vendredi 10 août 2012

Po a l'a raison

Cette nuit, j’étais un peu découragée parce que Po souffrait encore, et j’ai eu l’idée d’écrire à Mathieu pour lui faire part de ma peine. C’est que, au moment où j’allais m’endormir, vers les 5 heures du matin, Po s’est mise à miauler. Depuis le temps que je vis avec, je commence à comprendre un peu ses vocalises — quoi que ce serait tellement plus simple si on utilisait le même langage elle et moi — et ceux-là n’étaient pas du type « Heille Sophy, me semble ça s’rait l’fonne de jouer. HAN SOPHY? VIENS DONC JOUER À’ TAYE. COME OOOON. Sophy? Sophy! Niaise pas! » mais ils étaient plutôt, et je m’excuse d’avance de prétendre traduire Po, dans le genre : « Sophyyyyyy! Kessé ça, encore? Ça fait maaaaaal! Ch’tannée! Pourquoi ça fait mal? Sophyyyyy! » Des miaulements de peur et de douleur, le souffle court. Po est tannée, là. Je la flatte doucement, je lui parle sur un ton rassurant. Et je la suis au pas pour ramasser chaque goutte de peupi. Et son gros renvou. Je dois reconnaître qu'elle est vraiment créative dans son choix de litières improvisées : sur mon sac à dos, dans la boîte à recyclage, sur un sac à poubelle, (tentative) sur mon appareil photo, dans la douche (ç’a au moins l’avantage d’être facile à nettoyer), un peu n’importe où sur le plancher, et dans mon lit. Ça, c’est le moins l’fonne. [J’ai un message important pour toi, chers lecteurs et lectrices, juste au cas que : Un chat qui fait une cystite a le droit d’être malpropre, il faut jamais le chicaner pour ça. Considère que ça dépasse la sagesse des biscuits chinois.] Au moins, c’était juste une goutte ou deux à chaque fois. Et puis elle faisait quand même l’effort d’aller à sa litière près d’une fois sur deux, même si dans sa tête de chat, c’est peut-être la litière qui lui semble responsable de sa douleur. Pauvre Popo. Je me sentais tellement impuissante. Et je me suis encore mise à penser aux mères et aux pères qui veillent sur leur enfant malade — est-ce que j’ai le droit de faire ça? De comparer un animal non humain avec un enfant humain? Puis-je? Je le fais pareil, kin — et j’ai compris que je serais une mère inquiète, une mère qui pleure avec son enfant qui pleure lui-même, un mère qui trouve ça profondément injuste de voir souffrir son enfant qui comprend pas sa douleur. J’ai déjà dit ici que j’allais jamais me reproduire, han? Bin là je le dis.

Vers huit heures, Po a fini par s’endormir sur les serviettes que j’avais placées sur mon lit.

Je me suis réveillée vers quinze heures, tute fourrée dans mon horaire, et j’ai vu que Mathieu avait répondu à mon email de désespoir. Il me rassurait en disant que Po allait tranquillement aller mieux, qu’elle a demandé de l’aide quand elle était malade, qu’elle m’a fait confiance même quand j’ai sorti sa cage de transport qui fait peur, et que maintenant elle va guérir à son rythme. « 1- Aller chercher de l’aide; 2- Ensuite y aller à son rythme; 3- Éléphanteau un, éléphanteau deux. » Me revoilà tutémue. Full emo. « J’espère aussi que tu laisseras Po t’enseigner sa leçon de vie sur comment se soigner en trois étapes quand on va pas bien. » Oh oui, clairement. Po est inspirante. Pis toi aussi, Mathieu. OK, je vais faire comme Po. Et regarder des vidéos d’éléphanteaux. Et sacrer une volée aux intrus.

Bon, je vais aller me chercher des penules à la pharmacie, en essayant de pas être trop cynique avec ça.

Bonus : Une vidéo où il se passe rien. À part une Po qui ronronne et ma main qui bouge.

mercredi 8 août 2012

Le retour de Po


Une chance que Mathieu était là. En plus de me soutenir, il endurait mes râles contre la chaleur et contre mes tites jambes faibles. On avait une bonne demi-heure de marche à faire et vers la fin je commençais à trouver ça pénible en Jésus-Crisme. Par bonheur, l’hôpital vétérinaire était climatisé.

Revoir Po. Enfin! Hiiiiii! J’ai commencé à lui parler à travers sa cage, puis elle a commencé à miauler. Une tite voix fatiguée mais assez puissante pour qu’on sente sa peur. Des miaulements pour faire pleurer mon coeur. Mathieu m’a raccompagnée jusqu’à un taxi, et l’estie de chauffeur fou nous a ramenées jusque chez nous. Je me préparais mentalement à un accident tellement il conduisait vite et mal. C’était fucking épeurant. Déjà que je tentais de rassurer Po, de me rassurer moi-même, de lutter contre la chaleur et contre la panique, je me serais bien passé de rouler avec un débile. 3782, j’embarque pus dans ton char. Merci bye. Durant le trajet pas mal mouvementé, j’essayais de flatter la tête de Po en glissant mes doigts à travers la porte de sa cage de transport. Elle était beaucoup trop agitée pour penser à se faire flatter, elle pouvait juste miauler et me faire des zoeils tristes. J’ai remarqué une trace de sang sur ma main. Hum. Gore. Ça, c’est parce que la vétérinaire a prélevé du jus de kyste pour en connaître la nature. Ça lui pousse au milieu du front depuis des mois et c’est un peu inquiétant. Enfin, on arrive à destination. Ouf. Fiou. Crisse.

Les vraies retrouvailles, là. Je peux la flatter, je peux voir qu’elle est correcte, qu’elle n’a pas perdu sa drive de Po. Elle explore son territoire, la queue en l’air, passe me voir pour une caresse, se frotte la face sur moi, sur d’autres affaires qui dépassent. Elle bouge, elle est vivante. Elle a survécu.

Je vois bien qu’elle est fatiguée, elle s’est étendue trois fois par terre, de tout son long, comme une flaque de chat. Mais elle voulait pas dormir : elle avait des choses à vérifier.

Po ne quitte jamais la maison, alors que moi, en temps normal, ça m'arrive régulièrement. Elle a dû s’inquiéter que personne ne soit là pour tchéquer si tout était correct. Elle est allée sentir des spots particuliers — j’ai reconnu des endroits où elle avait fait des peupis douloureux — dont un qui devait être spécialement intéressant parce qu’elle a fait une bouche. Une guerosse bouche. L’organe de Jackobson qui spinne au maximum.

À quatre reprises elle a vigoureusement fait ses griffes sur Zviane — son poteau à griffer s’appelle Zviane parce c’est Zviane qui me l’a donné, c’est juste ça, juste pour ça, parce que l’explication derrière un choix de nom  n’a pas besoin d’être intelligente, han. Elle avait l’air d’avoir du fonne à faire ça, comme si ça lui avait manqué.

Elle est allée vérifier à la fenêtre. Minutieusement. Elle doit trouver que je fais pas ça assez souvent, faque elle se sent pas mal responsable.

Elle a re-vérifié des spots odorant du Manoir. Ça semblait important.

Aujourd’hui, on se repose. Demain, j’essaierai de trouver comment vais-je rembourser les frais de vet. Po dort profondément. Enfin. Du gros sommeil de grosse fatigue. Son petit corps est agité de micro-
spasmes. Parce que même ses rêves sont gros.


Ah oui : le premier broulx du retour au foyer, c’était beau à pleurer.

mardi 7 août 2012

Po est à pital


J’ai ramassé les renvous et les petites gouttes de peupi rouge que Po a semées un peu partout dans le Manoir deluxe. Je la visualise dans sa petite cage à l’hôpital, et j’espère fort que les cris des autres animaux ne la terrifient pas, que les odeurs étranges et les phéromones de peur ne vont pas trop l’atteindre. Je voudrais bien prier, ou faire des rituels magiques, invoquer les dieux, dire pardon mononc, mais j’ai rien après quoi m’accrocher. Alors je repense aux mots de la vétérinaire qui m’a confirmé au téléphone que Po n’était pas en danger de mort. À Mathieu qui m’a dit que bientôt je vais recommencer à gérer ses chicanes avec les autres chats de la ruelle.

Une chance que Mathieu était avec moi. Je pouvais rien faire d’autre que pleurer comme un enfant, en flattant Po et en lui disant ça va aller ma belle Po ça va aller chtaime t’es belle sois brave. J’aime bien dire que je suis mère poule avec Po, mais je ferais une très mauvaise mère. Du type indigne. J’ai pas réussi à me rendre à l’hôpital avec Po. J’ai demandé à Mathieu de le faire pour moi. Et je l’ai regardé partir avec elle dans sa petite cage, sachant que c’était peut-être la dernière fois que je la voyais. Je lui ai laissé sa souris en camouflage arctique fabriquée par maman et ma camisole de pouliche, me disant que ces odeurs familières pourraient la réconforter.

J’ai fait une sieste. J’ai rêvé que Po devenait la mascotte de l’Hôpital vétérinaire Victoria parce que le personnel soignant la trouvait juste trop quioute et adorabe.

J’ai enlevé la croûte de maquillage qu’il me restait autour des yeux.

J’ai appelé mon pharmacien.

Pis j’ai braillé toute la journée, pour plein de raisons, pour toutes les raisons de mon monde et un peu du monde entier. Po m’a ouvert les vannes. Oué, je suis devenu crissement emo. Boys Don’t Cry ne pourra plus être mon mantra.



Ce soir, le Manoir deluxe est tristement vide.



Bonus du mardi matin vers 1h46 : bébés Po & Chechou tutes pognées dans un arbres, en juillet 1995.

samedi 4 août 2012

Trente-quatre degrés le soir


Il est 20:18, la cigale chante encore. OK M. Cigale, message reçu, je sors pas. J’évite la chaleur, ces temps-ci. Je pensais jamais que ça m’arriverait, moi qui suis une créature d’été, qui meurs toujours un petit peu à chaque hiver, eh bien maintenant je supporte pas d’être moindrement incommodée par la chaleur. Je supporte pus grand chose, en fait. D’où mon besoin de rockyfication. 

Ce soir, il y a un Cabaret de la pègre au Bistro de Paris. Avec les plus beaux poètes de mon monde. Mes préférés sur la liste (parce que les deux autres je les connais pas, mais ils sont peut-être extra) : Erika Soucy, Pascal Angelo Fioramore, Sébastien Dulude, Marie-Ève Comtois, Vickie Gendreau, Mathieu Arsenault. Je les aime en tant que poètes et en tant que personnes humaines. La première fois que j’ai assisté à une de ces soirées de poésie, la place était bondée alors j’étais assise sur la distributrice à pinotes, à proximité de mon adorabe Fredoune qui me disait sans arrêt : « Hamah, hamah, hhhhhamah. » Et j’ai eu autant de fonne la fois d’après. Ce soir, la liste des poètes invités est juste magnifique. Je sais que je vais le regretter de manquer ça. Mais c’est encore impossible pour moi de sortir, et de côtoyer d’autres humains, même les gens que j’adore et qui me font du bien. Dès que je serai réparée, je retrouverai ma liberté. Et je rapporterai à la bibli mes livres en retard, promis.

Hier soir, j’ai fait l’épicerie et j’étais fière d’avoir réussi ma mission. Mais j’avais un peu honte d’être fière de ça. J’veux dire, je pensais pas que j’allais un jour me retrouver dans un tel état que juste sortir de chez moi ça me demande une méga dose de courage et de volonté. C’est con, mais c’est ça. Oui, c’est ça.

Avant de se rendre au Bistro, Mathieu m’a tweeté ça : « Bonne soirée aussi. Si jamais t’as une éclaircie, on va t’accueillir et te faire sentir bien! » Ça m’a émue — faut dire que j’écoutais le Sigur Ros que Darnziak m’avait envoyé, additionné à mon hypersensibilité bizarre des derniers jours — puis je me suis sentie cheap de pas pouvoir lui répondre OK J’ARRIVE! Que ma réaction ne soit pas à la hauteur du bien qu’il me fait.

Une autre pelletée dans mon truck Culpabilité.


Oh, M. Cigale, t'as cessé de cymbaliser? OK, c'est bon, je vais me risquer pour un touptit tour à l'extérieur.

jeudi 2 août 2012

La fois où Po s’est battue


Quoi quoi QUOI, elle parle encore de son crisse de chat? Oué. C’est ça ou bin je parle de mes maladies mentales. Faque. Compte-toi chanceux, toi, mes tendres lecteurs. Et puis Po fait partie de mon quotidien depuis tellement longtemps — je la flatte au moment même où je tape ces mots — que si je parle de ma vie plate, c’est claire que Po va être mentionnée au moins une fois de temps en temps. Ou souvent, comme je l’ai fait ces derniers temps.



Depuis qu’on vit dans le Manoir deluxe, Po peut enfin prendre l’air. Vu son âge et son manque d’expertise en matière de flanâge dins ruelles, je n’ose pas la laisser se balader en totale liberté, même si au fond de moi c’est ce que je voudrais, c’est ce qui colle à mes valeurs. Sauf que je suis trop mère poule. J’ai peur que ses réflexes ne soient plus assez vifs, qu’elle se fasse frapper par une voiture, attaquer par un chien ou un chat, voler par un humain mesquin. Je trouve ça cruel de la garder captive, alors je lui mets une laisse et je laisse la porte ouverte. Compromis, genre. Le plus souvent, elle attend que je l’accompagne pour sortir dehors. Ça la met en confiance. Alors je m’installe parfois dehors avec mon portable ou un livre pendant que Po reste assise à fixer le vide ou sentir des affaires qu’on sait pas kessé c’est ça. Des fois, elle est tellement à l’aise qu’elle n’attend plus ma présence, même qu’elle se couche sous l’escalier. J’avais jamais vu Po se coucher dehors. Avant, elle restait constamment sur ses gardes quand elle était dehors, comme si le monde extérieur n’était qu’hostilités et dangers. Astheure, c’est une vieille Po, pis a s’en querisse. Je sais pas si je me trompe, mais j’ai l’impression qu’elle dort un peu plus qu’avant (sauf vers 5-6 heures du matin, quand je commence à m’endormir). Alors peut-être qu’elle a des attaques de sommeil même quand elle est dehors? Peu importe qu’elle soit confiante ou juste vieille, je la laisse jamais sans surveillance très longtemps. Si je ne suis pas avec elle dehors, je demeure dans le salon juste à côté de la porte, à mon bureau, et je me lève souvent pour aller voir si tout est OK. Parfois j’entends passer le vieux monsieur qui parle à son p’tit chien. Le p’tit chien n’est jamais attaché, alors je dois surveiller Po, parce que si jamais il s’approche trop près d’elle, il risque de manger une patte griffue en pleine tronche. Je voudrais pas que le p’tit chien du vieux monsieur se fasse dézieuter, ça me ferait de la peine et ça me mettrait bin mal à l’aise, même si en réalité, je peux pas vraiment être tenue responsable (enfin, je l’espère?). Hier, justement, au moment où j’allais voir si Po était OK, je l’ai surprise dans une posture un peu crispée. Je me demandais pourquoi elle était tant arquée et figée, puis j’ai vu que c’était le p’tit chien qui lui faisait cet effet, parqué à deux pieds de Po. Il avait l’air fasciné par elle, mais assez prudent pour ne pas s’approcher. Pas de risque à prendre, j’ai fait rentrer Po. Elle avait l’air un peu outrée et a tenté de me faire changer d’avis. « Sophy, faudrait vraiment que je sorte. Je veux juste vérifier quèque chose. Aweille donc. Sophy? Je promets de pas faire de marde avec le p’tit chien. Come ooooon. » Le pire, c’est les autres chats. En fait, je dois dire que je crains un peu plus le chien du p’tit voisin. Le kid joue parfois dans la ruelle avec son berger australien pas attaché. C’est arrivé une fois qu’il le sorte au moment où Po était dehors. Il avait l’air furieux contre elle, il jappait après en grognant, elle crachait de son mieux mais était complètement terrorisée. Le p’tit gars avait l’air pas vite vite. Il foutait rien, il laissait son chien tourmenter ma vieille Po. C’est moi qui ai dû faire peur à son chien pour qu’il sacre la paix à ma chatte qui était poffée comme jamais. Dude! Ma chatte n’est pas dégriffée, elle pourrait faire mal à ton chien! (Je me suis dit que ça passerait mieux que « ton chien a l’air méchant avec les chats ».) Mais avec les autres chats, c’est quand même assez terrible. Et je dois avouer en toute franchise que je viens juste de m’apercevoir, après 17 ans de vie commune avec Po, qu’elle est très, très territoriale. Au point de péter sa laisse trois fois. Dès qu’un chat s’approche de son minuscule territoire, elle le charge, telle une maman rhinocéros voulant protéger son bébé. Plusieurs fois, j’ai vu de mes zoeils vu, ma douce Po charger des chats faisant deux fois sa taille. La première fois qu’elle a croisé un chat du quartier, elle a même lâché un hurlement de démon. Elle devient un démon. Mais la pire shot, ce fut l’INVASION DE DOMICILE. 

Je commence à connaître les chats du quartier, et un des plus réguliers, c’est le p’tit gris tout doux. 

Non mais regardez-moi ce beau chat. Qui oserait s'en prendre à lui?

C’est un touptit chat, assez jeune, qui vit à deux maisons de chez nous. Malgré son attitude plutôt amicale avec Po, celle-ci est plus du genre « FUCK YOU, TOUÉ MON TABARNAQUE! TU DÉCÂLISSES TUSSUITE! » (Il s’agit de mon interprétation personnelle, alors peut-être que je me trompe sur ses intentions ou ses sentiments envers le jeune chat.) Le p’tit gris tout doux n’insiste jamais et décâlisse au plus crisse, suivant l’invitation de Po. Sauf une fois. Une fois où Po n’était pas attachée. Parce que ça m’arrive, oui, de filer relaxe avec ça, de lui faire confiance. Je la surveille plus souvent, pour être sûre qu’elle ne parte pas trop loin pour charger un chat ennemi. Mais cette fois, pour une raison qui m’échappe, le p’tit gris tout doux s’est dit : « Tiens, je vais m’inviter chez Po, pour voir. » Heille, l’idée de génie, toué. J’étais à quelques pas de la porte quand j’ai entendu les cris démoniaques. J’ai à peine eu le temps de bondir de ma chaise que la masse de chats était déjà rendue dans ma chambre. Ça se déplaçait plus vite que la bête du Gévaudan. Partout en même temps. Le Yâwbe pogné dans place. 

Ils se battaient. Sur mon lit. En criant. Pis moi je criais après. En courant. Ça a duré trois secondes et demi pis j’ai réussi à faire fuir le p’tit gris pus très doux. J’étais un peu en état de choc. Si j'avais été pouélue, j’aurais été poffée en tabarnaque.

Y’avait des tumbleweeds de pouèles dans ma chambre.

Po était encore un peu poffée, sul gros nerf. Puis, elle s’est calmée, s’est couchée par terre, pis a s’est crissé une cigarette entre les dents. Po, c’est Clint.

mercredi 1 août 2012

Bonjour, voici Bobbé


Finalement, j’ai pas fait de rêves d’areniers. J’ai plutôt rêvé à des chats, plein de chats, et à Mathieu. Mais c’est pas de ça que je veux parler ici. Mon arenier! Ma guerosse arenier! Je suis encore un peu obsédée par elle, mais je l’ai apprivoisée, je peux l’observer de près sans me sentir tuténarvée de peur et d’émerveillement. J'ai constaté que son dardjére n'est pas du tout chunky, bien au contraire. Faut dire que je l'avais vu passer assez vite. Mais là je l’ai photographiée! Sauf que je suis semi à l’aise de montrer la photo ici sans d’abord prévenir les arachnophobes sévères. Parce que mon but n’est pas d’effrayer ou dégoûter les gens. Et je sais que je peux pas forcer personne à aimer les insectes et autres arthropodes apparentés, mais si je peux au moins susciter de la curiosité, je vais être très satisfaite. Moi je crois qu’on peut aimer les animaux qui nous font peur. Je discutais de beubittes avec Zhom l’autre jour et il m’a dit qu’il était terrifié par les scolopendres, mais qu’il avait appris à les aimer en les regardant avec LES YEUX DU COEUR. N’est-ce pas magnifique? Alors moi je te dis : si tu as peur des areniers, regarde-les avec les zoeils du coeur, et tu vas voir leurs zoeils à elles, et tu vas voir qu’elles existent, qu’elles sont importantes, et qu’on ne peut pas les détester.

Surtout pas Bobbé. Avec ses six zoeils. Plein de tendresse. D’amour. Aon. Aon?


Là, tu pourras pas dire que je t'avais pas prévenu : plus tu vas descendre, plus tu vas t’approcher de la photo de Bobbé. Bobbé, c’est ma nouvelle arenier. Elle a une sale gueule. 


Mais pas tant que ça.


Je dirais même que je commence à la trouver quioute.


D’ailleurs, je m’apprête à aller lui chercher des cloportes. Parce que c’est ce que mangent les Dysdera crocata.


Un cloporte? Ça n’a pas une super carapace, ça? Oui. Mais c’est pas grave, parce que Bobbé a des super chélicères du Yâwbe.

Qu’est-ce que je fais si je trouve pas  de cloporte? Je libère Bobbé.


Mais pas au pas de ma porte, là. Tsé.



J’irai le porter dans un parc.



T'es prêt? Prête?

À go...



3...


2...


1...


GO.

Bobbé l'arenier. C'est mon pitbull à huit pattes.

Arenier géante droit devant!!!


Ataboy! Je viens de voir passer une arenier géante très, très géante. J’ai pas réussi à l’identifier parce qu’elle s’est vite cachée dans une crevasse derrière le calorifère, mais ça ressemble à une grosse tégénaire.

OHMONDIOU. Elle vient de repasser devant moi! Elle est maintenant sous le meuble de télé. Je sais pas comment la faire sortir de là… Son abdomen a l'air chunky! C’est sûrement une maman pleine d’oeufs! Venue pondre ses oeufs chez moi! Oh. Je vais peut-être pouvoir identifier les centaines de bébés que je vais trouver? Yé.

OH! Je viens de la capturer! C'était assez essitant et pas si facile. AYAYAYE. Elle est dans un pot et j’ai encore PEUR. Elle est vraiment effrayante, ses chélicères sont GÉANTS, elle doit mordre fort, c'est genre le pitbull des araignées! Putain, ça fait longtemps qu’une araignée ne m’a pas fait peur à ce point! Je suis sûre qu’elle aurait pu tuer ma scutigère véloce! Bon, là je suis en train de regarder des tonnes de photos d’areniers, et je me demande si je vais pas rêver à ça. J’aurais pas dû aller voir des photos de Lexosceles reclusa. Non, ne va pas voir. L’araignée en tant que telle est plutôt belle, mais c’est les plaies que provoque sa morsure que tu veux pas voir. Depuis qu'on m'a dit que le réchauffement climatique risquait d'inviter cette bestiole au Québec, je me méfie des araignées que je connais pas...

Shit fuck! Je peux pas m’empêcher de l’observer, même si elle me fout la trouille! Je crois bien que ma fascination surpasse ma peur. OK, j’arrête pour ce soir, je prendrai des photos demain.

[…]

Ah pis NON, je peux pas lâcher, je suis obsédée par son cas. J’ai cherché sur un forum d’entomologistes amateurs, et une certaine Ginette de Montréal a récemment trouvée chez elle une araignée qui ressemble beaucoup trop à mon monstre. Dysdera crocata. Si c’est bien ça, il semble que sa morsure est douloureuse mais pas dangereuse. Et il parait que c’est rare ici. Faque je me suis décidée à la photographier, j’ai ouvert le pot (au-dessus du lavabo, quand même), j’ai installé mon trépied (brisé) et j’ai fait quelques clichés. Pas fameux. Je vais réessayer demain à la lumière du jour. D’ici là, tu peux l’admirer sur Google Images et constater que j’ai pas du tout exagéré au sujet de ses chélicères du Yâwbe. Bon, je vais aller regarder des photos et vidéos de chatons avant de dormir.


Pis ouin, je devrais peut-être pas laisser ma porte ouverte.