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samedi 24 août 2013

Y pleut des chats

Je revenais de la poudignerie — avant j’appelais ça la fruiterie, mais Frédéric m’a dit que vu que j’allais là juste pour acheter des p’tits poudings de soya, je ferais mieux d'appeler ça la poudignerie — quand j’ai vu un chat tomber d’un arbre drette à côté de moi. Wow. Pendant une fraction de seconde, je trouvais que c’était un crisse de gros oiseau, mais c’était Nina, la petite chatte noire d'un voisin. Nina, je la flatte à chaque fois que je la croise. Et je dois dire que j’ai un parcours bien précis, que je choisis mes rues exprès pour croiser les chats que je connais. En allant à la poudignerie, j’avais croisé une chatte que j’ai flatté une fois auparavant, une magnifique tabby à bottes blanches. Méga slut. Elle se tortillait par terre, je pouvais pas arrêter de la flatter. Quand j’ai vu qu’un couple de seniors me regardaient de leur balcon avec un p’tit sourire, j’ai compris que c’était leur chatte. Greta. Astheure, je sais dans quel boutte je risque de croiser Greta, alors j’ajoute un nouveau X sur ma map mentale de folle aux chats.

J’ai bien sûr flatté Nina quand je l'ai reconnue. Elle était bin correcte, je pense que c’est une acrobate professionnelle. Juste avant, j’étais allée rencontrer les deux chats que je vais garder en fin de semaine. Je suis maintenant cat sitter, c'est pour ça. Charles m’a présenté le timide Nestor, qui était pas mal chic dans son habit de monsieur chic, mais qui persistait à rester dans son abri nucléaire sous le fauteuil blindé. Il a eu une enfance traumatisante, faut pas le juger. Mademoiselle Cunningham, pas besoin de la chercher, elle est partout en même temps. Elle est blanche comme une soutane, mais c’est la fille de Satan. C’est pas exactement les mots de Charles, mais en gros, il m’a dit qu’elle était démoniaque et totalement adorable. Je sais qu’il dit la vérité, et j’aime déjà ses deux chats. Mademoiselle Cunningham me rappelle La Fouine, mais sans l’obésité morbide, les scratchs au visage et le dardjére brun. J’ai pas mal hâte de jouer avec, et j’espère gagner l'amitié de Nestor.

Après avoir flatté Nina, je suis rentrée chez moi, j’ai fourré un blé d’Inde dans le micro-ondes — ris pas de moi, c’est le meilleur mode de cuisson pour le blé d’Inde en bâtons — pis j’ai sortie Po dehors. Elle voulait surveiller sa ruelle, parce que c’est important de faire ça régulièrement, c’est sa routine de chat, et avant même que mon premier épi ne soit cuit, je vais voir Po et je remarque qu’elle est toute raide, qu’elle fixe un ennemi. Je m’approche, et je vois que OMG c’est mon beau chat! Il a retrouvé ma maison et il est revenu! Hiiiiii! L’affaire, c’est que mercredi soir je suis sortie au Passeport avec Chogna pis Léa. En s’y rendant, on a trouvé un beau chat à tuxedo qui miaulait comme un perdu de l’autre côté de la rue, sur St-Denis. Moi, ça me fendait le coeur d’entendre ses cris de détresse, alors je voulais aller le voir, mais Léa disait qu’il faut faire confiance aux chats, que ce chat-là devait connaître son quartier, puis elle a dit « heille c’est peut-être Gastounet! » ça fait qu’on a traversé pour aller vérifier ça. Léa est quand même pas mal attentive aux avis de disparition féline, elle avait pris une photo de l’affiche de Gaston. Malheureusement, les taches ne correspondaient pas. C’était pas Gastounet. Mais c’est pas de sa faute, s’il n’est pas Gastounet. Faut pas le laisser à lui-même alors qu’il semble désorienté. Notre beau chat — on a fini par l’appeler Chawn Doulude, pour toutes ces raisons qui te viennent en tête si tu connais Shawn Cotton et/ou Sébastien Dulude — était très amical, il se laissait flatter le bedon sans préliminaires et ronronnait pas mal. Pendant qu’on l’admirait tout en se demandant comment l’aider, un couple de jeunes punks se sont joints à nous pour le flatter. Je leur ai demandé s’ils voulaient le déposer dans une ruelle plus tranquille, où il pourrait au moins se réfugier sous une galerie, mais Chawn n’a pas voulu, alors les gentils punks n’ont pas insisté. « J’aimerais ça le prendre avec moi, mais mes deux colocs sont allergiques. » Ah, faut jamais habiter avec des gens allergiques aux chats, voyons… Tss. En tout cas, Chogna, Léa pis moi on a continué notre chemin vers le Passeport, en espérant que Chawn soit retrouvé par ses humains ou retrouve lui-même la bonne porte. 

On s’est shaké la fesse en masse, pis en sortant on a jasé de chats avec deux inconnus. L’un d’eux vivait avec un main coon gériatrique de 18 ans. Aon! Comme Po! Aon, les chats. Ça rapproche les gens. J’ai soudain une pensé pour Chawn, je dis que j’espère qu’il va bien…

Sur le chemin du retour, Chawn nous attend dans le petit parc sur Rachel coin Berri. Je dis qu’il nous attend parce que des fois ça nous monte à la tête, les histoires de chats, mais c’était sûrement un gros hasard. Il a miaulé assez fort pour attirer notre attention, et là je suis tutémue de le revoir. On veut pas le perdre encore plus, mais il nous suit. On fait quoi? On va pas le laisser miauler tout seul et l'abandonner? Un double abandon, c'est chien! C’est là que Léa a un flash : aller lui chercher du bon manger à La Banquise. Pendant que Léa passe sa commande, Chogna pis moi on flatte le beau chat. Je peux pas le faire entrer chez moi, et c’est pas une heure appropriée pour chercher de l’aide. Léa revient avec des soucisses dans la sauce. Mmmm, viens manger le bon menoum de soucisses, beau chat! Il s’en câlisse. Meh. Comment ça tu veux pas manger, beau chat? T’es trop snob pour des soucisses de La Banquise? Bon. C’est peut-être un crisse de bourge. Pas grave, on l’aime pareil. Ah non, la police… « Y va pas nous donner un ticket parce qu’on s’assoit sur le trottoir, j’espère? » Léa le sait que les flics sont pas trustables. Par chance, on a affaire à un gentil policier pré-retraité qui semble assez détendu pour ne pas sentir le besoin de nous faire chier.

— Il vous veut quoi, le gars?
— Quel gars?
— Bin, j’ai remarqué qu’un gars vous regardait de l’autre bord de la rue.
— Ah. On n’a pas vu ça. On est trop déconcentrées par le chat. 
— Le chat?
— Oui, on a trouvé un chat. On essaie de l’aider.

Le flic s’en mêle pas et nous souhaite bonne chance. Fiou. J’aurais pas voulu aller en prison pour avoir donné un bout de soucisse à un chat. Bon bin viens-t’en avec nous, beau chat. Je vais au moins pouvoir te donner des croquettes (deluxe) et un collier de sauvetage. Mon collier de sauvetage, c’est un collier que j’ai acheté exprès pour les chats qui semblent perdus. J’y ai attaché un tube contenant mon adresse email, question d’avoir un suivi si le chat est ramassé par des humains. Pourquoi je l’avais pas sur moi? Parce que je suis pas encore une experte en rescue. Pas encore.

Léa nous quitte au parc La Fontaine pour récupérer sa monture et dormir chez elle. Le beau Chawn nous suit au trot et on voit bien qu’il est fatigué, il a la gueule ouverte. Chogna est très perturbée de le voir si désespéré de rentrer chez lui. Il arrête à chaque maison pour explorer, mais c’est jamais la bonne porte. Courage, mon minou. On va t’aider. Pourquoi les chats n’ont pas encore évolué pour apprendre à parler comme les humains? On aurait juste à lui demander c’est quoi ton adresse, on t’emmène en taxi, merci bonsoir. On n’est pas mieux, nous, on comprend pas toujours le langage félin. Ce que je saisis, en tant qu’Homo sapiens, c’est que j’ai devant moi une créature qui est angoissée, qui n’est pas du tout à l’aise où elle se trouve, et qui a hâte en crisse de rentrer chez elle.

Ah, mais un chat, ça peut survivre tusseul dehors, ça perd jamais ses instincts.

Des fois oui, des fois non. Chawn Doulude, il a tout juste l’instinct de pas se faire rouler dessur par les voitures. On le supervise, d’un coup qu’il comprendrait pas la différence entre rouge pis vert — est-ce que les chats distinguent ces deux couleurs? Il se met à grogner. Qu’est-ce que t’as, beau chat? T’es pas enragé, toujours? Oh. Un autre chat. Hum. On fait pas la guerre, OK? Chogna s’occupe d’éloigner le chat blanc tandis que j’incite notre minou chic à traverser la rue avec moi. Et hop. Un boulevard de franchi. Ah non, un autre chat. Putain. WOW. On dirait un savannah de taille réduite! Ça peut-tu être un bengal? Peu importe, ce chat a un collier, il a l’air précieux, alors soit il chille dans sa ruelle, soit ses humains sont déjà à sa recherche. Anyway, on peut pas tout faire, querisse. FUCK, un autre chat! Pis un autre? Ataboy… On est maintenant suivies par une meute de chats. Le bengal, un tabby avec collier et médaille, et un chat fantôme qui nous suit dans les buissons en miaulant. Bon, on sacre-tu notre camp avant que la guerre pogne?

On arrive chez moi, dans ma ruelle. Dans la ruelle de Po, pardon. Je cours chercher le collier de secours, et je le mets à Chawn Doulude. Je pars lui chercher à manger, et quand je reviens, Chogna me dit qu’il badtrippe, que la clochette le rend fou. Oh la la. Il se roule par terre en battant de la queue, je dois lui enlever ça au plus vite. J’arrache la clochette. Ça câlisse eurien. Il panique encore. Bon. Je peux pas le laisser errer seul dans la nuit avec un accessoire de torture. Je le libère. Je m’excuse, Chawn. Il refuse mon offre de croquettes et poursuis sa route en allant miauler ailleurs dans le quartier.

Ce soir-là, Chogna pis moi on se couche un peu tristes. On a eu du fonne au Passeport, mais un chat perdu, c’est pas drôle. Je l’ai pas trouvé ni sur Petluck ni sur Kijiji, ni au Berger blanc ni à la SPCA. Pas encore un autre chat jeté à la rue, j’espère?

J’ai placé des annonces un peu partout, alerté mon réseau de folles aux chats, et hier soir j’ai décidé d’aller farfouiller les ruelles avec Frédéric. Deux heures à marcher dans le quartier avec un sac de minouches. (Saveur de lait crémeux? Mais c’est juste loadé de farine de sous-produits de poulet, de maïs moulu et de graisses animales! Ça doit pas goûter la crème glacée, han.) Aucune trace de Chawn Beau Chat Doulude. On a quand même flatté Nina, et plus loin on a fait la connaissance d’un beau gros chat noir bien viandu (il aimait nos treats au lait crémeux), mais j’étais déçue de pas retracer mon chat perdu. Est-ce que j’ai mal agi? Aurais-je mieux fait d’appeler la SPCA? D’abord, est-ce que la SPCA est ouverte à 5 heures du matin? Est-ce qu’il serait encore plus traumatisé par une fourrière que par la  rue? Et je veux pas l’envoyer à l’abattoir… 

Tu comprends maintenant, chère lectrice, pourquoi j’étais si heureuse et touchée de le revoir dans ma ruelle? Là, il faut aider Chawn Doulude à retrouver son foyer et son véritable nom. Sinon, on lui trouve un vrai foyer aimant. Je veux qu’il soit aussi léger et insouciant que la petite Nina qui bondit des arbres.


Sur la photo d'origine, on voyait mes bobettes. Merci pour le rognage, Léa.






jeudi 20 décembre 2012

Dimanche au Salon Nouveau Genre (et su Jos Dion)


Le dimanche matin était encore plus pénible pour la petite créature nocturne que je suis. Je regrettais encore plus de d’avoir sacrifié ma sieste de la veille, et j’espérais pouvoir trouver une manière de dormir assise sans fermer les yeux. Les chevaux sont capables, me semble?

Mais j’aurais pas pu dormir anyway parce qu’il y avait toujours des humains avec qui interagir. Pis c’est ça que je voulais, au fond! J’ai même texté l’Angélique pour l’inciter à venir me voir. « Ta soeur vient de me montrer sa vule. Viens donc! » En effet, sa soeur Alex était là, et elle venait tout juste d’acheter un magnifique étui « VULE » conçu par Sara. J’étais pas mal envieuse, alors je m’en suis procuré un. Au lieu d'avoir l'inscription « VULE », il est garni de plein de vules. C'est super beau, ça donne un aspect motif fleuri. Sara a fait ça avec des patates. Des vules imprimées par des patates? Sara, tu vis dans ma tête, toué. Angélique a fini par se pointer, et je lui ai montré mes vules. Elle était accompagnée de sa pouliche, que j’avais encore jamais rencontrée. J’ai pas pu jaser bin longtemps avec Angé, pis j’ai même pas eu le temps de me frotter dessur pour m’imprégner de ses phéromones, mais je savais que je la reverrais plus tard en soirée.

Ensuite, j’ai eu la visite de Chogna, ma chère cousine et amie qui autrefois faisait partie de mon quotidien. Elle me manque, la Chogna. Et comme toujours, elle avait plein d’affaires à me dire, mais ses idées étaient embrouillées, parce qu’elle attend encore après un médecin pour soigner son déficit d’attention, elle espère qu’il lui prescrira enfin des médicaments efficaces et qui, cette fois, ne vont pas amplifier son anxiété. Oui, c’est chiant et ardu, prendre soin de sa santé mentale. J’aimerais ça être là pour ma Chogna, parce que je sais qu’elle est fatiguée, je voudrais prendre soin d’elle, et aussi célébrer les belles choses de la vie — y’en a encore, oui oui. Pis en plus, Chogna c’est l’enthousiasme sur deux pattes, faque faire la fête avec elle, c’est toujours un vrai parté de vrai fonne.

Plus tard, pendant un moment d’accalmie, Mathieu et moi avons eu la visite d’un couple particulier. Deux gars dans la trentaine. Le premier semblait être un genre de grand frère ou tuteur pour le deuxième, et il avait l’air d’un vrai geek, de type semi-autiste. Il scrutait les cartes d’auteurs de Mathieu, la tête penchée, les yeux collés sur le texte. Super absorbé. Puis, il est venu voir de près mes macarons de beubittes et mon fanzine. On a discuté de ça assez longtemps, il avait l’air de tripper pas mal sur les insectes et les connaissait assez bien. Son ami au regard d’enfant, qui disait rien depuis le début : « Moi j’aime pas ça les perce-oreilles. C’est laitte. » J’ai tenté de défendre les perce-oreilles (regarde des bébés perce-oreilles pis viens me dire que c’est laitte, voir!), mais il avait pas l’air dedans pour se remettre en question. Ils sont partis, le deuxième suivant de près le premier. Mathieu : « Je voudrais tellement voir ce qu’ils font dans une journée. C’est des vrais personnages. » Ils étaient fascinants et beaux à voir, et je dis ça sans aucune ironie.

Vers la fin de la journée, je me suis décidée à quitter ma table pour aller aux toilettes — vraiment trash, des tampons souillés et des kilomètres de papier de toilette qui traînent par terre, la poubelle qui déborde — et en revenant, Alexandre était là avec des amies, dont Leïla qui a les plus beaux cheveux verts du monde. Mathieu vouvoyait Alexandre, il l’avait pas reconnu à cause de sa moustache. Quelle surprise. Comme les plans de la soirée commençaient à se préciser, j’ai invité Alexandre pis sa moustache su Jos Dion pis je lui ai donné un macaron de Linel Richel.

Sur le chemin du retour, Mathieu pis moi on a trouvé un pigeon. Les pigeons de Québec, sont pas comme les pigeons de Mourial : il volent. Mais notre pigeon, là, il volait pas. Il se tenait au pas d’une porte, en boule, tout poffé. Et il n’avait qu’une patte! Monsieur Pigeon? Avez-vous perdu une patte? Monsieur Pigeon, êtes-vous correct? Je me suis approchée, et Monsieur Pigeon a fait réapparaître sa deuxième patte. Aon, ouf. J’ai parlé de Monsieur Pigeon à Litchi, et d’après elle, c’est pas rare de trouver des pigeons brisés qui veulent pus voler. Peut-être qu’ils ont pogné ça des ceuses de Mourial? Ou peut-être que j'aurais dû prendre soin de Monsieur Pigeon?


Cette fois, j’ai fait une sieste. Simon était chez Litchi, déjà prêt à sortir su Jos Dion avec nos fous, et j’ai laissé tout ce joyeux monde s’animer devant la télé dans le salon, et j’ai vaguement dormi durant presque une heure. Miro est venu me rejoindre pour me poker et me dire « yeault, fille, lève-toué ». Je l’ai flatté pis je suis allée rejoindre les autres. 

OUÉ, CE SOIR, C’EST SU JOS DION. \o/

On était les premiers à prendre d’assaut la place. Mathieu avait hâte de conquérir le juke-box, pis moi j’avais hâte à tute. L’Emmanuel s’est joint à nous malgré son rush de fin de session et la fatigue qui vient avec. Tout le monde — sauf moué, bien sûr — s’est commandé de la grosse Laurentide. Pis heille, c’est pas parce que j’aime pas la bière que je peux pas reconnaître que la Laurentide a le plus beau design d’étiquette de bière de l’univers.

Tu trouves pas?

Le niveau de fonne a grimpé d’une shot quand Simon a mis Danger Zone. C’est plate qu’Angé ne soit pas venue, j’aurais tant aimé lui chanter « Allô? C’tu moué qu’tu r’gardes pour? ». En tout cas, on se gâtait solide sul juke-box. Mathieu n’a pas regretté d’avoir dépensé tous ses profits su Jos Dion. « Stevie Wonder, c’est le Patrick Normand américain. » On a même dansé presque sensuellement sur Careless Whisper, tout en tas.

Quand Simon, Alexandre et Emmanuel sont sortis fumer, et je les ai accompagnés pour leur montrer la vidéo du bacon solide. La veille, je l’avais montrée à Litchi et Jérémy. Cinq (5) personnes de plus ont donc visionné cette vidéo. C’est important.

J’ai tellement ri ce soir-là que j’avais mal à la face. Pis c’est là que je me suis dit que si je ris de même tout le temps, ma face va devenir ultra musclée, brune et bien huilée comme un poulet rôti. Mais j’aurai pus mal. Oué. C’est d’même que ça marche.

En jasant — oui, on jasait beaucoup — on s’est rendu compte qu’on avait tous vu La classe américaine — sauf Simon, mais on va remédier à ça assez vite — pis juste d’en parler ça m’a donné envie de le revoir, mais de le revoir avec eux, pis avoir mal à la face, encore, et rire de Mathieu qui rit de la joke de pet.

Petite déception : J’ai parlé avec Emmanuel et il a pu me confirmer que c’est pas Linel Richel qu’on a vu le vendredi en arrivant. Linel peut pas se rendre aussi loin, il ne flâne que dans la cour intérieure de La Garçonnière où il vit avec Emmanuel et Alexandre, ses colocs humains. Buh.

Chez Jos Dion, on a remarqué une chaise avec un portrait et un nom installée en haut d’une des entrées. J’ai demandé au barman, intriguée, si c’était la chaise du fameux Jos Dion. Il m’a dit que c’était celle d’un client régulier qui est mort le mois dernier. Il a passé tous les jours de sa vie chez Jos Dion, depuis sa naissance, presque. J’ai trouvé ça touchant, quand même (mais j'ai pas osé demander s'il était mort sur cette chaise). Je sais que je pourrais jamais recevoir un tel honneur. Parlant, d’honneur, Mathieu s’est fait offrir une langue de porc par le staff du resto où il avait soupé juste avant. Tout le monde était fin, ce soir-là! J’aurais jamais cru que St-Sauveur serait mon quartier de Calinours.

La suite est floue (je devais être trop saoule, han), mais je me souviens être sortie de là avec Mathieu, Litchi, Jérémy, Simon et Alexandre, pis un manné, Alexandre s’était volatilisé. En arrivant à l'Auberge Litchi, on a regardé Les Inconnus, Les Appendices, RBO, pis La bataille de Farador. Encore eu mal à la face.


Simon a dormi avec la laveuse, Mathieu pis moi on a dormi avec le sapin. Je m’invente peut-être un souvenir, mais il me semble m’être endormie ce soir-là avec l’impression que cette fin de semaine à Québec-Vile fut encore plus efficace qu’une potion bleue (une grosse).


EDIT : Simon me signale qu'on a fait jouer Danger Zone deux fois. Deux fois plus de fonne, donc.


*BONUS*

Pour toi, mes chers lecteurs avides de connaissances, voici quelques données sur cette mythique taverne.

Savais-tu que?…

- La Taverne Jos Dion est la plus vieille de Québec-Vile? Est là depuis 1933, ouémadame!
- Le poffecorgne est gratis?
- La place a ouvert ses portes aux femelles en 1986? Avant ça, le seul droit que les femmes avaient, c'était le droit de farmer leur yeule. Les clients du Jos Dion auraient dit OK pour les femmes lors de la tenue d’un vote populaire.
- La porte des toilettes pour hommes est surplombée d’une tête de chevreu, et celle pour femmes, d’un dardjére de chevreu? J’essaie de rien interpréter ici.
- Une Laurentide, c’est beau en câlasse?
- Le plafond de la Taverne Jos Dion est recouvert de belles moulurations? Lynda Tremblay a tripperait fort.
- C’est un bon spot pour les amateurs de sports? Mais je connais rien là-dedans.
- J'ai hâte d'y retourner?

mardi 16 octobre 2012

Mon séjour à Québec-Vile


En mai, je suis allée à Québec-Vile avec Mathieu. Ce fut mon seul voyage de l’été (ouin, je sais que mai ça compte pas pour l’été, mais en tout cas). Pis ceci est mon seul carnet de voyage de toute la vie.


Vendredi
On monte à Québec-Vile avec Darnziak pis ses parents! Le voyage est l’fonne, ça me rappelle quand je faisais de la route avec ma cousine Janie pis sa famille ou la mienne. Il manque juste un jeu de Puissance 4. Les parents de Darnziak sont super fins, ils nous déposent à la porte, chez Chogna pis son chum Nicol qui nous reçoivent dans leur nouvel appart à Limoilou. Ça fait trois fois qu’ils déménagent dans le même bloc. Je vois pas trop la différence, vite de même.

Samedi
La veille, Mathieu m’a dit qu’il fallait être à l’Église St-Jean-Baptiste à neuf heures pour préparer notre table au Salon Nouveau Genre. Ça me stressait parce que j’haïs ça bin raide me lever tôt, pis je sais que ça me prend du temps pour m’activer alors je voulais mettre l’alarme à sept heures. Il trouvait ça un peu tôt, alors il a finit par m’avouer qu’il fallait être là pour onze heures, mais qu’il avait un peu exagéré pour être sûr qu’on soit pas en retard. Faque on arrive à l’heure.

Une fois sur place, on est contents parce qu’on est juste en face de Carl Belooga Joe Vézina pis sa blonde Sara, des Préliminettes. Yé, on va pouvoir se pitcher des avions de papier! J’ai tussuite acheté un fanzine à Carl pis j’ai échangé des macarons avec Sara. J’en ai pris un pour Vickie (« Chu menstru »), pis un pour Fredoune (« J’ai une vaginite »). Le premier trône maintenant sur un alpaga en pouel, pis l’autre sur le béret du poète.

En soirée, je suis trop crevée pour sortir, alors Mathieu va rejoindre son amie Annie Q dans une soirée d’humour mettant en vedette Carl, pis moi je reste avec Chogna pis Nicol qui vont m’effrayer toute la soirée avec leur histoire d’esprit malveillant. Ça va être toffe de m’endormir tusseule. Ou avec le fantôme, à toi de décider, lecteur.

Dimanche
Mathieu est parti tôt pour le Salon, il m’a dit que je pouvais le rejoindre plus tard. Durant la matinée, je me sens un peu inconfortable dans la petite chambre. Tusseule. Dans le silence. Dire que je veux voir des fantômes depuis ma tendre enfance, j’ai vraiment essayé d’en voir, mais j’ai jamais pu obtenir un seul signe de vie d’un mort. Rien. Peut-être bien parce que je jouais à Ouija avec des amis trop honnêtes, han. En tout cas, même si je crois pus aux fantômes, mes hôtes ont réussi à créer un malaise en moi, au point où j’arrive à m’imaginer une sensation de présence inquiétante dans la chambre à coucher. Crisse.

Au Salon, Carl m’a fait la plus belle dédicace du monde :




Je suis émue.

J’ai enfin pu voir Emmanuel, que je vois jamais nul part ailleurs que dins internets. Je lui ai donné des macarons de macareux, comme promis. Il reste pas longtemps au salon, alors on se dit baille baille baille à plus tard baille baille.

Plus tard, Mathieu pis moi on s’en va en Basse-Ville chez Emmanuel et Alex, les colocs de Linel Richel. C’est la fête d’Alex, et l’appart est rempli de monde que je connais pas, à l’exception de Simon Douville et la soeur d’Angé. On finit la soirée su Joe Dion, je suis tute pleine de bonne humeur, et on rentre en taxi pour aller se coucher dans la chambre PAS HANTÉE en essayant de pas réveiller Chogna pis Nicol.

Lundi
Maxym Ringuette vient nous chercher, à soir on dort dans un sous-sol de banlieue! Mathieu file pour travailler, alors il reste dans la chambre avec son portable. Je veille au feu avec Ringuette pis son ami qui trouve pas ça vraiment drôle, mon macaron de Richard Martineau, parce qu’il sait pas c’est qui, Richard Martineau. On entend chanter les grenouilles qui veulent fourrer, encore une fois je suis émue.

Mardi
J’ai un rendez-vous avec Dr Boubou! Oh yeah! OK, non, je suis pas tant essitée. Juste contente de régler une affaire plate : ma santé bucco-dentaire me préoccupe pas mal. J’apprends que j’ai quatre caries, dont une assez urgente à réparer. Ostie. Si à ce moment-là j’avais su que ce serait impossible pour moi de revenir à Québec durant l’été, j’aurais sacré plus que ça.

Ensuite, Mynou pis moi on va au cégep, je récupère enfin un item qu’on me demande souvent : mon querisse de diplôme d’études collégiales du câlisse. « Heille, tu dois être riche avec un diplôme de même! » La madame du cégep a trouvé ça drôle, le commentaire de Ringuette. Ouan, je suis riche en tabarnaque avec mon diplôme en arts et lettres.

Mathieu s’en va souper chez Erika, faque je passe la soirée à jouer à Yoshi’s Island avec Mynou.

Mécreudi
Le mécreudi, je suis très heureuse et même un peu soulagée d’avoir une chambre d’hôtel. C’est pas que j’étais pas bien chez Chogna et Nicol, mais ils ont réussi à me faire (un peu) peur avec leur histoire de hantise.

La soirée s’annonce belle. Je dois me rendre à l’hôtel Royal William (****, yeah!), où m’attend Mathieu, pour qu’on aille ensuite rejoindre à la Korrigane des littéraires que je connais pas, des gens qui participent à son colloque. C’est quoi la première affaire que je fais en arrivant dans la chambre, tu penses? Je saute sur le lit! Wouhou! Hiiiii! Je veux me rouler partout! Je veux profiter de chaque centimètre de notre chambre! Une tévé? Aon! On regarde la tévé! Une douche? Je veux me laver! Je veux essayer le savon d’hôtel! La crème hydratante d’hôtel! Le chèssoir à feveux d’hôtel! Je veux qu’on fourre partout! Hiiiiiii!

Mais là, mais là, on n’a pas le temps, Mathieu doit se rendre à la taverne. Je suis moins pressée que lui, alors je reste et je prends une douche d’hôtel tusseule. Je profite de notre dernier soir dans la capitale pour inviter des amis à sortir avec nous. Angé, Lucie-Ann, Simon, Emmanuel, Alex. Au moment où je vais retrouver Mathieu à la Korrigane, ses amis sont sur le point de partir, et la serveuse vient nous dire que c’est son dernier service. Han? À 23h30? Bin oui, la Korrigane ferme à minuit. Un mercredi soir. On n’en revient pas. Querisse. Mais Mathieu, ça fait presque son affaire parce qu’il file pas, il est fatigué, il dort mal depuis des jours, a mal à la tête, mal au coeur, faque il préfère rentrer. OK. Pas grave. J’essaie de trouver une autre place où sortir avec les namis. Mais plus les minutes s’écoulent, plus ça devient difficile de concrétiser mon projet. Tout le monde semble vedge, même moi ça commence à me gagner. Bon. Pas grave. On se dit qu’on se verra le lendemain, je les invite à assister à la conférence de Mathieu.

Mais il n’y aura pas de lendemain. Non monsieur.

Pendant que je suis au lit en train de profiter des internets wi-fi d’hôtel (euh, yé), Mathieu se décide enfin à prendre le Gravol que je lui avait offert pour soulager sa nausée. Il a vraiment l’air pas bien, alors ça devrait pas lui faire de tort. Sauf que… sauf que la gorgée d’eau est de trop, on dirait. Je vois Mathieu s’élancer hors du lit, je le regarde pis je vois vraiment une scène au ralenti, parce que je sais ce qui s’en vient même si ça me semblait impossible, mais ça se passe pour vrai, à deux pieds de moi, je vois Mathieu qui expulse un long jet de renvou. Sur le couvre-lit, par terre. Sur le tapis. Ça me semblait impossible parce que Mathieu est comme moi, il vomit jamais. Oh non. Pauvre bebé. Je sais qu’il haït tellement ça, vomir. Pis moi, ostie que j’haïs ça les histoires de renvou. Je suis quand même encore un peu (pas mal?) émétophobe, faque je peux pas m’empêcher de me demander « c’tu contagieux? ».

OH FUCK. L’odeur. Non. Non non non, c’est pas possible une odeur pareille, vite, il faut ouvrir les fenêtres.

Euh.

OK, les fenêtres ne s’ouvrent pas. Aussi utiles que les zippers sul coat bad de Michael Jackson. Oh wow. OK, je moi je sors d’icitte. C’est pour ça que je me retrouve en bobettes dans le couloir de l’hôtel, à trois heures du matin. C’est un peu frais, mais au moins l’air est plus respirable. Sauf que l’odeur semble se répandre tranquillement dans les couloirs…

Mathieu me dit qu’il va mieux, que ça lui a fait du bien de laisser sortir le méchant. Là, je voudrais bien l’aider à torcher, mais si j’entre dans la chambre, je vais la cochonner autant que lui sinon plus. (Tsé, imagine un mix de bière, Extrême Pita aux oignons pis acide gastrique.) Bon, il se remet à dégueuler. Au moins, cette fois, il fait ça dans la salle de bain…

Je peux pas être plus inutile que là, dans le couloir, en bobettes, et toujours plus loin de la porte de notre chambre (l’odeur progresse). Je prends une grosse poffe d’air, puis j’entre dans la chambre, je pogne des vêtements pis je dis à Mathieu que je vais aller voir à la réception si je pourrais pas trouver de quoi nous aider à nettoyer le renvou sploushé partout. Tout ça avec une seule poffe d’air!

Je marche vite dans les longs couloirs silencieux, étonnamment silencieux. Je comprends pas pourquoi personne n’a envie de faire un party dans sa chambre d’hôtel. Nous autres, tsé, ça compte pas. On aurait bin fait le party, mais là. En tout cas, je suis contente de pas croiser de p’tit gars en Big Wheels. Une affaire de moins à gérer.

Personne à la réception, faque je me plante là pis j’attends. Une minute plus tard, une femme arrive et sursaute comme si elle avait vu un revenant. Je la comprends. Avec la face que j’ai. Je lui explique l’affaire. Que je suis super désolée que mon copain ait vomi partout dans la belle chambre d’hôtel. Qu’on aimerait ça nettoyer pour s’excuser. Elle dit qu’elle comprend ça, ces affaires-là. Qu’elle a déjà été jeune, qu’elle en a géré souvent, des fins de party de grosses brosses sales. Nenon, c’est pas ça madame. C’est pas la bouésson. OK, merci pour les serviettes et les draps propres.

— Tu peux m’attendre dans le couloir pendant que je finis de nettoyer, ça sera pas long.
— T’es sûr que tu veux pas de l’aide, bebé? (J’espère que non, parce que je peux juste pas.)
— Nenon, je vais mieux!
— OK…

J’attends dans le gym. Parce que ça pue pas, et parce que je peux m’assoir sur le tapis roulant. Je me demande sérieusement à quel endroit je ferais mieux de dormir. Sur un fauteuil dans le hall, ou ici dans le gym?

— C’est correct, tout est lavé, j’ai mis les draps propres!
— Mathieu… Je pourrai pas dormir dans la chambre. L’odeur est trop… Je vais gerber. C’est sûr.
— Veux-tu que je vois si on peut avoir une autre chambre?
— OK, oui. Si c’est possible. Merci…

Je me sens poche, comme si je faisais des caprices de princesse, mais je peux pas endurer l’odeur de renvou, c’est la pire que j’ai connue. Insupportable. On dirait bien que c’était un mélange spécial, une combinaison d’ingrédients qui, une fois ensemble, dégagent des effluves inédites et dangereuses.

— On a une chambre!

Aaaah! Merci Jésus! Bin non, merci Mathieu, et merci gentille réceptionniste ex-party-animal.

Jeudi (Je sais que le jeudi a commencé avant ça, fais pas ton fin finaud!)
Il est pas loin de cinq heures du matin, on est enfin au lit.

— Penses-tu que c’est l’Extrême Pita?
— Je sais pas. Possible.
— Vas-tu annuler ta présence à la conférence?
— Je vais leur écrire pour dire que je pourrai pas être présent en matinée, mais je vais donner ma conférence en après-midi.
— T’es sûr?
— Bin, c’est un peu pour ça que je suis ici, ils m’ont payé une chambre…
— Ouin, j’sais bin…

On éteint la veilleuse. Quelques minutes s’écoulent, et Mathieu se relève et court jusqu’à la salle de bain. Ah non. Pauvre bebé. C’est-tu possible de pogner le choléra en Basse-Ville de Québec?

Vers huit heures, Mathieu me réveille.

— Sophy. J’ai une mauvaise nouvelle.
— QUOI?!
— Je viens de me rappeler… Quand je suis allé souper chez Erika, elle m’a dit qu’elle venait juste de se remettre d’une grosse gastro.
— Oh shit…
— Oui, shit. J’espère que je suis pas en train de te transmettre ça.

Je l’espère aussi. OK, plan d’urgence. On est supposés rentrer à Montréal en fin de journée, mais j’ai pas du tout envie de faire trois-quatre heures de route si je suis en train de couver cette gastro. Pis je veux pas non plus rester avec Mathieu, ça augmente mes risques d’attraper sa dysenterie. Mais je peux pas non plus aller me réfugier chez Chogna pis Nicol, ça serait chien de leur apporter une maladie dégueuse. Aaaargh, kessé m’a faire?

OK, là j’ai mon plan d’urgence, je me suis arrangée avec Oli. J’ai vingt minutes pour me préparer, faque je vais à picerie pour acheter à Mathieu du manger de gastro : des biscuits soda, du Gay Torride, de la compote de pomme, et je lui laisse des Gravol. Il n’ira pas à sa conférence et va rester à l’hôtel une journée de plus, question de retrouver la force de rentrer à la maison. J’aimerais l’embrasser avant de l’abandonner avec son virus, mais je voudrais pas empirer mon cas. Je quitte la chambre avec un petit fond d’inquiétude, de tristesse, de culpabilité — et un peu de soulagement, je dois le reconnaître.

Ah non, un visage familier!  Alain Farah est dans l’ascenseur. J’aime pas bin ça croiser des gens le matin quand j’ai pas de face, surtout après une nuit blanche de renvou. Ah, il va pas me reconnaître, on se connait à peine, on a dû se croiser deux ou trois fois dans des lancements, il me semble.

— Hé! Salut!
— (Fuck.) Allô!
— Ça va?
— Correct… Mais Mathieu, pas trop. Il a vomi un peu partout dans l’hôtel toute la nuit. Compte pas trop sur sa présence à la conférence.
— Oh…

J’avais même pas de face pis il m’a reconnue! Je comprends pas ça. En tout cas, je lui ai pas fait la bise, par politesse.

Enfin, je sors de l’hôtel et je spotte le char d’Oli. Oli qui est super dédaigneux. Le pauvre. Il veut pas me toucher, et je le comprends. Moi qui voudrais lui lécher la face comme un chiot tellement je suis reconnaissante qu’il me sorte de là, je refoule ma  grosse gratitude et je lui dis merci. Parce que grâce à lui, je peux me rendre à St-Urbain, où mes parents vont me garder en quarantaine.

Merci Oli.


Cette note de bloye est dédiée à Joanie, émétophobe qui a tout de même du fonne avec les histoires de renvou.

lundi 8 octobre 2012

Action de grèse

Ça a l’air qu’il faut se bourrer la face et faire preuve de reconnaissance. Bin moi, la meilleure affaire que j’ai mangée dans les derniers jours, c’est mes mouffonnes préférés. Et je suis reconnaissante envers l’univers pour m’avoir donné assez d’argent pour acheter de la farine, du sucre, du lait de soya pis de l’huile végétale. Merci Jésus? Non. Merci à tous ceux qui m’ont acheté des belles gnéseries sur ma boutique Etsy, ça fait une grosse différence dans mon budet. Par reconnaissance, je te transmets ici ma délicieuse recette. Peu importe les circonstances, j’aurais bien fini par te la donner, parce que je t’aime, cher lecteur.

C’est une recette que j’ai prise de Chogna qui l’avait prise d’un livre de recettes que je pourrais difficilement retrouver, mais je l’ai tellement modifiée que je me la suis appropriée. Alors voilà.


Les bons mouffonnes à la crème de blé

-1 1/4 t. de farine (si t’as du budget, la farine de kamut c’est cool)
-3/4 t. de crème de blé
-1/2 t. de sucre ou cassonade
-3 c. à thé de pourde à pâte
-1/2 c. à thé de sel

Tu mélanges tout ça dans un bol.

-1 t. de lait de soya (ou de jus d’orange, ou d’eau si t’as vraiment rien)
-un peu moins d’1/2 t. d’huile végétale (de bonne qualité, autant que possible)
-1 guerosse banane en purée
-1 c. à thé d’essence de vanille

Tu mélanges tout ça dans un autre bol. Ensuite, tu rajoutes la bouette liquide aux ingrédients secs, et tu mélanges doucement. Le truc, avec les muffins, c’est de pas trop mélanger.

Là, le fonne commence. Tu rajoutes ce qui te tentes! Des pépites de fuckolat, de caroube, des morceaux de dattes, des mouches, des noix, tute! Ce que j’aime le plus, c’est de les fourrer avec de la confiture de fraises. Et de saupoudrer de la noix de coco sur le top. Arrrrh.

Ensuite, tu querisses ça au four à 350°F durant environ 20 minutes (le temps de cuisson varie d’un four à l’autre, à toi de voir c’est quoi le timing idéal).

Moi, je me tanne jamais des muffins. Et depuis que j’ai recommencé à en faire, je mange plus qu’avant. Si ça continue comme ça, je fais bien finir par reprendre mon poids perdu cet été. Yé!


L’origine du mot grèse : Je sais pas ce que ça veut dire. Et personne dans mon entourage ne le sait. Mathieu a trouvé ça dans un poème anonyme, et ce poème est tellement hot qu’il me l’a encadré et il trône maintenant dans ma cuisine deluxe. Si tu sais c’est quoi de la grèse, ça m’intéresse. Écris-moi. Merci, et bonne Action de grèse!

dimanche 23 octobre 2011

Correspondance avec l’ostie de coloc sale ou Je m’ennuie de toé ma sacrament de truie sale

Ça y est, j’ai un élan de nostalgie pour mon ancienne vie à Québec-Vile. Mon appart laitte avec vue sur le tsour des escaliers, l’éclairage platte, la disposition wtf des pièces, ma chambre minuscule avec une laveuse (qui porte, au moins, le plus beau nom du monde : Vagine à laver), la possibilité d’écouter de la musique et de chanter fort, des voisins adorables, des bébés corneilles dans ma cour, la paix, la grosse criss de paix. Sinon, je m’ennuie pas de Québec qui met son dentier dans un verre d’eau à 23h, Québec peurope qui me tape un peu sur les nerfs avec ses matins frais et dispo de même pas mauvaise haleine. Non, ce qui me manque, c’est mon cocon, mon méga-bunker qui me protège de l’univers méchant et pas fin, mon micro-univers avec Alien qui veut juste jouer à WoW et boire du Spruce quand il n’a pus de cash pour de la bière.


C’est pas un hasard si cette nostalgie me tombe dessus. Nostalgie = ça me tue de vivre ici, dans ce ridiculement petit pas-chez-moi + Alien a communiqué avec moi dans les derniers jours, dans le sens de « échanger des mots » et « établir un contact ». Alien aka l’ostie de coloc sale, Alien qui s’ennuyait de moi.


Ça a commencé par un mechaze tesque (bin oui, il est rendu avec un cell, le gros roadkill louseux) :


Alin Grosse truie 01:21 :Sale pute tchèque tes emails yo!

Moi 01:25 : TRUIE SALE! Depuis le temps que je veux de tes nouvelles! J’y vais tussuite!


À : Sophy

De : Alien


Salut sale conne.


Difficile à admettre, mais tu me manques! Beaucoup! Tsé, genre, ma coloc préférée.

Oli est venu bouffer au resto la semaine dernière. J'étais super content!

Bref, j'ai cru comprendre que tu rushais un peu et bien que ma non-présence ne peut qu'être néfaste, je t'ai calicé 50 piasses dans ton compte pour t'aider. Tsé, les écrivains, même les pas bons, ça fourre en calice. Je me disais que les sous pourraient t'aider pour les capotes, tsé. Au pire.

Non, sérieusement, tu me donnes des news quand tu lâches ton Fessebook please?


Ton ex coloc adoré.


À : Alien

De : Sophy


Aaah! Grosse souillure! Je veux pas de capotes, je veux me faire engrosser pour toucher des chèques d'allocation familiale!


Alin, merci infiniment (bin, pas tout à fait, mais pas loin de. Disons, pour le reste de mes jours?). Je sais pas quand je pourrai te le remettre, par contre. Y'a bin juste les béesses comme nous autres qui pensent à aider les ceuzent qui osent rien demander. Chogna, Patrick et toi êtes probablement les personnes qui m'ont le plus souvent aidée, en money ou en sévices. Mmm, des sévices...


Je sais pas ce qu'Oli a pu te dire, mais je suis pas encore allée m'acheter de la grosse corde jaune, t'en fais pas. C'est vrai qu'on s'est un peu parlés de nos affaires plates dans les derniers jours, mais bon, disons que ça pourrait être pire.


M'ennuie de toé, aussi! Nos échanges de cadeaux cons (patates contre nouilles jaunes; gratteux laittes contre bibelots religieux), nos échanges verbaux de haut niveau, les noms affectueux incomparables qu'on se donnait, nos marches jusqu'au Provigros, NOS SOIRÉES DE BOUGON, nos sorties au Drague (ah non, ça c'est arrivé juste une fois). J'étais sul bord de geindre sur mon blogue que mon coloc sale me manque, mais je suis bin trop orgueilleuse pour ça, tsé.


Kessé qui t'arrive, à toé? Mathieu pis moi on t'imagine en train d'aller chercher Maïs à l'école, en mini-van, les cheveux au vent, le teint bronzé, les dents glow-in-the-darque. On trouve ça bin drôle. Haha-drôle.


Je suis présentement, mais présentement dans le sens de RIGHT NOW PIS TU ME DÉRANGES, en train d'essayer de me ramasser des contrats de correction/révision. J’écris au rédacteur en chef d’une revue pour lui faire une offre de sévices avec des exemples de corrections que j'ai fait à des articles piochés au hasard. Je vais essayer à quelques places, je perds rien à essayer. (C'est tu clair que j'essaie d'essayer?) Pis oué, han, tu devines que je soigne mon fronçais un peu plus que dans mes emails pis sur mon blogue gnéseux. Je vais bien perler, tu vas wères.


J'ai pas trouvé de job. Je suis toujours fatiguée, encore, et mon médecin (j'ai un nouveau médecin! Full gentil pis full asiatique qui me sort des proverbes chinois en riant!) n'a pas trouvé de cause physique. En fait, je dois voir un endocrinologue pour une hormone quelconque qui serait apparemment trop présente dans mon organisme, mais ce serait pas suffisant pour drainer autant mon énergie vitale de la vie. Il trouve que, d'après ce que je lui ai dit sur mes symptômes, ça ressemble à de la fatigue psychologique (tu sais bin que je suis une grosse fifure mentale). J'ai eu des belles prescriptions : consultation en psychologie (dans 5 ans), en psychiatrie (dans 10 ans) pour possible trouble de l'humeur à préciser, en endocrinologie pour tu sais quoi, en dermatologie (pour mes restants de lèpre) et il m'a dit de revenir le voir si je voulais des penules. Du type inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (si tu sais pas c'est quoi, google-le, maudit criss d'ostie d'pas bon). Mais il m'a dit que c'était bien important que j'aie la "foi" en mon médicament. Que si je le prends à contre-coeur, ça risquait d'échouer ou de fonctionner à moitié. Il mise en partie sur l'effet placebo. Moi je me demande : à partir du moment où on est conscient de l'effet placebo, est-ce que ça l'annule pas un peu? Non?


Si je commence à travailler dans un mauvais état, je risque de me briser encore plus fort et pour plus longtemps. Mais bon, tu sais autant que moi que les affaires plates de la vie comme payer son loyer et son manger ne s'arrêtent pas juste parce qu'on se sent pas full dedans pour la vie, faque je dois m'organiser assez rapidement parce que hiiiiiiii mon chômage est sur son lit de pitale en train de recevoir des soins palliatifs de la part de gentilles et probablement sexées infirmières.


En tout cas, mon médecin cool m'a dit que si mon état ne s'améliore pas, il va me fournir les papiers nécessaires pour prolonger mon chômage, mais je doute que ce soit possible. Sachant ça, il a rajouté : « Mettez-vous sur l'aide sociale, c'est à ça que ça sert, madame ». Oh. OH. Flash-back du passé. Centre communautaire de B5P. Madame tenant un énorme jambon congelé. « Mange! T'es mèye! » Centre local d’emploi. Face de bœuf. Air condescendant. Sentiment de dévalorisation. Premiers jours de jobs de marde. Bout d’face à claques.


En tout cas. Je réfléchis à tout ça. J’arrête pas de chercher du travail. Mais je travaille surtout à essayer de trouver un autre appart et céder mon bail parce que juste de vivre ici c'est un stress. Ostie. Je t'ai pas dit que je suis presque sul bord de faire de la lévitation? Bref, je veux décâlisser, et il est même (encore) question que je cohabite avec la ringuettitude, mais ce serait temporaire.


Pour améliorer mes finances, j'ai aussi d'autres plans qui impliquent même pas de mettre des pénis dedans moi, mais je t'en reparlerai une autre fois parce que je veux finir mon offre de sévices ce soir.

Je te souhaite des cauchemars affreux de fin du monde sombre de la nuit noire du nihilisme. Au pire.


Ta coloc préférée XX


Le lendemain, par mechazes tesques :


Alin Grosse truie 16:26 : Yeault! Reviens à Québec Beach avec moi au lieu de te faire chier à Mourial.


Moi 16:26 : Mais je me fais pas chier à Mourial! J’aime ça vivre ici!

Je veux juste avoir un appart où je serai bien et retrouver mon énergie de jeunesse.


Alin Grosse truie 16:29 :Ben merde! C’est sain icitte. Pas d’écrivains miteux pis de seringues de drogue partout.


Moi 16:29 : Aon, un écrivain miteux. :)


Alin Grosse truie 16:32 : Mon offre tient tjrs pareil.

Mes boss au resto rénovent un super beau 5 1/2 au centre-ville.


Moi 16:36 : T’es gentil de me l’offrir. Si c’était pas de Mathieu, j’irais hiberner en région où ça coûte pas cher.

Mais je veux pas quitter Montréal…


Hier, il m’a textée pendant que j’étais en pleine vidéoconférence sur Skype (genre le « téléphone du futur ») avec Patrick.


Alin Grosse truie 01:11 : Phie je fais dodo au resto ce soir. :(


Moi 01:11 : Euh, comment ça??


Alin Grosse truie 01:12 : Pas mes clés d’appart pis mes colocs sont pas là.


Moi 01:12 : Ostie d’épais de truie sale.

Patrick fait dire que t’es cave.


Patrick et Alien, c’est une belle histoire d’amour. Ils sont amis depuis la vingtaine sale grunge nihiliste et ont fait environ les 400 coups ensemble (si on additionne à ça la profanation du cimetière de B5P, ça dépasse 400, par principe). Patrick et Alien, c’est le couple spécialiste des petits mots doux. Et c'est Alien qui m'a introduit son cher ami alors que j'étions encore une teen et que Patrick commençait déjà à se trouver vieux. (Autre anecdote pour toi, lecteur : Patrick s’est beaucoup inspiré d’Alien pour un de ses personnages dans Que jeunesse trépasse, je te laisse deviner lequel.)


Moi 01:13 : « Avec un smiley, quand même. »


Alin Grosse truie 01:13 : Merci. :)


Moi 01:13 : Chtaime pareil.

Tu vas t’installer où?

« Yé vraiment vraiment vraiment cave. »


Alin Grosse truie 01:13 : Quoi Pat yé là?


Patrick vient de catcher qu’Alien est rendu avec un téléphone cellulaire.


Moi 01:14 : « Yé donc bin rendu jet-set. »


Alin Grosse truie 01:15 : Va chier Brisebois.


Moi 01:15 : « Hihi. Moi j’oubliais mes clés quand j’avais 17 ANS. »


Alin Grosse truie 01:16 : Brisebois criss de cave - déménage avec moi.


Moi 01:17 : Je lui ai dit!

« À Montréal, pas de troube! »


On devrait tous se louer une maison géante, un manoir à Montréal. On aurait du fonne, ensemble! Et ça en ferait de l’espace pour Po! Elle pourrait galoper à sa guise au lieu de tourner en rond sur mon lit! Oui, vivre en commune avec Alien, Patrick, Ringuette, Po, La Fouine et quelques amis courageux. Après deux semaines ça me ferait chier et j’irais vivre dans le cabanon qui sent le saumon fumé et l’huile rancie le cabanon de ma maison d’enfance sentait ça alors je garde un souvenir malheureux des cabanons en général.




À : Alien

De : Sophy


Rognures puantes,


On parle, on parle, mais tu me dis pas trop comment tu vas. Si tu joues pus à WoW, veux-tu bin me dire ce que tu fais de tes temps libres? Comment tu te sens? Est-ce que Po te manque?


Alien, me permets-tu d’utiliser nos communications pour une note de blogue? C'est pour te punir d’avoir omis de me remettre tes Chroniques du bon manger du coloc que tu m’avais promises. Heille, je t’ai pas payé de la bouffe ethnique du Douleurama pour rien, tsé!

Bon, je retourne me coucher en boule avec Po. Broux. Au pire.


Sophaille xx



À : Sophy

De : Alien


Bin oui. Kerisse. Rajoute cette merde sur ton calice de blogue ennuyant!




***

Yéé!

\o/