samedi 29 septembre 2012

Mathieurseno et le bacon solide ou Comment rendre une vidéo culte sans jamais la faire circuler


La fois du bacon solide, c’est une sortie mémorable que j’ai faite avec Mathieu et Vickie. Je suis sûre que je vais en parler encore dans 40 ans, si je vis encore, parce que je suis une ossetie de radoteuse.

La musique du Passeport, c’est pas trop le genre à Vécké, mais il s’adonne que ce soir-là, elle a l’air d’aimer ça pis elle danse (solide). La danse caractéristique de Vécké, ça me rappelle la méditation dynamique, mais avec des faces de Vécké, faque ça donne un résultat qui ressemble à rien d’autre que la danse de Vécké. On est donc tous les trois sur la piste de danse, Mathieu pis moi on a pas mal de fonne à essayer d’apprendre les moves de notre amie. Vers les trois heures, Mathieu est si saoul qu’il grimpe sur les tables et crie dans le bar. Je suis assez étonnée, parce que c’est pas du tout dans ses habitudes d’avoir un comportement de paquet de troubles, mais je dois dire que c’était assez drôle à voir. Je lui dis quand même de se calmer un peu, je voudrais pas que le doorman nous sacre dehors et qu’on soit bannis du seul bar où on peut danser comme ça.

Avant de sortir, Mathieu avait lancé l’idée de finir la soirée dans un parc pour jouer dans les « appareils ». Tsé, les modules de jeu dans les parcs pour ninfints? Les trapèzes, les balançoires, les échelles, les glissades, les COSSINS? Bon. Est-ce que je connais quelqu’un à part lui qui appelle ça des appareils? Lui, il dit ça depuis son enfance, et je sais pas pourquoi. Peut-être qu’il trouvait ça hot comme mot, parce que ça sonne spécialisé (ou pas). Tout ça pour dire qu’en sortant du bar, je me demande s’il est toujours dedans pour aller jouer dans les appareils. Mais là là tussuite, il a faim. Alors on se dirige au Lafleur pour du bon fast-food de grèse qui coule à terre. Et il se trouve là, le point culminant de l’histoire que je raconte qui est même pas si hot que ça. Pendant qu’on fait la file, je sors mon Blackberry pour filmer le Mathieu saoul. La caméra de mon Blackberry, c’est pas très flatteur quand on filme de près. Tu sais ce que ça fait, un grand angulaire? Ça fait des têtes ballounes. D’ailleurs, on a un peu abusé de l’effet pour faire des photos d’animaux quioutes...

Ce chiot va exploser.

Avec Mathieu, ça lui donne l’air d’une fourmi. Une fourmi avec des grosses lunettes et des cheveux frisés.

La vidéo dure trente-six secondes, on n’y voit que Mathieu, et Vickie durant une demi-seconde. Il y a ma voix hors champ, et ça débute avec Mathieu qui émet un râle de monstre en grimaçant comme un mongol un peu trop près de mon Blackberry.

Moi : T’es d’dans pour quoi?
Mathieu : Chu d’dans pour tellement d’affaires, ç’a pas d’allure.
Moi : Comme?
Matheu : Bin euh, chu d’dans pour du bacon solide. À 75¢. »
Moi : J’te demandais c’que tu voulais faire, pas c’que tu voulais manger…
Mathieu, encore plus tête de fourmi : CHÉ PAS CHU D’DANS POUR QUOI!

J’ai mis en gras la phrase importante, la raison du pourquoi je suis en train de raconter cet évènement, que dis-je, cette anecdote qui aurait pu passer directement à la corbeille. Mais non. Moi chu d’même. Être dedans pour du bacon solide, ça me fait rire. Même après un an.

Mathieu n’a jamais voulu voir la vidéo, et je lui ai promis de ne jamais la lancer dans les internets. Parce qu’il était saoul, là, mais saoul solide. Il a même oublié qu’on est allé jouer dans les appareils, qu’il s’est assis dans une mare d’eau, qu’on a croisé deux chars de flics qui tentaient de maîtriser des fêtards qui avaient l’air de vouloir se tuer, il a aussi oublié qu’il m’a appelée après que je sois rentrée chez moi, un appel drôle et awkward et pas très articulé. 

La vidéo est tranquillement en train de devenir virale, mais IRL seulement, parce que je la montre à nos amis sans jamais la mettre en ligne. Pis depuis un an, mes amis pis moi on est souvent dedans pour que’que chose solide.

jeudi 27 septembre 2012

Bonne fête, petit grand frère


Aujourd’hui, c’est la fête de mon frère. Il est très triste et lourd. On n’a pas les mêmes parents, mais on vient du même nid douillet, du même cocon de barbe à papa. Une enfance Luminous et magie. Les liens de sang, on s’en contre-querisse, tsé. Nous on est unis par quelque chose de plus fort que ça. On a été élevés avec de la douceur, à grands coups d’amour. À croire qu’ils se préparaient à nous décevoir, nos Barbamaman et Barbapapa.

Aujourd’hui, on sait pas vivre. On sait pas comment ça marche, ces affaires-là. On va jouer au Nintendo, à place. Amène-toué un ti Coke, moué j’ai un bol plein d’organes et de bananes. Aweille, ça va d'être le fonne.

Aujourd’hui, c’est la fête de mon frère, et mes amis sont tristes. Il faut les consoler, les écouter, les regarder, les caresser, les médicamenter, les aimer. Mes amis ont perdu beaucoup de plumes. Si je savais tricoter, je pourrais les habiller chaud. Mais je vais les réchauffer avec des muffins, des smileys, des XX pis des poils de chatte.

Aujourd’hui, c’est la fête de mon frère et il est darque. Nous on est deep, darques and delicious. Mèyes mais poids lourds. Si j’étais poète, je lui écrirais une chanson darque pour qu’il s’époumone dans ma ruelle. Mais je vas lui écrire une note de bloye, à place.

Aujourd’hui, c’est la fête de mon frère mais nos amis vont mourir. On vire une brosse pis on se fait tatouer « Mange du pouelle » sul chest. Nous on est des osseties.

Nous on frappe dedans la vie à grands coups de mourre.

mardi 25 septembre 2012

Ça faisait PAPAON PAPAON dans mon cerveau


Malgré leurs pouvoirs magiques de régénération, on peut rarement multiplier les lombrics en les tranchant en deux, mais cela demeure possible chez certaines espèces, en fonction de la coupe et des dommages subis. -Lora Zepam, Les lombrics

Un manné j’ai senti que j’allais pleurer, ça s’en venait, ça partait du ventre et ça montait par les bras, en faisant un détour par la gorge où y’a souvent du trafic ces temps-ci, pis c’était rendu aux yeux, mais c’est pas arrivé, j’ai pas pleuré. Je prends des médicaments, c'est des antisudorifiques pour l’âme. Avec ça, je peux me permettre d’en faire un peu plus qu’avant. Un petit poids de plus sur mes épaules osseuses. Une claque sua yeule. Des sueurs froides. De la tristesse. De la beauté qui fait mal. Et qui fait sourire aussi. Et rire. LULL. Concentré de jus de noune de Vickie Gendreau. Je vais le relire. Mais pas tout de suite, parce qu’il me dévisage sur mon futon, faussement relaxe sur mes papiers d’impôt, ma facture de vet pis le cahier à dessins de Darnziak. Le livre de Vickie est vivant. Po aussi est couchée sur le futon, elle fait sa toilette. Elle lèche le bout de sa queue, et ça fait un bruit de friction, ça sonne rugueux. C’est parce qu’elle lèche Testament en même temps que sa queue. J’espère que ça va pas lui laisser une odeur d’haleine de chatte, c’est la copie de Darnzizi. Ce matin avant que je déjeune, Jocelyne m’a appelée et m’a demandé si je pouvais aller la voir, elle voulait me parler. OK. Je m’habille, parce que je veux pas me présenter chez Jocelyne avec mon pyjama de dépression, pis je cherche la switch pour ouvrir le passage secret qui sépare nos logis. Une Jocelyne découragée, au milieu de trois milles sacs de vidanges poffés au maximum. Si vous avez déjà fait votre paiement, nous vous en remercions et vous prions d’ignorer cette lettre. Elle est découragée parce qu’il y a des punaises dans le Manoir.  Crédit d’impôt pour solidarité. Je dis c’est pas grave, Joce, on va les vaincre. T4 féline…….. Quantité 1.00……. Total $81.00 T. Je les connais, les punaises, je vais leur murmurer des choses à l’oreilles, pis ça va bin aller pour nous. Votre Cyber Facture Koodo Mobile est prête. Joce est au bord des larmes, mais elle a pas le temps de pleurer, l’exterminateur s’en vient. Moi j’ai pas peur de rien. J’ai même pas peur de lire.

Vickie est vivante. Vickie est plus vivante que toutes les Cimex lectularius de la planète.

La plus adorable des manipulations


Oh wow! Science de la quioutitude! Des chercheurs de l’université de Sussex ont identifié un ronronnement de sollicitation chez le chat domestique. Il est généralement admis que les chats ronronnement pour manifester leur plaisir, mais ils le font aussi lorsqu’ils sont souffrants ou très anxieux, par exemple durant une visite chez le vétérinaire, ou même lorsqu’ils agonisent. Le ronronnement est aussi très présent dans les communication mère-chatons. Mais je ne savais pas qu’un type de ronronnement en particulier est utilisé par le chat pour nous demander quelque chose (« Yeault, nourris-moi. Allez, lève-toi. Heille, j’ai faim. Allô. Poke. Réveille, Ti-Casse! », etc.). Je le savais pas, mais je le sentais. Intuition de folle au chats, tsé.

Écoute la vidéo qui accompagne l’article, et si tu connais bien les chats, tu devrais vite reconnaître ce son. Moi, je l’entends presque chaque matin. Po émet son ronronnement métallique hyperpuissant DANS MES OREILLES. Je comprends mal comment Dr Karen McComb, l’auteure de l’étude, peut trouver ça gossant. Pour moi c’est super agréable et extrêmement quioute, j’appelle ça son ronronnement rouillé. Ça chatouille, alors souvent je pars à rire quand elle me fait subir ça. Je peux pas trouver ça désagréable comme un miaulement perçant, et je peux pas non plus l’ignorer. Ce qui fait que si mes caresses ne lui suffisent pas — parfois je peux gagner une heure de sommeil si Po et moi on trouve une posture de sommeil confortable — je me lève et je remplis son bol. Elle produit aussi ce type de ronronnement quand je me prépare à lui donner du petit mou en canne. Les conclusions de cette études me semblent donc très sensées, c’est clairement de la sollicitation, une gentille manipulation. Par contre, je suis pas d’accord avec une chose : « Previous studies have found similarities between a domestic cat’s cry and the cry of a human baby — a sound that humans are highly sensitive to. » Oh oui, je suis peut-être sensible aux pleurs des bébés, comme bien des humains adultes, mais je pourrai jamais considérer que le ronronnement ou n’importe quel cri de chat puisse être aussi désagréable que les pleurs d’un bébé, sauf peut-être leurs cris démoniaques de combat. Pis même encore.

Astheure, je voudrais bien identifier et interpréter tous les types de broulx que fait Po.

dimanche 23 septembre 2012

Ça prend bin Vécké pour me faire orgarder la tévé


Vickie Gendreau parle de Testament à Tout le monde en parle, ce soir.

Clique sur Vickie!

Testament?

Non.

Testament?

Oui.

samedi 22 septembre 2012

Darwin et les vers de terre

J’apprends des choses fascinantes sur les lombrics. Par exemple, j’ai su que Charles Darwin fut l’un des premiers défenseurs des vers de terre, qui autrefois étaient considérés comme nuisibles pour l’agriculture. Darwin les a vraiment étudiés de près. Dans La formation de la terre végétale par l'action des vers de terre, écrit en 1881, il dit entre autres ceci :

« Les vers ne possèdent aucun sens de l'ouïe. Ils ne font aucune attention aux sons stridents d'un sifflet métallique faits à plusieurs reprises dans leur voisinage ; ni aux sons les plus graves et les plus forts d'un basson. Ils se comportent avec indifférence aux cris, si l'on prend la précaution de ne pas les effleurer de son souffle. Quand on les pose sur une table près du clavier d'un piano joué aussi fort que possible, ils restent tout à fait tranquilles. » 

Moi, quand je lis ça, je pense à ça : 


La science, c'est des affaires de sérieux.


Bon, je retourne à mes vers. Entre temps, si tu as quelque chose à me dire au sujet des vers, ça va me faire plaisir. Merci.

vendredi 21 septembre 2012

Meilleure épitaphe du monde


Hier soir, je tchattais avec Darnziak

Lora Zepam : Heille. Ça t’arrive pas, ces temps-ci, de te demander ce que tu ferais si t’apprenais que tu vas bientôt mourir?
Darnziak : Pas vraiment… Toi?
Lora Zepam : Oui. Et je voudrais pas que ma fin de vie ressemble à ça. Et c’est terrible parce qu’on sait jamais si on est précisément en train de vivre nos derniers jours.
Darnziak : Ouf. Il y a rien qui garantit non plus qu’on sera capable de mieux vivre si on sait qu’on va mourir. On va peut-être rester médiocre et triste jusqu’à la fin. (Wow, je suis vraiment, vraiment positif ce soir, hein.)

Là, j’ai lâché un gros lol.

J’étais dans un mood darque, Darnziak était Darqueziak, pis on s’entrainait tous les deux dans une downward spiral of the darque. Pis j’ai trouvé ça drôle, son « médiocre et triste jusqu’à la fin », pis j’ai décidé que je voulais ça comme épitaphe. Faque ouin : si je ris, je suis pas si darque que ça. Si je ris de ma médiocrité, de ma tristesse, de ma mort, je suis pas si darque.

J’aimerais pouvoir rire de tout, tout le temps.

Je veux pas insinuer que je vais mourir dans les années 10, là. Je sais rien, moi.