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mercredi 2 juillet 2014

Ma petite Po d’amour est morte

Nos derniers beaux moments se sont finalement comptés en heures. On a passé une belle dernière journée, puis elle s’est endormie dans mes bras, avec l’aide du Dr Lassonde.

J’ai trop le coeur en miettes pour en parler en détails, mais je veux au moins remercier ici tous mes ami-e-s et les ami-e-s de Po qui font preuve d’un soutien incroyable. Vous n’avez pas idée à quel point ça me touche. Et pas une seule personne n’a osé me dire que c’était con d’avoir autant de peine pour un chat. Merci à ceux qui le pensent mais savent faire preuve de retenue. 


Mentions spéciales :

Merci à Annie-Claude de garder le corps à ta clinique vétérinaire. Merci à Frédéric pour la dernière visite chez le vétérinaire. Merci à Marie-Noël pour le transport du corps. Merci à Annie d’avoir été là virtuellement. Merci au Dr Lassonde pour l’empathie, la douceur et le professionnalisme. Merci à Mathieu pour ta sagesse, merci d’avoir pleuré avec moi, et merci pour le prêt de 300 $.

Merci à Po pour tout ce que tu as été. Tu me manques en crisse.

Merci à Benoit Mendreshora pour l'oeuvre.


jeudi 26 juin 2014

Quarante-quatre respirations par minute au repos

Yé quatre heures du matin pis ça me fait chier de commencer ce texte comme une toune de Nuance. Je voulais me coucher à minuit, parce que je dors mal depuis des semaines, mais on dirait bien que c’est pas cette nuit que je vais régler ça. Je regarde Po. Je la flatte. Je l’écoute respirer. Micro-choc : elle peut mourir très bientôt. C’est dans le domaine du possible. Aujourd’hui, je discutais de la mort avec Annie. Elle est très inquiète pour sa Minnie, qui est malade depuis des semaines. Ça semble pas s’améliorer, et elle a très peur qu’elle meure. On le sait, il faut s’attendre à ça : tout le monde meurt. Et tout le monde peut mourir à tout moment. Mais quand ça devient trop concret, ça peut être badtrippant. J’expliquais à Annie que depuis que Po a été malade durant l’été 2012, j’ai eu du temps pour me faire à l’idée, me préparer à sa mort. Je me sens aujourd’hui plus sereine avec ça. Est-ce que je suis prête? Je pense pas, non. 

Cette nuit, je flatte Po, et je calcule sa fréquence respiratoire. Il faut que je me prépare : à partir de quand je pourrai juger que sa vie ne vaut plus la peine d’être vécue? Il n’y a pas de réponse à cette question.

Mes derniers mois avec Po ont été magiques. Tu trouves que j’exagère, avec mon adjectif bin trop plein de couleurs? Pas tant, non. Po a subi une mastectomie le 7 mars dernier, à l’âge de 18 ans et 10 mois. Elle aurait pu ne jamais se réveiller. Pas pour rien que j’ai tant hésité ici. Seize semaines plus tard — oui, j’ai décidé de compter en semaines, c’est plus réaliste — je peux dire que je ne regrette pas ma décision. Po s’est rétablie super vite. Fallait pas sous-estimer sa force! Hon, j’y pense. Peut-être que tu ne suis pas sa vie sur la page Facebook que je lui ai créée. Je te fais ici un résumé des événements dans l’ordre chronologique.

*

7 mars
À 8 h 04, j'entends Po galoper d'une pièce à l'autre comme une jeune pouliche fringuante. Je pense que c'est bon signe, non?

[En soirée]
Po est déjà de retour à la maison! L'opération s'est bien déroulée, et je suis extrêmement soulagée. En arrivant, elle est allée boire 300 litres d'eau (ou presque), puis elle a fait une mini tournée pour s'assurer que tout est OK dans sa maison. Elle a grimpée sur le lit sans problème, puis elle est venue se coucher contre moi... Je suis trop émue. Ma vieille Po. Elle est tellement forte. 
Merci à vous, amis et amies de Po. Vous êtes les meilleur-e-s.



9 mars
Aujourd'hui, j'ai vu des tas de gens au Salon du disque et des arts underground, mais une seule personne s'est présentée à ma table en me disant qu'elle venait POUR Po. J'étais touchée! Merci Mélissa.
Quand je suis revenue chez moi vers midi pour donner une dose de Metacam à Po, j’ai vu qu’elle avait mangé! Pis elle était bin contente de prendre sa médication (wtf, Po?). Je suis retournée au Salon l’esprit tranquille. Ma picouille prend du mieux.

Bonus : Mathieu me donne tous ses profits de Doctorak co!

Pendant que je suis au Salon, Mathieu me texte des nouvelles de Po : « La face dans le mou pis aweille donc. » AON.

La plus belle chatte bodypiercée du monde. 


11 mars
Po a recommencé à être gossante le matin. Rien ne pourrait me faire plus plaisir.


12 mars
Po bondit sur ma chaise tel un puma dans les Rocheuses.


13 mars
Po a reçu une carte de prompt rétablissement! *o*
Je suis tellement touchée... Avec un message farfelu et une motte d'argent pour payer des t-shirts et une partie de la facture de vet. Merci, mes chers Blais!  Broulx!



17 mars
Poème sale aime Po.

Je te mets au défi de faire un jeu de mots avec ça.


23 mars
Encore des bonnes nouvelles de Po : vendredi, son vétérinaire l'a débrochée! Il a constaté qu'elle a bien guéri, et il lui a enlevé son collier élisabéthain. ENFIN! Rendue à la maison, elle a bien sûr enlevé le petit bout de galle qui restait sur son front, mais c'est pas grave, parce qu'en-dessous, TOUT EST BEAU. Un petit spot sans poils mais bien cicatrisé. Son ventre aussi est très beau. Po est remise à neuf! Merci à Anick de nous avoir liftées et accompagnées. 

*

Après son débrochage, je suis partie en tournée gaspésienne avec Thieuse. Ça me brisait le coeur de me séparer d’elle, mais je la savais en sécurité, sous la garde de Frédéric, Francis et Annie-Claude, en plus du Ringuette au quotidien. Ils m’ont donné des nouvelles de Po, envoyé des photos, des vidéos. Sans eux, je n’aurais pas vu la Gaspésie (et je n’aurais pas fait la connaissance de Tue-Mouche, détails à venir).

Je pars pus jamais. Promis.


Les tumeurs de Po sont déjà de retour. Quoi, comment je peux dire que c’était une bonne idée de la faire opérer, alors? Parce que les quinze dernières semaines furent de très belles semaines. Et parce qu’elle en aura peut-être encore plein d’autres. Je peux dire qu’on a passé du beau temps ensemble, ma Po toute réparée pis moi. J’ai même l’impression qu’après sa convalescence, Po avait pris un p’tit coup de jeunesse. On aurait dit qu’elle avait 15 ans! À chaque matin, la plus belle chatte gériatrique du monde me poke la nuque jusqu’à ce que je me retourne vers elle, pour ensuite me miauler ça à deux pouces de la face. Haleine de poisson mort en prime. C’est merveilleux. Elle est fringante! Oh, ça a peut-être à voir avec ma fatigue, ce sommeil perturbé depuis tant de semaines… Anyway. C’est pas important, mon sommeil. J’ai toute la vie pour dormir.


Cette nuit, je regarde Po et je m’inquiète pour elle. Mais peut-être que demain tout ira bien. Qu’elle me fait une petite peur, parce que les vieux aiment ça nous faire un peu peur, de temps en temps, question de nous rappeler qu’on est tous des mortels. Une fois, François Blais m’a dit que « les grands-parents, c’est fait pour mourir ». Po est un peu une grand-moman, en quelque sorte. Mathieu, lui, m’a dit « on meurt pour laisser notre place à d’autres ». Ma tête est loadée de sages pensées, face à la mort. Je pense que je peux maintenant m’estimer sereine. Mais quand je pense à la mort de Po, mon coeur se déplogue de ma tête, et ça me remplit d’une grande tristesse.


mardi 3 juin 2014

Le Passeport

On parlait de Bauhaus et, chose rare, Mathieu a décidé d’en faire jouer. « C’est pour te faire plaisir. » Mais tchèque-le bin essayer de gâcher mon plaisir. 

— Les paroles te gossent pas?
— Non… Bin, j’y porte pus trop attention, depuis le temps.
— Ça fait « je vais au cégep pis j’utilise des mots rares ».
— Aaaah, cesse! J’AIME BAUHAUS.
— Oh! Bauhaus c’est totalement des étudiants en Histoire de l’art! Ha ha! « Manne, as-tu vu ça le Cubisme? C’est pété! »
— AAAAAH!


Plus tard, on décide d'aller se shaker la fesse au Passeport. Quand on sort au Passeport, on finit forcément par parler du Passeport. On aime cette place, on aime y observer la faune, sans pour autant se considérer en dehors de cette dite faune, et jamais, jamais je n’ai envie de me moquer des gens du Passeport, pas même des goths les plus clichés du monde. Je suis pleine de tendresse envers eux. Je saurais pas trop dire pourquoi. Ils sont beaux. Ils persistent. Mais Mathieu, lui, il a toujours des affaires intelligentes à dire sur le Passeport et sa clientèle. On dirait qu’il est constamment en train d’écrire un article pour Liberté au sujet du Passeport. Comme là, tantôt, il me sort que « le Passeport, c’est lowbrow. Comme la lutte, les danseuses pis les monster trucks. »

— Tu penses?
— Oui! Pis oh : le gothique, ça célèbre le nerd sexuel. Personne veut voir le nerd sexuel!
— Sauf nous autres!

Et tout ça se passe sur la piste de danse, pendant qu’on se fait aller à côté du DJ pis des caisses de son.

— Ça, c’est tellement un set de sorcières.
— C’est pour les gothiques qui pratiquent le wicca.
— Oui! Tu savais qu’avant il y avait une boutique de wicca sur St-Denis?
— Non! C’est fermé?
— Oui. Ils ont reçu un sort. Le sort « on s’en câlisse ».
— HA HA! Je pense que je vais noter les belles gnéseries que tu me sors à soir…
— Oh! Ça c’est la cueillette de pommes!
— De kessé?
— Oui, regarde! [Il fait le geste gracieux de cueillir doucement une pomme d’une branche haut placée.]
— HA HA! J’ai jamais entendu cette expression!
— Tu cueilles la pommes, tu la mets dans ton sac.
— Attention, il faut tourner la pomme délicatement pour ne pas abîmer le pommier!
— Ha ha! C’est vrai!
— Coudonc, c’est-tu Fardoche qui t’a appris à danser de même?
— Fardoche SORTAIT au Passeport! Il teignait sa moustache en noir!

On est retournés s’assoir parce que j’avais mal au dos. 

L’un des danseurs était gros dedans, il faisait des signes au DJ, approuvant ses choix musicaux, mais le plus hot c’est quand il a fait un move de danseur de Tetris. Je me tannerai jamais du Passeport. Mathieu a les yeux qui brillent. « Oh! C’è bô! »

Mathieu est fin, il respecte mes limites. Des fois, on reste même pas jusqu’à la fermeture. « On peut s’en aller quand j'aurai fini ma pinte, si tu veux. » « OK! On va regarder Panique au village? »



On n’a pas entendu une seule toune de Bauhaus au Passeport. Ça me donne l’impression d’avoir perdu un concours qui n’existait que dans ma tête.*






*Mais j’ai gagné un poster de Wumpscut! w00t w00t!

Les nerfs, la Zepam

J’ai rêvé que mon fanzine Les araignées géantes remportait un prix Expozine. Je montais sur scène pour recevoir le prix et faire mes remerciements, et Darnziak était tout près, il devançait toute la foule. Naturellement, j’ai dit : « Je veux remercier Darnziak, parce que ce fanzine on l’a fait ensemble, et on a eu beaucoup de fonne à le faire. » Après que j’aie prononcé ces mots, Darnziak a disparu. J’ai enchaîné. « Je veux aussi remercier Mathieu, parce qu’il est toujours là pour moi. » Et pour terminer : « Et je veux bien sûr remercier mes lecteurs, sans qui tout ça ne serait pas possible… » Et là, je vois que la salle est vide. Il n’y a personne, pas un chat, pas même des grillons qui chantent, EURIEN. 

dimanche 25 mai 2014

Rêver est le cousin saoul de la mort

Hier, c’était encore ma fête. Mathieu voulait rapporter des livres à la bibliothèque, et en passant devant les tables de vente de livres usagés, le premier qui me saute dans face (dans face!), c’est : How to Know the Insects : An illustrated key to the more common families of insects, with suggestions for collecting, mounting et studying them. By H. E. Jaques, Professor of Biology, Iowa Wesleyan College. MATHIEU! I want to know the insex! Mathieu m’a offert ce livre. La typographie est malade, les dessins sont émouvants, les pages sentent la cave chez mes grands-parents. Et ce livre date de 1941! Il est plus vieux que Po! Tutessitée j’étions. Sur le chemin du retour, Mathieu m’en lisait des extraits, Georges Brossard style.

J’aurais voulu arrêter tous les passants pour leur dire « ÉCOUTEZ MATHIEU QUI LIT MON LIVRE D’INSEX », j’aurais voulu texter ma mère mais elle sait pas comment prendre ses textos. Un monsieur promenait son golden retriever gériatrique. J’ai dit au chien « REGARDE MON BEAU LIVRE DE BEUBITTES! ». Le golden a fait pipi devant la cabine téléphone, sans perdre son sourire de golden. On a fait un détour par Hochelag pour aller cogner chez Frédéric Dumont. J’ai dit « FREDOUNE, SENS MES BEUBITTES », il a dit « ma baleine? », j’ai dit « oui? », il a dit « baleine à bosses? », j’ai dit « mais oui je t’aime, je suis ta baleine torche truie pour toujours », puis on est repartis. Pour prolonger le plaisir, j’ai proposé à Mathieu qu’on passe par le parc La Fontaine. Et c’est là qu’on a vu l’affaire la plus quioute du monde.

Des. Bébés. Canetons.

Des touptits bébés! On en a comptés huit, et ils étaient tous en mode chasse. Les petits canetons pataugeaient doucement non loin de papa et maman colvert, et ils marchaient sur l’eau. Plus quioutes que Jésus. Comment ils font? C’est simple : quand le petit caneton voit une mouche à sa portée, il appuie sur turbo, et il est comme propulsé au point de flotter au-dessus l’eau. Piou piou piou! Mathieu MATHIEU! Je sens que je pourrais pleurer de quioute!


J’ai fait un homme de moi, j’ai pas pleuré, pis on est rentrés au Manoir deluxe pour faire une sieste avant de partir à l’aube pour l’enterrement de mon oncle au village de mes parents. Avant que l’urne soit descendue sous terre, j’ai vu passer un canard dans le ciel au-dessus du lac qui fait face au cimetière. J’ai pas pleuré.




*Le titre est de Frédéric Dumont.

mardi 13 mai 2014

C'est plus facile quand c'est de la fiction

Hier, j’ai rêvé que Vickie était vivante. Mais sa vie, sa maladie, c’était de la fiction. Elle était malade, on connaissait l’issue, mais c’était pas grave parce que c’était de la fiction. Elle allait vivre en appartement pour les dernières semaines qu’il lui restait. Mon rôle, c’était d’aller la voir pour m’assurer qu’elle va bien et m’occuper d’elle.

La veille, j’étais allée au Bistro de Paris pour la septième édition des Bistro ouvert, où on rendait hommage à Vickie. Le 11 mai 2014, tsé. Bring your own tutu.


Carl nous a lu sa biographie de Vickie en portant les lunettes de Lolita de Martine. [< + 3 + _ + < + 3 : essaie ça sur Facebook.] J’ai entendu des textes touchants, drôles, forts, on a frôlé l’émeute, on s’est énervé avec les grosses mains en mousse, Larue a porté ma barrette en pixels, ça sentait le pot, pis j’ai pris des photos de ma belle-soeur qui porte les lunettes de son frère.

Un manné, un gars assis au comptoir m’a dit « heille, si tu me donnes une cigarette, je vais lire sur scène ». Han, c’est Nick! C’est plate que je fume pas. « Bin, si tu me donnes 400 $, je vais lire. » OK! (C’est plate que j’aie pas 400 $.) J’avais même pas remarqué sa présence. Faut dire que je l’avais vu juste une fois avant ça. Il était camouflé sur le comptoir en train de boire sa quatrième pinte, caché en tsour de sa casquette verte sur laquelle il avait pinné un macaron de Volière. Ça fittait avec mes cheveux, aon. Fredoune, lui, était venu en kangourou. Des fois, il sortait du marsupium pour dire quelques mots, pis il retournait se cacher comme un ossetie. Nick me fait tellement penser à Fredoune — c’est deux osseties. Je lui ai dit qu’ils sont des jumeaux cosmiques. Fredoune a approuvé, pis il a filé dans sa poche. Nick était pas mal saoul. Calinours exalté. Il arrêtait pas de dire à Mathieu et moi qu’il nous aimait, il arrêtait pas de dire qu’il veut lire mais qu’il peut pas, il arrêtait pas de me dire que j’étais belle, et il a passé le reste de la soirée à s’excuser pour rien. 


Le lendemain matin, j’ai reçu un message de Nick. Il se rappelait pas de la soirée, et il s’excusait. Crisse d’ossetie. Après, j’ai rêvé à Vickou.

vendredi 27 décembre 2013

Beubaille 2013 (avec des IMAGES!)

L’année achève, tout le monde fait des bilans, et je suis exactement comme tout le monde, alors j’ai moi aussi je repense un peu à ce qui s’est passé dans les douze derniers mois et je me demande « est-ce que c’était tant de la marde que ça, 2013? ». Évidemment, il s’agit d’une liste non exhaustive. C’est pas que ma vie est SI palpitante que ça, mais je peux au moins dire qu’il m’est arrivée plus que huit affaires cette année.


Je suis devenue entrepreneure. Oui oui, j’ai fait enregistrer Les belles gnéseries de Lora Zepam. Et j’ai plein de projets gnéseux (et beaux)!



Je suis allée à Rimouski pour la première fois de ma vie. Un beau voyage avec Mathieu et Bock — ouin, je sais, c’est toujours bizarre quand je les nomme dans une même phrase, surtout dans cet ordre — qui m’a permis de voir ma Meulie et d’autres bêtes sauvages adorables. J’ai aussi appris qu’il y a une pénurie de cous à Rimouski.



J’ai enfin rencontré mes Blais! Et ça m’a encore plus donné envie de les adopter. Vraiment des bons êtres humains.



Je me suis fait un bon ami végane. Qui m’a lui-même fait rencontrer d’autres véganes super sympathiques. Pis c’est même pas du monde qui mangent de la luzerne et qui se soignent avec des roches magiques, là. Juste du monde qui pensent que les animaux c’est pas des choses qu’on peut exploiter. Ah pis c’est de sa faute si je suis maintenant accro aux puddings Belsoy — aussi appelés LES POUDIGNES —, à un point tel que je pense que les caissières de la poudignerie me jugent.



Je me suis ennuyée de mon frère. Darnziak et moi, on s’est presque pas vus de l’automne. Grosse session, gros projet. Mais on est des BFF jusqu’à la fin du monde, et même après, pis c’est pas nos vies d’adultes (LULL) qui vont venir fucker ça. Oh que non.



J’ai vécu le plus gros deuil de ma vie. Et c’est pas fini. Elle me manque, je pense à elle à tous les jours. C’est toffe, la vie après la mort.



Je m’apprête à vivre un autre deuil. Ma Po, ma vieille picouille d’amour, a le cancer. Je suis pas certaine qu’elle atteindra son 19e anniversaire. Je la traite aux petits soins, mes amis la gâtent, et je me prépare à l’inévitable.



Je suis gros en amour. Après mon divorce, j’ai eu peur de ne plus être capable de tomber en amour (oué, le gros cliché, je sais). Mais j’avais tort. Mon Mathieuse, je le marierais. Mais le mariage, je laisse ça aux autres. Quoique je trouverais ça amusant qu’on se magasine des robes de mariées sur la Plaza. Je voudrais le voir dans une robe qui a l’air d’un crémage à gâteau.




Pour 2014, mon voeux le plus cher, c’est que tous mes amis restent vivants. Pis là, je vais faire ce que je peux pour qu’ils soient le moins malheureux possible. Fais attention à toi, OK? Amour et paix dans ton coeur. 

mardi 26 novembre 2013

Quest au Salon du livre de Mourial

Samedi soir, j'ai reçu un drink par la tête — ça m'arrive, des fois, et je sais jamais d'où ça vient —, c'était un peu collant, je sais pas ce que c’était, et j’ai dansé juste assez pour suer (ça aussi ça m'arrive, de suer, mais pas souvent). Avant de me coucher, je me suis pas lavée, ça me tentait pas. Ni en me levant dimanche. J’ai eu une pensée pour Ed : tant qu’à aller au Salon du livre, aussi bien aller puer du batte au Salon du livre.



J’avais rendez-vous à 14 heures avec Darnziak à Place Bonaventure. J’ai donc mis mon cadran pour être sûre d’avoir le temps de passer chez Sophie Sucrée, parce que je m’étais promis d’offrir des pâtisseries végétaliennes à François vu qu’il y a rien du genre à Québec-Vule. Heille, j’étais pas mal énarvée : j’allais rencontrer François Blais en personne pour la première fois! Hiiiiii! Hon, il va-tu trouver que je pue? Bah, il va penser que c’est toute la foule humaine qui pue…

J’ai atteint le lieu de rendez-vous un peu vague à l’heure. Ça m’arrive de pas être en retard, et à chaque fois je suis un peu fière. Darnziak m’a vite repérée, il venait d’acheter son billet. J’ai texté Catherine pour qu’elle vienne me prêter sa passe d’exposant, question que je puisse entrer gratis. Payer huit piasses pour aller acheter des affaires dans un gros magasin qui fait même pas de solde, c’est un peu inacceptable pour le Séraphin en moi. J’ai même décidé de traîner mon gros manteau partout juste pour éviter de payer le vestiaire.

On entre. Premier niveau : des enfants. Beaucoup d’enfants. Pire que les enfants : des auteurs déguisés pour attirer les enfants à leur table. J’incite Darnziak à courir jusqu’au deuxième niveau, parce que je veux pas pogner la gastro, pis je veux pas prendre le risque de peut-être tomber sur une mascotte. J’ai peur des mascottes.

Ça sent toujours un peu drôle au SLM

Deuxième niveau : les stands sont numérotés. Bon. Je me souviens que le stand du Quartanier est au numéro 100, pis l’Instant même est juste à côté. Darnziak prend la map, mais moi je décide d’y aller à l’instinct. Yé pas sûr de ma décision. Il a raison, je me fourre pis je nous emmène n’importe où.

— Ça monte ou ça descend? Je comprends pas la numérotation.
— On devrait regarder le plan.
— Ouais, mais on pourrait aussi aller par là.

Non, je comprends pas plus la numérotation des stands. Oh! On trouve Iris!



On a enfin une piste! Mais c’est vraiment toffe de se déplacer, on essaie de faire du slalom parmi les humanoïdes qui nous entourent. On sait que notre quête sera pas facile, que beaucoup d’ennemis se trouvent sur notre chemin.

— C’est qui nos ennemis?
— Bin… Tute ce monde-là.
— Ah! Bin oui. Regarde, je pense que c’est Mathieu Bock-Côté.
— Vite, vite, COURS!… À moins qu’on aille lui lire le poème de Mathieurseno?
— Je pense qu’il le connaît…
— Ouin, t’as bin raison

Alors qu’on se dirige droit vers notre but, apparaissent dans mon champ de vision Nique et Maïté.

— NIQUE!
— Ça fait trois fois que je dis ton nom! Tu me fixais sans me voir!

Hum. Moi qui croyais que tous mes sens étaient en alerte. Je me cale une tite shot de jus de dragon. MP recovered. Je savais qu’elles seraient au Salon du livre, Nique avait fait un Bitstrips juste avant de partir. Je m’étais dit que j’allais la texter sur place pour la retrouver facilement; je suis une caller, après tout.

Les filles savent où se trouve le Blais, elles sont allées le voir juste avant. À nous quatre, on traverse la foule sans trop de dommages.



Nique et Maïté nous laissent dans la zone Dimedia. Nos chemins doivent se séparer temporairement, elles ont d’autres missions à accomplir.

C’est Darnziak qui spotte l’Instant même. On s’approche de la table, et on se trouve face à celui qu’on est venus voir.

Première constatation : François Blais n’est pas terrorisé comme un chevreuil qui se fait flasher des phares dans face. Il se débrouille même assez bien avec les humains qui viennent lui parler. OK, il est clairement pas dans son élément, je suis sûre qu’il aimerait mieux être dans son salon en train de regarder une reprise des Olympique avec sa soeur, mais je suis sûre qu’à peu près personne s’en rend compte. C’est une première rencontre officielle, mais c’est pas exactement ça. Tsé, on se connaît déjà. Il est pareil comme dans ses emails, et se voir en personne, c’est comme continuer nos emails mais en temps réel, pis avec nos faces animées.

On a jasé un boutte, il nous a montré la lettre de fan qu’il avait reçue, je lui ai offert les pâtisseries végé et un t-shirt l’Ostie d’Po édition spéciale pour ma belle brume, pis il a un peu sautillé quand je lui ai dit que j’avais des potins. Darnziak a dit faut pas trop potiner ici, on sait jamais qui c’est qui peut nous entendre. Hon. C’est vrai. Par chance, on n’a pas de méchancetés à dire. Juste des affaires comme : tsé le party que t’as manqué hier? Bin le meilleur boutte, c’est quand l’Écrou — Larouche et Bessette — ont sauté partout sur Killing In the Name, pis y paraît qu’à la fin, à la toute fin, bin Bertrand Laverdure était encore conscient. Des affaires de même.

François Blais n'avait pas peur parce qu'il portait son armure

On abandonne Frank avec le reste du monde pis on va voir Alexie pendant qu’elle est encore là. J’ai pas prévu de budget pour acheter des livres — toi, ça t’arrive-tu d’aller au salon du livre sans penser acheter des livres? — mais je refuse de repartir sans Royauté, le bébé livre d’Alexie qui vient de sortir au Quartanier, dans la superbe série Nova. OK, je suis pauvre, mais grâce à un item magique (la carte d’exposant de Catherine), je peux profiter d’un pas pire rabais. Bon, sur un livre de 9,00$, ça fait pas une super escompte, mais ça me fait plaisir parce que j’ai l’impression d’être cheap jusqu’au bout.

— Je suis désolée.
— Pour?…
— Pour ta vaginite.
— Ah! Euh. Eh, he he he. Je pense que je suis mal à l’aise.

Woupelaye. La caissière a vu mon macaron des Préliminettes. Je retourne au stand du Quartanier, Alexie me fait une dédicace que je lirai avant de quitter le salon, tutémue. Samuel Archibald est aussi en dédicace. Il tient sur ses genoux son adorable fillette qui lui dit à l’oreille que je ressemble à la Monster High Chloe. J’apprendrai plus tard que c’est une princesse égyptienne de 5 843 ans qui a un cobra comme animal de compagnie (il s’appelle Hissette). Je cherche Darnziak. On m’apprend qu’il est allé payer ses livres à la caisse

Je vais saluer Frank avant son départ. Nique et Maïté sont là, elles vont le guider jusqu’au métro. Darnziak ne pourra pas dire babaille à notre Blais, il est en train d’acheter le Quartanier au complet. Je niaise pas. Je pense qu’il a l’arc-en-ciel au complet dans l’une de ses huit bibliothèques. C’est pas pour rien que son plancher est croche.

On dit babaille à nos amis du Quartanier, pis on court chercher le stand de l’Écrou. On est encore tout fourrés dans les osseties de numéro de marde du crisme. Nique m’appelle. Elle a une map, et pendant qu’elle m’explique où aller, Darnziak aperçoit le numéro de l’Écrou. Tout est bon à l’Écrou. Les livres, les poètes, les éditeurs. Fredoune a gagné un prix de l’Alliance québécoise des éditeurs indépendants pour Volière. « On est tellement indépendants qu’on fait même pas partie de l’Alliance des éditeurs indépendants. » Larouche nous raconte ensuite comment Fredoune s’est débrouillé quand il a dû parler de son livre en public. On rit un coup. Mais on est surtout bin fiers de lui.

Les éditeurs de l'Écrou sont fiers de leur bebé

Nique et Maïté nous rejoignent. Je dis que ce serait temps que je rende à Catherine son précieux laisser-passer. Il faut qu’elle revienne le lendemain. Elle est au salon du début à la fin. On se plaindra pas trop de nos trois heures à souffrir de la foule et de l’air sec. Darnziak dit que ses yeux brûlent. « Je veux pas avoir de chalazion! » Bin non, tu capotes. C’est l’air sec normal du Salon du livre. Tu vas t’en remettre.




On trouve le stand de Catherine. Elle est pas là. Partie se chercher une potion magique pour toffer sa journée. On s’écroule sur un banc pis on placote jusqu’à son arrivée.

On a trouvé des livres pour Frédéric Dumont

Je suis satisfaite de ma journée. Je suis allée dans un endroit désagréable pour voir mes amis. J’hésiterai pas à y retourner l’année prochaine. Mais je paye pas une ossetie de cenne pour entrer là. D’autant plus que j’ai même pas vu Ricardo. Tsé.



Il fait frette, il vente, il vente tellement que j’ai du mal à marcher en ligne droite. J’ai pas envie de marcher, j’ai pas mon casse de pouel. Fuck it, je me calle un chocobo. Babaille.

jeudi 17 octobre 2013

Ma belle brume c'est la plus belle

Aujourd’hui se termine pour moi une longue fin de semaine de six jours (ouais!). Hier soir, c’était le highlight : j’ai enfin rencontré Marie, ma belle brume, la femme de ma vie. Ça fait un an qu’on se parle pis qu’on se flatte les cheveux virtuellement, et je me faisais à l’idée que ça se pourrait bien qu’on se voit jamais parce que je sais qu’elle a peur du dehors, des gens, de plein de choses, et je comprends et respecte ça, mais je lui ai quand même lancé l’invitation : « Ce soir, on passe la soirée chez Jos Dion en basse-ville de Québec, pis demain on remonte à Mourial. Si jamais ça vous tente de sortir… XX » 

Si jamais tu me vois débarquer chez Jos, call The Police, c’est que ça va pas ben… X

Puis elle se ravise.

Heille, ma toune, j’vais peut-être y aller, pour me faire une grosse peur… :D François peut pas parce qu’il travaille, mais j’vais peut-être me faire une grosse peur pis aller vous dire bonjour-bonsoir…

Encore là, j’aurais compris qu’elle choke. Je lui en aurais pas voulu. Mais elle en a dedans, ma belle brume. Du courage pis du nerf. Ça faisait un crisse de boutte qu’elle était pas sortie — t’étais pas née — mais hier elle a rattrapé le temps perdu, si on peut dire ça ainsi. Aujourd’hui, elle a quelques petits blancs, et ma mission c’est de lui rappeler ce qu’elle a oublié, puisque moi j’oublie jamais rien parce que je suis tout le temps saoule.




Ma belle brume,

J’espère que t’étais pas offusquée quand je t’ai pas reconnue en entrant chez Jos Dion. J’ai balayé la pièce du regard pour voir qui de mes amis étaient arrivés, et j’ai cru que Mathieu et moi étions les premiers arrivés. Mais il y avait cette fille en face du comptoir qui me fixait… Pourquoi elle me fixe? On se connait-tu, coudonc? HON. Elle a un t-shirt de Po, on doit bin se connaître… AH MON DIOU C’EST MARIE! *o* Juste pour te donner une idée, je suis sûre que même Zig-Zag aurait pas été aussi énarvée de retrouver ses parents que moi quand je t’ai enfin rencontrée. (Oué, j’ai l’air de ploguer des références pas rapport, mais j’ai revu toute la série de Passe-Partout dans la dernière année pis c’est ça qui vient de me passer par la tête…)

Mathieu trouvait ça drôle de nous voir s’énerver comme des fillettes, pis j’ai eu du gros fonne, cré-moué. On s’est d’abord échangé des cadeaux, pis c’était plus beau qu’à Noël : tu m’as donné le Zinc qui contient une nouvelle de ton frère pis une de Bock, pis une pieuvre gluante à câlisser sué murs. On l’a testée, tu l’as câlissée sué murs du Jos Dion plusieurs fois, pis on trippait solide à la regarder descendre doucement jusqu’au plancher. Je t’ai donné un macaron du Festival de la galette, pis un macaron André & Nicole pour ton frère. Là, t’étais déjà en train de t’excuser parce que t’étais paquet de nerfs. T’as pris ma main pour que je prenne ton pouls dans ton cou, et j’ai pu sentir ton p’tit coeur de gerboise qui pompe vite. Oh! Pas longtemps après, le barman est venu te dire que t’étais demandée au téléphone. T’es partie en sautillant, comme si la fin du monde te courait après, pis moi pendant ce temps-là je cherchais ma médication psychiatrique que j’avais pas encore prise. Tu m’as fait signe de venir te rejoindre, et j’ai couru dans la taverne avec mon pot de penule pour aller dire dans le combiné « Allô! hiiiiiiiiiiiii! » à François (ses tympans sont-tu fâchés?). Mathieu pis moi on trouvait ça überquioute que ton frère appelle pour s’assurer que t’es correcte.

Hoooooon! HOOON! Je suis désolée… J’étais ivre pis c’est jamais beau… Hooon… J’espère que tu m’aimes un peu encore pareil… T’es tellement gentille en plus, pis belle pis toute pis toute. Me suis cognée tellement fort que j’ai de la difficulté à marcher… :O
Je serais plus jamais gênée de te voir pis tu diras à Mathieu qu’il est adorable, c’est un gentil gentil garçon… 
Je me souviens plus de la fin, mais je sais que j’ai dansé… Merci pour les photos. XXX

Arrête de t’excuser, j’étais si heureuse de te voir! As-tu eu du fonne? J’veux dire, à part pour les bleus? Moi, ma seule déception, c’était les caves qui ont fait de la peine à Pascale, à commencer par celui qui lui a demandé si elle utilisait les toilettes pour femmes ou pour hommes. J’aurais voulu leur lancer des boules de feu avec mes yeux, aux pas fins qui savent pas vivre. Nous autres, on sait pas vivre, mais on est fins. Même quand t’as grimpé sur le comptoir, t’es restée polie. Le barman t’a gentiment demandé de descendre, pis t’as tussuite obtempéré. Emmanuel m’a dit qu’étant donné que tu t’es retrouvée par terre alors que tu touchais déjà le plancher, c’était peut-être mieux que tu sois pas sur le comptoir. T’étais toute piteuse, comme si t’avais fait une faute grave, alors que grimper sur le comptoir, c’est vraiment la moindre des choses à faire quand ça fait dix ans qu’on n’est pas sorti dans un bar.

Le comptoir du BAR??? Hostie… Je ris, mais j’ris jaune…

Je veux pas que tu t’en fasses, t’as rien fait de honteux, t’as pas traumatisé mes amis, pis Mathieu t’aime aussi. Tu capotes parce que t’as marché sur le pied d’Erika, mais oublie pas qu’Erika est une poète, qu’elle se tient aussi avec des poètes pis que ça lui en prend plus que ça pour être choquée. D’après mes observations personnelles, un poète c’est soit alcoolique, soit toxicomane, soit malade mentale, ou bien un mélange de tout ça. Alors tu peux avoir l’esprit tranquille. Un manné je pense que tu voulais me montrer tes boules, ou peut-être juste ta brassière, mais j’ai dit « NON! Les monsieurs en rut vont te mater! » pis t’as fait :O et t’as redescendu ton t-shirt. On a commencé plein de discussions sans toutes les finir, parce qu’on avait trop de choses à se dire. Deux grosses pies sales. On s’est flatté les cheveux toute la soirée, t’es douce comme Mouffie. On s’est même épouillées quelques fois, parce que je t’avais raconté comment j’ai trouvé et attrapé les puces de Mouffie. J’ai senti ton tsour de bras pis tu puais même pas. Tu dois te rappeler des parties de bras de fer que t’as faites? Tu m’as battue — mais ça c’est rien, c’est à la portée de tout le monde — mais t’as aussi battu Rosa ET MATHIEUSE. T’es donc bin forte! Tu m’as même soulevée. Tu t’entraînes-tu en cachette? Pascale voulait pas se mesurer à toi, elle a dit « moi je fais pas ces affaires-là, dans’vie je veux juste être quioute ». Elle était effectivement très quioute à ce moment-là, mais jamais autant qu’à son arrivée. Je l’avais pas prévenue que tu viendrais peut-être, pis anyway elle m’aurait pas crue! Les faces que vous avez faites au moment où vous vous êtes vues, ça valait plus que de l’or. J’exagère pas. Ma Pascale pis ma Marie qui courent à travers la taverne en sautillant pis en se parlant dans le creux de l’oreille, le gros party d’émotions, mon coeur en aon, osseties que vous étiez belles. Je vous aurais mariées drette-là. 

Tu dois te rappeler qu’on est allées au dépanneur avec Pascale et Rosa (Jovette) au début de la soirée. On est ressorties de là en feignant d’être outrées de pas y avoir trouvé de choutiames. J’aurais voulu que Litchi soit là, elle t’aurait aimée, pis toi aussi tu l’aurais aimée. D’ailleurs, je t’avais demandé si tu la connaissais un peu, et tes yeux sont devenu encore plus intenses : « Oh! Elle est BELLE, elle! » Mets-en qu’elle est belle notre Litchi. Pis j’aurais aussi voulu voir Simon Dou, pis Oli, mais peut-être que mon coeur aurait éclaté d’overdose de aon.

Je me souviens pus de toutes les tounes qui ont joué, mais je peux te dire qu’encore une fois, Mathieu a pris le contrôle du juke-box pendant une partie de la soirée, pis un manné il a dit « Marie fourre le juke-box! » parce que tu trippais sur ses choix de tounes. Quand il en sortait une vraiment bonne, tu criais pis tu sautais comme une gerboise, pis on dansait comme des maniaques sur le plancher de danse. Je t’ai montré la danse de Mathieu, tsé en claquant des doigts? Je sais pas si tu te rappelles. Le gros fonne musical a pas mal commencé avec Danger Zone. Je me souviens qu’on a fait une tentative de chorégraphie sur Vogue, que je t’ai chanté Quand on est en amour de Patrick Norman — tu trouvais ça bin drôle — pis qu’on a chanté en choeur Seul au combat des B.B. Et pendant qu’on s’excitait sur Take On Me, une fille est venu nous voir : « Pouvez-vous me dire comment ça que vous connaissez ça? » J’aurais voulu lui dire que non seulement la musique n’est plus figée dans une époque mais qu’en plus le retour des années 80 dure depuis 15 ans, mais on lui a juste dit notre âge. Elle avait 39 ans, et elle nous pensait beaucoup plus jeunes. Aon. C’est vrai qu’on se conserve bien, han?

En tout cas, on s’énervait pas mal autour du juke-box, mais un manné je sentais qu’on était un peu trop entourées de mâles en rut, alors je t’ai proposé d’aller dehors, pis t’étais bin d’accord. On est sorties de la taverne en chantant, pour ensuite s’apercevoir qu’un des dudes nous avait suivies. Pis il chantait avec nous. C’est là que t’as dit une des affaires les plus drôles de la soirée. Tu l’as regardé avec tes grands yeux magnifiques, bin sérieuse, pis tu lui as demandé « pourquoi tu fais ça? ». Avec la face que t’avais, t’aurais pu lui demander pourquoi il venait de faire une bouse sur le trottoir que ça aurait fitté. Là, son ami est venu nous rejoindre. Le dude — et là je dis dude parce que c’était vraiment un DUDE — qui te cruisait fort pis qui avait aussi cruisé Pascale juste avant. Mais il avait pas été bin fin avec elle, si j’ai bien compris. Elle est venu me voir, toute troublée, en se demandant ce qu’elle avait pu faire de mal pour se faire dire autant de conneries par des agrès, parce que juste avant le gars pas de tact lui avait demandé si elle utilisait la toilette pour hommes ou pour femmes. Le dude en rut lui a dit qu’elle était « déphasée » — ce à quoi j’ai répondu qu’il valait mieux qu’elle soit jamais phasée, calvaire — et lui a demandé si elle « faisait ça pour l’argent ». Là, je sais pas si j’ai mal compris ou s’il lui a vraiment demandé si elle était pute, mais ce qui est certain c’est que Pascale se sentait pas bien, que ce dude lui a manqué de respect pour fucking rien. Bref, tu comprends pourquoi je me méfiais encore plus de lui. Ah pis avant qu’on sorte dehors — et là je veux pas te faire peur — vous avez dansé un slow ensemble, pis vous vous êtes même embrassés, mais c’était pas du gros frenchage cochon, juste un petit bec, t’étais pas très entreprenante avec lui. Mais là, une fois dehors tous les quatre, ce dude s’est éloigné avec toi, dans le but évident de mettre son pinis dedans toi un manné dans la veillée. À ce stade-là, j’étais déjà devenu ta chienne de garde. Je l’ai approché pour lui dire de calmer ses ardeurs, mais son ami m’a interrompue dans ma grande démonstration d’intimidation. « Laisse-les faire, tu vois pas qui va se passer de quoi? » Bin justement. Pis toi, tu vois pas que mon amie est un peu saoule? « Bin oui, pis lui aussi. » En bon chum, il voulait aider son ami à scorer. Pis moi, je voulais aider mon amie à pas avoir de gros regrets le lendemain. Ça aurait pu virer en hostilités, mais on s’est entendus sur le fait qu’on surveillait nos amis respectifs. OK, cool. Mais là, il se tourne vers son ami et lui dit : « En passant, la fille avec qui tu parlais tantôt, bin je pense que c’t’un gars. Je regardais sa grandeur, ses mains, ses épaules… pis c’est un gars. » C’est rare que je suis bête avec les gens que je connais pas, je suis généralement assez polie. Mais là. Ossetie. « DUDE. Tu t’es rendu compte qu’elle est trans? Bravo. BRAVO. » Là, il avait l’air mal à l’aise, pis il essayait de se justifier, comme quoi il voulait juste prévenir son ami, au cas où il la frencherait et quoi encore… « Quoi, c’est-tu vraiment grave, frencher une trans? » T’as tout de suite répondu « non. Vraiment pas. »Toi aussi t’étais scandalisée. Mais ton dude décollait toujours pas. Je t’avoue qu’à ce moment-là, j’ai eu un peu peur. Peur qu’il réussisse à te convaincre de partir avec lui. Ou pire, avec lui pis son chum. J’étais seule contre eux, et peut-être que j’aurais pas eu le temps de les mordre à la gorge. Mais tu es revenue vers moi aussi vite que tu t’étais éloignée, tac! comme un aimant, et on est rentrées ensemble dans la taverne. PAPAON!

T’es tombée que’ques fois, dont une grosse fois en dansant avec Pascale à côté de la machine à poffe corgne. On a eu peur que ce soit grave, t’es restée assise une bonne minute, puis tu t’es relevée, toute réparée.

J’me suis vraiment blessée quand Pascale est tombée sur moi… je souffre beaucoup en fait. J’ai le derrière de la tête enflé et mon dos me fait horriblement mal… J’me souviens plus si j’ai pleuré ou si j’ai essayé de cacher la douleur, mais j’pense que c’est là que j’aurais dû m’arrêter…

Aw, ma p’tit gerboise blessée! Je connais pas bien tes limites de boisson, avoir su j’aurais dit à Mathieu de pas te vendre son Captain Morgan. Moi je voulais avant tout m’assurer que tu rentres chez toi avant de quitter le bar. Parce que les deux bucks nous lâchaient pus. Au départ tu me disais de pas caller de taxi, que t’allais t’arranger, mais je vous ai convaincues, Pascale et toi, de venir l’attendre dehors avec moi. Après une tournée de becs, je vous ai accompagnées au taxi comme une maman poule. J’espère que le reste de la soirée s’est bien passé, que Pascale et toi avez fini le party en beauté, pis que François était pas trop traumatisé de vous voir maganées ce matin.

J’ai mangé une frite pis Pascale une poutine, mais quand François a dit les mots Captain Morgan, j’ai vomi toute ma bouffe en disant, la tête dans la toilette : « François, j’vais mourir, j’vais mourir, j’pense que chu en train de mourir. » J’ai tellement peur d’avoir manqué de respect… J’me souviens pas du tout du monsieur qui me cruisait, aucune idée. J’ai retrouvé son number dans ma sacoche…

Je peux pas te dire quoi faire, mais je pense pas que tu l’aurais laissé t’approcher si t’avais pas été saoule. Vers la fin de la veillée, tu m’as glissé à l’oreille que tu cherchais à l’éloigner de Pascale. Serais-tu une chienne de garde toi aussi?

Tu m’as demandé plusieurs fois au cours de la soirée si je te trouvais folle. Bin mets-en. Pis c’est correct de même. T’es une belle folle, t’es folle dans plotte, pis je l’aime, moi, ton intensité, même si elle me fait un peu peur, parce que ça fait toujours peur se faire chatouiller ou mordre, mais c’est une peur le fonne. Je sais pas si tu comprends ce que je veux dire? Cette intensité nous garde vivants. Tant qu’à vivre, aussi bien être vivant en crisse, tu penses pas?

Merci pour la soirée pis toute, ma belle brume.

Ton Vila XX

Péesse : Je me trouve poche rare d’avoir oublié mon Zinc sur une table, mais j’ai confiance que je vais finir par le retrouver, Emmanuel pis Alicia doivent bien connaître 95% des clients chez Jos Dion.

Souvent je me retrouve avec du monde qui travaille fort pour être pas sortable
mais chez jos dion ce soir je suis juste avec des gens extraordinaires
agoraphobe
transgenre
obsessionnelle compulsive
langue de porc 
grosse laurentide et rivotril
la sœur de François Blais est partie au dépanneur avec mon coat de pimp

— Mathieu Arsenault, poème écrit chez Jos Dion par un beau soir d’octobre 2013






vendredi 13 septembre 2013

La fois où j'ai roulé en Bixi

J’étais en train de tchatter avec ma belle brume quand t’à coup j’entends des hurlements de démons dans la ruelle — des chats, on s’habitue presque. Mia arrive au galop, breake sec devant moi, me fixe de ses grands yeux noirs, et me lâche un petit « miau? » comme si j’étais supposée savoir quoi lui répondre. Tute poffée. Elle perd pas de temps à me questionner pis elle s'en va tussuite voir à la fenêtre de la chambre pour comprendre qu’est-cé qui se passe dehors. Quatre, cinq secondes. Mia repart vers la cuisine, grimpe sur le rebord de la fenêtre. Petits miaux anxieux. Elle court à la fenêtre de sa chambre, je l’entends, pou-doum, puis elle revient dans la chambre de Mathieu, pour surveiller par la fenêtre. Elle dépoffe tranquillement…

Ça l’a occupée pendant plusieurs minutes. Ça m’a aussi divertie, je l’avoue. Mais là, je pouvais pas trop niaiser, fallait que je fasse un aller-retour chez moi. Ce qui veut dire interrompre mes activités importantes pendant une heure. Sauf si je voyage en Bixi. Hum. Est-ce que je suis game?

Avant de déménager à Kingston, Frédéric m’a légué sa clé de Bixi. Il reste encore plusieurs semaines de belle sphate sur laquelle rouler, il faut bien que j’en profite. L’affaire, c’est que j’ai peur de faire du bécique à Montréal. Et je suis limite dangereuse. J’ai peur de me faire fesser par un char, peur de faire une collision avec un autre cycliste en sens inverse, peur de passer sur une rouge sans m’en rendre compte, peur de glisser sur une pelure de banane. Je me sens pas safe sur un bécique à Montréal. Vraiment pas à l’aise. D’un côté, il y a moi, et à l’autre bout du spectre, il y a Ranger. J’aimerais ça arriver à me situer presque au milieu, juste pour dire que je peux considérer que c’est une bonne idée de me déplacer à vélo au moins une ou deux fois par semaine. Pis là, c’est le temps de m’exercer.

Je pars pis je me trouve un Bixi. Je prends le premier du bord. Avant de le sortir de son box, je me rappelle que Mathieu m’avait recommandée de vérifier les pneus. Je les tâte. Euh, ça me semble être, euh, de bons pneus. Je libère mon Bixi (ça commence bien, continue comme ço!), je réussis à ajuster le siège (yé!), pis je pars. Doucement. Pas vite. Je sors ma vision périphérique, j’ouvre grand mes oreilles, pis j’atteins la piste cyclable sur Rachel (une étape de faite! High five!). Rachel. Arque. La seule fois où j’ai fait du vélo à Montréal, c’est l’été dernier, pis j’étais passée drette là. Cette fois, c’est pire, parce que je suis toute seule, y a pas Mathieu qui me surveille en riant. Je suis sûre que ça paraît que je suis tendue. Les mains sur les freins, je roule en pépère, je regarde partout en même temps, j’ai peur qu’un char passe sur une rouge ou oublie son stop et me ramasse violemment, je suis tute poffée, j’ai hâte d’avoir franchi cette zone. Huuuuh…

J’ai survécu. Tout s’est bien passé, je suis rentrée chez moi, j’ai flatté Po pis j’ai ramassé mes cossins. Mais pour le retour, j’ai préféré marcher. Trop fatiguée pour être assez attentive pour rouler.

En route vers la picerie avec Mathieu. 

— Ça a l’air de rien, mais depuis que je passe mes journées à courir dans tous les sens, je me mets en forme!
— Aon, c’est bien.
— Reste juste à m’inscrire au gym pour devenir FORTE.
— Pourquoi devenir fort quand on a des ROBOTS? Ça sert pus à rien d’être fort.
— Bin là. Je veux pas que ce soit un robot qui clanche Jean-Philippe au bras de fer. Je veux le battre avec MA force!
— Pourtant, ça serait pas mal plus l’fonne avec un robot…
— Oui, OK, t’as raison. Ça serait très cool de voir un robot contre Darnziak. Hi hi hi…


Je veux quand même aller au gym. Parce que je veux casser des noix avec mes fesses.

Je sais pas comment finir cette note de blogue. Toute cette activité physique m'a épuisée, mes yeux ferment tout seul. Rockyfication, étape 1. Yeah.

mercredi 24 avril 2013

Soigner Mathieu

Mardi matin, 15 heures (ouin, je me lève tard). Mathieu m’appelle. C’est rare qu’il m’appelle, on a l’habitude de s’écrire des emails, des tweets, pas d’utiliser cette machine archaïque. Mais là il m’appelle parce qu’il a besoin de mon aide pour deux choses urgentes. Il veut des médicaments pour soigner sa dysenterie, et il veut que j’aille lui acheter un routeur sans-fil parce que le sien vient de lâcher — ce qui explique l’usage inattendu du téléphone. Entre le routeur et les médicaments, je sais pas ce qui est le plus urgent pour lui, mais j’ai pas le temps de niaiser. Coup de chance : nul besoin de courir chez Future Shop, je vais lui donner mon routeur inutilisé. Bon, est-ce que je mets un masque pis des gants avant d’aller chez Mathieu? J’ai tellement peur de ça, la gastro… Si j’en pogne une maintenant, je me retrouve à pital. Je peux pas me permettre de maigrir encore plus, j’ai défoncé mon budget de graisse depuis longtemps.

Je vais voir Jean Couteux et je lui achète des potions magiques, puis à picerie je ramasse un deux litres du ginger ale, mais les bananes sont trop vertes. Je trouve des bananes mûres à la troisième fruiterie. Avec tous les détours que j’ai faits, elles ont eu en masse le temps de mûrir, les câlisses. (Hein, je sacre après des bananes?)

Pendant que Mathieu m’explique qu’il est une machine à café, je garde mes distances. J’ai peur que le virus me saute dessur. Je branche le routeur, je lui apporte un verre d’eau et une cuillère, du Gastrolyte  en sachets et du Immodium, puis je me lave les mains. Pis je rajouter une couche de Purell après. On n’est jamais trop parano avec la gastro.

Mardi soir. Je joue à Dr Mario, Po est couchée à côté de moi. Le Ringuette arrive et s’apprête à la flatter tendrement, puis s’arrête sec. Regard mi-déçu mi-accusateur, il me dit : « T’as déplacé sa serviette?! » Grave comme si j’avais tué tous les chats du monde. Po reste couchée, l'air de s'en crisser solide.





Pour m’aider à payer les soins de Po, Joanie m’a acheté trois kits de macarons J’aime les chattes. Elle m’a suggéré de les faire tirer sur Terreur Terreur, alors j’ai décidé de faire TROIS (3!) super concours capotés! Tous les détails sont ici. SOIS NOMBREUX à participer!

mardi 23 avril 2013

Sortir Po


Lundi matin. Je me lève tôt — onze heure inemi — pour avoir la chance de voir Dr Vo Van. Sa secrétaire me dit qu’il y a au moins trois heures d’attente, alors je vais aller voir Mathieu pendant ce temps. Milla m’accueille, me fait des beaux yeux. Mathieu dort, alors je m’installe au salon avec la chatte. Un peu avant que je retourne à la clinique, Mathieu finit par se réveiller.

— Ouf, j’ai failli être malade cette nuit.
— Comment ça?
— Je sais pas. Je me sens encore un peu à l’envers. C’est peut-être mon poulet au beurre de la veille.
— Il traînait au frigo depuis combien de temps?
— Une semaine?
— C’est trop!
— Mais d’habitude j’suis jamais malade!
— Ça vaut pas la peine de prendre une chance…

Si Mathieu était aussi parano que moi, il ferait peut-être rire de lui, mais il risquerait moins de s’empoisonner. En tout cas, je le touche pas et je file chez le médecin.

Dr Vo Van me demande comment je vais. Pas vraiment mieux, mais je peux pas rester béesse un autre mois. « Ah, les congés de maladie, c’est jamais payant! Hé! hé! » Ouin, je m’y attendais un peu… Je lui explique que j’ai de grosses dépenses en ce moment. Le dentiste, le vétérinaire. Po est importante pour moi, et je tiens à la soigner. Il me raconte qu’un de ses patients a une chatte sous chimiothérapie. Elle l’a mordu quand il essayait de lui donner un médicament, et il a dû faire soigner sa plaie chez le médecin. Dr Vo Van trouve ça un peu comique. Il rit tout le temps. (Fuck! Je viens de réaliser que c’est un genre de Dr Hibbert!) Il me signe un papier qui décide à quelle date se termine ma dépression situationnelle, et un autre qui va peut-être me permettre de passer des radiographies dentaires à pital, donc sans frais. Je me croise les doigts.

Dimanche soir. J’entre au Manoir deluxe et je vois que Po n’est pas couchée sur sa serviette. Aon! Elle a plus de vitalité que la veille, alors on fait un petit tour dehors, question de lui donner l’occasion de sentir des affaires, de plisser les yeux au soleil, et de vérifier que tout est correct dans sa ruelle.

Tout est correct.

Au moment de sa deuxième dose de buprénorphine — que je me suis permise de diminuer un tout petit peu —, je lui fais un CURE4. Est bin contente. Pis là, d’une main je joue à Dr Mario, pis de l’autre je fais jouer Po avec un ruban.

Tout est correct.


lundi 22 avril 2013

Droguer Po


Samedi soir. Il faut que je fasse une sieste si je veux être en mesure de survivre à ma longue soirée. Ça commence avec un show de Menace Ruine, et ça finit avec la fête de Hulie à La Remise. Dans un moment de grande fatigue, je songe un instant à laisser tomber le show, mais j’ai vraiment envie de découvrir ce band que Mathieu et Darnziak me vantent avec enthousiasme. Et puis c’est Mathieu qui m’invite, alors les raisons financières n’entrent pas dans la balance. Bon, fuck le dilemme, je me couche. Avec Po. Sauf que Po n’a pas l’air de vouloir dormir. Elle est au plus fort de son high de buprénorphine, et ça lui fait des pupilles full dilatées, grosse face de hibou inquiet, et elle tient à demeurer sur la serviette que j’avais placée la veille au pied de mon lit. Sa serviette. Précieuse serviette. Pourquoi tu viens pas me voir, Po? Tu pourrais au moins te coucher? Non. Elle reste assise et fixe des choses qui n’existent pas. Je finis par m’endormir. Quand je me réveille, mon regard se pose aussitôt sur Po, toujours assise sur sa fucking serviette, et je réalise que ça fait au moins une heure et demi qu’elle est dans la même position, au même endroit, le regard perdu dins vapes.

Menace Ruine joue seulement vers 23:30, ça me laisse le temps de manger et de bien me réveiller. Et ça laisse le temps à Po de dégeler. Elle peut enfin ronronner! Pour une raison que j’ignore, elle ne ronronne pas quand elle est droguée. Elle semble apprécier les caresses, se tortille, pétrit dans les airs et se frotte la face avec sa patte, mais elle ne ronronne pas. C’est toujours très étrange pour moi de flatter un Po non vibrante. J’imagine que c’est encore plus étrange pour elle d’être dans cet état…

Po et la droye

Mathieu arrive chez moi pour qu’on se rende ensemble à la Casa del Popolo. Il m’avait proposé de payer mon entrée, il sait que j’ai pas trop de cash ces temps-ci, et avec mes dépenses imprévues de la veille, il me reste environ trois piasses de monnaie. Mais c’est pas grave, j’ai deux reins fonctionnels.

On retrouve vite Darnziak dans la petite foule de 50-60 personnes. Impossible de s’entendre parler. Le gars qui fait la deuxième partie, Oneirogen, joue fort en sale, ça me fait vibrer le squelette. Derrière Mathieu, une fille au visage magnifique. Des yeux de Jennifer Connelly. Menace Ruine commence à jouer. Sont tout en cheveux. La chanteuse est impressionnante. Musique envoûtante. J’aurais pu tomber en transe si le show avait été un tout petit peu plus long. Je regrette pas d’être venue, c’est une maudite belle découverte, et une expérience de show comme je les aime. Je me sens privilégiée d’être là.

En marchant vers La Remise, Darnziak et Mathieu parlent de chars. Moi, je dis rien pis j’en profite, parce qu’entendre mes deux geeks parler de chars, c’est crissement inusité. Mathieu a même utilisé un vocabulaire de char, mais j’ai oublié les mots. Une fois à la taverne, on se fait dire que la place est pleine, qu’on ne pourra pas rentrer. Meh. C’est pas La Remise que j’ai connue, ça! Bon, on va-tu chez moi? J’ai pas envie de glander dehors au frette. Finalement, la madame nous laisse entrer. Ouh, c’est vrai que c’est loadé d’humains. Pas sûre que je vais toffer ça longtemps. Tout le monde est saoul, certains à un stade qui laisse des blackouts et des lendemains douloureux. Luc Chicoine est là. Il se rappelle qu’on était supposés chanter Kiss de Tom Jones il y a deux ans, ça fait qu’il nous met sur la liste. Hulie touche pas à terre, Ranger danse comme une bête, Choukri lance des rayons laser avec son coeur. Tout le monde est là, même le soundman de Fred Pellerin. Mais j’ai manqué Angélique, elle est partie juste avant mon arrivée. Je suis trop épuisée pour suivre le rythme, mais j’essaie d’aller chercher mes réserves d’énergie cachées. Je me retrouve même à chanter du Éric Lapointe avec Alexie pis Bock. C’est moi qui est fêtée, mais j’ai quand même droit à un cadeau! Hiiiiii! Ranger m’a trouvé des mini-livres au Village des voleurs : Guide des calories pour plus de 1000 aliments (je veux les apprendre par coeur), Trucs de tatouage (hiiiii!), Trucs des soins et des urgences à la maison, un guide gratuit à l’achat du 7Jours (je sais maintenant comment réagir en cas d’accouchement inopiné) et J’ose parler de Monotonie, j’ose, j’ose et j’ose! (on a remarqué qu’il y a un coin de page plié à Lecture érotique). Wow! Si c’était pas la fête de Hulie, je crierais comme une enfant C’EST MA FÊTE. Oh, c’est notre tour de chanter! Comme toujours, Luc Chicoine kicke des culs au micro. Je sais pas si c’est parce que Luc Chicoine chante trop fort ou si c’est parce que mon micro était fermé ou si ma voix ne porte pas, mais il paraît qu’on m’entendait pas. Moi j’dis : tant mieux. J’ai eu du fonne pis j’ai pas cassé les oreilles de mes amis.

Autre fait inusité, Mathieu pis moi on quitte avant la fermeture. On rentre à pied en discutant de la vie et la mort, de la vie surtout, et Mathieu me dépose chez moi avant de prendre un Bixi.

Po est couchée sur le lit de Ringuette. Aon. Bon, c’est l’heure de sa dose de buprénorphine. Hop, une tite shot dans la gueule, yarque caca ça goûte pas bon. Je m’endors en lisant le dernier Blais, Po est couchée sur mon lit, sur sa serviette, les yeux en deux piasses.


Dimanche matin. Po ronronne fort dans mes bras.