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jeudi 26 juin 2014

Quarante-quatre respirations par minute au repos

Yé quatre heures du matin pis ça me fait chier de commencer ce texte comme une toune de Nuance. Je voulais me coucher à minuit, parce que je dors mal depuis des semaines, mais on dirait bien que c’est pas cette nuit que je vais régler ça. Je regarde Po. Je la flatte. Je l’écoute respirer. Micro-choc : elle peut mourir très bientôt. C’est dans le domaine du possible. Aujourd’hui, je discutais de la mort avec Annie. Elle est très inquiète pour sa Minnie, qui est malade depuis des semaines. Ça semble pas s’améliorer, et elle a très peur qu’elle meure. On le sait, il faut s’attendre à ça : tout le monde meurt. Et tout le monde peut mourir à tout moment. Mais quand ça devient trop concret, ça peut être badtrippant. J’expliquais à Annie que depuis que Po a été malade durant l’été 2012, j’ai eu du temps pour me faire à l’idée, me préparer à sa mort. Je me sens aujourd’hui plus sereine avec ça. Est-ce que je suis prête? Je pense pas, non. 

Cette nuit, je flatte Po, et je calcule sa fréquence respiratoire. Il faut que je me prépare : à partir de quand je pourrai juger que sa vie ne vaut plus la peine d’être vécue? Il n’y a pas de réponse à cette question.

Mes derniers mois avec Po ont été magiques. Tu trouves que j’exagère, avec mon adjectif bin trop plein de couleurs? Pas tant, non. Po a subi une mastectomie le 7 mars dernier, à l’âge de 18 ans et 10 mois. Elle aurait pu ne jamais se réveiller. Pas pour rien que j’ai tant hésité ici. Seize semaines plus tard — oui, j’ai décidé de compter en semaines, c’est plus réaliste — je peux dire que je ne regrette pas ma décision. Po s’est rétablie super vite. Fallait pas sous-estimer sa force! Hon, j’y pense. Peut-être que tu ne suis pas sa vie sur la page Facebook que je lui ai créée. Je te fais ici un résumé des événements dans l’ordre chronologique.

*

7 mars
À 8 h 04, j'entends Po galoper d'une pièce à l'autre comme une jeune pouliche fringuante. Je pense que c'est bon signe, non?

[En soirée]
Po est déjà de retour à la maison! L'opération s'est bien déroulée, et je suis extrêmement soulagée. En arrivant, elle est allée boire 300 litres d'eau (ou presque), puis elle a fait une mini tournée pour s'assurer que tout est OK dans sa maison. Elle a grimpée sur le lit sans problème, puis elle est venue se coucher contre moi... Je suis trop émue. Ma vieille Po. Elle est tellement forte. 
Merci à vous, amis et amies de Po. Vous êtes les meilleur-e-s.



9 mars
Aujourd'hui, j'ai vu des tas de gens au Salon du disque et des arts underground, mais une seule personne s'est présentée à ma table en me disant qu'elle venait POUR Po. J'étais touchée! Merci Mélissa.
Quand je suis revenue chez moi vers midi pour donner une dose de Metacam à Po, j’ai vu qu’elle avait mangé! Pis elle était bin contente de prendre sa médication (wtf, Po?). Je suis retournée au Salon l’esprit tranquille. Ma picouille prend du mieux.

Bonus : Mathieu me donne tous ses profits de Doctorak co!

Pendant que je suis au Salon, Mathieu me texte des nouvelles de Po : « La face dans le mou pis aweille donc. » AON.

La plus belle chatte bodypiercée du monde. 


11 mars
Po a recommencé à être gossante le matin. Rien ne pourrait me faire plus plaisir.


12 mars
Po bondit sur ma chaise tel un puma dans les Rocheuses.


13 mars
Po a reçu une carte de prompt rétablissement! *o*
Je suis tellement touchée... Avec un message farfelu et une motte d'argent pour payer des t-shirts et une partie de la facture de vet. Merci, mes chers Blais!  Broulx!



17 mars
Poème sale aime Po.

Je te mets au défi de faire un jeu de mots avec ça.


23 mars
Encore des bonnes nouvelles de Po : vendredi, son vétérinaire l'a débrochée! Il a constaté qu'elle a bien guéri, et il lui a enlevé son collier élisabéthain. ENFIN! Rendue à la maison, elle a bien sûr enlevé le petit bout de galle qui restait sur son front, mais c'est pas grave, parce qu'en-dessous, TOUT EST BEAU. Un petit spot sans poils mais bien cicatrisé. Son ventre aussi est très beau. Po est remise à neuf! Merci à Anick de nous avoir liftées et accompagnées. 

*

Après son débrochage, je suis partie en tournée gaspésienne avec Thieuse. Ça me brisait le coeur de me séparer d’elle, mais je la savais en sécurité, sous la garde de Frédéric, Francis et Annie-Claude, en plus du Ringuette au quotidien. Ils m’ont donné des nouvelles de Po, envoyé des photos, des vidéos. Sans eux, je n’aurais pas vu la Gaspésie (et je n’aurais pas fait la connaissance de Tue-Mouche, détails à venir).

Je pars pus jamais. Promis.


Les tumeurs de Po sont déjà de retour. Quoi, comment je peux dire que c’était une bonne idée de la faire opérer, alors? Parce que les quinze dernières semaines furent de très belles semaines. Et parce qu’elle en aura peut-être encore plein d’autres. Je peux dire qu’on a passé du beau temps ensemble, ma Po toute réparée pis moi. J’ai même l’impression qu’après sa convalescence, Po avait pris un p’tit coup de jeunesse. On aurait dit qu’elle avait 15 ans! À chaque matin, la plus belle chatte gériatrique du monde me poke la nuque jusqu’à ce que je me retourne vers elle, pour ensuite me miauler ça à deux pouces de la face. Haleine de poisson mort en prime. C’est merveilleux. Elle est fringante! Oh, ça a peut-être à voir avec ma fatigue, ce sommeil perturbé depuis tant de semaines… Anyway. C’est pas important, mon sommeil. J’ai toute la vie pour dormir.


Cette nuit, je regarde Po et je m’inquiète pour elle. Mais peut-être que demain tout ira bien. Qu’elle me fait une petite peur, parce que les vieux aiment ça nous faire un peu peur, de temps en temps, question de nous rappeler qu’on est tous des mortels. Une fois, François Blais m’a dit que « les grands-parents, c’est fait pour mourir ». Po est un peu une grand-moman, en quelque sorte. Mathieu, lui, m’a dit « on meurt pour laisser notre place à d’autres ». Ma tête est loadée de sages pensées, face à la mort. Je pense que je peux maintenant m’estimer sereine. Mais quand je pense à la mort de Po, mon coeur se déplogue de ma tête, et ça me remplit d’une grande tristesse.


vendredi 13 septembre 2013

La fois où j'ai roulé en Bixi

J’étais en train de tchatter avec ma belle brume quand t’à coup j’entends des hurlements de démons dans la ruelle — des chats, on s’habitue presque. Mia arrive au galop, breake sec devant moi, me fixe de ses grands yeux noirs, et me lâche un petit « miau? » comme si j’étais supposée savoir quoi lui répondre. Tute poffée. Elle perd pas de temps à me questionner pis elle s'en va tussuite voir à la fenêtre de la chambre pour comprendre qu’est-cé qui se passe dehors. Quatre, cinq secondes. Mia repart vers la cuisine, grimpe sur le rebord de la fenêtre. Petits miaux anxieux. Elle court à la fenêtre de sa chambre, je l’entends, pou-doum, puis elle revient dans la chambre de Mathieu, pour surveiller par la fenêtre. Elle dépoffe tranquillement…

Ça l’a occupée pendant plusieurs minutes. Ça m’a aussi divertie, je l’avoue. Mais là, je pouvais pas trop niaiser, fallait que je fasse un aller-retour chez moi. Ce qui veut dire interrompre mes activités importantes pendant une heure. Sauf si je voyage en Bixi. Hum. Est-ce que je suis game?

Avant de déménager à Kingston, Frédéric m’a légué sa clé de Bixi. Il reste encore plusieurs semaines de belle sphate sur laquelle rouler, il faut bien que j’en profite. L’affaire, c’est que j’ai peur de faire du bécique à Montréal. Et je suis limite dangereuse. J’ai peur de me faire fesser par un char, peur de faire une collision avec un autre cycliste en sens inverse, peur de passer sur une rouge sans m’en rendre compte, peur de glisser sur une pelure de banane. Je me sens pas safe sur un bécique à Montréal. Vraiment pas à l’aise. D’un côté, il y a moi, et à l’autre bout du spectre, il y a Ranger. J’aimerais ça arriver à me situer presque au milieu, juste pour dire que je peux considérer que c’est une bonne idée de me déplacer à vélo au moins une ou deux fois par semaine. Pis là, c’est le temps de m’exercer.

Je pars pis je me trouve un Bixi. Je prends le premier du bord. Avant de le sortir de son box, je me rappelle que Mathieu m’avait recommandée de vérifier les pneus. Je les tâte. Euh, ça me semble être, euh, de bons pneus. Je libère mon Bixi (ça commence bien, continue comme ço!), je réussis à ajuster le siège (yé!), pis je pars. Doucement. Pas vite. Je sors ma vision périphérique, j’ouvre grand mes oreilles, pis j’atteins la piste cyclable sur Rachel (une étape de faite! High five!). Rachel. Arque. La seule fois où j’ai fait du vélo à Montréal, c’est l’été dernier, pis j’étais passée drette là. Cette fois, c’est pire, parce que je suis toute seule, y a pas Mathieu qui me surveille en riant. Je suis sûre que ça paraît que je suis tendue. Les mains sur les freins, je roule en pépère, je regarde partout en même temps, j’ai peur qu’un char passe sur une rouge ou oublie son stop et me ramasse violemment, je suis tute poffée, j’ai hâte d’avoir franchi cette zone. Huuuuh…

J’ai survécu. Tout s’est bien passé, je suis rentrée chez moi, j’ai flatté Po pis j’ai ramassé mes cossins. Mais pour le retour, j’ai préféré marcher. Trop fatiguée pour être assez attentive pour rouler.

En route vers la picerie avec Mathieu. 

— Ça a l’air de rien, mais depuis que je passe mes journées à courir dans tous les sens, je me mets en forme!
— Aon, c’est bien.
— Reste juste à m’inscrire au gym pour devenir FORTE.
— Pourquoi devenir fort quand on a des ROBOTS? Ça sert pus à rien d’être fort.
— Bin là. Je veux pas que ce soit un robot qui clanche Jean-Philippe au bras de fer. Je veux le battre avec MA force!
— Pourtant, ça serait pas mal plus l’fonne avec un robot…
— Oui, OK, t’as raison. Ça serait très cool de voir un robot contre Darnziak. Hi hi hi…


Je veux quand même aller au gym. Parce que je veux casser des noix avec mes fesses.

Je sais pas comment finir cette note de blogue. Toute cette activité physique m'a épuisée, mes yeux ferment tout seul. Rockyfication, étape 1. Yeah.

samedi 6 juillet 2013

La fois où je me suis crissée dehors de chez moi

C’est quoi la pire affaire qui puisse arriver quand tu vis en colocation? J’ai bien peur d’être en train de la vivre présentement.


Réveil brutal à 7 :45 ce matin. Bruit anormal inquiétant. Au lieu de me lever pour aller voir ce qui se passe, j’ai texté Ringuette.

—C’est quoi le vacarme que je viens d’entendre?
—Moi qui se chie dessus pis qui vomis dans douche.
— -_-  T’es pas supposé travailler à huit heures?
—Veux-tu voir mes boxers? Je me suis chié dessus pour vrai.
— :O Comment ça? Qu’est-ce que t’as, Mynou? :(

Pas de réponse. Du bruit dans la salle de bain. Notre salle de bain qui est maintenant une zone sinistrée.

J’ai tchatté avec Joanie, qui comprend ma peur, qui m’a rassurée et fait rire. J’ai attendu que Ringuette m’explique ce qui se passe, qu’il me confirme que c’est pas une joke, qu’il a vraiment une gastro subite et explosive, pis je me suis sauvée. Comme une ossetie. J’ai trouvé refuge chez Mathieu, même s’il fait bin trop chaud dans son appart au deuxième étage, dans son lit mezzanine plein de bébés areniers, même si j’avais zéro envie de me taper une marche après seulement deux heures de sommeil.

Mais j’ai tellement peur de ça, moi, la gastro. En temps normal, ça m’écoeure et me fait peur, mais en temps de vaches maigres, c’est presque dangereux. La seule gastro que j’ai eue m’a valu 24 heures d’hospitalisation et 10 livres en moins, à une époque où j’en pesais 15 de plus que maintenant. S’il faut que je choppe une gastro maintenant, j’ai peur de disparaître, ou pire, de me faire gaver comme un canard à pital.

Si c’est pas un drame humain, je me demande bin ce que c’est. OK, j’ortourne me coucher. Bye.


Jeu amusant pour toi mes lectrices : en excluant cette phrase, combien de fois peux-tu compter le mot « peur » dans le texte ci-dessus?





jeudi 4 juillet 2013

Avant que le truck de vidanges ne passe

Je suis pas dedans solide pour bloguer ces temps-ci, mais là, j’ai un truc urgent à partager, chère lectrice. Je suis préoccupée par plein d’affaires, parce que la vie est toujours préoccupante pour les angoissées, mais la plupart de mes préoccupations ne te concernent pas, heureusement. Par contre, il y une chose pour laquelle tu pourrais faire la différence.

Je vis dans une province qui peut se vanter de battre un beau record : le Québec jette un demi-million d’animaux de compagnie annuellement. Oui, à chaque année. De ce nombre, une bonne part est tuée. Présentement, on déménage en masse, alors beaucoup de gens se débarrassent de ce qui les encombre : électros que même Elvis voudrait pas, vélos stationnaires reçus à Noël, divans qui puent le renvou, chats qui perdent leurs poils, chiens qui hurlent neuf heures par jour. Nos animaux sont des ordures.

Ça me met en crisse.

Mais plus encore, ça me brise le cœur. Et ça me lève le cœur. C’est pas un hasard si on traite nos animaux de compagnie, nos enfants, comme des choses. D’après le Code civil du Québec, l’animal est un bien meuble. Tchèque l’article 905 :

Sont meubles les choses qui peuvent se transporter, soit qu’elles se meuvent elles-mêmes, soit qu’il faille une force étrangère pour les déplacer.

T’as beau avoir nommé ton chat Jean-Seb, il demeure un bien meuble. T’as beau avoir dressé ton chien (Pierre-André) à retrouver des enfants perdus, il est toujours considéré comme une putain de chose qui se meut elle-même. Après, faut pas s’étonner qu’on gère nos animaux comme des vidanges. Surtout aux alentours du 1er juillet.

C’est pourquoi en ce moment, pire qu’en temps normal, j’écœure tous mes amis pour trouver de l’aide. Et même si je suis totalement consciente que je ne peux pas être responsable de tous ces animaux-déchets, je sais que chaque animal sauvé compte. Je regrette pas d’avoir déployé de l’énergie pour trouver un foyer à Ron Jeremy. Aujourd’hui, quand je passe devant l’église où je l’ai trouvé, j’ai encore le réflexe de chercher de l’œil un chat caché dans les buissons. À chaque fois, ça me soulage de le savoir sauvé, mais je pense également à tous les autres.

Oui, il y a des gens dévoués qui s’occupent d’eux, mais c’est encore insuffisant. Et d’ici à ce qu’on puisse régler le problème à la source, je crois qu’on doit faire tout ce qu’on peut pour s’occuper des animaux-déchets qui ont présentement besoin d’un toit, de nourriture, d’eau, de flatte-flatte, de soins. Évidemment, puisque j’insiste sur l’importance d’être responsable des animaux qu’on adopte, je n’incite pas les gens à en adopter s’ils ne peuvent pas en prendre soin décemment. Mais toi, chère lectrice, si tu peux et veux prendre soin d’un animal, pense à ces animaux-déchets qui peuplent les refuges ou qui errent dans ton quartier. Fuck les animaleries – wtf, vendre des animaux? – quand on pense à tous les refuges qui débordent : il y a la SPCA, le Repaire de Sasha, le Réseau Secours Animal, Adoptez un chat errant, Adoption chats sans abri, le Refuge pour chats de Verdun, Projet Sphinx, Adoption animale Rosie, Gerdy’sRescues & Adoptions, etc. Ça manque pas!

Il y a aussi le Berger blanc. Mais tsé, donner de l’argent au Berger blanc, c’est un peu comme financer un abattoir pour chiens et chats.

Si c’est impossible pour toi d’adopter un animal (ou un autre animal, dans le cas où tu en aurais déjà un ou plusieurs), tu peux quand même faire quelque chose tussuite! Regarde ça :

Faire un don. La plupart des refuges dépendent entièrement des dons du public et du travail de bénévoles acharnés. Même les touptits dons comptent! Les dons en nourriture, litière et accessoires peuvent aussi être très utiles.

Devenir famille d’accueil. Tu gardes un chien ou un chat chez toi jusqu’à ce qu’il soit adopté, ou durant une période que tu choisis. Les familles d’accueils sont très recherchées, surtout pour les animaux qui ont besoin de soins spéciaux, pour les chattes et chiennes enceintes, les très jeunes animaux et ceux qui n’arrivent pas à s’adapter à la vie au refuge. Imagine un chat qui a vécu dix ans seul avec une grand-moman tranquille et qui se retrouve subitement dans une pièce avec des dizaines de chats. C’est un choc, pour lui! Tu peux aussi recueillir un chat errant, le temps qu’on lui trouve un foyer permanent. Les refuges ne fonctionnent pas tous de la même manière, mais généralement, les soins médicaux sont payés, et ton rôle est de prendre soin du dividu félin ou canin, de l’aimer et d’observer son caractère afin de lui trouver le meilleur foyer du monde.

Devenir bénévole. Ce qui est beau avec ça, c’est que même si t’es allergique, tu peux faire du bénévolat! OK, tu vas pas aller brosser les chats ou promener les chiens, mais certains refuges ont régulièrement besoin d’un coup de main pour les communications, les campagnes de levée de fonds, les transports chez le vétérinaire.



Zora n'aime pas la vie au refuge. C'est la deuxième fois qu'elle s'y retrouve dans sa courte vie. Je pense qu'elle est tannée, Zora.
 
Ça fait dix-huit ans que Po et moi on vit ensemble, et j’ai calculé qu’on a déménagé dix fois. Son existence a souvent compliqué mes recherches d’apparts, mais jamais, pas une seule seconde, je n’ai considéré la laisser derrière moi. Durant l’année où j’ai vécu dans un studio, c’est Patrick qui gardait nos chattes, parce qu’entre une petite pièce sans balcon et une maison avec grande cour arrière, on a choisi l’endroit qui nous semblait le plus adéquat pour nos chéries. Et s’il avait fallu qu’aucun propriétaire n’accepte de me louer son appart, même en échange d’un dépôt qui couvrirait d’éventuels dégâts causés par mon prédateur gériatrique, bin je lui aurais caché sa présence. J’ai un chat, pis c’est pas de tes affaires. Essaie de me crisser dehors, astheure. Ma Po dérange personne. Crisse-moi donc dehors, voir. Aweille.

mercredi 5 juin 2013

Nouveau fanzine, Po, Zinc et cunnilingus chez les megabats



Hier soir, j’ai fini d’assembler tous les exemplaires de mon dernier fanzine, Les araignées géantes,
illustré par Darnziak. Un total de 100 copies, toutes numérotées. Ce projet traînait depuis mars. Faut dire qu’entretemps, en plus de rusher sérigraphiquement (oui, on va dire que c’est un adverbe qui existe), j’ai eu bien des affaires à faire et à penser à. J’ai mille choses à dire, mais ça reste coincé dans ma gorge. Je tousse depuis trois semaines, je sais pas pourquoi. Je me demande si j’ai pas commencé à fumer en cachette. Je vais faire une enquête auprès de mon entourage. D’un coup que.

Po va bien. Ses tumeurs mammaires m’inquiètent un peu, mais elle semble aller bien quand même. Ce soir, elle s’est fait une cape avec un sac de plastique. Elle a fait du pain sur mon lit, s’est collé le front contre moi, et présentement elle dort en crevette à mes côtés. Je trouve que notre relation interspécifique est pas mal parfaite.

Le 20 juin, je serai en librairie, dans le Zinc numéro 29. Thème : villages. Je trouve ça quand même pas mal essitant. Pis ma maman est fière de moi.


Bonne journée bye bye bye.


Cynoptera sphinx, un petit animal lubrique.


lundi 22 avril 2013

Soigner Po


Vendredi soir. Po s’inquiète. Automatiquement, ça m’inquiète. Tu trouves pas que Po miaule bizarre? « Bin non, elle fait tout le temps ça. » Ça paraît qu’il vit pas avec Po depuis 18 ans, le Ringuette. Je suis Po, j’essaie de voir ce qui va pas. Après deux aller-retours à la litière, je vois qu’elle cherche à uriner dans des endroits inhabituels. (Le garde-manger? Quelle idée, Po!) Po qui pleure, urine sanguinolente… Ça ressemble beaucoup à une cystite. Encore. J’appelle un vétérinaire dans une clinique d’urgence, qui réussit à me rassurer un peu. Je pourrai attendre au lendemain, nul besoin de me rendre à Lachine en pleine nuit et de payer le triple du tarif habituel.

Mathieu m’envoie un tweet : « As-tu besoin de soutien? Veux-tu que je vienne? » Je lui dis que c’est pas nécessaire, que je gère ça pas mal mieux que l’été dernier, mais il s’en vient quand même. Yé fin, mon Mathieu. Po reste couchée sur mon lit, Mathieu et moi on joue au Nintendo sur nos portables. Je veille sur ma vieille picouille jusqu’à six heures, puis je tombe de fatigue. À huit heures, je l’entends sortir de sa litière, alors je me lève pour récolter un échantillon d’urine que je range aussitôt au frigo — non, ça peut pas être confondu avec du jus de pomme, à moins que ton jus de pomme habituel se vende dans des petits pots de 60 ml avec une étiquette blanche drabe sur laquelle c’est écrit l'adresse d'une clinique vétérinaire ou médicale ainsi que le nom et l'adresse du patient. Je me recouche.

Samedi. Vers onze heures, je me réveille de nouveau, alors que Mathieu se prépare à partir chez Vickie, et j’appelle à la clinique pour prendre un rendez-vous. On me dit que l’échantillon d’urine n’est déjà plus bon. Argh. Ringuette me fait remarquer que tant qu’à payer pour un examen médical, je devrais en profiter pour changer de clinique. Bonne idée. Ça me coûtera deux fois moins cher de taxi, leurs tarifs sont moins élevés, et le dossier de Po est déjà transféré. C’est sans rendez-vous, mais il faut que j’arrive au plus tard à 15 heures puisque la clinique ferme à 16 heures. Po a passé une nuit entière sans montrer de signes de douleur, mais là elle recommence à pleurer et faire des peupis sanguinolents.

Là, je dois trouver des roupies. Me reste un billet de 20 et un tas de monnaie, that’s it. La veille, Darnziak m’avait dit de pas m’en faire avec l’argent, qu’il pourrait m’en prêter. Je vais donc faire un aller-retour à Villeray. T’as vu le film Run Lola Run? C’est rien, ça. Tchèque-moi, je cours comme si j’avais une bombe dins tchulottes. Une chance que je porte mes pegasus boots. Darnziak est lendemain de veille. Grosse soirée avec l’autre Morin. Le pauvre, je l’oblige à se traîner jusqu’au guichet. Avant qu’il me remette l’argent, je reçois un texto de Ringuette. « Po a eu une grosse diarrhée deg ou du vomi couleur caca. » Hon. Où? « Sur tes fils de portable. :D »

Je cours jusqu’au métro, puis j’en ressors à 14:47. Hiiiiiii. Pendant que je me rends chez moi, j’appelle un taxi. « Je serai prête dans cinq minutes, avec un chat dans une cage. » Ça me laisse tout juste le temps de mettre Po dans sa cage de transport, pas le temps de ramasser le renvou. Je prie fort pour qu’il ne se transforme en blob de renvou durant mon absence.

À l’hôpital vétérinaire, Po est prise en charge par un gentil docteur qui parle un peu comme Normand L’Amour. Il me dit qu’il s’entend mieux avec les chats qu’avec les humains, et qu’il porte une attention spéciale aux vieux. « Peut-être parce que je suis vieux moi-même… » Aon. Je l’aime déjà, lui. Il examine Po après avoir lu son dossier médical.

— On va prélever un échantillon d’urine avec une aiguille fine.
— Ça va pas être douloureux? … [J’arrive sûrement pas à cacher mes sourcils d’inquiétude]
— Je dirais pas que c’est douloureux. Inconfortable, plutôt. Comme une prise de sang.
— Et c’est pas du tout risqué?
— Non. Je vous donne ma parole.

Il amène Po dans la zone secrète des vétérinaires, et je vais patienter dans la salle d’attente, où je fais la connaissance d’un shih-tzu intéressé par à peu près tout dans la pièce.

Dr L’Amour revient me chercher avec Po dans ses bras. Il m’explique que c’est assez difficile de voir si l’inflammation de sa vessie est causé par une infection ou par une tumeur. Pour le savoir, il faudra refaire un examen, et cette fois envoyer l’échantillon de peupi dans un labo. Pour l’instant, il peut donner à Po un analgésique et un antibiotique. Cette fois, pas besoin de lui administrer des comprimés deux fois par jour : il lui fait une injection, et hop. Po, maudite chanceuse, a droit à cinq jours de buprénorphine. On lui donne la première dose tout de suite. « Oh, en passant, ça te fera rien si t’en prends. Une dose pour chat, c’est pas grand chose pour nous. » Nenon, j’ai pas l’intention de voler les médicaments de Po!

Po qui attend sagement pendant qu'on analyse son peupi.

Po qui a l'air de trouver ça long pis plate.

Sans même effectuer de prélèvement et d’examen à 200$, Dr L’Amour me confirme que les petites masses que Po a sur l’abdomen sont fort probablement cancéreuses. « Je charcute pas un chat de cet âge-là, surtout que ça risque de rendre les tumeurs encore plus agressives. » Si j’ai bien compris, ses tumeurs sont indolores, et Po a de bonnes chances de vivre avec pendant un bon moment si elles continuent d’évoluer à ce rythme. Je suis prête à vendre un de mes reins pour soigner Po, à condition qu’elle ait une belle qualité de vie. Pas d’acharnement thérapeutique. « Parfait, on s’entend totalement là-dessus. » Vu qu’il est passé 16 heures — le staff de la pital a hâte de quitter — le Dr L’Amour me dit que je peux l’appeler le lendemain pour plus de détails. Je vais à la caisse pour payer — 223,16$, merci Darnziak — puis j’appelle un taxi. Je vais quand même pas marcher vingt minutes sous la grêle et le vent avec une Po malade.


Avant de quitter la pital vétérinaire, j’ai vu un chien qui s’appelle Steve.