vendredi 30 novembre 2012

Ça fait longtemps que j’ai pas parlé de mes dents


Cet été, j’ai dû me résigner à consulter un dentiste que je connais pas. J’ai souvent dit que j’ai pas peur des dentistes, mais cette fois, j’avais la chienne solide. J’avais peur parce que je connaissais pas ce dentiste, et moi je fais juste confiance à Dr Boubou. J’avais pas spécialement peur que ça fasse mal, j’ai même pas peur des injections, j’avais surtout peur que ça me coûte une fortune, parce que ma dent faisait mal, alors je craignais avoir besoin d’un traitement de canal. J’avais aussi peur de tomber sur un incompétent, ou un semi-compétent. Mais j’avais surtout peur parce que cet été, j’avais peur de tute, j’avais même peur de moi.

Le dentiste avait l’air sympathique, même si je trouvais ça étrange qu’il opère son cabinet seul, sans secrétaire ni assistante dentaire. Je suis arrivée là en disant J’AI PEUR, MONSIEUR. « Comment ça t’as peur? » Heille. Viens pas me dire que c’est la première fois qu’un patient te dit ça. Fais pas le smat avec moi.

Y’était rassurant, quand même. Pas besoin de traitement de canal, juste un plombage. Cool! Il m’a demandé d’où venait ma cicatrice au menton. Je lui ai expliqué mon histoire conne. Il a trouvé ça drôle. Quand est venu le temps de payer, il m’a dit qu’il prenait pas les cartes de crédit. J’étais un peu fourrée, là. Bin il m’a dit que j’avais juste à revenir le payer plus tard. La grosse confiance pis toute. Je suis revenue huit minutes plus tard, avec du cash. Il m'a fait une bine su l'épaule, j'ai dit baille, baille baille.

Une fois fois passé l’effet de la lidocaïne, ma dent s’est mise à faire mal comme jamais. C’était supportable et pas très inquiétant, je me disais que j'avais sûrement une grosse carie et que le dentiste avait dû creuser profondément. Mais la douleur n’est jamais complètement partie. Pis comme ça va faire trois mois que j’ai ce nouveau plombage, c’est pas bin rassurant quant à l’état de ma dent. Je sais pas si c’est la faute de mon nouveau dentiste, mais j’ai pas super envie de vérifier ça. J’ai décidé d’aller voir Dr Boubou à Québec-Vule. Heille wo. C'est sûr que je pourrais régler ça facilement et pour moins de 100$ en me faisant arracher la coupable. Mais c'est une prémolaire, alors ça serait pas très discret. Pis comme j'ai pas un magnifique sourire de pâte à dent, je fais mon possible pour pas empirer mon cas.

Mais là, cette semaine j’ai réalisé que ma dent ne me fait presque plus mal! Je dis ça à Mathieu, pleine d’espoir. « Ta dent doit être morte. » Gnn.


Maudit que c’est plate (et cher), entretenir un corps. Jésus, je veux un dentier.

dimanche 25 novembre 2012

Exposer mon zizi, prise deux


Mise en garde : Attention au bukkake de liens hypertexte.


Le dimanche matin, je me sentais moins fanée que la veille. Je savais que Darnziak serait avec moi en début d’après-midi, puis que Mathieu viendrait me rejoindre après son contrat de travail. Je serais donc seule pas très longtemps, et en cas d’urgence peupi, je pourrais toujours demander à un voisin de table se surveiller mon stock. Là, c’était mon occasion de faire une tournée!

J’aurais voulu acheter tous les livres de chez Rodrigol et l’Écrou, mais je me suis contentée de zines (de qualité). J’ai pas pu regarder attentivement tout ce qui me semblait mériter mon attention, mais j’ai pu faire une belle récolte.

Stuff on ma cat : Po a l'air en crisse sur la photo, mais j'ai tout enlevé après le clic. Elle n'a pas souffert longtemps.
Sur et autour de Po : Bib & Bum par Fabien (cadeau de Darnziak, un autre zine de punaises!); My Cat’s More Punk Than Yours, A Biography of Maxwell, par Five Seventeen; Queer Tribes : Pour les mecs qui aiment les mecs, ainsi que la liberté; Queer and Trans Youth Resistance! Out of Order; Playchat : BARELY LEGAL, par Mimi Traillette; Judith Butler, de la série The Life and Times of Butch Dykes, par Eloisa Aquino; The Journal of Fantastical Creatures, par Vanessa Vaughan; Dans l’cul, par Sara;  Autobus 64 Nord #4, avec Ed H. Bound (!), mon collègue de Terreur! Terreur!; Pro-Paganda, par Keenan P.; Hasemeister dans [é]TRON, par Frédéric Mahieu.

Absent sur la photo : Mon calendrier Annus Horribilis, de Richard Suicide (j’espère qu’il en fera d’autres, parce que j’ai acheté le dernier exemplaire) et mon poster The Birth of NES, par Emmanuel Laflamme. Sa table, juste derrière la mienne, était remplie de beeeeelles affaires. J’aurais acheté au moins la moitié de ses cartes postales. C’est drôle parce qu’on a tous les deux l’impression de se connaître, mais on sait pas trop pourquoi. Me semble qu’on n’était pas dans la même classe en maternelle. En tout cas.

On a encore eu de la belle visite! On a eu droit à deux Myriam! Double stuff! Et Swan a affronté la masse d’humains même si elle gère pas trop bien les foules, surtout quand « on dirait qu’y en a qui ont oublié de prendre une douche », pis même Cédric est venu! C’était une belle surprise pour Darnziak et moi. Ma belle-soeur Marie-Anne avait l’air enchantée par sa première visite à l’Expozine. Elle portait son t-shirt de Po, le seul que j’ai imprimé en négatif (ça donne un tout autre air à Po, faudrait que j'en fasse une photo en gros plan pour le partager avec l’univers entier).

On a aussi eu la visite de Luc Chicoine pis sa charmante blonde. Darnziak et moi on lui a fait une mini carte de fête qui contient beaucoup amour. J’avais un paquet de petites feuilles d’un format parfait pour faire des cartes et des mini zines. On a torché quelques zines gnéseux sur le coin de la table, c’est laid — j’écris trop mal — et plein de fautes mais on a décidé que ça valait au moins 400$. Personne n’en a acheté. Gang de pauvres.

J’ai donné à Iris un macaron de Salopette, qui est dans mon premier kit Folle aux chats, et le lendemain, elle m’a dit qu’il a joué avec le macaron de sa face durant des heures. J’ai vu la belle Sophie Bédard en coup de vent, la pauvre aurait tellement voulu avoir un téléporteur pour passer du Salon du livre à Expozine durant la fin de semaine. Belooga Joe était là avec sa blonde Sara, qui avait des nouveaux zines (je regrette de pas avoir acheté À qui la noune) et des beaux macarons vulgaires, dont les fameux « J’ai une vaginite ». J’étais assez contente, là! Au printemps dernier, j’avais donné ma vaginite à Fredoune, mais j’ai là pu m’en racheter une autre. Pis une plus grosse, en plus! On a fait un échange de zines : son Dans l’cul contre ma Punaise de lit. Je lui ai fait un beau bandeau à partir d’une authentique critique orale de Mathieu le kekloune (« J’aime ça Dans l’cul. » - Mathieu Arsenault) et elle m’a fait une belle dédicace « pour la reine des chats et des insectes ».

Alors que mon niveau d’énergie commençait à être dans le rouge, Léa est arrivée. A m’a-tu remonté ça, tu penses? Était en feu, la Léa! Elle avait beau dire qu’elle était fatiguée, moi je la sentais comme une boule d’énergie et de mongolitude. Était tellement dedans qu’elle s’est mise à faire de la vente intense. Faut dire qu’à ce moment-là, on avait la table à nous seuls parce que mes voisins de gauche étaient partis tôt, et celui de droite ne s’est jamais pointé. On s’est étalés solide. Faque là Léa expliquaient aux visiteurs que tous mes macarons de chats représentaient un chat spécial, et qu’ils devaient absolument porter Courgette, son chat brun. Elle a vendu trois Courgette et d’autres minous. Léa, tu serais une excellente vendeuse. « J’ai appris ça des Arabes! »

On a même vu Marine et Julien! C’est le couple de Français à qui j’avais sous-loué mon studio pour un mois. Ils venaient tout juste d’arriver à Montréal et ne connaissaient personne, alors je les ai invités à nos parties de pétanque et ils se sont fait plein d’amis. Normal, sont trop gentils! Julien a acheté mon aimant de Bubble Bobble. Je sais maintenant que je pourrai l’inviter à jouer à l’un de mes jeux préférés sur NES. Aon. Presque au même moment, Vérognique Morgner est venue faire des faces à notre table. C’est une spécialiste des faces, c’est pour ça.

Autre moment de aon : Une maman arrive à ma table avec son fils. Elle point mon aimant de Mappy. « C’est ça que tu veux? » Le petit garçon, super gêné fait oui de la tête. Je lui offre un macaron de beubitte en cadeau bonus pour le remercier de sa quioutitude, mais il fait non de la tête. Je lui offre alors une Po, il fait oui. Avec un tout petit sourire et des grands yeux.

Une petite Dakota Fanning vient me dire « c’est beau ce que tu fais » et poursuit son chemin comme une libellule en chasse.

Une autre fillette regarde un dessin de Clara et demande à sa maman « c’est quoi ça? ». La maman, mi-amusée mi-traumatisée, me sourit et entraîne sa fille vers des choses moins gore.

Un monsieur vient me voir juste pour me parler et me dire que je suis ravissante. « Tu viens d’Ailleurs, toi, han? » Ah, j’ai jamais su d’où je venais, mais c’est pas de la planète Terre certain! Vous non plus, han? « Ah non, c’est sûr! Nous on est Lumineux, on n’est pas comme les Autres! » Il était marrant. En plus il avait la même coupe de cheveux que le capitaine Jean-Luc Picard.

Merci au dude qui m’appelait la Femme-Chat et me trouvait excessive dans ma passion pour les chats (« en réalité, je suis pire que tu penses »).

Merci à Vincent Giard qui distribuait des stickers de soucisses. À la fin, on était une gang à être douces. 

Merci à Catherine qui m’a donné un set de beubittes glow-in-the-darque. Woah! Je vais les coller partout dans ma chambre.

Merci à Larouche de m’avoir fait rire avec ses histoires de poètes malades mentaux au Salon du livre. L’Écrou devait être l'un des rares stands amusants là-bas.

Merci au monsieur qui m’a demandé c’est quoi un fanzine.


En tout cas, je me trouve pas mal choyée d’avoir vu autant d’humains aimables en deux jours. Mention d’honneur à mon frère Darnziak, qui est finalement resté avec moi durant toute la fin de semaine, même quand il était lendemain de veille. « Ça me tente tellement pas de faire de la correction… » Sans sa présence, j’aurais sûrement anticipé tussortes d’affaires plates et j’aurais jamais eu autant de fonne. Merci à Léa, ma belle mongole. J'espère qu'elle voudra revenir l'an prochain. Et merci à Mathieuse, qui est venu me voir plusieurs fois malgré ses contrats et sa fatigue.

J’ai quitté le sous-sol de l’église du Chris-d’Enfant-Jésus-du-Sacrament avec ces trois mongols adorabes, épuisée mais heureuse.

Pour terminer, il faut que je souligne qu’au moins trois personnes m’ont dit que mon t-shirt était malade. Si vous voulez un t-shirt On n’est pas des trous-de-cul de Marie Letellier, faut faire pression auprès de Mathieu. C’est vrai que mon t-shirt était pas mal beau, mais à mon avis, personne n’était aussi chic que Mark Ambrose Harris.

vendredi 23 novembre 2012

Exposer mon zizi


À force de parler de mon fanzine comme d’un zizi, ça a fini par être pinisse, pis batte. J’aurais donc pu intituler cette note « Exposer mon batte », c’était même ça qui a spontanément poppé dans mon esprit, mais heille, wo, fourrait pas que je perde le contrôle, là. Je cherche pas spécialement à être vulgaire. Pis ça commence à être nébuleux, « Exposer mon batte », tandis qu’avec « Exposer mon zizi », tu peux rapidement faire le lien avec Expozine et mon fanzine. Trouver des titres de notes de bloye, c’est un art, et si je m’y investissais vraiment, je pourrais pondre les plus beaux titres de la blogosphère mondiale — voire COSMIQUE — mais y parait que j’ai d’autres qualités, faque j’ai pris l’habitude de torcher ça assez vite, les titres. Voilà. T’as compris que je m’apprête à parler d’Expozine pis que ça risque d’être long et gnéseux et peut-être même plate.

J’anticipais un peu la fin de semaine parce que ça me faisait peur d’avoir à me lever à neuf heures du matin pis passer la journée à essayer d’être de bonne compagnie. J’ai dormi cinq heures (le minimum que mon corps réclame pour pas trop souffrir) pis je me suis hissée hors de mon lit chaud. Même Po trouvait ça trop tôt, elle avait même pas encore commencé à faire du pain sur moi. Malgré l’horreur de devoir exister le matin, ma journée a commencé par que’que chose de beau : Darnziak m’a remis une carte de fête faite par lui-même. A-ooooooon!

Punaise Face-de-marde, SNES, mon épée Master, Po, pis mon frigo Excite Bike.


Yé fin, lui! Il m’avait promis de venir m’aider à m’installer et passer une partie de la journée avec moi. Faut que je le dise : c’est bizarre de voir mes amis le matin. L’éclairage naturel est du mauvais bord, j’ai l’impression de vivre à l’envers.

En arrivant sur les lieux, j’ai spotté un coin de table pas loin d’une sortie. Je me suis dit que la petite brise nous garderait vivants (comme tu peux le constater, mes chers lecteurs, ça a fonctionné puisqu'on est tous les deux vivants au moment où je tape ces mots). Par bonheur, il y avait deux chaises, alors c’était possible pour Darnziak et moi d’être assis en même temps. On s'était préparés au pire, on se disait qu'une seule chaise saurait suffire pour nos demi-fessiers, faque on se considérait assez chanceux. Par contre, on était tellement tassés que c’était plus simple pour nous de se glisser sous la table plutôt que de de tasser les autres humains si on voulait entrer ou sortir de la zone des exposants.

Avant qu’il n’y ait trop de visiteurs, je suis allée voir Zviane à sa table pour lui donner un aimant que j’ai fait. Je savais qu’elle l’aimait, elle avait l’air de tripper quand je l’avais mis sur Facebook. C’est un « Peupi » en beads jaune et brun. Quand je lui ai remis ça, ses yeux se sont illuminés, elle a mis une main sur son coeur, et a dit :  « C’est le plus beau jour de ma vie. » Ses yeux se sont mis à lancer des rayons laser, pis elle a mis le feu à ses zines. J’ai dit wo, calme-toué, wo! Je voulais pas avoir du troube avec la sécurité.

Après ça, quelqu'un que je connais pas s’est présenté à ma table, puis il a dézippé sa veste pour me montrer… un chandail de Po! Laurence! C’était Laurence, que j’avais jamais vu, mais avec qui j’ai échangé quelques emails cet été quand il m’a écrit pour me commander son t-shirt. Il s’occupait de deux tables, dont une où j’ai acheté des zines queer (Queer and Trans Youth Resistance — Out of Order et  Queer Tribes — Pour les mecs qui aiment les mecs, ainsi que la liberté). Peu après, Ranger l’énarvé est venu nous voir. J’étais contente de le voir tout content tout fringant. On a jasé un bon moment, nous assis, lui dansant devant nous, comme un fou.

Je suis allée faire une tournée rapide, question de voir, taponner et acheter des zizis. En nageant dans la foule, j’ai retrouvé Angé! Aon! Je l’avais pas vue depuis des mois, alors j’étais tutesssitée par sa présence. Elle était enrhumée, alors elle osait pas trop se frotter sur moi pour notre traditionnel échange de phéromones. Le moment était mal choisi pour examiner le stoffe et les zizis magnifiques qui m’entouraient, alors je suis retournée à ma table, me disant que je ferais le tour dimanche avant que la foule n’arrive.

Au total, je me suis absentée 10 ou 15 minutes. Juste ça. À mon retour, Darnziak me dit : « Tu croiras pas ce qui vient d’arriver. Faut que je te conte ça. » J’ai tout de suite pensé à un truc grave, mais il a souri et m’a dit nenon, c’est du beau. Je me faufile alors sous la table et je le rejoins, super intriguée. Il me raconte que pendant ma courte absence, François Fucking Blais est venu acheter une édition deluxe de La punaise de lit. « Je lui ai dit que t’allais revenir dans pas long, mais il voulait pas t’attendre, y’avait l’air INTIMIDÉ. Peux-tu croire à ça? » Darnziak était tout lumineux. Cette rencontre-là, il aurait même pas osé l’espérer. Parce que François Blais, c’est un peu un mythe, des fois on se demande s’il existe pour vrai. Y’a des gens qui me disent l’avoir déjà vu, mais quand tu leur demandes des détails, sont pus trop sûr si c’était bin lui. Mais Darnziak, il l’a vu pour vrai, et lui a même parlé. « Il était pareil comme sur le cover d’OVNI! Avec la même tuque! » Woah. OK, ça fait notre journée en crisme. 

Là j’ouvre une parenthèse : (Qu’est-ce qui fait qu’on est en émoi comme ça, Darnziak pis moi? Parce qu’on est des fans de François Blais, oui, mais y’a pas que ça. Il y a environ un mois, une certaine Marie m’a contactée via la page de Po. Elle voulait me commander deux t-shirts de Po : un pour elle, un pour son frère. On s’est mis à s’écrire un peu, et dès les premiers emails je l’ai trouvé adorabe. Puis elle me dit que je connais peut-être son frère… qui est écrivain… François Blais… Meh! Bin oui! Mais non, je le connais pas personnellement, mais j’ai Vie d’Anne-Sophie Bonenfant dans mon lit, drette à côté de moi, parce que ça fait un boutte que Vickie pis Mathieu me disent de lire du François Blais, que je vais aimer ça, c’est sûr. Faque j’ai commencé par lire Document 1, son plus récent. Moi là, quand je regarde un film qui me fait beaucoup tripper, ça m’arrive de taper des mains en sautillant comme une mongole. Seule devant mon écran, consciente que personne sait que j’applaudis pour souligner les qualités de l’oeuvre. J’y peux rien, c’est l’essitation qui sort spontanément. Bin Document 1, c’est exactement le genre de livres qui m’aurait fait taper des mains comme une querisse de mongole si j’étais pas obligée de le tenir entre mes mains. Je suis pas critique littéraire, han. Je peux te dire à quel point j’étais énarvée et émerveillée de lire un livre, mais je serai pas très profonde. J’écris pas pour Liberté, tsé. Là, je suis dans Iphigénie en Haute-Ville, pis je fais attention pour pas l’échapper à cause de mon envie de taper des mains. Mais mise à part mon admiration pour l’oeuvre de François Blais, j’ai un peu un crush sur sa soeur pis lui. Je les adopterais. Ils s’occupent des chats SDF de leur quartier! Ils sont A-DO-RA-BES. Dans ma tête, je les vois comme un couple ducharmien, pis ça rajoute encore plus à mon affection pour eux. Ouain, je suis un peu intense, j’sais bin, mais c’est comme ça. Je suis emo, tsé. Oh pis l’autre jour ils m’ont envoyé un magnifique cadeau! C’est pour ça que c’était ma fête en tabarnaque. Sur le colis, c’était écrit « Sophy et Po » (AON!), et à l’intérieur, il y avait deux (2!) sachets de minouches deluxe, QUATRE (4) livres de François Blais, et une lettre touchante et farfelue. Darnziak est arrivé chez moi pendant que je lisais la lettre de François, il a bien vu que j’étais tutémue. Veux-tu bin m’dire comment je pourrais ne pas les aimer, han? Bon, on va dire que je ferme ma parenthèse ici.)

Marie-Chantal, ma beauté sauvage, est aussi venue faire un tour. C’était vraiment la journée des rencontres, ça n’arrêtait pus! Une chance que je filais pas sauvage à ce moment-là. Même Clara, qui trippe pas sur les foules, a osé mettre le pied à l’Expozine! On a jasé de chats, bien sûr, et de notre future soirée de gaming. Elle m’a laissé une petite pile d’impressions, je lui avais proposé de les ajouter à ma table parce que je trouvais ça inacceptable que ses beaux dessins ne fassent pas l’Expozine. 

Toute le monde était là. Même François Blais, même le soundman de Fred Pellerin, même Mathieurseno qui était occupé pour la fin de semaine, même Sonia Vachon avec une boîte de Tide, pis même la fille du centre d’impressions est passée! « T’as oublié ta clé USB. Je savais pas ton nom, on a collé une note avec Folle aux chats écrit dessus… » Aooon. Bin non je suis pas offusquée! J’assume totalement ce titre!

On a aussi vu Sébastien Dulude. Il m’a dit qu’il allait peut-être adopter un chat prochainement. Je lui ai parlé de Ron Jeremy. Il était bin d’accord sur le fait que c’est un très beau chat, « les tigrés, c’est les meilleurs », pis je l’ai laissé réfléchir à ça. Darnziak pis moi on était pas mal fatigués, mais la journée était l’fonne, et on n’avait pas beaucoup de temps pour penser à notre fatigue. En tout cas, je l’ai trouvé pas mal toffe de faire toute la journée sur un lendemain de brosse. « Mais demain, je pourrai pas rester aussi longtemps, je vais juste t’aider à t’installer, te laisser faire une tournée, pis rentrer. J’ai de la correction à faire… »

À 18 heures, j’ai recouvert ma table d’une belle nappe blanche, on s’est glissés de l’autre bord de la table, pis on s’est laissés rouler jusque chez moi. On a mangé au ralenti, enduré les nounoueries du Ringuette, pis Darnziak est rentré chez lui. Ce soir-là, je me suis écroulée dans mon lit avant une heure. Fait rare. Même pas eu le temps de tout regarder mon documentaire sur les hippopotames.

Là, il reste dimanche. Ouh.

mercredi 21 novembre 2012

Juste pour vous dire que...


Ron Jeremy est toujours à la recherche d’un foyer permanent et aimant. Il sera vacciné et castré le 1er décembre, mais je vous promets qu’il sera aussi sexé.

Chat gentil, magnifique, et qui sait faire du pain recherche humain aimant et responsable. Pour tute la vie. MP. Merci.

mardi 20 novembre 2012

La mort de Minoune et autres histoires de chattes


Lora Zepam et les chattes de sa vie, par Clara B.

Avant ma naissance, mes parents ont eu une chatte siamoise. La Minoune, qu’elle s’appelait. Mon père l’aimait bin gros, pis elle est morte dans ses bras. Ça l’a tant bouleversé qu’il n’a pas pu dormir de la nuit. Quand ma mère me racontait ça, elle avait l’air de trouver ça un peu exagéré de la part de mon père, de trouver ça drôle qu’il soit emo. J’ai jamais eu l’impression que ma mère s’attachait beaucoup à nos animaux. Elle les flattait peu, sauf quand ils étaient très jeunes et irrésistibles avec leur face de Cute Overload. Mon père, lui, il est du genre à travailler debout à sa table à dessin parce que mon chat est couché sur sa chaise. On dirait bin que mon père, c’est mon père, han.

Un peu avant que mes parents ne s’installent définitivement dans Charlevoix, mon papa avait trouvé un emploi là-bas. Il passait la semaine au chalet et revenait nous voir à Québec-Vile durant la fin de semaine. Le voisin du chalet a toujours eu des chats pour dératiser sa grange. Il s’y forme une micro colonie de chats — ou plutôt de chattes, les matous ayant tendance à s’exiler pour aller fourrer ailleurs ou à mourir sur la 381 — qui chassent le petit gibier et nous quêtent pour le reste. Je crois que leur espérance de vie se limite à environ quatre ou cinq ans maximum, l’âge à laquelle Améthyste, la maman de Po, est disparue dans la nature. Ma famille et moi avons toujours eu l’habitude d’apprivoiser les chats du voisin et de leur donner des restes de table comestibles pour eux, ce qui inclut les délicieuses entrailles des truites qu’on pêchait à la rivière. Bref, les chats ont toujours préféré chiller autour du chalet que dans leur résidence officielle. Mais cette année-là, quand mon papa vivait au chalet presque à temps plein, il y avait trois nouveaux chatons pour remplacer La Marbrée, qui avait disparue un peu après Améthyste. Je dis trois mais au début ils étaient quatre, sauf que la plus poquée de la gang n’a pas survécu deux jours. J’avais pourtant dit au voisin que la petite tigrée — je l’avais appelée Twiggy — était malade et contagieuse, qu’elle devait être isolée des autres. « Ah, bah non! A doit avoir eu une paille dans l’oeil! » De kessé? Une paille? Pis c’est pour ça qu’elle a du mal à tenir sur ses pattes, qu’elle éternue, morve, pleure? Deux jours plus tard, la chatonne avait disparue — les chats qui meurent dans la nature ne laissent pas souvent de trace — et les trois autres chatons avaient les yeux et le nez pleins de pus. La plus affectée, c’était Moufie, une belle angora bicolore aux yeux verts full eye-liner. Une fois, elle avait tellement de pus dans les yeux qu’elle ne voyait plus où elle s’en allait. Ma soeur (la petite) et moi on s’occupait d’eux du mieux qu’on pouvait, on nettoyait leurs yeux à tous les jours quand on allait au chalet. Je trouvais ça triste, moi. Je pense que je suis trop sensible pour la campagne. Ça m’a toujours traumatisée de voir des animaux souffrir sans pouvoir intervenir.

Il me semble que la vie des chats de ferme est juste un peu plus soft que celle des chats de ruelles : chaque jour est un combat, et l’intervention humaine est plutôt rare dans la courte vie de ces petits fauves qui devront se réparer tout seuls en cas de blessure ou maladie. Les chats de ferme, tout comme les animaux de boucherie, sont des choses remplaçables, il ne faut pas s’attacher à eux. On a bien essayé de me rentrer ça dans la tête, rien à faire. Le nombre de fois où j’ai demandé à mes parents qu’on soigne un chat malade. Où j’ai fouillé le frigo pour trouver de la nourriture potable pour les plus maigres de la gang. Mais j’ai jamais pu convaincre personne de faire soigner un chat de ferme par un vétérinaire. On dépense pas d’argent pour ces animaux-là, weyons. Pas pour cette sous-catégorie d’animaux. C’est pour ça que j’étais un peu surprise quand mon père m’a appelée du chalet pour me demander ce qu’il pouvait faire pour Moufie, qui avait l’air vraiment mal en point. Il était prêt à l’emmener chez le vétérinaire, même si ça représentait une dépense un peu folle. Ma mère trouvait que ça n’avait pas d’allure qu’on débourse le peu de cash qu’on avait pour soigner le chat du voisin. « C’est pas à nous autres à payer pour ça, c’est même pas notre chat! » Mon papa, lui, trouvait ça trop triste de la voir souffrante. Je me souviens plus ce qu’on a fini par faire, mais je sais que Moufie a survécu à cet épisode ainsi qu’à quelques autres plus bénins, la rhinotrachéite ne se guérissant jamais complètement. Ce que j’avais retenu de ça, c’est que mon père est probablement plus sensible que ma mère à la souffrance animale, ou alors qu’il est plus enclin à intervenir. Je comprends très bien son insomnie après la mort de sa tendre Minoune.

Cet été, quand j’ai appelé ma mère pour lui dire que Po était hospitalisée et que je pouvais pas assumer les frais immédiatement, elle m’a dit que ça valait peut-être pas la peine de payer pour la faire soigner. Vu son âge, pis vu ma situation financière. J’en revenais pas que ma mère me parle d’euthanasie comme si c’était une option. Po était pas en train de vomir du sang, secouée par des spasmes de possédée. Po avait une cystite, et ça traite, et elle fait de l’hyperthyroïdie, et ça se traite aussi. Je vais pas transformer Po en mort-vivant, je vais pas lui faire subir des chirurgies expérimentales qui coûte 10 000$. Sauf que ma mère s’inquiète pour mes finances. Moi aussi, mais je m’en fais pas mal plus pour ma chatte. Ça fait des années que ma mère n’a pas vu Po, elle sait pas qu’on passe nos journées ensemble, qu’on est pas mal en amour-fusion depuis depuis la mort de Chechou. Elle se doute peut-être pas de l’attachement que j’ai pour ma vieille minoune, que cet attachement s’intensifie toujours plus avec le temps. Mais ma mère est loin d’être insensible. D’abord, elle m’a prêté 500$ pour que je puisse payer ma première facture de vet. Sans me faire sentir cheap. Sans laisser sous-entendre que je pourrai jamais la rembourser de ma vie parce que je suis trop pauvre et irresponsable et pas débrouillarde. Pis ma mère, elle s’inquiétait pas mal quand sa jeune chatte a fait une fugue l’autre jour! Parce que mes parents aussi sont rendus avec une chatte, astheure. Un rejeton de Mini-Po qu’ils ont adopté l’hiver dernier. Elle est née le 11 septembre. Ma mère a noté la date, elle suit attentivement les grossesses de Mini-Po. Leur jeune chatte est bicolore et s’est donc mérité le nom de Moufie II. Une belle minoune hyperactive qui suit mes parents partout, un vrai chat de poche. Moufie II m’a fait réaliser que ma mère est plus protectrice que je ne l’aurais cru. Elle a peur que sa jeune minoune se fasse frapper par un char, attaquer par une bête sauvage, tirer par un chasseur, ou encore qu’elle attrape des vers en mangeant des oiseaux. Maman, tu peux y donner du lousse, tsé. Moufie va pas se faire bouffer par un étchureu.

Ma mère, elle a du coeur. L’autre jour elle m’a appelée pour me dire qu’elle avait pris une décision. « Je va faire opérer Mini-Po. » AON. Mini-Po, mon amour impossible, la chatte sauvage de mon coeur. Ça fait si longtemps que je gosse mes parents pour qu’ils la kidnappent et la fasse opérer. Cette minuscule chatte enchaîne les grossesses sans prendre de break. C’est pas créyabe, tous les chats qui débordent de sa chatte. Et ils deviennent tous plus gros qu’elle, avant même d’être sevrés, parfois. Je disais à mes parents que le voisin, il s’en sacre de Mini-Po, je les encourageais à la prendre en charge. Si elle est stérilisée, elle pourra poursuivre sa vie palpitante de chatte sauvage apprivoisée, mais sans le fardeau de la maternité. Faque là, ma mère essaie de trouver le bon moment pour l’envoyer à la clinique. Dès que ses petits derniers seront sevrés. Faque ma mère va prendre les responsabilités que son voisin millionnaire veut pas assumer. Je l’ai déjà dit, j’ai grandi dans une famille de Barbapapas.



Le 31 octobre, ça a fait trois ans que Chechou est morte. C’était juste un animal, oué. Mais je me souviens parfaitement de la texture de son poil, de ses miaulements en « rwouar » quand elle ronronnait, de sa façon de se crisser violemment par terre pour se rouler quand on la flattait, je me souviens comment elle chassait des proies imaginaires sur le plancher de la cuisine, de ses trips de droyes avec les autres chattes, de sa manie de se coucher sous les draps pour former un petit tas, de ses séances de toilettage passionné avec Po. Et je me souviens que j’avais très mal dormi quand elle est morte à 160 km de moi.

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La magnifique illustration est de Clara B. Je trippe sur ses dessins, qui sont un parfait mélange de quioute et de morbide, et quand je lui ai demandé si elle aimerait illustrer une de mes histoires de chats — elle aussi c’est une folle aux chats — elle a gentiment accepté et m’a DONNÉ le dessin quand elle est passée me voir à l’Expozine samedi! En plus d’une impression de ce dessin! C’était encore ma fête!  J'étais si émue. Si vous voulez lui acheter des impressions, n’hésitez pas à la contacter, elle est charmante et douce comme des bonbons au caramel.

lundi 19 novembre 2012

Euaé


J’ai eu beaucoup de pliaisir à l’Expozine en fin de semaine, mais ce soir je suis beaucoup trop fatiguée pour expliquer pourquoi. Juste pour te donner une idée de mon état d’esprit du moment, je suis un peu excitée à l’idée de trier des beads. Tsé. Lora Zepam en mode vedge : ON.

Mais j’ai autre chose à partager avec toi, mes chers lecteurs. Dès que Mathieuse m’aura envoyé un dessin qu’il a scanné, je mets en ligne un texte écrit il y a déjà plusieurs semaines. Je tenais à le joindre à un magnifique dessin, c’est pour ça que je l’ai gardé FULL SECRET. Mais ça s’en vient.

OK, je veux quand même pas créer des attentes, là. C’est quand même juste une autre fucking note de bloye sur les chats.

samedi 17 novembre 2012

Je me préparais pour l’Expozine


Je me suis fait une liste de choses à faire pour venir à bout de ma semaine chargée, et j’efface mes tâches à un rythme constant. Ce soir, je trouve que j’ai l’air efficace et organisée, mais en réalité, si je travaille vite et bien, c’est bin juste parce que je suis encore à la dernière minute, et que j’ai juste pus le choix de courir. Je suis pas encore aussi organisée que je le voudrais, querisse. Dans ma liste de tâches : arrête de glander sur Fecebook. Parce que ça aide à augmenter l’efficacité, lâcher le Fecebook. 

En tout cas, j’ai réussi à faire tout ce que j’avais prévu! J’en ai même fait plus, comme me brûler les doigts avec mon gonne à colle. C’est des choses qui arrivent. J’ai aussi décidé de teindre ma repousse de cheveux. Pourquoi pas? Tant qu’à être efficace. Je me suis un peu tachée. Ça aussi c’est des choses qui arrivent. 

J’ai tout fini. J’ai préparé quelques éditions deluxe de La punaise de lit, j’ai fait plein de macarons, dont un tout nouveau kit de minous adorabes, et mon kit Folle aux chats sera aussi à ma table, agrémenté d’un mini-zine, ainsi que des beaux aimants de frigo 8-bits et trois (3) t-shirts de Po. Bonus : je vais aussi vendre des articles de Doctorak! Des macarons et cartes d’auteurs! Oh ouimadame!

Étant donné que je devrai me lever en pleine nuit pour arriver à l’heure, j’aurai une face de zombie pire que d’habitude. Je devrais être en train de dormir, mais mon corps veut pas, il trouve ça cave de dormir tôt. C’est qui c’est qui va avoir l’air cave demain, han?

Bon, je me plains, je chiâle, mais je le sais bin que je vais avoir du fonne. Pis en plus (un autre bonus), Darnziak va être avec moi! Pas toute la fin de semaine, là, mais il va quand même m’aider à m’installer demain, il va faire des dédicaces pour toi, et me soutenir moralement. Yé fin, mon frère. Pis le Mathieu aussi va venir faire son tour. En fait, tout le monde va y aller. Même Sonia Vachon avec sa boîte de Tide.

Si jamais je réponds pas quand tu me parles, ça se pourrait que je sois simplement en train de dormir les yeux ouverts. T’as juste à me poker doucement pis ça va me rebooter le système.