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mardi 13 mai 2014

C'est plus facile quand c'est de la fiction

Hier, j’ai rêvé que Vickie était vivante. Mais sa vie, sa maladie, c’était de la fiction. Elle était malade, on connaissait l’issue, mais c’était pas grave parce que c’était de la fiction. Elle allait vivre en appartement pour les dernières semaines qu’il lui restait. Mon rôle, c’était d’aller la voir pour m’assurer qu’elle va bien et m’occuper d’elle.

La veille, j’étais allée au Bistro de Paris pour la septième édition des Bistro ouvert, où on rendait hommage à Vickie. Le 11 mai 2014, tsé. Bring your own tutu.


Carl nous a lu sa biographie de Vickie en portant les lunettes de Lolita de Martine. [< + 3 + _ + < + 3 : essaie ça sur Facebook.] J’ai entendu des textes touchants, drôles, forts, on a frôlé l’émeute, on s’est énervé avec les grosses mains en mousse, Larue a porté ma barrette en pixels, ça sentait le pot, pis j’ai pris des photos de ma belle-soeur qui porte les lunettes de son frère.

Un manné, un gars assis au comptoir m’a dit « heille, si tu me donnes une cigarette, je vais lire sur scène ». Han, c’est Nick! C’est plate que je fume pas. « Bin, si tu me donnes 400 $, je vais lire. » OK! (C’est plate que j’aie pas 400 $.) J’avais même pas remarqué sa présence. Faut dire que je l’avais vu juste une fois avant ça. Il était camouflé sur le comptoir en train de boire sa quatrième pinte, caché en tsour de sa casquette verte sur laquelle il avait pinné un macaron de Volière. Ça fittait avec mes cheveux, aon. Fredoune, lui, était venu en kangourou. Des fois, il sortait du marsupium pour dire quelques mots, pis il retournait se cacher comme un ossetie. Nick me fait tellement penser à Fredoune — c’est deux osseties. Je lui ai dit qu’ils sont des jumeaux cosmiques. Fredoune a approuvé, pis il a filé dans sa poche. Nick était pas mal saoul. Calinours exalté. Il arrêtait pas de dire à Mathieu et moi qu’il nous aimait, il arrêtait pas de dire qu’il veut lire mais qu’il peut pas, il arrêtait pas de me dire que j’étais belle, et il a passé le reste de la soirée à s’excuser pour rien. 


Le lendemain matin, j’ai reçu un message de Nick. Il se rappelait pas de la soirée, et il s’excusait. Crisse d’ossetie. Après, j’ai rêvé à Vickou.

mardi 26 novembre 2013

Quest au Salon du livre de Mourial

Samedi soir, j'ai reçu un drink par la tête — ça m'arrive, des fois, et je sais jamais d'où ça vient —, c'était un peu collant, je sais pas ce que c’était, et j’ai dansé juste assez pour suer (ça aussi ça m'arrive, de suer, mais pas souvent). Avant de me coucher, je me suis pas lavée, ça me tentait pas. Ni en me levant dimanche. J’ai eu une pensée pour Ed : tant qu’à aller au Salon du livre, aussi bien aller puer du batte au Salon du livre.



J’avais rendez-vous à 14 heures avec Darnziak à Place Bonaventure. J’ai donc mis mon cadran pour être sûre d’avoir le temps de passer chez Sophie Sucrée, parce que je m’étais promis d’offrir des pâtisseries végétaliennes à François vu qu’il y a rien du genre à Québec-Vule. Heille, j’étais pas mal énarvée : j’allais rencontrer François Blais en personne pour la première fois! Hiiiiii! Hon, il va-tu trouver que je pue? Bah, il va penser que c’est toute la foule humaine qui pue…

J’ai atteint le lieu de rendez-vous un peu vague à l’heure. Ça m’arrive de pas être en retard, et à chaque fois je suis un peu fière. Darnziak m’a vite repérée, il venait d’acheter son billet. J’ai texté Catherine pour qu’elle vienne me prêter sa passe d’exposant, question que je puisse entrer gratis. Payer huit piasses pour aller acheter des affaires dans un gros magasin qui fait même pas de solde, c’est un peu inacceptable pour le Séraphin en moi. J’ai même décidé de traîner mon gros manteau partout juste pour éviter de payer le vestiaire.

On entre. Premier niveau : des enfants. Beaucoup d’enfants. Pire que les enfants : des auteurs déguisés pour attirer les enfants à leur table. J’incite Darnziak à courir jusqu’au deuxième niveau, parce que je veux pas pogner la gastro, pis je veux pas prendre le risque de peut-être tomber sur une mascotte. J’ai peur des mascottes.

Ça sent toujours un peu drôle au SLM

Deuxième niveau : les stands sont numérotés. Bon. Je me souviens que le stand du Quartanier est au numéro 100, pis l’Instant même est juste à côté. Darnziak prend la map, mais moi je décide d’y aller à l’instinct. Yé pas sûr de ma décision. Il a raison, je me fourre pis je nous emmène n’importe où.

— Ça monte ou ça descend? Je comprends pas la numérotation.
— On devrait regarder le plan.
— Ouais, mais on pourrait aussi aller par là.

Non, je comprends pas plus la numérotation des stands. Oh! On trouve Iris!



On a enfin une piste! Mais c’est vraiment toffe de se déplacer, on essaie de faire du slalom parmi les humanoïdes qui nous entourent. On sait que notre quête sera pas facile, que beaucoup d’ennemis se trouvent sur notre chemin.

— C’est qui nos ennemis?
— Bin… Tute ce monde-là.
— Ah! Bin oui. Regarde, je pense que c’est Mathieu Bock-Côté.
— Vite, vite, COURS!… À moins qu’on aille lui lire le poème de Mathieurseno?
— Je pense qu’il le connaît…
— Ouin, t’as bin raison

Alors qu’on se dirige droit vers notre but, apparaissent dans mon champ de vision Nique et Maïté.

— NIQUE!
— Ça fait trois fois que je dis ton nom! Tu me fixais sans me voir!

Hum. Moi qui croyais que tous mes sens étaient en alerte. Je me cale une tite shot de jus de dragon. MP recovered. Je savais qu’elles seraient au Salon du livre, Nique avait fait un Bitstrips juste avant de partir. Je m’étais dit que j’allais la texter sur place pour la retrouver facilement; je suis une caller, après tout.

Les filles savent où se trouve le Blais, elles sont allées le voir juste avant. À nous quatre, on traverse la foule sans trop de dommages.



Nique et Maïté nous laissent dans la zone Dimedia. Nos chemins doivent se séparer temporairement, elles ont d’autres missions à accomplir.

C’est Darnziak qui spotte l’Instant même. On s’approche de la table, et on se trouve face à celui qu’on est venus voir.

Première constatation : François Blais n’est pas terrorisé comme un chevreuil qui se fait flasher des phares dans face. Il se débrouille même assez bien avec les humains qui viennent lui parler. OK, il est clairement pas dans son élément, je suis sûre qu’il aimerait mieux être dans son salon en train de regarder une reprise des Olympique avec sa soeur, mais je suis sûre qu’à peu près personne s’en rend compte. C’est une première rencontre officielle, mais c’est pas exactement ça. Tsé, on se connaît déjà. Il est pareil comme dans ses emails, et se voir en personne, c’est comme continuer nos emails mais en temps réel, pis avec nos faces animées.

On a jasé un boutte, il nous a montré la lettre de fan qu’il avait reçue, je lui ai offert les pâtisseries végé et un t-shirt l’Ostie d’Po édition spéciale pour ma belle brume, pis il a un peu sautillé quand je lui ai dit que j’avais des potins. Darnziak a dit faut pas trop potiner ici, on sait jamais qui c’est qui peut nous entendre. Hon. C’est vrai. Par chance, on n’a pas de méchancetés à dire. Juste des affaires comme : tsé le party que t’as manqué hier? Bin le meilleur boutte, c’est quand l’Écrou — Larouche et Bessette — ont sauté partout sur Killing In the Name, pis y paraît qu’à la fin, à la toute fin, bin Bertrand Laverdure était encore conscient. Des affaires de même.

François Blais n'avait pas peur parce qu'il portait son armure

On abandonne Frank avec le reste du monde pis on va voir Alexie pendant qu’elle est encore là. J’ai pas prévu de budget pour acheter des livres — toi, ça t’arrive-tu d’aller au salon du livre sans penser acheter des livres? — mais je refuse de repartir sans Royauté, le bébé livre d’Alexie qui vient de sortir au Quartanier, dans la superbe série Nova. OK, je suis pauvre, mais grâce à un item magique (la carte d’exposant de Catherine), je peux profiter d’un pas pire rabais. Bon, sur un livre de 9,00$, ça fait pas une super escompte, mais ça me fait plaisir parce que j’ai l’impression d’être cheap jusqu’au bout.

— Je suis désolée.
— Pour?…
— Pour ta vaginite.
— Ah! Euh. Eh, he he he. Je pense que je suis mal à l’aise.

Woupelaye. La caissière a vu mon macaron des Préliminettes. Je retourne au stand du Quartanier, Alexie me fait une dédicace que je lirai avant de quitter le salon, tutémue. Samuel Archibald est aussi en dédicace. Il tient sur ses genoux son adorable fillette qui lui dit à l’oreille que je ressemble à la Monster High Chloe. J’apprendrai plus tard que c’est une princesse égyptienne de 5 843 ans qui a un cobra comme animal de compagnie (il s’appelle Hissette). Je cherche Darnziak. On m’apprend qu’il est allé payer ses livres à la caisse

Je vais saluer Frank avant son départ. Nique et Maïté sont là, elles vont le guider jusqu’au métro. Darnziak ne pourra pas dire babaille à notre Blais, il est en train d’acheter le Quartanier au complet. Je niaise pas. Je pense qu’il a l’arc-en-ciel au complet dans l’une de ses huit bibliothèques. C’est pas pour rien que son plancher est croche.

On dit babaille à nos amis du Quartanier, pis on court chercher le stand de l’Écrou. On est encore tout fourrés dans les osseties de numéro de marde du crisme. Nique m’appelle. Elle a une map, et pendant qu’elle m’explique où aller, Darnziak aperçoit le numéro de l’Écrou. Tout est bon à l’Écrou. Les livres, les poètes, les éditeurs. Fredoune a gagné un prix de l’Alliance québécoise des éditeurs indépendants pour Volière. « On est tellement indépendants qu’on fait même pas partie de l’Alliance des éditeurs indépendants. » Larouche nous raconte ensuite comment Fredoune s’est débrouillé quand il a dû parler de son livre en public. On rit un coup. Mais on est surtout bin fiers de lui.

Les éditeurs de l'Écrou sont fiers de leur bebé

Nique et Maïté nous rejoignent. Je dis que ce serait temps que je rende à Catherine son précieux laisser-passer. Il faut qu’elle revienne le lendemain. Elle est au salon du début à la fin. On se plaindra pas trop de nos trois heures à souffrir de la foule et de l’air sec. Darnziak dit que ses yeux brûlent. « Je veux pas avoir de chalazion! » Bin non, tu capotes. C’est l’air sec normal du Salon du livre. Tu vas t’en remettre.




On trouve le stand de Catherine. Elle est pas là. Partie se chercher une potion magique pour toffer sa journée. On s’écroule sur un banc pis on placote jusqu’à son arrivée.

On a trouvé des livres pour Frédéric Dumont

Je suis satisfaite de ma journée. Je suis allée dans un endroit désagréable pour voir mes amis. J’hésiterai pas à y retourner l’année prochaine. Mais je paye pas une ossetie de cenne pour entrer là. D’autant plus que j’ai même pas vu Ricardo. Tsé.



Il fait frette, il vente, il vente tellement que j’ai du mal à marcher en ligne droite. J’ai pas envie de marcher, j’ai pas mon casse de pouel. Fuck it, je me calle un chocobo. Babaille.

jeudi 4 juillet 2013

Si j'avais un enfant je l'oublierais à picerie

À la caisse. Je veux déposer le premier chèque que je reçois au nom de Lora Zepam.

Madame 1 : HAN! C’est toi Lora Zepam?!
Moi : Oui...
Madame 1 et 2 : Aooon!
Madame 1 : Comment va Po?
Moi : Elle va bien. À part pour le kyste qu’elle a dans le front, elle s’est un peu trop frotté la tête il y a trois jours – elle aime bin ça se frotter le front – et depuis elle a une petite gale.
Madame 2 : Hon, pauvre chouette!
Moi : Je surveille ça de près, je désinfecte avec du Baxedin.
Madame 1 : Tu nous tiendras au courant!
Moi : Oui oui! Je vous donne des nouvelles sur sa pageFacebook.

Pour m’éviter les 50 cennes de frais au comptoir, je retire le cash au guichet. Par principe plus que par économie. Je sors, je marche un coin de rue, puis le gars devant moi me fait un signe que je comprends à moitié. Je pèse sur pause et me retourne, et je vois une femme qui me court après avec ma carte de guichet dans la main. Shit. J’avais oublié ça dans la machine. Et j’entendais pas cette gentille femme parce que je suis incapable de marcher une minute sans avoir de la musique dans les oreilles. Merci madame. Merci monsieur. Ça m’évite bin du trouble, ça. Je rentre chez moi sans oser peser sur play.

Plus tard en soirée, tout juste avant que je quitte le lancement de Dulude et Paillé, le gros Morin m’a redonné ma médication psychiatrique que je lui avais accidentellement remise avec une pile de fanzines. Merci, gros Morin. Ça m’aurait fait chier de manquer ma dose.

Ma mère dit tout le temps qu’on a tous un ange-gardien. Pourquoi faire?

mercredi 5 juin 2013

Nouveau fanzine, Po, Zinc et cunnilingus chez les megabats



Hier soir, j’ai fini d’assembler tous les exemplaires de mon dernier fanzine, Les araignées géantes,
illustré par Darnziak. Un total de 100 copies, toutes numérotées. Ce projet traînait depuis mars. Faut dire qu’entretemps, en plus de rusher sérigraphiquement (oui, on va dire que c’est un adverbe qui existe), j’ai eu bien des affaires à faire et à penser à. J’ai mille choses à dire, mais ça reste coincé dans ma gorge. Je tousse depuis trois semaines, je sais pas pourquoi. Je me demande si j’ai pas commencé à fumer en cachette. Je vais faire une enquête auprès de mon entourage. D’un coup que.

Po va bien. Ses tumeurs mammaires m’inquiètent un peu, mais elle semble aller bien quand même. Ce soir, elle s’est fait une cape avec un sac de plastique. Elle a fait du pain sur mon lit, s’est collé le front contre moi, et présentement elle dort en crevette à mes côtés. Je trouve que notre relation interspécifique est pas mal parfaite.

Le 20 juin, je serai en librairie, dans le Zinc numéro 29. Thème : villages. Je trouve ça quand même pas mal essitant. Pis ma maman est fière de moi.


Bonne journée bye bye bye.


Cynoptera sphinx, un petit animal lubrique.


dimanche 17 mars 2013

Je rentre seule chez Mathieu pis internet est cassé


J’ai même pas eu le temps d’enlever mon manteau que je suis déjà accueillie par un bedon félin. La Milla se tortille par terre devant moi, visiblement heureuse d’avoir de la compagnie. Sa maîtresse est absente, les parents de Mathieu dorment dans le salon, je suis le seul être éveillé dans sa demeure. Viens Milla, je vais te raconter ma soirée, même si tu t’en câlisses.

Je reviens de la soirée d’Erika Soucy, Les anges de la rénovation littéraire. Un concept qui s’annonçait pas mal drôle, et qui le fut, justement. J’en ai eu mal à la face, pour te dire. J’avais pas envie de sortir aujourd’hui, je me sens fatiguée et j’ai un début de rhume, mais je regrette pas d’avoir traîné ma carcasse jusqu’au fonne qui m’attendait. Ça a été comme ça pour tous les autres événements du festival Dans ta tête. Ça a commencé le 6 mars, mais j’ai manqué tout le show. Me sentais pas mal poche d’arriver après la prestation sanglante et suintante de FullBlood. Le show était fini, mais pas la soirée. On s’est déplacés au Cheval blanc, après les salutations, parce que certaines personnes devaient quitter, dont Darnziak qui travaillait tôt le lendemain, et les membres de FullBlood — Dulude, Dostie et Brouillette-Hamelin — qui rentraient à Trois-Rivières le soir même. En arrivant au Cheval blanc, qui est-ce qu’on voit s’en venir en traversant Ontario, triomphant? Dulude! J’imagine la scène. Les trois gars sont en char, direction Trois-Rivières. Dulude ressent l’envie irrésistible de poursuivre la fête. Il ouvre la porte pendant que le char file et bondit comme un chat, roulant jusqu’au trottoir. Ninja Dulude saigne presque pas.

À l’intérieur de la taverne, on avait collé sept tables pour rester attroupés. Je me suis éloignée du troupeau avec Catherine une vingtaine de minutes, le temps de réaliser une entrevue. Une fois les trois heures sonnées — le coucou est sorti trois fois, je l’ai vu et j’ai compté — quelqu’un a dit qu’on pouvait tranquillement finir notre dernier verre, que la soirée serait réellement finie au moment où quelqu’un se déciderait à danser sur les tables. Je sais plus c’était qui ce prophète, mais la fin de la veillée est arrivée avant longtemps, et c’était une crisse de belle finale. Dulude a doucement grimpé sur une table et s’est mis à marcher à quatre pattes, en miaulant à chaque pas. Miaw, miaw, miaw, miaw, miaw, miaw, miaw, etc. Jusqu’au bout de la septième table. Il a fait demi-tour et il est revenu jusqu’à son point de départ, toujours en miaulant. Il a cassé un seul verre au passage. Sa performance lui a valu des applaudissements, bien sûr. En tout cas, c’était aussi drôle que malaisant. J’adore Dulude.

Après, il y a eu la soirée de Stéphane Larue. Le beau Stéphane Larue — tu le replaces? — avait invité une jolie gang de truands : Raymond Bock, Edouard H. Bond, Martin Ouellet, François Rioux, Hugo Sémillant (la nouvelle recrue de TT) et Antoine Lussier, fier concurrent de Vickie Gendreau à Terreur Académie. Mais la surprise, la présence que j’aurais pas pu deviner, c’était Sébastien Chabot, que j’avais pas vu depuis six ans (!). Puisque je suis une fan de l’auteur et que j’aime le Chabot en tant qu’être humain, j’étais pas mal contente de le voir, de l’entendre lire, de lui faire la bise et de lui jaser ça. (PUB : son prochain roman sort dans deux semaines aux éditions Trois-Pistoles. Surveille ça.) Ed Hardcore a annulé sa présence au show, il devait se rendre à une séance vaudou très tôt le lendemain matin. Triste. Mais je l’aime trop pour lui en vouloir.
En tout cas, on aurait dit que les truands s’étaient tous passé le mot pour être drôles ce soir-là. C’était plus une gang de mongols qu’une gang de truands. Hugo a ouvert la soirée avec un texte de chatte — hiiiiiiiiiii! — pas mal trippant, et après sa prestation, je suis allée lui remettre le macaron « J’aime les chattes » que je portais sur mon veston. Les textes lus seront publiés sur Terreur! Terreur! prochainement, alors surveille ça aussi. Celui de Martin Ouellet est déjà en ligne.
Tel que promis à Larue, je m’étais déguisée en shérif. Mon gonne? Mon fusil à eau en forme de pénis, bien sûr! Encore une fois, il a fait sensation et s’est baladé au cours de la soirée. J’ai hâte que quelqu’un d’autre s’en procure un, question de faire des duels de gonne-pénis.

Cher lecteur, faut que je me confesse. Je suis pas en train de raconter ma semaine à Milla. Je sais bien trop qu’elle m’écoutera pas, ça l’intéresse zéro, ma vie plate d’humain plate. Je m’adresse à toi, lecteur. Je me dis que si tu t’es rendu jusqu’ici, tu devrais être en mesure de toffer jusqu’à la fin. Mais si tu trouves ça pénible, cesse cette souffrance. Les internets sont vastes, le monde est vaste. Et la vie est si courte.

Milla a bin d'autres choses à faire que de faire semblant d'écouter mes histoires plates.

En nous rendant au Chaos, ce soir, Mathieu et moi avons longé le Square St-Louis, où on a croisé 10-15 chars de police remplis de policiers pour la brutalité policière — trouves-tu que j’exagère? — et ça m’a glacé le sang comme à chaque fois que j’en vois depuis le printemps 2012, tsé la fois où j’ai perdu une autre couche de naïveté et que la petite parcelle de confiance qu’il me restait envers les forces de l’ordre (lol) m’a complètement abandonnée. Petite touche d’inquiétude pour le reste de la soirée. J’avais peur de croiser des flics en rentrant chez Mathieu. Qu’ils aillent se coucher, les osseties. Qu’ils changent de hobby.

Les anges de la réno étaient au moins aussi drôles que les truands, mais l’ambiance était différente. D’abord, DJ Erika Soucy était complètement déchaînée, elle n’avait aucune limite. Encore une fois, j’ai trippé sur toutes les lectures, pour des raisons différentes. Fabrice Masson-Goulet et son livre de femmes fontaine + un micro T-Pain. Ouch, ma face. Douleur de pleurer de rire. Merci à Erika de nous avoir informés sur la réincarnation chez les animaux. Pis Alexie Morin… Je serais bin tombée en bas de ma chaise si j’avais pas si peur du plancher du Café Chaos. Tout était parfait, vraiment. Son texte est sur son blogue, avec des notes bonus. Autre grand moment de la soirée, la lecture de Patrick Brisebois. Quand Patrick lit, il a souvent l’air un petit peu mal à l’aise — personnellement, j’ai toujours trouvé ça adorable. Il ne performe pas son texte, il le lit. Mais câlisse que son texte torchait des culs (avec une serviette chaude). Entrecoupé de passages d’un livre de Raël du temps où il s’appelait encore Claude Vorilhon : Les extra-terrestres m’ont emmené sur leur planète. Ataboy. Je souhaite très fort que Patrick publie son texte, ou qu’il fasse un livre à partir de ça. Quand il eut finit de lire, j’ai remarqué que Mathieu pleurait. J’étais assise sur lui et je m’étais pas rendu compte de ça. Je l’avais entendu dire « wow » à la fin, mais je me doutais pas qu’il était si bouleversé. Patrick dédiait ce texte à Vickie.

Au moment où les copinots ont décidé de migrer vers le Cheval blanc, je suis sagement rentrée chez Mathieu, seule. J’étais très tentée d’accompagner cette bande de fous que j’aime tant, mais j’avais un virus à tuer pis du sommeil à ta rattraper. Ossetie que chu plate, des fois. Avant que je quitte le Café Chaos, Patrick m’a remis son livre de Raël et le texte qu’il a lu. Il voulait pas traîner ça pour le reste de la soirée. J’ai relu son texte. Je n’ai pas lu le livre de Raël.

Patrick Brisebois, tenant Raël entre ses mains. Photo : © Mathieu Poirier

Je marche sur St-Denis en flottant un tout petit peu, comme toutes les fois où je reviens d’une bonne soirée de gros fonne avec mes amis, mais cette fois, mon bonheur est teinté d’une petite tristesse. Émue par le texte de Patrick, et émue d’avoir vu Mathieu ému aux larmes. Et je pense à Vickie. Emo.

Avant qu’on se rende au Café Chaos, Mathieu a des donné des nouvelles de Vickie à ses parents qui revenaient du Costa Rica. Je repense à cette conversation, aux yeux tristes de Mathieu. Je pense à Vickie. J’ai mal aux yeux.

Milla est couchée sur mes bras pendant que je tape ces mots. Elle ne nuit même pas à mon confort. Elle fait vibrer ma cage thoracique de petit oiseau desséché. Je lutte contre le sommeil, j’attends Mathieu en bobettes. On va regarder Lance et compte.

dimanche 25 novembre 2012

Exposer mon zizi, prise deux


Mise en garde : Attention au bukkake de liens hypertexte.


Le dimanche matin, je me sentais moins fanée que la veille. Je savais que Darnziak serait avec moi en début d’après-midi, puis que Mathieu viendrait me rejoindre après son contrat de travail. Je serais donc seule pas très longtemps, et en cas d’urgence peupi, je pourrais toujours demander à un voisin de table se surveiller mon stock. Là, c’était mon occasion de faire une tournée!

J’aurais voulu acheter tous les livres de chez Rodrigol et l’Écrou, mais je me suis contentée de zines (de qualité). J’ai pas pu regarder attentivement tout ce qui me semblait mériter mon attention, mais j’ai pu faire une belle récolte.

Stuff on ma cat : Po a l'air en crisse sur la photo, mais j'ai tout enlevé après le clic. Elle n'a pas souffert longtemps.
Sur et autour de Po : Bib & Bum par Fabien (cadeau de Darnziak, un autre zine de punaises!); My Cat’s More Punk Than Yours, A Biography of Maxwell, par Five Seventeen; Queer Tribes : Pour les mecs qui aiment les mecs, ainsi que la liberté; Queer and Trans Youth Resistance! Out of Order; Playchat : BARELY LEGAL, par Mimi Traillette; Judith Butler, de la série The Life and Times of Butch Dykes, par Eloisa Aquino; The Journal of Fantastical Creatures, par Vanessa Vaughan; Dans l’cul, par Sara;  Autobus 64 Nord #4, avec Ed H. Bound (!), mon collègue de Terreur! Terreur!; Pro-Paganda, par Keenan P.; Hasemeister dans [é]TRON, par Frédéric Mahieu.

Absent sur la photo : Mon calendrier Annus Horribilis, de Richard Suicide (j’espère qu’il en fera d’autres, parce que j’ai acheté le dernier exemplaire) et mon poster The Birth of NES, par Emmanuel Laflamme. Sa table, juste derrière la mienne, était remplie de beeeeelles affaires. J’aurais acheté au moins la moitié de ses cartes postales. C’est drôle parce qu’on a tous les deux l’impression de se connaître, mais on sait pas trop pourquoi. Me semble qu’on n’était pas dans la même classe en maternelle. En tout cas.

On a encore eu de la belle visite! On a eu droit à deux Myriam! Double stuff! Et Swan a affronté la masse d’humains même si elle gère pas trop bien les foules, surtout quand « on dirait qu’y en a qui ont oublié de prendre une douche », pis même Cédric est venu! C’était une belle surprise pour Darnziak et moi. Ma belle-soeur Marie-Anne avait l’air enchantée par sa première visite à l’Expozine. Elle portait son t-shirt de Po, le seul que j’ai imprimé en négatif (ça donne un tout autre air à Po, faudrait que j'en fasse une photo en gros plan pour le partager avec l’univers entier).

On a aussi eu la visite de Luc Chicoine pis sa charmante blonde. Darnziak et moi on lui a fait une mini carte de fête qui contient beaucoup amour. J’avais un paquet de petites feuilles d’un format parfait pour faire des cartes et des mini zines. On a torché quelques zines gnéseux sur le coin de la table, c’est laid — j’écris trop mal — et plein de fautes mais on a décidé que ça valait au moins 400$. Personne n’en a acheté. Gang de pauvres.

J’ai donné à Iris un macaron de Salopette, qui est dans mon premier kit Folle aux chats, et le lendemain, elle m’a dit qu’il a joué avec le macaron de sa face durant des heures. J’ai vu la belle Sophie Bédard en coup de vent, la pauvre aurait tellement voulu avoir un téléporteur pour passer du Salon du livre à Expozine durant la fin de semaine. Belooga Joe était là avec sa blonde Sara, qui avait des nouveaux zines (je regrette de pas avoir acheté À qui la noune) et des beaux macarons vulgaires, dont les fameux « J’ai une vaginite ». J’étais assez contente, là! Au printemps dernier, j’avais donné ma vaginite à Fredoune, mais j’ai là pu m’en racheter une autre. Pis une plus grosse, en plus! On a fait un échange de zines : son Dans l’cul contre ma Punaise de lit. Je lui ai fait un beau bandeau à partir d’une authentique critique orale de Mathieu le kekloune (« J’aime ça Dans l’cul. » - Mathieu Arsenault) et elle m’a fait une belle dédicace « pour la reine des chats et des insectes ».

Alors que mon niveau d’énergie commençait à être dans le rouge, Léa est arrivée. A m’a-tu remonté ça, tu penses? Était en feu, la Léa! Elle avait beau dire qu’elle était fatiguée, moi je la sentais comme une boule d’énergie et de mongolitude. Était tellement dedans qu’elle s’est mise à faire de la vente intense. Faut dire qu’à ce moment-là, on avait la table à nous seuls parce que mes voisins de gauche étaient partis tôt, et celui de droite ne s’est jamais pointé. On s’est étalés solide. Faque là Léa expliquaient aux visiteurs que tous mes macarons de chats représentaient un chat spécial, et qu’ils devaient absolument porter Courgette, son chat brun. Elle a vendu trois Courgette et d’autres minous. Léa, tu serais une excellente vendeuse. « J’ai appris ça des Arabes! »

On a même vu Marine et Julien! C’est le couple de Français à qui j’avais sous-loué mon studio pour un mois. Ils venaient tout juste d’arriver à Montréal et ne connaissaient personne, alors je les ai invités à nos parties de pétanque et ils se sont fait plein d’amis. Normal, sont trop gentils! Julien a acheté mon aimant de Bubble Bobble. Je sais maintenant que je pourrai l’inviter à jouer à l’un de mes jeux préférés sur NES. Aon. Presque au même moment, Vérognique Morgner est venue faire des faces à notre table. C’est une spécialiste des faces, c’est pour ça.

Autre moment de aon : Une maman arrive à ma table avec son fils. Elle point mon aimant de Mappy. « C’est ça que tu veux? » Le petit garçon, super gêné fait oui de la tête. Je lui offre un macaron de beubitte en cadeau bonus pour le remercier de sa quioutitude, mais il fait non de la tête. Je lui offre alors une Po, il fait oui. Avec un tout petit sourire et des grands yeux.

Une petite Dakota Fanning vient me dire « c’est beau ce que tu fais » et poursuit son chemin comme une libellule en chasse.

Une autre fillette regarde un dessin de Clara et demande à sa maman « c’est quoi ça? ». La maman, mi-amusée mi-traumatisée, me sourit et entraîne sa fille vers des choses moins gore.

Un monsieur vient me voir juste pour me parler et me dire que je suis ravissante. « Tu viens d’Ailleurs, toi, han? » Ah, j’ai jamais su d’où je venais, mais c’est pas de la planète Terre certain! Vous non plus, han? « Ah non, c’est sûr! Nous on est Lumineux, on n’est pas comme les Autres! » Il était marrant. En plus il avait la même coupe de cheveux que le capitaine Jean-Luc Picard.

Merci au dude qui m’appelait la Femme-Chat et me trouvait excessive dans ma passion pour les chats (« en réalité, je suis pire que tu penses »).

Merci à Vincent Giard qui distribuait des stickers de soucisses. À la fin, on était une gang à être douces. 

Merci à Catherine qui m’a donné un set de beubittes glow-in-the-darque. Woah! Je vais les coller partout dans ma chambre.

Merci à Larouche de m’avoir fait rire avec ses histoires de poètes malades mentaux au Salon du livre. L’Écrou devait être l'un des rares stands amusants là-bas.

Merci au monsieur qui m’a demandé c’est quoi un fanzine.


En tout cas, je me trouve pas mal choyée d’avoir vu autant d’humains aimables en deux jours. Mention d’honneur à mon frère Darnziak, qui est finalement resté avec moi durant toute la fin de semaine, même quand il était lendemain de veille. « Ça me tente tellement pas de faire de la correction… » Sans sa présence, j’aurais sûrement anticipé tussortes d’affaires plates et j’aurais jamais eu autant de fonne. Merci à Léa, ma belle mongole. J'espère qu'elle voudra revenir l'an prochain. Et merci à Mathieuse, qui est venu me voir plusieurs fois malgré ses contrats et sa fatigue.

J’ai quitté le sous-sol de l’église du Chris-d’Enfant-Jésus-du-Sacrament avec ces trois mongols adorabes, épuisée mais heureuse.

Pour terminer, il faut que je souligne qu’au moins trois personnes m’ont dit que mon t-shirt était malade. Si vous voulez un t-shirt On n’est pas des trous-de-cul de Marie Letellier, faut faire pression auprès de Mathieu. C’est vrai que mon t-shirt était pas mal beau, mais à mon avis, personne n’était aussi chic que Mark Ambrose Harris.

dimanche 4 novembre 2012

La punaise de lit pourrait se trouver entre tes mains


Ce soir je suis vraiment tutessitée de contente, je danse sur mon futon et Po se frotte la face en ronronnant à mes côtés, le parté est pogné ici et dans mes internets avec Darnziak-Scotchziak parce qu’on célèbre la sortie de notre tout premier fanzine! Ouémadame!




Il est juste ici, dans ma boutique Etsy (d'câlisse [scuse]). Et pour rajouter du fonne, je te propose une ÉDITION DELUXE : Darnziak et moi, on te dédicace ta copie, et je t’envoie trois beaux macarons que j’ai fabriqués sous la supervision de Po.


Po est se sent concernée par la qualité des macarons.

Dans un élan de joie — parce que je suis pleine de bonheur de c’est ma fête, c’est notre fête à Darnzizi pis moi, notre fêtre de zizine — j’ai eu l’idée de faire un concours super capoté. Les détails se trouvent sur Terreur! Terreur!, mais en gros, tu m’écris une histoire de beubittes et tu cours la chance de gagner La punaise de lit (Cimex lectularius) ÉDITION DELUXE et la publication de ton texte sur TT. Et tu gagnes automatiquement ma reconnaissance et des aon de wow je suis contente.

Ce fut plus long et ardu que je ne l’aurais cru, mais ça valait la peine d’investir temps et effort. Et je suis une fille chanceuse, moi. J’ai été aidée par des gens talentueux! Iris, qui a une grande expérience dans la confection de fanzines, m’a donné tout plein de conseils. Mélanie Baillairgé a eu la patience de m’enseigner les rudiments de InDesign — j’avais juste feuilleté un livre pour les nuls, et j’étais effectivement resté nulle. Et Mathieu a travaillé fort pour m’aider à comprendre ce qui ne marchait pas au début. Pourquoi la punaise s’étend comme une beurrée de caca mou? Il a demandé aux internets, puis j’ai ajusté ma méthode. J’ai même fait des recettes d’encres. La grosse affaire. J’ai même poffé de la colle en spray. Ça, c’est le boutte pas l’fonne. Mais Mathieu, surtout, il a été très encourageant et patient. Il n’a jamais pogné les nerfs pour toutes les fois où je sautillais en parlant de mon fanzine mon fanzine mon fanzine tsé mon fanzine. À la fin, quand il l’a pris dans ses bras, il a dit que c’était le plus beau premier fanzine qu’il avait vu. Puis on a pleuré et on s’est serré longuement dans les bras l’un de l’autre tandis qu’à la fenêtre on pouvait voir les feuilles voler au vent.


Un serpentin de fuckolat mou.

La vie est une beurrée de marde (mais pas tout le temps).

J'ai foutu le bordel chez Mathieu. Il m'aime encore. :D

En tout cas, tout ça me donne juste envie d'en faire un deuxième.

mercredi 10 octobre 2012

Du beau Frédéric Dumont


Fredoune m’a écrit un poème, un très beau poème. C’est moi qui lui ai demandé ça. J’ai dit j’veux un poème en oune, parce que je suis sa gnougnoune-poupoune-coucoune depuis plus d’un an, parce que je suis une ossetie qui demande des affaires, pis il l’a fait. Alors voici l’oeuvre : 


À Gougoune


As-tu mis ta ploune
dans l'eau chaude?

Ô ma gougoune!

Laisse-moi boire la tasse
la plus laide de ta cuisine

Laisse-moi être le nono
de ta nounoune.



Je te rappelle (ou je t’apprends?) que Fredoune sort un nouveau recueil de poésie le 27 octobre. Volière, publié aux Éditions de l’Écrou. Ça va TORCHER DES CULS AVEC UNE SERVIETTE CHAUDE, comme dirait Ranger.




mardi 25 septembre 2012

Ça faisait PAPAON PAPAON dans mon cerveau


Malgré leurs pouvoirs magiques de régénération, on peut rarement multiplier les lombrics en les tranchant en deux, mais cela demeure possible chez certaines espèces, en fonction de la coupe et des dommages subis. -Lora Zepam, Les lombrics

Un manné j’ai senti que j’allais pleurer, ça s’en venait, ça partait du ventre et ça montait par les bras, en faisant un détour par la gorge où y’a souvent du trafic ces temps-ci, pis c’était rendu aux yeux, mais c’est pas arrivé, j’ai pas pleuré. Je prends des médicaments, c'est des antisudorifiques pour l’âme. Avec ça, je peux me permettre d’en faire un peu plus qu’avant. Un petit poids de plus sur mes épaules osseuses. Une claque sua yeule. Des sueurs froides. De la tristesse. De la beauté qui fait mal. Et qui fait sourire aussi. Et rire. LULL. Concentré de jus de noune de Vickie Gendreau. Je vais le relire. Mais pas tout de suite, parce qu’il me dévisage sur mon futon, faussement relaxe sur mes papiers d’impôt, ma facture de vet pis le cahier à dessins de Darnziak. Le livre de Vickie est vivant. Po aussi est couchée sur le futon, elle fait sa toilette. Elle lèche le bout de sa queue, et ça fait un bruit de friction, ça sonne rugueux. C’est parce qu’elle lèche Testament en même temps que sa queue. J’espère que ça va pas lui laisser une odeur d’haleine de chatte, c’est la copie de Darnzizi. Ce matin avant que je déjeune, Jocelyne m’a appelée et m’a demandé si je pouvais aller la voir, elle voulait me parler. OK. Je m’habille, parce que je veux pas me présenter chez Jocelyne avec mon pyjama de dépression, pis je cherche la switch pour ouvrir le passage secret qui sépare nos logis. Une Jocelyne découragée, au milieu de trois milles sacs de vidanges poffés au maximum. Si vous avez déjà fait votre paiement, nous vous en remercions et vous prions d’ignorer cette lettre. Elle est découragée parce qu’il y a des punaises dans le Manoir.  Crédit d’impôt pour solidarité. Je dis c’est pas grave, Joce, on va les vaincre. T4 féline…….. Quantité 1.00……. Total $81.00 T. Je les connais, les punaises, je vais leur murmurer des choses à l’oreilles, pis ça va bin aller pour nous. Votre Cyber Facture Koodo Mobile est prête. Joce est au bord des larmes, mais elle a pas le temps de pleurer, l’exterminateur s’en vient. Moi j’ai pas peur de rien. J’ai même pas peur de lire.

Vickie est vivante. Vickie est plus vivante que toutes les Cimex lectularius de la planète.