'était bin bon.

Cette nuit-là, je m’endormirai tard, avec un mal de tête qui me lâchera pas pendant vingt-quatre heures, fatiguée, mais heureuse. Heureuse solide.

Le lendemain matin, avant de partir, je libère mon ami Pholcus. Il va se réfugier dans une de mes boîtes à souvenirs, une de celles que je ramène pas. On fourre le char de mes cochonneries — mes casse-têtes! — pis on part.

Baille Pitrick, baille la Fouine, baille l’arenier. J’ai hâte qu’on revienne, mais là, j'ai surtout hâte de revoir ma Po.

jeudi 27 décembre 2012

Comment sécher Noël en une étape facile

Après ma courte marche au frette — le 25 décembre à 21 heures, l’avenue du Mont-Royal a l’air d’un film de zombie — je rentre pis je demande au Ringuette s’il est prêt à voir La classe américaine. Il dit que oui, mais moi je tiens à me laver avant de m’écraser pour de bon — pis fuck mes cheveux gras, je suis déjà tannée.

On reste dans sa chambre, où on est installés depuis la veille parce que la température est vraiment plus confortable, pis Po vient se mettre à l’aise sur le lit. Le Ringuette est un peu allergique aux chats, mais il tolère Po. Pis elle est bin trop adorabe, il peut pas la rejeter, voyons donc. On regarde La classe américaine, il trouve ça « un peu drôle, mais pas tant » (pff), pis après il veut que je trouve un autre film. Je suis trop lâche pour fouiller dans mes boîtes de DVD pis sur mon disque dur, pis ça commence à me prendre du temps à trouver un film pas pire sur Youtube faque le Ringuette décide de s’abonner à Netflix. Je réussis à le convaincre de choisir le film sur les tortues marines (je me souviens pas du titre, mais c’est sur les caouannes (Caretta caretta) qui, comme toutes les tortues marines, ont un début de vie beaucoup trop intense et dramatique), ensuite il a vu qu’on pouvait regarder des vieux épisodes de Degrassi faque je dis OUI OUI OH OUI et on se tape trois Degrassi de suite pis c’est sûr qu’on va regarder tous les autres bientôt.

Qui c'est qui était plus cool que Joey Jeremiah, han? Qui c'est?

Là, le Ringuette veut dormir, il trouve que quatre heures du matin c’est pas une heure pour glander devant la tévé, mais moi je m’endors pas encore, alors je retourne sur Youtube, où j’avais trouvé un peu plus tôt un vieux film que j’avais reçu en VHS quand j’étais touptite, accompagné d’un cahier à couleurer. C’est La forêt enchantée (Sekai Meisaku Dowa - Mori wa ikite iru, Japon, 1980), que je regardais régulièrement quand j’étais très jeune, seule ou avec ma soeur (la petite). L’histoire d’une pauvre orpheline maltraitée par sa tante et sa cousine, qui finira par enseigner la gentillesse à une jeune reine égocentrique et caractérielle et, par la même occasion, enseignera aux jeunes enfants comment c’est que ça marche les saisons dans la nature. Si tu l’as déjà vu, ou que tu comptes le voir, je te préviens quand même d’une chose : même si tu retrouves ton coeur d’enfant, fais-toi pas d’idée, c’est pas possible de trouver des galantusias dans la forêt en décembre. D’ailleurs, j’aimerais bien savoir d’où vient le nom galantusia, parce qu’il paraît que ces fleurs sont des narcisses, et le terme « galantusia » ne semble lié qu’à La forêt enchantée.

Envoyer une jeune orpheline bûcher du bois tusseule au coeur de la forêt pendant une tempête? Certainement!

Après ça, l’idée me pogne d’essayer de retrouver les vieux dessins animés de Walt Disney que ma mère avait enregistrés sur cassette Beta, ceux que je lui réclamais à tous les jours et que j’ai dû écouter jusqu’à ce que le ruban pète. Eh bien je dois remercier chaudement Youtube, encore une fois, parce que je les retrouve tous, et ils sont dans une bien meilleure condition que sur ma Beta (surtout qu’il me manquait le début à l’un d’eux, pis je suis pas mal contente de pouvoir enfin apaiser une frustration d’enfant). Pis heille, je me doutais pas que ces films était si vieux! 1939, wow! C’est pour ça que je les trouve si beaux. Les Disney d’aujourd’hui, je les trouve insupportables. Je dis aujourd’hui, mais ça date pas d’hier, le début de la dégradation…

En tant que vieille ossetie qui trippe sur les vieilles affaires, je me fais plaisir pis je partage ça ici avec toi, si tu le veux bien.

Cette vidéo, dans laquelle on voit clairement que Donald Duck est un gros ass, m’avait un peu troublée à l'époque. Je trouvais ça tellement cruel et injuste. Mais ça me fascinait, je pouvais pas m’empêcher de le voir et le revoir (pis y’a quand même des p’tits bouts farfelus). Quand je la regarde aujourd'hui, je trouve ça encore plus choquant.


L’exploitation animale expliquée aux enfants (1953)



Celle-ci, toujours avec le nours malchanceux qui veut juste rester vivant, était incomplète sur ma cassette. Donald Duck est toujours aussi désagréable, égoïste, méprisant (et méprisable), mais la violence est un peu moins flagrante.


Tute là! Au COMPLET!


Mais mon préféré, c’était celui de Goofy avec son ami le criquet-appât. C’est d'ailleurs comme ça que je décrivais ces dessins animés : je disais à ma mère « je veux voir ma cassette de Goofy! » pis elle comprenait tussuite de quoi je parlais. Une fois rendue à l’école primaire, je comprenais pas c’était qui Dingo. Manne, de quoi tu parles? Il s’appelle Goofy. Querisse.


OK, la fin est discutable, mais quand même, le reste est très cool!


Quand je regarde ce film de Goofy aujourd’hui, je comprends pas, mais vraiment pas, comment j’ai pu développer une phobie des criquets. Des petits Wilbur! Ce ne sont que des Wilbur! Ah, des fois j'aimerais ça aller parler à Jeune Sophy pour lui faire comprendre des affaires.


J’espère, mes chers lecteurs, que tu as passé un beau Noël. Le mien était magique.

mercredi 31 octobre 2012

Guéeuaé


Léa vient de m’envoyer un dessin trop adorable. C’est « Mini-Sophy qui reçoit un cadeau spécial de lapin en broche ». Aoooon. Je suis tutémue.

« Aon, un lapin spécial! »

Léa, elle bloguait autrefois sous le nom de Madame Poulpe, bien avant Lora Zepam, puis elle a pris des vacances. Beaucoup trop longues, à mon avis. Mais là, elle revient top shape avec son nouveau bloye GuéA la mite. Je suis pas mal contente. Léa, c’est ma monjole suprême, qui fait les cris de mongole les plus exquis et efficaces. Régulièrement il m’arrive de penser à Léa qui fait « HUNH! » pour rien et je me mets à rire instantanément. Et là j’ai subitement l’air inquiétante aux yeux des autres passants sur le rue ou des clients qui font la file avec moi à picerie. On partage toutes les deux le même vocabulaire gnéseux de aooon, tussortes d’onomatopées, pis des « euaé » en abondance parce qu’on est des grandes fans de Zhom.

Léa, c’est aussi une folle aux chats. Elle vit avec Courgette et Fofy, qui font toutes deux partie de mon Kit de Folle aux chats. Quand je vois une photo de Courgette et Fofy couchées ensemble, mon coeur prend une débarque à chaque fois, parce qu’elles me font trop penser à Chechou et Po. Deux chattes inséparables, une tabby brun et une tabby calico. Nous deux, on se tanne jamais jamais de parler de chats. Une fois, on a rencontré quelqu’un dans un parté, on le connaissait pas, et le gars nous avait dit qu’il n’aimait pas les chats, pis on a quand même parlé de chats pendant une heure avec lui. Comme deux osseties. Après coup, je me suis dit qu’il avait dû nous trouver atroces, mais il paraît que non. Quand même, on l’a pas ligoté pour lui montrer de force les photos de nos chattes qu’on garde dans notre portefeuille pis sur notre cell. (Tchèque bin les pervers arriver ici en cherchant « bondage + chattes.)

À gauche, Fophy, et à droite, Courgette.
Po et Chechou en 1995, sur le beau couvre-lit de mes parents.


Moi je suis très contente que Léa se remette à bloguer, écrire, dessiner. Cette jeune femme va faire de grandes choses. Oh ouimadame.

Péesse : Je suis émue de voir cette photo de mes deux bébés chattes. Elle date de presque 18 ans, et ça me semble pourtant si récent. Po ronfle à mes côtés, elle est maintenant une chatte gériatrique. Mais je la vois encore comme ma petite Po neuve, presque naissante, éblouie par l'immensité du monde. Je deviens de plus en plus emo, je vais aller me coucher. Baille baille bonne nuit baille.

vendredi 19 octobre 2012

C'est ma fête à l'imprimerie


J’étais encore en pyjama de dépression quand j’ai reçu un appel de l’imprimeur me disant que mes dedans de fanzines étaient prêts. J’avais même pas déjeuné, y’était 13h31, pis l’imprimerie allait fermer à 15h00. Chittefoque. Fallait que je me mette en mode turbo, parce que je suis bin lente à m’activer le matin. Eh bin je suis pas mal fière de dire que j’ai réussi à manger m’habiller me maquiller (un peu) et nager pour aller chercher mes beaux dedans de fanzines.

Et je me suis pas perdue dans les couloirs, cette fois. J’ai jamais aimé les odeurs de stoffe chimique, mais les odeurs d’imprimerie me rappelle mon enfance dans sa plus belle période : l’époque préscolaire. Le temps où mon papa graphiste me traînait avec lui chez ses clients. Je me retrouvais dans des imprimeries bruyantes et puantes, avec des monsieurs qui parlent fort et qui ont les doigts sales et qui fument sua job. Mon père me présentait tout le temps en disant  « c’est mon bebé! », pis il dit encore ça, des fois. Sauf que maintenant, ça peut être un peu gênant. En tout cas, j’aimais ça l’accompagner chez les imprimeurs. Des fois il me donnait des cadeaux, comme des bloc-notes, des papiers spéciaux pour faire des beaux dessins que je lui demanderais de rapetisser avec sa machine magique qui sert à rapetisser les dessins pour qu’ils deviennent touptits touptits, ou encore une fois il m’a donné un lapin articulé en broche pis j’étais vraiment super contente et admirative devant l’objet, mais pas contente comme quand on déballe un cadeau de fête, contente comme quand on reçoit un cadeau privilège. N’importe quelle cochonnerie pouvait fonctionner, tant que c’était un cadeau imprévu. Je me souviens avoir retrouvé ce lapin parmi mes jouets, des années plus tard. Instantanément, des souvenirs de cette époque sucrée et moelleuse me sont revenus en tête. Les cadeaux les plus précieux sont ceux qui laissent les souvenirs les plus riches.

Eh bien aujourd’hui, mon cadeau de l’imprimeur, c’était mon dedans de zine, tout beau tout chaud. Ne reste qu’à brocher les dedans avec les couvertures et le tout sera terminé. Je sais pas si dans dix ans cet objet pourra me rendre nostalgique de l’époque que je vis présentement, mais en ce moment, il me rend tuténarvée de joie.

Po supervise les opérations de montage du zine.

jeudi 27 septembre 2012

Bonne fête, petit grand frère


Aujourd’hui, c’est la fête de mon frère. Il est très triste et lourd. On n’a pas les mêmes parents, mais on vient du même nid douillet, du même cocon de barbe à papa. Une enfance Luminous et magie. Les liens de sang, on s’en contre-querisse, tsé. Nous on est unis par quelque chose de plus fort que ça. On a été élevés avec de la douceur, à grands coups d’amour. À croire qu’ils se préparaient à nous décevoir, nos Barbamaman et Barbapapa.

Aujourd’hui, on sait pas vivre. On sait pas comment ça marche, ces affaires-là. On va jouer au Nintendo, à place. Amène-toué un ti Coke, moué j’ai un bol plein d’organes et de bananes. Aweille, ça va d'être le fonne.

Aujourd’hui, c’est la fête de mon frère, et mes amis sont tristes. Il faut les consoler, les écouter, les regarder, les caresser, les médicamenter, les aimer. Mes amis ont perdu beaucoup de plumes. Si je savais tricoter, je pourrais les habiller chaud. Mais je vais les réchauffer avec des muffins, des smileys, des XX pis des poils de chatte.

Aujourd’hui, c’est la fête de mon frère et il est darque. Nous on est deep, darques and delicious. Mèyes mais poids lourds. Si j’étais poète, je lui écrirais une chanson darque pour qu’il s’époumone dans ma ruelle. Mais je vas lui écrire une note de bloye, à place.

Aujourd’hui, c’est la fête de mon frère mais nos amis vont mourir. On vire une brosse pis on se fait tatouer « Mange du pouelle » sul chest. Nous on est des osseties.

Nous on frappe dedans la vie à grands coups de mourre.

mardi 21 août 2012

Entendu dans ma ruelle


Madame : Pis, as-tu passé un bel été? Es-tu prêt pour la rentrée en classe?
Moi : TA YEULE, CONNASSE INSENSIBLE!!! ON DIT PAS ÇA À UN ENFANT!

Ma réplique, c’est dans ma vie fantasmée, bien sûr. Je me souviens encore de mes fins d'été, quand j'étais enfant, et que je sentais arriver la fin des vacances. Anticipation. Déjà, de voir les circulaires tout beurrées de matériel scolaire, ça me donnait des frissons de dégoûts, alors quand on osait me demander, LE SOURIRE AU LÈVRES : « Pis, as-tu hâte à la rentrée? » NOOOOOOON! Faut-tu que je pleure pour que tu comprennes que ça me fait mal d’entendre ça? Parmi les adultes, y'avait juste mononc Robin pour me comprendre : « Comment ça t'as pas encore lâché ça, c't'ostie d'école-là? » Il me disait ça dès mes premières années du primaire. Robin, y'avait jamais aimé ça, l'école. Y'avait pas fait son cours classique, Robin.

La rentrée scolaire, c’est le retour de mes chaînes, de l’ennui, de la discipline, de pus pouvoir jouer dehors quand il fait noir, de la fin de l’été, de la fin du fonne. C’est sûrement pour ça qu’aujourd’hui encore j’ai toujours un peu les bleus à l’arrivée de l’automne. Pis j’accuse même pas le manque lumière : c’est la faute aux mauvais souvenirs de rentrée scolaire. Avoir peur de tomber sur la prof méchante que tout le monde craint. Avoir peur que ma meilleure amie ne soit pas dans ma classe. Avoir peur d’être assise à côté d’une brute ou de celui qui a les poux. Avoir peur d’oublier le chemin pour se rendre au nouveau local. Avoir peur de pas comprendre la nouvelle matière, même si j’ai toujours eu des notes de bolées, sauf en éducation physique (je m’excuse d’être un cliché, mais c’est ça pareil, c’est d’même). Avoir peur d’avoir mal au ventre, encore. Avoir peur que le prof n’autorise pas les pause-peupis.

Chaque fin d’année scolaire était une délivrance, un pas de plus vers la liberté. Je me souviens que je calculais ça en pourcentage approximatif. Je disais au p’tit Francis : « On est à 35% de la LIBERTÉ! » La liberté étant la fin de toute contrainte scolaire. Pourtant, l’idée que je me faisais du monde du travail ne me plaisait pas plus.

Chaque rentrée scolaire était un supplice, j’aurais voulu qu’on soit déjà rendu à la fin de l’année, au printemps, pour que ce soit plus supportable. J’aimais beaucoup la période des examens finaux. Je savais que j’allais en classe pour une raison bien précise : faire un examen, pis sacrer mon camp chez moi. Ou à peu près : fallait quand même toffer ça les deux tiers de la durée habituelle.

La rentrée scolaire : endurer la lenteur avec laquelle on nous introduit une nouvelle matière. Se faire répéter pendant deux semaines la même ossetie d’affaire plate, comme si on était tous intellectuellement limités. L’abrutissement. Une chance que j’y allais pas trop souvent.

Parlez-moi pus hamah de rentrée scolaire.

Sauf.

Si.

Sauf si je gagne une guerosse bourse d’études. Alors là, je vais être dedans solide pour la rentrée scolaire.


Comment ces enfants peuvent-ils sourire en sachant ce qui les attend? Je ne comprends pas.

vendredi 13 juillet 2012

Vendredi 13



La trame sonore de cette note de blogue (je m’excuse d’avance, mais c’est d’même) :







Quand j’étais en cinquième année, j’avais une gang d’amies. On était six filles qui se tenaient ensemble à la récré, on se matchait dès qu’il avait des travaux d’équipe en classe, on s’écrivait des lettres pendant les cours, et on se voyait aussi en dehors de l’école. J’ai eu l’idée de toutes les inviter chez moi pour célébrer un vendredi 13. Je me souviens qu’une fille PAS DE LA GANG avait voulu s’inviter, mais on l’a pas laissée faire. Mon party, c’était pas la grosse affaire, là. On avait quand même juste 10-11 ans, faque on buvait de la liqueur. C’était toffe de choisir la musique parce que moi je trippais sur Nirvana et elles, elles écoutaient des Dance Mix pis ça me faisait chier bin raide. Je me souviens pas comment j’avais réglé ce conflit.

Puisque c’était vendredi 13, on aurait voulu se faire des peurs. Mais c’était un peu un échec, personne voulait jouer à Ouija. Je leur ai montré mes souris, mais elles étaient pas effrayantes  pour tout le monde, même si j’en avais une méchante colonie — j’avais complètement perdu le contrôle depuis que ma mère m’avait donné un couple. Bref, la thématique horreur était un peu ratée.

Durant notre party, ma soeur et notre cousine du même âge, Caroline, étaient ensemble au rez-de-chaussée. Ces deux-là ensemble, ça passait son temps à comploter. Tout le temps. C’est pourquoi j’ai trouvé ça louche quand elles sont montées cogner à ma porte de chambre. Quand j’ai ouvert la porte, il n’y avait personne, seulement un plein bol de pop corn chaud par terre. Je trouvais ça louche, mais je trouvais ça encore plus cool que louche. « Han, ma soeur nous a fait du poffecorne! » On plonge nos mains dedans pis on commence à se bourrer la face. Et là, c’est pas long que mes amies se tournent vers moi, larmoyantes, et me disent, la voix tremblotante : « Yé donc bin fort, ton poffecorne… » « Ah, c’est normal, c’est du poffecorne à saveur "épicé"! » Je continue de me bourrer la yeule, joyeuse. Elles, elles ont l’air traumatisées et pas mal moins enthousiastes à manger que moi. J’avoue que je les ai trouvées un peu fifes. C’était pas vraiment pire que des chips au barbecue, tsé. En tout cas.

Des années plus tard, ma soeur m’a avoué que Caroline et elle avaient fourré de gros grains de poivre dans plusieurs grains de pop corn. J’étais la seule à ne pas en avoir mangé, par pur hasard. Je comprenais maintenant pourquoi mes amies avaient pleuré de douleur. Et je comprenais pourquoi ma soeur m’avait semblée douteusement généreuse à l’âge où on se querellait beaucoup trop.


Ce fut la seule fois de ma vie où j’eu une gang d’amies fermée, et ce fut la seule fois que je célébrai le vendredi 13.

samedi 7 juillet 2012

Wipet


Mes parents ont hérité d’un bébé veau. Il avait trois jours quand le voisin leur a donné. J’ignore pourquoi le pauvre bébé n’a plus de mère, mais mes parents le nourrissent à la bouteilles deux fois par jour. Il est tout brun et s’appelle Wipet. J’aurais aimé voir des photos, mais ma mère ne sait pas comment transférer des photos dans son ordinateur. Ce qui veut dire que le plus simple pour moi serait de me rendre là-bas plutôt que lui expliquer au téléphone comment fonctionnent ses bidules du futur. Là, je suis vraiment tuténarvée. Je veux aller voir le bébé veau, mais j’ai pas d’argent pour voyager en ce moment, et je veux pas laisser Po toute seule durant des jours. Je veux le voir parce que j’ai un kick pour les bovins, et parce que je veux convaincre mes parents de jamais tuer Wipet. Je sais qu’ils sont capables de faire ça, ils ont déjà engraissé un cochon pour le manger. Ouin.

Ma mère me parlait de ce cochon quand j’étais petite, et ça me fascinait, je regrettais de pas être née plus tôt pour l’avoir connu. Il s’appelait Arnold, comme le cochon dans Les arpents verts. Comment tu peux élever un cochon, un cochon qui s’appelle Arnold, pour ensuite le tuer et le manger? Moralement, je trouve ça plus acceptable de manger un animal élevé sur une petite ferme que d’acheter un morceau de chair sous cellophane, mais je trouve ça plus troublant. OK, l’animal n’a pas connu la misère de l’élevage industriel, mais tu lui as donné un nom et tu le manges? Ew. C’est comme si je mangeais Po. Heille, pas question! Elle est sur moi présentement, toute vibrante. Ça me rend encore plus émotive de parler de consommation de viande, tsé. Mais bon, je veux pas que Wipet subisse le même sort qu’Arnold, et j’ai une raison toute personnelle de m’émouvoir ainsi. C’est que j’ai une eu une relation spéciale avec un bovin, moi. Oui oui. Non, pas question de bestialité ici, je sais que ça te démange de me faire des jokes dégueuses, mais c’est vraiment pas mon genre. Tchèque bin.

J’avais un peu moins de deux ans. C’était l’été où mes parents ont acheté leur terrain boisé dans la Vallée du gouffre, mon premier été à la campagne. Mes souvenirs sont bin vagues, mais j’en ai. À cette époque, on n’avait pas de chalet, on dormait dans une tente pis on se nourrissait de pizza en pourde et de bluets — à cet âge, je comprenais « bluets », jusqu’à ce que j’apprenne mon erreur et constate que ça a tellement donc bin plus de sens de s’appeler « bleuets ». Bleu, bleuet, bleu, bleuet : MALADE!. J’apprenais plein d’autres affaires : 
- Les fourmis rouges, ça mord fort.
- Le D15, c’est vraiment plus dérangeant que les moustiques.
- Un ours, ça peut faire des cacas bleus.
- Éplucher une truite, c’est facile mais ça glisse.
- Les chats aiment beaucoup manger les dedans de truites.
- Une tête de truite, c’est très crounchant.
- Plumer une dinde, c’est chaud pis ça sent bizarre.
- Baie bleue ≠ bleuet.
- Une tête de merle, ça prend pas de temps à se décomposer.
- Plein d’autres affaires capotantes.

J’ai passé presque tous les étés de ma vie à cet endroit, mais le tout premier est marqué par mon amitié avec la petite génisse du voisin. Elle était seule dans son enclos et j’allais la voir pour lui parler à travers la clôture. Je lui racontais ma vie, je passais des heures à lui jaser ça. Faut croire qu’après seulement quelques mois de vie j’avais déjà plein d’affaires à dire. La vachette devait s’en câlisser que l’crisse, mais elle restait devant moi, immobile, comme hypnotisée par mon flot de paroles. Mes parents trouvaient ça bin drôle pis quioute, mon oncle Robin m’avait même photographiée en plein flagrant délit de parlage avec ma vache, pis les mains dins tchulottes à part de t’ça (je trouvais ça doux et frais, des fesses de bébé). Qu’est-il arrivée à ma petite vache? Parce qu’elle était pus là, l’été suivant. « Bin, ils l’ont tuée pis mangée », ai-je appris des années plus tard, quand j’ai osé poser la question.

Les voisins ont eu quelques bovins durant quelques années, et j’allais toujours les voir à chaque été. J’aimais ça les flatter et leur donner du foin, je les trouvais plus l’fonne que les poneys. Pis je vais te confier une chose que peu de gens de la ville savent : une vache, ça sent bon. Ouimadame. Ça sent le foin semi-digéré, sucré. Avoir été Jésus, j’aurais trippé fort de me faire réchauffer par un boeuf. Un âne, je sais pas trop, je me souviens pas de l’odeur. Bref, j’aimais les bovins et je comprenais mal pourquoi on les plaçait pas dans la même catégorie que les chiens et chats ou, à la limite, des chevaux. Je les trouve très attachants, et je pourrais pas en garder un en sachant qu’on va le tuer et le manger. 



Bon, ma mère vient de répondre à mon email. 
La maman de Wipet c'est une vache laitière, alors ils ne gardent pas les veaux, ils les donnent. Yvon  l'a eu et nous l'a donné. Ton père le nourrit matin et soir. Mais on ne pourra pas le garder longtemps, tu sais, c'est pour la viande, je suis désolée.

Finalement, je sais pus si je veux aller voir Wipet. La campagne, c’est trop violent pour moi.

Lora Zepam à l'état larvaire, en pleine discussion avec son amie génisse.