jeudi 4 juillet 2013

Avant que le truck de vidanges ne passe

Je suis pas dedans solide pour bloguer ces temps-ci, mais là, j’ai un truc urgent à partager, chère lectrice. Je suis préoccupée par plein d’affaires, parce que la vie est toujours préoccupante pour les angoissées, mais la plupart de mes préoccupations ne te concernent pas, heureusement. Par contre, il y une chose pour laquelle tu pourrais faire la différence.

Je vis dans une province qui peut se vanter de battre un beau record : le Québec jette un demi-million d’animaux de compagnie annuellement. Oui, à chaque année. De ce nombre, une bonne part est tuée. Présentement, on déménage en masse, alors beaucoup de gens se débarrassent de ce qui les encombre : électros que même Elvis voudrait pas, vélos stationnaires reçus à Noël, divans qui puent le renvou, chats qui perdent leurs poils, chiens qui hurlent neuf heures par jour. Nos animaux sont des ordures.

Ça me met en crisse.

Mais plus encore, ça me brise le cœur. Et ça me lève le cœur. C’est pas un hasard si on traite nos animaux de compagnie, nos enfants, comme des choses. D’après le Code civil du Québec, l’animal est un bien meuble. Tchèque l’article 905 :

Sont meubles les choses qui peuvent se transporter, soit qu’elles se meuvent elles-mêmes, soit qu’il faille une force étrangère pour les déplacer.

T’as beau avoir nommé ton chat Jean-Seb, il demeure un bien meuble. T’as beau avoir dressé ton chien (Pierre-André) à retrouver des enfants perdus, il est toujours considéré comme une putain de chose qui se meut elle-même. Après, faut pas s’étonner qu’on gère nos animaux comme des vidanges. Surtout aux alentours du 1er juillet.

C’est pourquoi en ce moment, pire qu’en temps normal, j’écœure tous mes amis pour trouver de l’aide. Et même si je suis totalement consciente que je ne peux pas être responsable de tous ces animaux-déchets, je sais que chaque animal sauvé compte. Je regrette pas d’avoir déployé de l’énergie pour trouver un foyer à Ron Jeremy. Aujourd’hui, quand je passe devant l’église où je l’ai trouvé, j’ai encore le réflexe de chercher de l’œil un chat caché dans les buissons. À chaque fois, ça me soulage de le savoir sauvé, mais je pense également à tous les autres.

Oui, il y a des gens dévoués qui s’occupent d’eux, mais c’est encore insuffisant. Et d’ici à ce qu’on puisse régler le problème à la source, je crois qu’on doit faire tout ce qu’on peut pour s’occuper des animaux-déchets qui ont présentement besoin d’un toit, de nourriture, d’eau, de flatte-flatte, de soins. Évidemment, puisque j’insiste sur l’importance d’être responsable des animaux qu’on adopte, je n’incite pas les gens à en adopter s’ils ne peuvent pas en prendre soin décemment. Mais toi, chère lectrice, si tu peux et veux prendre soin d’un animal, pense à ces animaux-déchets qui peuplent les refuges ou qui errent dans ton quartier. Fuck les animaleries – wtf, vendre des animaux? – quand on pense à tous les refuges qui débordent : il y a la SPCA, le Repaire de Sasha, le Réseau Secours Animal, Adoptez un chat errant, Adoption chats sans abri, le Refuge pour chats de Verdun, Projet Sphinx, Adoption animale Rosie, Gerdy’sRescues & Adoptions, etc. Ça manque pas!

Il y a aussi le Berger blanc. Mais tsé, donner de l’argent au Berger blanc, c’est un peu comme financer un abattoir pour chiens et chats.

Si c’est impossible pour toi d’adopter un animal (ou un autre animal, dans le cas où tu en aurais déjà un ou plusieurs), tu peux quand même faire quelque chose tussuite! Regarde ça :

Faire un don. La plupart des refuges dépendent entièrement des dons du public et du travail de bénévoles acharnés. Même les touptits dons comptent! Les dons en nourriture, litière et accessoires peuvent aussi être très utiles.

Devenir famille d’accueil. Tu gardes un chien ou un chat chez toi jusqu’à ce qu’il soit adopté, ou durant une période que tu choisis. Les familles d’accueils sont très recherchées, surtout pour les animaux qui ont besoin de soins spéciaux, pour les chattes et chiennes enceintes, les très jeunes animaux et ceux qui n’arrivent pas à s’adapter à la vie au refuge. Imagine un chat qui a vécu dix ans seul avec une grand-moman tranquille et qui se retrouve subitement dans une pièce avec des dizaines de chats. C’est un choc, pour lui! Tu peux aussi recueillir un chat errant, le temps qu’on lui trouve un foyer permanent. Les refuges ne fonctionnent pas tous de la même manière, mais généralement, les soins médicaux sont payés, et ton rôle est de prendre soin du dividu félin ou canin, de l’aimer et d’observer son caractère afin de lui trouver le meilleur foyer du monde.

Devenir bénévole. Ce qui est beau avec ça, c’est que même si t’es allergique, tu peux faire du bénévolat! OK, tu vas pas aller brosser les chats ou promener les chiens, mais certains refuges ont régulièrement besoin d’un coup de main pour les communications, les campagnes de levée de fonds, les transports chez le vétérinaire.



Zora n'aime pas la vie au refuge. C'est la deuxième fois qu'elle s'y retrouve dans sa courte vie. Je pense qu'elle est tannée, Zora.
 
Ça fait dix-huit ans que Po et moi on vit ensemble, et j’ai calculé qu’on a déménagé dix fois. Son existence a souvent compliqué mes recherches d’apparts, mais jamais, pas une seule seconde, je n’ai considéré la laisser derrière moi. Durant l’année où j’ai vécu dans un studio, c’est Patrick qui gardait nos chattes, parce qu’entre une petite pièce sans balcon et une maison avec grande cour arrière, on a choisi l’endroit qui nous semblait le plus adéquat pour nos chéries. Et s’il avait fallu qu’aucun propriétaire n’accepte de me louer son appart, même en échange d’un dépôt qui couvrirait d’éventuels dégâts causés par mon prédateur gériatrique, bin je lui aurais caché sa présence. J’ai un chat, pis c’est pas de tes affaires. Essaie de me crisser dehors, astheure. Ma Po dérange personne. Crisse-moi donc dehors, voir. Aweille.

Si j'avais un enfant je l'oublierais à picerie

À la caisse. Je veux déposer le premier chèque que je reçois au nom de Lora Zepam.

Madame 1 : HAN! C’est toi Lora Zepam?!
Moi : Oui...
Madame 1 et 2 : Aooon!
Madame 1 : Comment va Po?
Moi : Elle va bien. À part pour le kyste qu’elle a dans le front, elle s’est un peu trop frotté la tête il y a trois jours – elle aime bin ça se frotter le front – et depuis elle a une petite gale.
Madame 2 : Hon, pauvre chouette!
Moi : Je surveille ça de près, je désinfecte avec du Baxedin.
Madame 1 : Tu nous tiendras au courant!
Moi : Oui oui! Je vous donne des nouvelles sur sa pageFacebook.

Pour m’éviter les 50 cennes de frais au comptoir, je retire le cash au guichet. Par principe plus que par économie. Je sors, je marche un coin de rue, puis le gars devant moi me fait un signe que je comprends à moitié. Je pèse sur pause et me retourne, et je vois une femme qui me court après avec ma carte de guichet dans la main. Shit. J’avais oublié ça dans la machine. Et j’entendais pas cette gentille femme parce que je suis incapable de marcher une minute sans avoir de la musique dans les oreilles. Merci madame. Merci monsieur. Ça m’évite bin du trouble, ça. Je rentre chez moi sans oser peser sur play.

Plus tard en soirée, tout juste avant que je quitte le lancement de Dulude et Paillé, le gros Morin m’a redonné ma médication psychiatrique que je lui avais accidentellement remise avec une pile de fanzines. Merci, gros Morin. Ça m’aurait fait chier de manquer ma dose.

Ma mère dit tout le temps qu’on a tous un ange-gardien. Pourquoi faire?

lundi 24 juin 2013

mercredi 5 juin 2013

Nouveau fanzine, Po, Zinc et cunnilingus chez les megabats



Hier soir, j’ai fini d’assembler tous les exemplaires de mon dernier fanzine, Les araignées géantes,
illustré par Darnziak. Un total de 100 copies, toutes numérotées. Ce projet traînait depuis mars. Faut dire qu’entretemps, en plus de rusher sérigraphiquement (oui, on va dire que c’est un adverbe qui existe), j’ai eu bien des affaires à faire et à penser à. J’ai mille choses à dire, mais ça reste coincé dans ma gorge. Je tousse depuis trois semaines, je sais pas pourquoi. Je me demande si j’ai pas commencé à fumer en cachette. Je vais faire une enquête auprès de mon entourage. D’un coup que.

Po va bien. Ses tumeurs mammaires m’inquiètent un peu, mais elle semble aller bien quand même. Ce soir, elle s’est fait une cape avec un sac de plastique. Elle a fait du pain sur mon lit, s’est collé le front contre moi, et présentement elle dort en crevette à mes côtés. Je trouve que notre relation interspécifique est pas mal parfaite.

Le 20 juin, je serai en librairie, dans le Zinc numéro 29. Thème : villages. Je trouve ça quand même pas mal essitant. Pis ma maman est fière de moi.


Bonne journée bye bye bye.


Cynoptera sphinx, un petit animal lubrique.


lundi 13 mai 2013

Mon ange Victoria's Secret

Aujourd'hui, ta colère flamboyante et tes pétages de coche me manquent en tabarnaque. Je peux-tu leur crisser une planche de Ouija par la tête? Dis oui, stp.

lundi 29 avril 2013

La fois où on a vu le vrai Shawn Cotton


Je voulais me lever tôt pour arriver à l’heure à la première partie de pétanque de la saison, mais j’ai échoué. Quinze heures? Heille wo. Je me suis levée à cette heure-là, mardi dernier. En faisant un effort. Mais j’ai encore mal dormi — en plus j’ai rêvé que Jeff Fillion me poursuivait en pleurant parce que je refusais ses avances, il disait que j’étais la femme de sa vie — et Po a bien essayé de me réveiller tôt, mais j’ai pas pu me lever pour autant. Et maintenant, quand je me recouvre entièrement avec mes draps pour l’empêcher de me taponner la face, elle grimpe sur ma tête. L’ossetie. En ronronnant très fort. Je peux pas me fâcher contre Po, c’est juste pas possible. Aon, Po.

Après avoir nourri et lavé mon corps, je l’ai traîné jusqu’au parc, où mes amis jouaient. Choukri m’a fait des grands signes pour attirer mon attention, question que je me perde pas dans la foule dense (première journée d’été de l’année, ça attire les humains, ça!). Le gros Morin aka Darnziak était là, lendemain de brosse. J’ai dit moi aussi je suis lendemain de brosse, même si j’ai pas bu hier. Nous on n’a pas joué du tout à la pétanque. Ça va être mon troisième été dans cette ligue, et j’ai encore jamais joué. Ça va venir. Aujourd’hui, Darnziak pis moi on était trop zombies pour faire autre chose que rester assis et parler un peu. Bertrand avait des belles lunettes soleil. Il était « habillé en Léa ». Pis Léa, bin, elle était habillée… en Léa. Même avec une casquette de su Reitmans, elle a l'air de Léa. J’avais apporté mes flamants roses pour les photographier au parc. C’est pour Vickie. Je lui envoie un flamant rose par jour. Un manné elle va nager dans une mer rose.


Ce fut leur première sortie. Léa a beaucoup joué avec celui à droite.

Après, on est allés mater les chiens au parc à chiens. On a vu un chien qui s'appelle Milou. J'ai déjà vu pires drames. Grizzli, c'est bien. Surtout que le Grizzli en question avait un sale caractère. Bon, c'est sûr que c'est pas aussi cool que Céleri-Bill, le nom de l'ancien chien de Bertrand. La chienne qui ressemblait à Sprocket mettait ses pattes sur nous comme une maudite mal élevée. Léa était un peu moins à l’aise. Parce que Léa a peur des chiens. Mais elle est super brave! On s’assoit en plein milieu du parc, entourés de chiens, et elle les flatte doucement quand ils viennent faire connaissance avec nous. Moi, je suis pas encore rendue au point de m’assoir au milieu d’un champ de criquets. Je serais très fière d’y arriver, par contre. Et cré-moué que je vais me vanter solide si je fais ça.

Un peu avant que je quitte, Léa a dit : « Heille y a un sosie de Shawn Cotton là-bas ». On s’est tous retournés pour le fixer. On était bin d’accord, le gars ressemblait effectivement à Shawn Cotton. « Y est-tu aussi beau? ». Là, le sosie de Shawn Cotton a commencé à marcher vers nous. Pis c’est là qu’on a vu… que c’était LE VRAI SHAWN COTTON. Eh que je te finis ça sur un beau punch, han?

Bonne nuit, bye.

mercredi 24 avril 2013

Soigner Mathieu

Mardi matin, 15 heures (ouin, je me lève tard). Mathieu m’appelle. C’est rare qu’il m’appelle, on a l’habitude de s’écrire des emails, des tweets, pas d’utiliser cette machine archaïque. Mais là il m’appelle parce qu’il a besoin de mon aide pour deux choses urgentes. Il veut des médicaments pour soigner sa dysenterie, et il veut que j’aille lui acheter un routeur sans-fil parce que le sien vient de lâcher — ce qui explique l’usage inattendu du téléphone. Entre le routeur et les médicaments, je sais pas ce qui est le plus urgent pour lui, mais j’ai pas le temps de niaiser. Coup de chance : nul besoin de courir chez Future Shop, je vais lui donner mon routeur inutilisé. Bon, est-ce que je mets un masque pis des gants avant d’aller chez Mathieu? J’ai tellement peur de ça, la gastro… Si j’en pogne une maintenant, je me retrouve à pital. Je peux pas me permettre de maigrir encore plus, j’ai défoncé mon budget de graisse depuis longtemps.

Je vais voir Jean Couteux et je lui achète des potions magiques, puis à picerie je ramasse un deux litres du ginger ale, mais les bananes sont trop vertes. Je trouve des bananes mûres à la troisième fruiterie. Avec tous les détours que j’ai faits, elles ont eu en masse le temps de mûrir, les câlisses. (Hein, je sacre après des bananes?)

Pendant que Mathieu m’explique qu’il est une machine à café, je garde mes distances. J’ai peur que le virus me saute dessur. Je branche le routeur, je lui apporte un verre d’eau et une cuillère, du Gastrolyte  en sachets et du Immodium, puis je me lave les mains. Pis je rajouter une couche de Purell après. On n’est jamais trop parano avec la gastro.

Mardi soir. Je joue à Dr Mario, Po est couchée à côté de moi. Le Ringuette arrive et s’apprête à la flatter tendrement, puis s’arrête sec. Regard mi-déçu mi-accusateur, il me dit : « T’as déplacé sa serviette?! » Grave comme si j’avais tué tous les chats du monde. Po reste couchée, l'air de s'en crisser solide.





Pour m’aider à payer les soins de Po, Joanie m’a acheté trois kits de macarons J’aime les chattes. Elle m’a suggéré de les faire tirer sur Terreur Terreur, alors j’ai décidé de faire TROIS (3!) super concours capotés! Tous les détails sont ici. SOIS NOMBREUX à participer!