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dimanche 4 novembre 2012

La punaise de lit pourrait se trouver entre tes mains


Ce soir je suis vraiment tutessitée de contente, je danse sur mon futon et Po se frotte la face en ronronnant à mes côtés, le parté est pogné ici et dans mes internets avec Darnziak-Scotchziak parce qu’on célèbre la sortie de notre tout premier fanzine! Ouémadame!




Il est juste ici, dans ma boutique Etsy (d'câlisse [scuse]). Et pour rajouter du fonne, je te propose une ÉDITION DELUXE : Darnziak et moi, on te dédicace ta copie, et je t’envoie trois beaux macarons que j’ai fabriqués sous la supervision de Po.


Po est se sent concernée par la qualité des macarons.

Dans un élan de joie — parce que je suis pleine de bonheur de c’est ma fête, c’est notre fête à Darnzizi pis moi, notre fêtre de zizine — j’ai eu l’idée de faire un concours super capoté. Les détails se trouvent sur Terreur! Terreur!, mais en gros, tu m’écris une histoire de beubittes et tu cours la chance de gagner La punaise de lit (Cimex lectularius) ÉDITION DELUXE et la publication de ton texte sur TT. Et tu gagnes automatiquement ma reconnaissance et des aon de wow je suis contente.

Ce fut plus long et ardu que je ne l’aurais cru, mais ça valait la peine d’investir temps et effort. Et je suis une fille chanceuse, moi. J’ai été aidée par des gens talentueux! Iris, qui a une grande expérience dans la confection de fanzines, m’a donné tout plein de conseils. Mélanie Baillairgé a eu la patience de m’enseigner les rudiments de InDesign — j’avais juste feuilleté un livre pour les nuls, et j’étais effectivement resté nulle. Et Mathieu a travaillé fort pour m’aider à comprendre ce qui ne marchait pas au début. Pourquoi la punaise s’étend comme une beurrée de caca mou? Il a demandé aux internets, puis j’ai ajusté ma méthode. J’ai même fait des recettes d’encres. La grosse affaire. J’ai même poffé de la colle en spray. Ça, c’est le boutte pas l’fonne. Mais Mathieu, surtout, il a été très encourageant et patient. Il n’a jamais pogné les nerfs pour toutes les fois où je sautillais en parlant de mon fanzine mon fanzine mon fanzine tsé mon fanzine. À la fin, quand il l’a pris dans ses bras, il a dit que c’était le plus beau premier fanzine qu’il avait vu. Puis on a pleuré et on s’est serré longuement dans les bras l’un de l’autre tandis qu’à la fenêtre on pouvait voir les feuilles voler au vent.


Un serpentin de fuckolat mou.

La vie est une beurrée de marde (mais pas tout le temps).

J'ai foutu le bordel chez Mathieu. Il m'aime encore. :D

En tout cas, tout ça me donne juste envie d'en faire un deuxième.

lundi 20 août 2012

Des nouvelles de Bobbé


Po a pris toute mon attention dans les dix derniers jours, mais ça veut pas dire qu’il s’est rien passé d’autre. Heille non. Une vraie maison de fous icitte.

Bobbé a été libéré le dimanche 5 août sur le terrain d’une église. Je te dis pas laquelle, faque prends pas de chance pis évite toutes les églises.

mercredi 1 août 2012

Bonjour, voici Bobbé


Finalement, j’ai pas fait de rêves d’areniers. J’ai plutôt rêvé à des chats, plein de chats, et à Mathieu. Mais c’est pas de ça que je veux parler ici. Mon arenier! Ma guerosse arenier! Je suis encore un peu obsédée par elle, mais je l’ai apprivoisée, je peux l’observer de près sans me sentir tuténarvée de peur et d’émerveillement. J'ai constaté que son dardjére n'est pas du tout chunky, bien au contraire. Faut dire que je l'avais vu passer assez vite. Mais là je l’ai photographiée! Sauf que je suis semi à l’aise de montrer la photo ici sans d’abord prévenir les arachnophobes sévères. Parce que mon but n’est pas d’effrayer ou dégoûter les gens. Et je sais que je peux pas forcer personne à aimer les insectes et autres arthropodes apparentés, mais si je peux au moins susciter de la curiosité, je vais être très satisfaite. Moi je crois qu’on peut aimer les animaux qui nous font peur. Je discutais de beubittes avec Zhom l’autre jour et il m’a dit qu’il était terrifié par les scolopendres, mais qu’il avait appris à les aimer en les regardant avec LES YEUX DU COEUR. N’est-ce pas magnifique? Alors moi je te dis : si tu as peur des areniers, regarde-les avec les zoeils du coeur, et tu vas voir leurs zoeils à elles, et tu vas voir qu’elles existent, qu’elles sont importantes, et qu’on ne peut pas les détester.

Surtout pas Bobbé. Avec ses six zoeils. Plein de tendresse. D’amour. Aon. Aon?


Là, tu pourras pas dire que je t'avais pas prévenu : plus tu vas descendre, plus tu vas t’approcher de la photo de Bobbé. Bobbé, c’est ma nouvelle arenier. Elle a une sale gueule. 


Mais pas tant que ça.


Je dirais même que je commence à la trouver quioute.


D’ailleurs, je m’apprête à aller lui chercher des cloportes. Parce que c’est ce que mangent les Dysdera crocata.


Un cloporte? Ça n’a pas une super carapace, ça? Oui. Mais c’est pas grave, parce que Bobbé a des super chélicères du Yâwbe.

Qu’est-ce que je fais si je trouve pas  de cloporte? Je libère Bobbé.


Mais pas au pas de ma porte, là. Tsé.



J’irai le porter dans un parc.



T'es prêt? Prête?

À go...



3...


2...


1...


GO.

Bobbé l'arenier. C'est mon pitbull à huit pattes.

Arenier géante droit devant!!!


Ataboy! Je viens de voir passer une arenier géante très, très géante. J’ai pas réussi à l’identifier parce qu’elle s’est vite cachée dans une crevasse derrière le calorifère, mais ça ressemble à une grosse tégénaire.

OHMONDIOU. Elle vient de repasser devant moi! Elle est maintenant sous le meuble de télé. Je sais pas comment la faire sortir de là… Son abdomen a l'air chunky! C’est sûrement une maman pleine d’oeufs! Venue pondre ses oeufs chez moi! Oh. Je vais peut-être pouvoir identifier les centaines de bébés que je vais trouver? Yé.

OH! Je viens de la capturer! C'était assez essitant et pas si facile. AYAYAYE. Elle est dans un pot et j’ai encore PEUR. Elle est vraiment effrayante, ses chélicères sont GÉANTS, elle doit mordre fort, c'est genre le pitbull des araignées! Putain, ça fait longtemps qu’une araignée ne m’a pas fait peur à ce point! Je suis sûre qu’elle aurait pu tuer ma scutigère véloce! Bon, là je suis en train de regarder des tonnes de photos d’areniers, et je me demande si je vais pas rêver à ça. J’aurais pas dû aller voir des photos de Lexosceles reclusa. Non, ne va pas voir. L’araignée en tant que telle est plutôt belle, mais c’est les plaies que provoque sa morsure que tu veux pas voir. Depuis qu'on m'a dit que le réchauffement climatique risquait d'inviter cette bestiole au Québec, je me méfie des araignées que je connais pas...

Shit fuck! Je peux pas m’empêcher de l’observer, même si elle me fout la trouille! Je crois bien que ma fascination surpasse ma peur. OK, j’arrête pour ce soir, je prendrai des photos demain.

[…]

Ah pis NON, je peux pas lâcher, je suis obsédée par son cas. J’ai cherché sur un forum d’entomologistes amateurs, et une certaine Ginette de Montréal a récemment trouvée chez elle une araignée qui ressemble beaucoup trop à mon monstre. Dysdera crocata. Si c’est bien ça, il semble que sa morsure est douloureuse mais pas dangereuse. Et il parait que c’est rare ici. Faque je me suis décidée à la photographier, j’ai ouvert le pot (au-dessus du lavabo, quand même), j’ai installé mon trépied (brisé) et j’ai fait quelques clichés. Pas fameux. Je vais réessayer demain à la lumière du jour. D’ici là, tu peux l’admirer sur Google Images et constater que j’ai pas du tout exagéré au sujet de ses chélicères du Yâwbe. Bon, je vais aller regarder des photos et vidéos de chatons avant de dormir.


Pis ouin, je devrais peut-être pas laisser ma porte ouverte. 

dimanche 29 juillet 2012

J’ai une boutique

Oué, j’ai ouvert une boutique sur Etsy. Pour le moment, j’ai peu d’items, mais le choix de belles gnéseries devrait vite se diversifier! Bientôt!

Autre raison de rester à l’affût : J’ai bien l’intention d’offrir des rabais et bonus à toi mes lecteurs, et à mes plus fidèles clients. Parce que je ne suis pas qu’une sauvage capitaliste qui rêve de fortune et de puissance, j’aime aussi — surtout! — faire des cadeaux. En fait, si mes finances étaient saines, je donnerais tout. Mathieu trouvait d’ailleurs que je faisais pas une bin bonne vendeuse quand je donnais ses macarons au lieu de les vendre.

Va voir mon beau kit de macarons de beubittes! C’est Darnziak qui a fait les dessins!




samedi 28 juillet 2012

Scutigera coleoptrata dans le Manoir deluxe


J’ai déjà fait l’éloge de la scutigère véloce ici, et je ne reviendrai pas sur mes paroles. Ce petit animal vif a tout mon respect et ma considération. Mais je dois avouer que ça demeure toujours efficace pour faire peur. Je viens d’en trouver une dans ma douche — j'ignore si c’était la touptite que j’ai vue il y a deux ou trois semaines, je sais pas si ça grandit vite, fourrait que je vérifie — et j’ai pas pu m’empêcher de faire un « HHHHHUH! » bien aspiré. J’étais un peu fière de pas avoir crié à une heure du matin, parce que mon appartement n’est pas insonorisé, j’aurais pas voulu déranger ma gentille proprio ou ses enfants. Ça m’a un peu énervée de voir une si grosse beubitte dans ma touptite salle de bain, parce que je suis un vrai paquet de nerfs depuis plusieurs jours, pis en plus j’étais tounue et quand je suis tounue je me sens toujours un peu vulnérable, pis je me suis dit OMG OMG je dois l’attraper, je vais lui donner la dernière pyrale que j’ai trouvée, celle qui m’a confirmé que le règne de Plodia interpunctella n’est pas encore terminé dans mon Manoir. En plus, cette scuti était vraiment belle. Une maudite belle, là, une guerosse, une BEEF, toute brillante, on aurait dit qu’elle venait de muer, elle portait son linge neuf, du beau linge brillant, Scuti Disco Stu, pis elle cherchait comment sortir de ma petite douche. Pas folle, elle a grimpé le long d’une serviette et s’est réfugiée derrière la toilette. Là, je voyais pas trop comment je pourrais me contorsionner pour réussir à l’atteindre. J’ai beau être mèye, j’ai pas envie de m’enrouler autour de ma toilette. Alors je suis allée chercher le balai et un gros pot à jus (c’est tout ce que j’avais sous la main pour la capturer). 

Pis là, la scutigère m’a fait une FACE. Oué. Elle s’est arrêtée, m’a regardée, puis elle a secoué sa tête pour se faire aller les antennes, comme dans une annonce de shampooing.

Au ralenti.

Pendant que j’étais hypnotisée par son move de top modèle, elle en a profité pour déguerpir comme une vraie véloce et je l’ai jamais retrouvée. 

Pis je vais t’dire une affaire, une vraie affaire : j’ai beau l’aimer sincèrement, cette beubitte-là m’a rendue un p’tit peu nerveuse pendant que je me lavais. Pis j’ai bien regardé où je mettais le pied en sortant de la douche.

mardi 10 juillet 2012

Maxym Ringuette est un pou


Hier soir, je lisais sur les poux. C'est pas que c'était pas passionnant, mais je me suis mise à cogner des clous dans mon livre, faque je me suis couchée, et Maxym Ringuette est venu me rejoindre plus tard, après sa date avec un maniaque. Je me suis rendormie puis j’ai rêvé que Maxym était un pou. Oué. Aussi fou que ça. Tu sais ce que ça veut dire? Ça veut dire qu’un manné je vais écrire un texte sur les poux.

vendredi 6 juillet 2012

Mes colocs


Tantôt, j’ai capturé une toute petite larve dans mon armoire. C’est possiblement une pyrale indienne de la farine (Plodia interpunctella), il y en a plein dans mon Manoir deluxe, elles vivent ici depuis bien plus longtemps que moi. Je suis en train de les étudier, sur le terrain et dans les livres, afin de leur montrer la porte définitivement. J’ai beau aimer les beubittes, je trouve ça quand même gossant d’avoir à enfermer à deux tours tous mes aliments dans des contenants hermétiques. Je suis pas mal obsédée par la salubrité alimentaire, faque. Mais cette larve que j’ai trouvée, je l’ai mise dans un pot avec de la farine et une cachette. Je vais l’observer pour voir comment elle évolue. Curiosité. Fascination. Il y a quelques années à peine, j’aurais été un peu paniquée d’avoir à gérer une infestation d’insectes chez moi. Mais depuis que j’ai fait le voeux de respecter les arthropodes et d’apprendre à les connaître, je vois ça autrement. Ils veulent juste vivre. Et moi, j’essaie de les pousser à aller vivre ailleurs, du moins ceux que je trouve dérangeants, et j’essaie de faire ça intelligemment. Faute avouée à demi pardonnée : j'ai aspiré trois P. interpunctella avec la balayeuse, un jour où j’étais excédée par leur présence récalcitrante. M’excuse. Astheure, je fais pus ça. Je les attrape au vol et je les querisse dehors. Et tantôt j’en ai donné deux au scolopendre que j’ai capturé hier soir (bin quoi, il fonçait droit sur moi, sur mon lit en plus!). C’était beau de le voir chasser et manger une pyrale, om nom nom nom nom. OK, je pense que je vais essayer de calfeutrer ma porte d’entrée.




Bon, je viens juste de mettre à la porte un mini coléoptère qui grimpait sur mon épaule. Ça pourrait ressembler à un complot de leur part, mais l’affaire, c’est que c’est l’ÉTÉ. C’est juste ça. Pis l’été, c’est MA saison, parce que j’aime ça la chaleur, oh oui, amenez-en des canicules, j’ai même pas peur, j’aime les nuits chaudes où tu peux sortir marcher en jupette, même pas besoin d’enfiler quatre couches de vêtements pour mettre le nez dehors, ah! liberté! spontanéité! C’est parfait comme ça! La seule affaire qui me dérangeait avec l’été, c’était les beubittes. Au chalet, c’était un peu l’enfer pour moi. Mais, oh, kessé, c’est quoi le temps de verbe utilisé? Pourquoi donc, han? Eh bien, parce que je suis une nouvelle Sophy, maintenant! J’ai même dépassé le stade de la tolérance, je VEUX voir des beubittes, je veux les surprendre dans leur vie de beubittes qui font des affaires de beubittes, j’ai même hâte de revoir des hannetons, j’ai hâte de le prendre dans mes mains pour me prouver que c’était pas un événement isolé, que j’ai vraiment aimé ça faire la paix avec eux, j’ai hâte d’en reprendre un juste pour le fonne, parce que je les trouve beaux.


Dans mon habitat artificiel, les pyrales sont pas aussi l’fonne à observer. Je les regarde d’un oeil méfiant, je comprends pas encore tout à fait leur cycle. J’ai scellé pas mal tous mes aliments, je sais pas comment elles font pour survivre avec rien. Elles savent des choses que je ne sais pas.

jeudi 24 mai 2012

Juste pour te dire que...

... en fin de semaine passée, j'ai touché à des barbeaux pour la première fois de ma vie et j'ai même pas eu peur.

Si tu sais pas pour kessé faire que je te dis ça, tu pourras comprendre en lisant ma plus récente chronique sur les arthropodes.

Un beau hanneton dessiné par Darnziak

Anecdote : Pendant que j'écrivais sur les hannetons, Darnziak en dessinait juste à côté de moi. Quand je lui ai dit de mettre la musique qu'il voulait, il a choisi Thriller sans même savoir qu'il y a deux références à ça dans mon texte. C'EST DONC BIN CAPOTÉ.

jeudi 9 février 2012

Beau et muqueux


Du gueros fonne de limace 



Hier, j’ai mis en ligne mon cinquième texte de beubittes, et tu peux le lire sur Terreur! Terreur! si ça te dit. Je suis tellement essitée par les beaux dessins de Cédric que je me gâte pis je les partage aussi ici.

Des limaces appréciant la bière entre amis

mercredi 18 janvier 2012

Deux bonnes nouvelles

Je suis pas mal essitée de vous annoncer que Terreur! Terreur! accueille un nouveau collaborateur, le Mathusalem des blogues Darnziak! Wouhou!

Scutigera coleoptrata qui t'aime avec des coeurs de l'Amour

L'autre bonne nouvelle, c'est que j'ai écrit, sur Terreur! Terreur!, une autre chronique sur un arthropode qui a une place spéciale dans mon coeur : la scutigère vélocevvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv (je jure que cette série de "v" n'était pas prévue, c'est mon clavier qui est tutessité), superbement illustrée par Cédric aka Evlyn. Une scuti d'amour! Je la trouve si belle et amourabe que j'en ai fait un macaron.



SOYONS HEUREUX EN MAJUSCULES.

lundi 26 décembre 2011

Je sais que je suis en retard pour l'annoncer, mais :



J'ai commencé à bloguer chez Terreur! Terreur! \o/
Tu peux y lire ma chronique sur les arthropodes. Vas-tu devenir ami avec le iule?

Beau iule dessiné par Darnziak

vendredi 2 décembre 2011

Deuxième chronique sur les arthropodes : Les Salticidae


Bon. Étant donné que ma première tentative de rendre aimable une bebitte fut un gros échec - tu vois, j’ai écrit « échec » et non pas « fail » - mais pas un échec épique, quand même, parce que certains amis m’ont dit que c’était bin deurôle à lire, mais étant donné l’échec de mon but premier, donc, je descends d’une coche le niveau de difficulté et je te présente aujourd’hui un animal quioute. En fait, il s’agit de plusieurs animaux, car je veux dire quelques mots sur une famille d’araignées. Bin quoi, je vais pas me contenter de parles des araignées en général. Sais-tu combien il existe d’espèces d’aranéides? Kekchose comme 42 000, si je me fie à Wikipédia pis à mes souvenirs de lectures de livres passionnants. Mon espérance de vie étant trop courte, je vais donc pas m’attarder à chaque espèce. Mais je me dis que si chaque race de chien se mérite un livre (ou 42 000?), je me dis que chaque famille d’aranéides peut bien se mériter une note de blogue.

Les araignées sont largement craintes ou détestées. Très jeunes, on est conditionnés à les trouver effrayantes, si t’as un doute là-dessus fais juste te rappeler de quoi a l’air la section de l’Halloween au Douleurama. La peur des araignées doit bien être dans le top 10 des zoophobies, et ça m’a gâché la vie assez longtemps. Même si je savais qu’elles sont inoffensives, même si j’avais pas de raisons valables de les craindre, je pouvais pas m’empêcher de vérifier dans mes draps, mes chaussures, mes vêtements, tute, partout, pour m’assurer que c’était 100% spider free. Je me trouvais poche de faire ça, parce que les obsessions, ça demande de l’énergie et du temps, et parce qu’au fond de moi, j’aime tous les animaux, et les araignées aussi je les trouvais fascinantes. Puis, tranquillement, j’ai commencé à accepter de cohabiter avec des araignées. Je cessais d’appeler ma mère en criant pour qu’elle vienne ramasser le monstre. Mais le plus grand pas que j’ai fait, c’était par la force des choses. Quand j’ai commencé à vivre avec Patrick, on habitait un rez-de-chaussée pas pantoute bebittes free, et je me suis vite rendue compte qu’il avait peur des araignées. « J’ai pas PEUR, ça m’ÉCOEURE! » Ouais ouais, mais oui. C’est sûrement parce que ça t’écoeure que je t’ai déjà surpris dans la cuisine en train d’essayer de tuer une araignée avec une fourchette, en pleine crise de nerfs de madame. Qui c’est qui a expulsé la pauvre bête sans violence? Moi. Et j’étais assez fière. Enfin. C’est un peu ça qui m’a poussée à développer ma débrouillardise, parce que je pouvais pas compter sur Patrick pour me défendre des monstres, ni sur nos chattes beaucoup trop dénaturées pour même penser à agir comme des prédateurs. 

La première araignée que j’ai réellement trouvé belle, c’était une salticide, mais à ce moment-là je savais même pas ce que c’était. J’étais au chalet de mes parents, et on venait de trouver une araignée noire d’environ six millimètres. « Wow, on dirait une tarentule miniature! » Un corps trapu, des grosses papattes velues, une démarche saccadée, et, élément marquant, un motif destroy orange vif en forme de tête de squelette de tête de monstre*. Notre bébé tarentule a logé tout l’été sur notre table à pique-nique. Elle ne tissait pas de toile pour capturer des insectes, et le jour où je l’ai vu chasser, j’était É-BAU-BIE. Le Canal D live dans ma face! Je lui avais donné une mouche qui s’était semi-noyée dans le bock de bière de mon papa. La mouche marchait, mais elle ne volait plus. La belle salticide s’approchait de sa proie à une lenteur incroyable et si fluide - je pourrais faire un parallèle avec la danse contemporaine que j’ai vue cet été, mais je te laisse l’imaginer toi-même. Ses chélicères vibraient, mais dès que la mouche bougeait, elle s’immobilisait complètement. Comme si elle était vraiment vraiment tutessitée par cette chasse mais qu’elle faisait un gros effort pour se contenir! Mais là, mais là, je m’énerve moi-même et je fais de l’anthropomorphisme… Disons simplement que c’était juste BEAU de la voir chasser. 

Quand la salticide juge être assez près de sa proie, elle bondit dessur avec une précision remarquable que lui permettent ses zoeils frontaux médians, et c’est drette ce que mon araignée destroy a fait. (C’est d’ailleurs beaucoup grâce à son regard qu’elle est si quioute! Tu trouves pas? On n’est pas loin du bébé phoque, je trouve!) 

Plus tard, j’ai appris que mon araignée préférée** faisait partie de la famille des Salticidae, ou salticides, ou araignées sauteuses. Tu comprends pourquoi c’est les premières araignées que je présente? C’est possiblement les plus faciles à aimer. Si ça marche pas tussuite, faut pas que tu te décourages. C’est un long processus. En tout cas, moi je les trouve A-DO-RA-BES. Regarde-la bien dans les deux zoeils :



OK, c’est du photoshopé. Phidippus mystaceus ne sourit pas vraiment. J’ai mis ça juste pour faciliter la dé-monstrualisation de la bête. Mais je t’invite quand même à aller voir d’autres images d’araignées sauteuses, parce qu’elles sont étonnamment jolies et attachantes.

Si tu te sens prêt, regarde cette courte vidéo de monsieur Saitis barbpipes qui fait des moves de danse pour impressionner une madame afin d’amoureusement remplir sa spermathèque. Sa troisième paire de pattes est MALADE. C’est comme s’il était toujours habillé chic! Mais chic flashy!


Quand j’aurai fait des progrès dans ma lutte contre la phobie des arthropodes, je ferai une note sur les opilions, aka les faucheuses. Ces bebittes qu’on a trop souvent l’habitude de classer à tort dans l’ordre des aranéides (et on s’en veut à chaque fois qu’on fait cette erreur, je sais) me donnent encore des frissons. Je pense à mettre des photos d’opilions sur mes murs, question de me désensibiliser tranquillement.



*©mon neveu préféré
**Phidippus clarus, je crois.