jeudi 20 décembre 2012

Dimanche au Salon Nouveau Genre (et su Jos Dion)


Le dimanche matin était encore plus pénible pour la petite créature nocturne que je suis. Je regrettais encore plus de d’avoir sacrifié ma sieste de la veille, et j’espérais pouvoir trouver une manière de dormir assise sans fermer les yeux. Les chevaux sont capables, me semble?

Mais j’aurais pas pu dormir anyway parce qu’il y avait toujours des humains avec qui interagir. Pis c’est ça que je voulais, au fond! J’ai même texté l’Angélique pour l’inciter à venir me voir. « Ta soeur vient de me montrer sa vule. Viens donc! » En effet, sa soeur Alex était là, et elle venait tout juste d’acheter un magnifique étui « VULE » conçu par Sara. J’étais pas mal envieuse, alors je m’en suis procuré un. Au lieu d'avoir l'inscription « VULE », il est garni de plein de vules. C'est super beau, ça donne un aspect motif fleuri. Sara a fait ça avec des patates. Des vules imprimées par des patates? Sara, tu vis dans ma tête, toué. Angélique a fini par se pointer, et je lui ai montré mes vules. Elle était accompagnée de sa pouliche, que j’avais encore jamais rencontrée. J’ai pas pu jaser bin longtemps avec Angé, pis j’ai même pas eu le temps de me frotter dessur pour m’imprégner de ses phéromones, mais je savais que je la reverrais plus tard en soirée.

Ensuite, j’ai eu la visite de Chogna, ma chère cousine et amie qui autrefois faisait partie de mon quotidien. Elle me manque, la Chogna. Et comme toujours, elle avait plein d’affaires à me dire, mais ses idées étaient embrouillées, parce qu’elle attend encore après un médecin pour soigner son déficit d’attention, elle espère qu’il lui prescrira enfin des médicaments efficaces et qui, cette fois, ne vont pas amplifier son anxiété. Oui, c’est chiant et ardu, prendre soin de sa santé mentale. J’aimerais ça être là pour ma Chogna, parce que je sais qu’elle est fatiguée, je voudrais prendre soin d’elle, et aussi célébrer les belles choses de la vie — y’en a encore, oui oui. Pis en plus, Chogna c’est l’enthousiasme sur deux pattes, faque faire la fête avec elle, c’est toujours un vrai parté de vrai fonne.

Plus tard, pendant un moment d’accalmie, Mathieu et moi avons eu la visite d’un couple particulier. Deux gars dans la trentaine. Le premier semblait être un genre de grand frère ou tuteur pour le deuxième, et il avait l’air d’un vrai geek, de type semi-autiste. Il scrutait les cartes d’auteurs de Mathieu, la tête penchée, les yeux collés sur le texte. Super absorbé. Puis, il est venu voir de près mes macarons de beubittes et mon fanzine. On a discuté de ça assez longtemps, il avait l’air de tripper pas mal sur les insectes et les connaissait assez bien. Son ami au regard d’enfant, qui disait rien depuis le début : « Moi j’aime pas ça les perce-oreilles. C’est laitte. » J’ai tenté de défendre les perce-oreilles (regarde des bébés perce-oreilles pis viens me dire que c’est laitte, voir!), mais il avait pas l’air dedans pour se remettre en question. Ils sont partis, le deuxième suivant de près le premier. Mathieu : « Je voudrais tellement voir ce qu’ils font dans une journée. C’est des vrais personnages. » Ils étaient fascinants et beaux à voir, et je dis ça sans aucune ironie.

Vers la fin de la journée, je me suis décidée à quitter ma table pour aller aux toilettes — vraiment trash, des tampons souillés et des kilomètres de papier de toilette qui traînent par terre, la poubelle qui déborde — et en revenant, Alexandre était là avec des amies, dont Leïla qui a les plus beaux cheveux verts du monde. Mathieu vouvoyait Alexandre, il l’avait pas reconnu à cause de sa moustache. Quelle surprise. Comme les plans de la soirée commençaient à se préciser, j’ai invité Alexandre pis sa moustache su Jos Dion pis je lui ai donné un macaron de Linel Richel.

Sur le chemin du retour, Mathieu pis moi on a trouvé un pigeon. Les pigeons de Québec, sont pas comme les pigeons de Mourial : il volent. Mais notre pigeon, là, il volait pas. Il se tenait au pas d’une porte, en boule, tout poffé. Et il n’avait qu’une patte! Monsieur Pigeon? Avez-vous perdu une patte? Monsieur Pigeon, êtes-vous correct? Je me suis approchée, et Monsieur Pigeon a fait réapparaître sa deuxième patte. Aon, ouf. J’ai parlé de Monsieur Pigeon à Litchi, et d’après elle, c’est pas rare de trouver des pigeons brisés qui veulent pus voler. Peut-être qu’ils ont pogné ça des ceuses de Mourial? Ou peut-être que j'aurais dû prendre soin de Monsieur Pigeon?


Cette fois, j’ai fait une sieste. Simon était chez Litchi, déjà prêt à sortir su Jos Dion avec nos fous, et j’ai laissé tout ce joyeux monde s’animer devant la télé dans le salon, et j’ai vaguement dormi durant presque une heure. Miro est venu me rejoindre pour me poker et me dire « yeault, fille, lève-toué ». Je l’ai flatté pis je suis allée rejoindre les autres. 

OUÉ, CE SOIR, C’EST SU JOS DION. \o/

On était les premiers à prendre d’assaut la place. Mathieu avait hâte de conquérir le juke-box, pis moi j’avais hâte à tute. L’Emmanuel s’est joint à nous malgré son rush de fin de session et la fatigue qui vient avec. Tout le monde — sauf moué, bien sûr — s’est commandé de la grosse Laurentide. Pis heille, c’est pas parce que j’aime pas la bière que je peux pas reconnaître que la Laurentide a le plus beau design d’étiquette de bière de l’univers.

Tu trouves pas?

Le niveau de fonne a grimpé d’une shot quand Simon a mis Danger Zone. C’est plate qu’Angé ne soit pas venue, j’aurais tant aimé lui chanter « Allô? C’tu moué qu’tu r’gardes pour? ». En tout cas, on se gâtait solide sul juke-box. Mathieu n’a pas regretté d’avoir dépensé tous ses profits su Jos Dion. « Stevie Wonder, c’est le Patrick Normand américain. » On a même dansé presque sensuellement sur Careless Whisper, tout en tas.

Quand Simon, Alexandre et Emmanuel sont sortis fumer, et je les ai accompagnés pour leur montrer la vidéo du bacon solide. La veille, je l’avais montrée à Litchi et Jérémy. Cinq (5) personnes de plus ont donc visionné cette vidéo. C’est important.

J’ai tellement ri ce soir-là que j’avais mal à la face. Pis c’est là que je me suis dit que si je ris de même tout le temps, ma face va devenir ultra musclée, brune et bien huilée comme un poulet rôti. Mais j’aurai pus mal. Oué. C’est d’même que ça marche.

En jasant — oui, on jasait beaucoup — on s’est rendu compte qu’on avait tous vu La classe américaine — sauf Simon, mais on va remédier à ça assez vite — pis juste d’en parler ça m’a donné envie de le revoir, mais de le revoir avec eux, pis avoir mal à la face, encore, et rire de Mathieu qui rit de la joke de pet.

Petite déception : J’ai parlé avec Emmanuel et il a pu me confirmer que c’est pas Linel Richel qu’on a vu le vendredi en arrivant. Linel peut pas se rendre aussi loin, il ne flâne que dans la cour intérieure de La Garçonnière où il vit avec Emmanuel et Alexandre, ses colocs humains. Buh.

Chez Jos Dion, on a remarqué une chaise avec un portrait et un nom installée en haut d’une des entrées. J’ai demandé au barman, intriguée, si c’était la chaise du fameux Jos Dion. Il m’a dit que c’était celle d’un client régulier qui est mort le mois dernier. Il a passé tous les jours de sa vie chez Jos Dion, depuis sa naissance, presque. J’ai trouvé ça touchant, quand même (mais j'ai pas osé demander s'il était mort sur cette chaise). Je sais que je pourrais jamais recevoir un tel honneur. Parlant, d’honneur, Mathieu s’est fait offrir une langue de porc par le staff du resto où il avait soupé juste avant. Tout le monde était fin, ce soir-là! J’aurais jamais cru que St-Sauveur serait mon quartier de Calinours.

La suite est floue (je devais être trop saoule, han), mais je me souviens être sortie de là avec Mathieu, Litchi, Jérémy, Simon et Alexandre, pis un manné, Alexandre s’était volatilisé. En arrivant à l'Auberge Litchi, on a regardé Les Inconnus, Les Appendices, RBO, pis La bataille de Farador. Encore eu mal à la face.


Simon a dormi avec la laveuse, Mathieu pis moi on a dormi avec le sapin. Je m’invente peut-être un souvenir, mais il me semble m’être endormie ce soir-là avec l’impression que cette fin de semaine à Québec-Vile fut encore plus efficace qu’une potion bleue (une grosse).


EDIT : Simon me signale qu'on a fait jouer Danger Zone deux fois. Deux fois plus de fonne, donc.


*BONUS*

Pour toi, mes chers lecteurs avides de connaissances, voici quelques données sur cette mythique taverne.

Savais-tu que?…

- La Taverne Jos Dion est la plus vieille de Québec-Vile? Est là depuis 1933, ouémadame!
- Le poffecorgne est gratis?
- La place a ouvert ses portes aux femelles en 1986? Avant ça, le seul droit que les femmes avaient, c'était le droit de farmer leur yeule. Les clients du Jos Dion auraient dit OK pour les femmes lors de la tenue d’un vote populaire.
- La porte des toilettes pour hommes est surplombée d’une tête de chevreu, et celle pour femmes, d’un dardjére de chevreu? J’essaie de rien interpréter ici.
- Une Laurentide, c’est beau en câlasse?
- Le plafond de la Taverne Jos Dion est recouvert de belles moulurations? Lynda Tremblay a tripperait fort.
- C’est un bon spot pour les amateurs de sports? Mais je connais rien là-dedans.
- J'ai hâte d'y retourner?

lundi 17 décembre 2012

Samedi au Salon Nouveau Genre


Le samedi matin, j’ai obéi à mon cadran et je me suis levée à 8:30 pour être sûre d’avoir le temps de m’habiller, de manger, de bien me beurrer la face et surtout, de sortir un peu des vapes. Mathieu s’est réveillé genre huit minutes avant qu’on parte. Yé pas compliqué, lui.

On est sortis dehors habillés comme si on allait grimper l’Everest. Mathieu transportait ma grosse valise remplie de stock Doctorak, pis moi je traînais mon caddy à roulettes cheapo tout plein de belles gnéseries (et de manger et de kleenex). 

Ostie de ville en pente. Je te rappelle, mes chers lecteurs, que l’Auberge Litchi est en Basse-Ville. L’église St-Jean-Baptiste, où a lieu le Salon Nouveau Genre, est en Haute-Ville. Je me trouve chanceuse de pas avoir de maladie cardiaque, je serais bin morte dans la côte Salaberry. Consolation : Québec étant tatouée de jolies pouliches, j’en ai spottée une drette en haut des escaliers.


Aon.

Rendus sur place, Mathieu et moi étions pas mal contents d’avoir une table près de l’entrée, tout contre le mur. Un spot parfait. On était un peu loin de Carl et Sara, mais ça nous a pas empêchés de se visiter mutuellement pour jaser et s’acheter des beaux cossins. J’ai acheté deux autres Dans l’cul, sachant à qui j'allais les offrir.

Avoir eu un budget respectable, j’aurais acheté un ou deux foulards que notre voisine vendait. C’était pas des foulards ordinaires, c’était des foulards muppetisés! Des genres de Fraggle Rock monstrueux quioutes!

Parmi les premiers visiteurs, je remarqué une fille dont le visage me semblait familier. Apparemment, c’était réciproque… Ah! C’est Marika! Tu sais pas c’est qui Marika, c’est normal parce que j’en ai jamais parlé, c’est pas vraiment une amie. C’est une fille super sweet que j’ai connue durant un voyage Québec—Montréal. Au début de la ride, on s’était dit qu’on dormirait tout le long, pour finalement jaser comme des pies sales durant trois heures. J’étais contente de la revoir! On s’est échangé nos cartes d’affaires — elle est massothérapeuthe, pis moi, euh, je suis une femme d’affaires, oué — pis elle m’a montré des photos d’elle quand elle était une ado punk, pis m’a raconté ses histoires d’entomophagie en Asie. Paraît que les criquets frits, ça goûte un peu le poulet graisseux.

Plus tard est passé François, aka Maphto, qui bloguait pas mal durant l’Âge d’or des blogues. On s’était jamais vus! Il est sympathique, le Maphto. Mathieu trouve qu’il ressemble à Patrick, mais moi je sais pas comment Mathieu peut trouver que quelqu’un ressemble à quelqu’un d’autre puisqu’il est incapable de reconnaître un visage humain. François-Maphto pis moi on a jasé de beubittes, de chats et tussortes d’affaires, puis il est reparti avec son exemplaire de La punaise de lit

Oh! Moment quioute de la journée : un garçon de six ans s’approche de ma table, suivi de sa maman. Il regarde mes aimants en beads, et s’ensuit une conversation sur les jeux vidéo rétro.

— Lui je le connais, je l’appelle le champignon volant. Il faut le tuer deux fois : une fois pour tuer ses ailes, pis une fois pour le tuer, pis là y devient tout aplatit.
— Oui, en plein ça! Son vrai nom, c'est Paragoomba.
— Lui aussi je le connais, la grenouille, mais j’ai jamais joué avec parce que je me suis pas rendu assez loin.
— C’est le suit de grenouille dans Mario 3! On peut juste l’avoir dans le monde deux.
— Lui non plus je le connais pas.
— Ah, c’est normal, le tanooki on le trouve dans le monde cinq. C’est comme le raton laveur, mais il peut se transformer en statue.
— Lui aussi je le connais, je l’ai déjà vu.
— C’est le Shy Guy! Il apparaît pour la première fois dans Mario 2. Connais-tu aussi Birdo, le trans qui crache des oeufs? Yé dans Mario 2 aussi.
— Hum, non.

J’étais impressionnée. L’adorable petit garçon était tout content de partager ses connaissances, mais il a pas cherché à avoir l’air de tout connaître. Pas frais chié une crisse de seconde. Pis sa maman savait même pas qu’il en savait autant.

Autre visiteur trippant : SIMON DOUVILLE! J’étais heureuse de le voir, parce que j’ai pas assez souvent ma dose de Simon depuis que j’ai quitté Québec. Mathieu pis moi on sait que Simon va finir par déménager à Mourial. J’ai hâte.

Des nostalgiques du 8-bits, j’en ai vus toute la fin de semaine, et à chaque fois ça me fait plaisir de voir un gamin de 35 ans repartir avec un aimant de Megaman ou de Contra, le sourire jusqu’en ardjére des oreilles. Et avec les 27 000 beads qui viennent d’être livrés à ma porte aujourd'hui, je vais bientôt faire plaisir aux nostalgiques du 16-bits.

Une fois terminé notre première journée au Salon, on décide de nos plans de la soirée. Mathieu veut aller rejoindre Erika et Catherine, moi j’ai gravement besoin d’une sieste réparatrice avant de décider quoi que ce soit, faque je descends chez Litchi en crazy carpet. J’ai un peu failli me perdre, mais je me suis retrouvée un peu par hasard. Ma mère dirait que c’est mon ange gardien qui m’a guidée. Oué.

J’étais pas mal contente de m’écraser sur un divan confortable. Litchi m’a offert d’aller faire une sieste dans la chambre conjugale, mais j’ai dit nenon, je risque de m’endormir en boule sul divan pendant que vous jouez à Mario 2. Je la regardais essayer de bombarder un mur, pis réessayer, pis sacrer. J’étais si fatiguée, ça faisait mal comme durant mes années de cégep, mais j’étais bien et heureuse, pis j’ai finalement passé le reste de la soirée à placoter comme une grosse pie sale avec Litchi pis Jérémy. Heille, Jérémy, yé fin comme un chat. Litchi m’avait déjà dit plusieurs fois que son chum était fin, pis j’ai pu le constater par moi-même. Ces deux-là se méritent mutuellement, pis sont beaux à voir. En tout cas, on a tellement parlé de tussortes d’affaires que je leur ai même raconté la fois où j’ai lâché une job après seulement une journée, entre autres parce que ma superviseur parlait sans arrêt
— SANS ARRÊT— pis là je me sentais vraiment poche d’être aussi mémère, pis je m’imaginais devenir moi aussi une vieille crisse de radoteuse qui fait juste parler sans jamais écouter personne, pis ça m’a donné envie de me plaquer un tape sua yeule pour le reste de la soirée, mais Mathieu est arrivé pis on a continué de jaser un peu, jusqu’à ce qu’on se couche à une heure quand même raisonnable. Mathieu s’est endormi la face dans un épisode de Star Trek, la mienne dans La nuit des morts-vivants.

samedi 8 décembre 2012

Québec-Vule nous accueille trop bien


C’est en parlant de navet que je me suis aperçue que j’ai oublié chez moi ma série d’aimants de Mario 2. Pis mes deux Bubble Bobble. Je me trouve un peu poche, là. Mais c’est pas grave, j’aurai plein d’autres belles gnéseries à vendre demain.

Mathieu pis moi est en présentement couchés au Manoir Litchi. Son copain pis elle vivent dans un appart trop coquet, sur trois étages, avec un grenier mystérieux pour cacher des enfants pas fins, et un gros coffre bleu comme j’aimerais avoir, qui peut aussi servir à cacher des enfants, et Miro arrête pas de sentir les phéromones de Po qui recouvrent mon stock. Miro a des grands yeux aux pupilles dilatées, ça lui donne un air de renard empaillé mais en plus vivant. Yé doux. Yé beau. Pis il travaille fort pour attraper le p’tit point rouge.

Litchi et Jérémy sont aquariophiles depuis peu (non, pas une déviance sessuelle), et ils ont un beau bac rempli de plantes, de ti pouéssons et de BÉBÉS ESCARGOTS trop adorabes. Le plus petit qu’on a trouvé, celui qu’on n’était même pas sûrs si c’était une crotte ou un mini bébé escargot, bin on l’a appelé Ti-Concombre.

Oh! L’affaire hot qui est arrivée : Après une belle ride d’autocar — on avait la plus belle place, en première classe dans les tous premiers bancs pour voir la route et les paysages plates de la 20, pis Mathieu m’a dit que j’avais pas encore l’âge de vouloir m’assoir en avant — on a pris un taxi qui nous a déposés devant le Manoir Litchi, dans St-Sauveur. En sortant de la voiture, j’aperçois un beau chat poffé caramel et crème. « MATHIEU MATHIEU! Regarde! C’est Linel Richel! » Il dit que ça pourrait être bin des chats. Mais moi j’espère que c’est Linel Richel, parce que je sais qu’il habite dans le coin, et surtout parce que j’aime vraiment l’idée d’avoir été accueillie à Québec-Vule par Linel Richel. OK, il m’a pas regardée ni rien, mais quand même. Il s’est montré. J’tais un peu énarvée.

Là, faudrait que je dorme un peu, il est presque deux heures et je me lève à 8h30. Huuuuh...

vendredi 7 décembre 2012

Mes gars de Contra sont pas pires, mais mon Gemini Man est plus hot



J’ai passé la soirée chez Darnziak à faire des aimants en beads — que je vais vendre au Salon Nouveau Genre en fin de semaine, clin d’oeil — avec comme trame sonore : Low, la musique de Megaman 2, 3 4 et 5 et celle de Ninja Gaiden, pis aussi nos discussions de grosses pies sales si ça compte pour une trame sonore. Essaie juste d’imaginer mon fonne. En plus, j’avais le gros Chi à flatter, le chat le plus long et le plus mou du monde. Yé long à flatter, Chi. Je trouve qu’on devient de plus en plus amis, j’aime ça. Durant la soirée, le Ringuette m’a textée pour me dire que Po avait fait un renvou. Qu’est-ce qu’il a fait? Il m’a envoyé une photo. J’ai bien vu que c’était un renvou de motte de poils, rien d’alarmant. En rentrant au Manoir, après avoir habilement contourné les trois semaines de recyclage qu’on a accumulées dans des sacs, j’ai failli mettre le pied dans le renvou. Ouf, la chance. Je le ramasserai demain. Ce soir, je me couche tôt, car j’ai une guerosse fin de semaine qui m’attend.

Baille baille. Baille baille baille.

Il est intact. Ouf.

lundi 3 décembre 2012

Si un jour j’ai un chien, je sais déjà comment je vais l’appeler


La nuit dernière, Mathieu s’est réveillé en riant. Je dormais pas encore, alors je lui ai demandé ce qui le faisait rire de même. Il m’explique alors, non sans difficulté, qu’il vient de rêver que son oncle avait un chien nommé Ti-Concombre. « Ç’a pas d’allure comme nom, c’est tellement ridicule! Un chien qui s’appelle Ti-Concombre peut pas être pris au sérieux! » C’est pas SI drôle que ça, que je lui dis en essuyant mes larmes. Parce que là, on est deux à rire comme des fous, fous braques pour un Ti-Concombre. À chaque fois que je vois Mathieu rire de même — ça lui arrive pas si souvent, la dernière fois c’était pour une joke de pet dans La classe américaine, film qu’il a quand même vu plusieurs fois — je peux pas m’empêcher de rire autant, il me contamine systématiquement. Une fois qu’on a eu fini d’éponger nos ti peupis et ramassé nos ti morceaux de rate, on s’est endormis. Ce matin, je l'ai questionné pour voir s’il se rappellait de Ti-Concombre. Ça l'a restarté pour un bon quart d’heure. Si Mathieu lit ces lignes, je suis prête à parier qu’il va en rire encore. Ou, du moins, sourire assez pour se sécher les dents.

Ti-Concombre?

TI-CONCOMBRE?

vendredi 30 novembre 2012

Ça fait longtemps que j’ai pas parlé de mes dents


Cet été, j’ai dû me résigner à consulter un dentiste que je connais pas. J’ai souvent dit que j’ai pas peur des dentistes, mais cette fois, j’avais la chienne solide. J’avais peur parce que je connaissais pas ce dentiste, et moi je fais juste confiance à Dr Boubou. J’avais pas spécialement peur que ça fasse mal, j’ai même pas peur des injections, j’avais surtout peur que ça me coûte une fortune, parce que ma dent faisait mal, alors je craignais avoir besoin d’un traitement de canal. J’avais aussi peur de tomber sur un incompétent, ou un semi-compétent. Mais j’avais surtout peur parce que cet été, j’avais peur de tute, j’avais même peur de moi.

Le dentiste avait l’air sympathique, même si je trouvais ça étrange qu’il opère son cabinet seul, sans secrétaire ni assistante dentaire. Je suis arrivée là en disant J’AI PEUR, MONSIEUR. « Comment ça t’as peur? » Heille. Viens pas me dire que c’est la première fois qu’un patient te dit ça. Fais pas le smat avec moi.

Y’était rassurant, quand même. Pas besoin de traitement de canal, juste un plombage. Cool! Il m’a demandé d’où venait ma cicatrice au menton. Je lui ai expliqué mon histoire conne. Il a trouvé ça drôle. Quand est venu le temps de payer, il m’a dit qu’il prenait pas les cartes de crédit. J’étais un peu fourrée, là. Bin il m’a dit que j’avais juste à revenir le payer plus tard. La grosse confiance pis toute. Je suis revenue huit minutes plus tard, avec du cash. Il m'a fait une bine su l'épaule, j'ai dit baille, baille baille.

Une fois fois passé l’effet de la lidocaïne, ma dent s’est mise à faire mal comme jamais. C’était supportable et pas très inquiétant, je me disais que j'avais sûrement une grosse carie et que le dentiste avait dû creuser profondément. Mais la douleur n’est jamais complètement partie. Pis comme ça va faire trois mois que j’ai ce nouveau plombage, c’est pas bin rassurant quant à l’état de ma dent. Je sais pas si c’est la faute de mon nouveau dentiste, mais j’ai pas super envie de vérifier ça. J’ai décidé d’aller voir Dr Boubou à Québec-Vule. Heille wo. C'est sûr que je pourrais régler ça facilement et pour moins de 100$ en me faisant arracher la coupable. Mais c'est une prémolaire, alors ça serait pas très discret. Pis comme j'ai pas un magnifique sourire de pâte à dent, je fais mon possible pour pas empirer mon cas.

Mais là, cette semaine j’ai réalisé que ma dent ne me fait presque plus mal! Je dis ça à Mathieu, pleine d’espoir. « Ta dent doit être morte. » Gnn.


Maudit que c’est plate (et cher), entretenir un corps. Jésus, je veux un dentier.

dimanche 25 novembre 2012

Exposer mon zizi, prise deux


Mise en garde : Attention au bukkake de liens hypertexte.


Le dimanche matin, je me sentais moins fanée que la veille. Je savais que Darnziak serait avec moi en début d’après-midi, puis que Mathieu viendrait me rejoindre après son contrat de travail. Je serais donc seule pas très longtemps, et en cas d’urgence peupi, je pourrais toujours demander à un voisin de table se surveiller mon stock. Là, c’était mon occasion de faire une tournée!

J’aurais voulu acheter tous les livres de chez Rodrigol et l’Écrou, mais je me suis contentée de zines (de qualité). J’ai pas pu regarder attentivement tout ce qui me semblait mériter mon attention, mais j’ai pu faire une belle récolte.

Stuff on ma cat : Po a l'air en crisse sur la photo, mais j'ai tout enlevé après le clic. Elle n'a pas souffert longtemps.
Sur et autour de Po : Bib & Bum par Fabien (cadeau de Darnziak, un autre zine de punaises!); My Cat’s More Punk Than Yours, A Biography of Maxwell, par Five Seventeen; Queer Tribes : Pour les mecs qui aiment les mecs, ainsi que la liberté; Queer and Trans Youth Resistance! Out of Order; Playchat : BARELY LEGAL, par Mimi Traillette; Judith Butler, de la série The Life and Times of Butch Dykes, par Eloisa Aquino; The Journal of Fantastical Creatures, par Vanessa Vaughan; Dans l’cul, par Sara;  Autobus 64 Nord #4, avec Ed H. Bound (!), mon collègue de Terreur! Terreur!; Pro-Paganda, par Keenan P.; Hasemeister dans [é]TRON, par Frédéric Mahieu.

Absent sur la photo : Mon calendrier Annus Horribilis, de Richard Suicide (j’espère qu’il en fera d’autres, parce que j’ai acheté le dernier exemplaire) et mon poster The Birth of NES, par Emmanuel Laflamme. Sa table, juste derrière la mienne, était remplie de beeeeelles affaires. J’aurais acheté au moins la moitié de ses cartes postales. C’est drôle parce qu’on a tous les deux l’impression de se connaître, mais on sait pas trop pourquoi. Me semble qu’on n’était pas dans la même classe en maternelle. En tout cas.

On a encore eu de la belle visite! On a eu droit à deux Myriam! Double stuff! Et Swan a affronté la masse d’humains même si elle gère pas trop bien les foules, surtout quand « on dirait qu’y en a qui ont oublié de prendre une douche », pis même Cédric est venu! C’était une belle surprise pour Darnziak et moi. Ma belle-soeur Marie-Anne avait l’air enchantée par sa première visite à l’Expozine. Elle portait son t-shirt de Po, le seul que j’ai imprimé en négatif (ça donne un tout autre air à Po, faudrait que j'en fasse une photo en gros plan pour le partager avec l’univers entier).

On a aussi eu la visite de Luc Chicoine pis sa charmante blonde. Darnziak et moi on lui a fait une mini carte de fête qui contient beaucoup amour. J’avais un paquet de petites feuilles d’un format parfait pour faire des cartes et des mini zines. On a torché quelques zines gnéseux sur le coin de la table, c’est laid — j’écris trop mal — et plein de fautes mais on a décidé que ça valait au moins 400$. Personne n’en a acheté. Gang de pauvres.

J’ai donné à Iris un macaron de Salopette, qui est dans mon premier kit Folle aux chats, et le lendemain, elle m’a dit qu’il a joué avec le macaron de sa face durant des heures. J’ai vu la belle Sophie Bédard en coup de vent, la pauvre aurait tellement voulu avoir un téléporteur pour passer du Salon du livre à Expozine durant la fin de semaine. Belooga Joe était là avec sa blonde Sara, qui avait des nouveaux zines (je regrette de pas avoir acheté À qui la noune) et des beaux macarons vulgaires, dont les fameux « J’ai une vaginite ». J’étais assez contente, là! Au printemps dernier, j’avais donné ma vaginite à Fredoune, mais j’ai là pu m’en racheter une autre. Pis une plus grosse, en plus! On a fait un échange de zines : son Dans l’cul contre ma Punaise de lit. Je lui ai fait un beau bandeau à partir d’une authentique critique orale de Mathieu le kekloune (« J’aime ça Dans l’cul. » - Mathieu Arsenault) et elle m’a fait une belle dédicace « pour la reine des chats et des insectes ».

Alors que mon niveau d’énergie commençait à être dans le rouge, Léa est arrivée. A m’a-tu remonté ça, tu penses? Était en feu, la Léa! Elle avait beau dire qu’elle était fatiguée, moi je la sentais comme une boule d’énergie et de mongolitude. Était tellement dedans qu’elle s’est mise à faire de la vente intense. Faut dire qu’à ce moment-là, on avait la table à nous seuls parce que mes voisins de gauche étaient partis tôt, et celui de droite ne s’est jamais pointé. On s’est étalés solide. Faque là Léa expliquaient aux visiteurs que tous mes macarons de chats représentaient un chat spécial, et qu’ils devaient absolument porter Courgette, son chat brun. Elle a vendu trois Courgette et d’autres minous. Léa, tu serais une excellente vendeuse. « J’ai appris ça des Arabes! »

On a même vu Marine et Julien! C’est le couple de Français à qui j’avais sous-loué mon studio pour un mois. Ils venaient tout juste d’arriver à Montréal et ne connaissaient personne, alors je les ai invités à nos parties de pétanque et ils se sont fait plein d’amis. Normal, sont trop gentils! Julien a acheté mon aimant de Bubble Bobble. Je sais maintenant que je pourrai l’inviter à jouer à l’un de mes jeux préférés sur NES. Aon. Presque au même moment, Vérognique Morgner est venue faire des faces à notre table. C’est une spécialiste des faces, c’est pour ça.

Autre moment de aon : Une maman arrive à ma table avec son fils. Elle point mon aimant de Mappy. « C’est ça que tu veux? » Le petit garçon, super gêné fait oui de la tête. Je lui offre un macaron de beubitte en cadeau bonus pour le remercier de sa quioutitude, mais il fait non de la tête. Je lui offre alors une Po, il fait oui. Avec un tout petit sourire et des grands yeux.

Une petite Dakota Fanning vient me dire « c’est beau ce que tu fais » et poursuit son chemin comme une libellule en chasse.

Une autre fillette regarde un dessin de Clara et demande à sa maman « c’est quoi ça? ». La maman, mi-amusée mi-traumatisée, me sourit et entraîne sa fille vers des choses moins gore.

Un monsieur vient me voir juste pour me parler et me dire que je suis ravissante. « Tu viens d’Ailleurs, toi, han? » Ah, j’ai jamais su d’où je venais, mais c’est pas de la planète Terre certain! Vous non plus, han? « Ah non, c’est sûr! Nous on est Lumineux, on n’est pas comme les Autres! » Il était marrant. En plus il avait la même coupe de cheveux que le capitaine Jean-Luc Picard.

Merci au dude qui m’appelait la Femme-Chat et me trouvait excessive dans ma passion pour les chats (« en réalité, je suis pire que tu penses »).

Merci à Vincent Giard qui distribuait des stickers de soucisses. À la fin, on était une gang à être douces. 

Merci à Catherine qui m’a donné un set de beubittes glow-in-the-darque. Woah! Je vais les coller partout dans ma chambre.

Merci à Larouche de m’avoir fait rire avec ses histoires de poètes malades mentaux au Salon du livre. L’Écrou devait être l'un des rares stands amusants là-bas.

Merci au monsieur qui m’a demandé c’est quoi un fanzine.


En tout cas, je me trouve pas mal choyée d’avoir vu autant d’humains aimables en deux jours. Mention d’honneur à mon frère Darnziak, qui est finalement resté avec moi durant toute la fin de semaine, même quand il était lendemain de veille. « Ça me tente tellement pas de faire de la correction… » Sans sa présence, j’aurais sûrement anticipé tussortes d’affaires plates et j’aurais jamais eu autant de fonne. Merci à Léa, ma belle mongole. J'espère qu'elle voudra revenir l'an prochain. Et merci à Mathieuse, qui est venu me voir plusieurs fois malgré ses contrats et sa fatigue.

J’ai quitté le sous-sol de l’église du Chris-d’Enfant-Jésus-du-Sacrament avec ces trois mongols adorabes, épuisée mais heureuse.

Pour terminer, il faut que je souligne qu’au moins trois personnes m’ont dit que mon t-shirt était malade. Si vous voulez un t-shirt On n’est pas des trous-de-cul de Marie Letellier, faut faire pression auprès de Mathieu. C’est vrai que mon t-shirt était pas mal beau, mais à mon avis, personne n’était aussi chic que Mark Ambrose Harris.