jeudi 30 août 2012

Les belles choses de la vie : Une discussion avec mononc Robin, troisième extrait


Moi : (LOL)… C’est quoi tes premières histoires de drogues? T’avais quel âge?
Robin : Treize, quatorze?
Moi : T’as fumé du pot? C’est ça ta première drogue? Tu t’rappelles pas ek qui t’étais?
Robin : [Robin réfléchit]
Moi : Ah! Faut que tu me contes, d’ebord, comment que t’es viré alcoolique, tu m’as dit que c’était à cause des concours de liqueurs que tu faisais ek ton cousin.
Robin : On buvait d’la liqueur, c’est ça. On faisait des concours.
Moi : Ouin!
Robin : Celui qui en buvait l’plus.
Maman : Avec Christian?
Robin : Avec Christian.
Moi : Tu faisais des concours de liqueurs! C’est quoi ton record?
Robin : J’pense c’tait… J’pense c’tait vingt-huit.
Moi : Vingt-huit!?
Robin : Vingt-huit Pepsi, là. D’une veillée, dans l’temps de Nouël.
Maman : Heille c’est dangereux, ça, tant que ça! L’coeur aurait pu t’sauter!
Robin : J’sais pas?
Moi : Ha ha ha!
Robin : Pis là la mére a m’a dit, a dit là, là, la liqueur, a dit là là, y faut qu’t’arrètes ça, a dit j’aimerais bin mieux qu’tu bouèves d’la biére, c’est meilleur pour la santé.
Moi : HA HA!
Robin : J’ai dit c’est correke, m’man! Depuis c’temps-là, j’prends un coup.
Moi : Oh non!
Maman : Ça s’peut pas parler d’même…
Robin : Bin c’est elle qui me l’a dit! On m’a toujours dit écoute ta mére, crisse! …quand ton père te parle.
Moi : HA HA HA! Ostie qu’ça peut pas être mieux dit à propos de ta mère… Mais tu y as déjà dit, ça, à elle, c’est d’ta faute si j’bois d’la bière?
Robin : BIN OUÉ! Pis là apras ça a m’disait que je prenais un coup… J’prenais un coup en estie. Chu tranquille aujourd’hui! J’bois pus!
Moi : HA HA HA!
Robin : A dit y faudrait qu’tu slaques la bouésson un peu… Mais crisse! C’est toué qui me l’a dit d’en prendre!
Ma mère et moi : lol
Robin : C’est d’ta faute, là, pas d’la mienne. Ouin bin j’ortiens d’mon grand-pére, j’ortiens d’Noré. Noré prenait un coup en estie, mon grand-pére.
Maman : Quand y marchait les épaules par en ardjére, là, y n’avait d’dans.
Robin : Tabarnac y n’avait en estie.
Moi : Ha ha! C’tait pour pas tomber par en avant?
Robin : Tout le monde prenait un coup! Ti-Mé! Ti-Mé, ça prenait un coup en estie.
Moi : Qui ça?
Robin : Ti-Mé Bonneau. 
Maman : Un de nos oncles.
Papa : Y toussait!
Robin : Hé crisse, quand y toussait, y s’mettait à tousser...
Maman : Y fumait, han. Y fumait gros.
Robin: Hé, y fumait en estie!
Maman : Yé mort du cancer du poumon! En tout cas, y toussait y v’nait rouge comme un coq!
Robin : Y’avait ‘a langue sortie long d’même!
Maman : J’te dis, là, on dirait toujours qu’y était pour mourir à côté d’moué.
Robin : Pis là, à chaque fois qu’y toussait, y v’nait ‘a face ROUGE…
Papa : Ça durait dix menutes.
Robin : Si t’arais eu une aiguille, tu l’arais piqué, là, s’à joue, Y S’VIDAIT.
Moi : HA HA HA!
Robin : HIN HIN HIN!

mercredi 29 août 2012

Les belles choses de la vie : Une discussion avec mononc Robin, deuxième extrait


Maman : C’t’aussi bin qui s’en souvienne pus, les affaires qui a faites…
Moi : Non, moi j’veux les savoir, faut que tu m’es racontes, j’veux les noter!
Robin : Ouin mais là, j’sais pus… j’t’en ai dit pas mal.
Moi : Tu m’as dit la fois qu’t’as failli te faire tirer par du monde à chasse aux lièvres…
Robin : Ah ouin, ça c’est dans Beauce.
Moi : Tu m’as conté la shot avec André Allard pis André Gariépy à l’Ile-d’Orléans, quand l’eau a failli monter su votre roche.
Robin : Ah ouin, s’à roche!
Moi : La shot yousque Roger y’a tiré sur un gars parce qu’il voulait entraîner son chien le premier jour de la chasse…
Robin : Hin hin, tu t’en rappelles, de ça!
Moi : Oui! Tu m’as raconté aussi la fois où ce que… le titre que t’as donné à l’histoire c’était « Une corneille les pieds dans marde. » Ça je l’ai noté.
Robin : La quoi?
Moi : La corneille qui a pilé dans marde.
Robin : OK ouin! Les soeurs?
Moi : Oui. Pis tu m’as conté la fois où t’as vu le pied de l’arc-en-ciel avec Michel.
Robin : Ah ouin, à Manic 5.
Moi : Ça s’peut pas, voir le pied d’un arc-en-ciel!
Robin : Bin oui, je l’ai vu moé crisse.
Moi : T’étais à quelle distance du pied?
Robin : J’tais aux côtés, stie. J’tais à dix pieds. Y’avait une grosse crisse de roche, grosse comme l’char.
Moi : Ouin mais tu connais toutes les légendes à propos de ça?
Robin : Moué pis Michel Dèye on était à Manic, sul bord d’la riviére, on avait mis notre tente là, toute, pis y’a arrivé un ostie d’orage, pis tussuite après l’gros soleil, PIS LÀ, on voyait la grosse crisse d’arc-en-ciel, était à peu près à mille pieds de nous autres. HIN! J’dis ga Michel, l’arc-en-ciel! Ga c’est là qu’a commence, c’est là qu’a va, s’à grosse roche, là-bas. J’la voyait bin comme faut. 
Moi : OK…
Robin : On saute dans l’truck, crisse on s’en va là-bas. On a arrivé drette aux côtés. L’arc-en-ciel arrivait s’à roche. J’TAIS AUX CÔTÉS, LÀ!
Moi : (lol)
Robin : C’tait à peu pras, large comme l’char, l’arc-en-ciel. Était à peu pras large comme l’char. Arrivait s’à roche.
Moi : Sacrament...
Robin : Heille, c’tait spécial, j’ava jama vu ça d’ma vie, j’orverrai pus jama ça non plus.
Moi : Vous étiez sua poffe, là, vous deux!
Robin : Nenon. Tu demanderas à Michel Dèye, crisse!

mardi 28 août 2012

Je fais des faces de poisson mais c'est pas ça qui va me démotiver


Ce soir je suis allée chez Mathieu pour enfin brûler la soie. Ça faisait au moins quatre fois qu’on remettait ça, parce que c’est difficile de faire fitter nos horaires, parce qu’il faut faire ça quand il fait noir, et parce qu’on est souvent fatigués par les temps qui courent (au ralenti). Ça me tentait pas du tout de marcher une demi-heure pour ensuite faire quelque chose qui demande à mon corps de bouger. Je me sentais trop zombifiée. Mais je me suis botté le cul pour deux raisons principales : j’ai hâte de faire les t-shirts de Po (et je sais qu’ils sont attendus), et je sais que je dois sortir à tous les jours pour ne pas redevenir un troglodyte.

En chemin, j’ai croisé Myriam, que je rencontre souvent par hasard parce qu’on habite le même quartier. Une chance qu’elle m’a reconnue et m’a fait des grands gestes parce que j’aurais pu passer à deux pouces de sa face sans la voir. Je deviens de plus en plus myope, mais je suis surtout limite autiste quand je me balade sur la rue. Les gens qui croisent ma route ne sont pas ce qu’ils sont. Ce sont des personnages, des créatures, des monstres, la seule chose qu’il y a de réel chez eux, c’est leur odeur, que je perçois presque à tout coup. Pis ossetie qu’ils pusent, des fois. Surtout les vendredis et samedis soirs.

Je suis arrivée chez Mathieu épuisée, j’avais chaud, je tenais pas debout, même ma face tenait pas tusseul, et j’arrêtais pas de bailler. J’avais une face de poisson mort. J’étais même pas maquillée. Qu’est-ce qui m’arrive, donc? Ça doit être les penules. Je me suis aspergée d’eau froide pour me ressusciter. Pis là Mathieu m’a dit que l’acétate de Po n’était pas belle, que ça risquait de donner de mauvais résultats. J’ai voulu essayé un nouveau centre d’impressions, et c’est ce que ça a donné. Bon. OK. Coudonc. J’étais un peu désappointée de reporter ça à mercredi. Parce que demain soir, Mathieu sera à Québec pour la première de Vu d’ici. Et moi je n’y serai pas, je serai pas la salle à ses côtés, tutessitée de fierté pour lui et de pas savoir ce qui m’attend comme spectacle. Parce que je sais que ça va être une pièce démente, que je vais tomber en bas de mon siège quand je vais voir ça. Mais ça se passera pas demain. Pour tussortes de raisons qui me rendent trisse. Alors je me concentre à essayer de dompter mon cerveau pour qu’il focalise sur les choses positives et belles et lumineuses. Ce qui est beau, c’est que la pièce de Mathieu est jouée au théâtre pour la deuxième fois, et qu’elle sera présentée à Mourial en janvier, et que cette fois je vais pas manquer ça. Ce qui est beau, c’est que j’ai maintenant ramassé plus de 165$ en vendant des macarons sur ma boutique, que Po est à deux comprimés d’avoir terminé son traitement antibiotique, que mon petit frère va mieux. Ce qui est beau c'est le monde, des fois, parce que oui ça arrive que le monde est beau, que l'humanité me fait chaud au coeur, et ce qui est beau, c'est que j’ai des idées de projets gnéseux, et que cette fois je n’appréhende pas la fraîcheur de l’automne qui s’en vient oh crisme que oui amène-toué bebé.

lundi 27 août 2012

Les belles choses de la vie : Une discussion avec mononc Robin, premier extrait


Maman : Ouin mais Robin, là, mais que tu sèyes mort, l’autre bord, y n’aura pas de bouésson pis d’cigarettes.
Moi : C’pour ça que je te conseille de pas aller au Paradis mais d’aller en Enfer, c’est là que l’monde le fonne se tiennent.
Robin : Les danseuses sont toutes là!
Maman : Ouin mais Robin, là, tu pourras pas fumer pis bouére, là.
Robin : Ah bin là, kess tu veux faire? Ah, y’a peut-être un bar pis on l’sait pas.
Moi : Y doit y avoir un bar clandestin! Toué t’as des plogues pour ça!
Robin : J’connais tout l’monde là-dedans, hin hin hin!
Moi : Robin, on a dix minutes devant nous autres, tu veux me raconter la shot des cinq infractions? Fanny m’a dit que t’as fait du quatre-roues avec Marie pis t’étais en infraction pour cinq raisons différentes.
Robin : Quand est-ce, ça?…
Moi : Je l’sais pas, ça fait peut-être un an, deux ans…
Robin : Avec mon quatre-roues?
Moi : Oué oué!
Robin : On était cinq sul quatre-roues?
Moi : Nonon, t’as fait CINQ infractions en même temps parce que tu buvais de la bière, t’avais un passager, t’allais trop vite, j’sais pus trop, mais y’avait plein de raisons.
Robin : J’avais pas de casse?… J’tais chaud?… J’avais pas de parmis?… Ah! Si j’m’arais fait arrêter j’arais eu cinq infractions? Je m’en rappelle pas, stie.
Moi : Tu t’rappelles pas?? Bin voyons, toué!
Robin : Crisse, j’me rappelle même pas qu’avant-hier je t’ai parlé au téléphone. 
Maman : Tu vois comment tu perds la mémoire, Robin, là? T’as yinque 52 ans.
Moi : Robin, j’veux noter tes histoires, si tu t’en rappelles pus, ça va mal! 
Maman : Heille, j’espère tu f’ras pas comme Maurice, toué! Ton parrain! Yé mort de démence.
Moi : Ouin, mais quand tu t’en rends pas compte, c’pas grave.
Maman : Bin, c’est grave pour les autres.
Moi : Ouin, c’est sûr… Mais là y’a-tu des histoires tu t’rappelles, d’ebord? D’autres histoires de chasse? Tu m’as conté plein d’histoires pis j’voulais toutes les noter. Faut pas tu perdes la mémoire, là. Pas tussuite! 
Robin : Ah non, les histoires de chasse, ça ya pas d’troube.

dimanche 26 août 2012

Les petits pliaisirs de la vie #1


Parce qu’on vante souvent l’importance des petits pliaisirs de la vie, je vais non seulement faire plus d’effort pour les savourer, mais en plus je vais t’écoeurer un peu avec ça (gentiment).

Numéro un : 

Regarde mon bol à fruits et me dire « cette banane-là va être parfaitement mûrie demain matin ». Ouémadame.

samedi 25 août 2012

Comment poffer son mongol intérieur


Darnziak a passé la moitié de la journée chez moi. Lui aussi il passe un été triste, alors on s’encourage mutuellement, on se donne de l’espoir, on se parle, on s’écoute, pis on essaie de ne jamais oublier de rire.

Il était content d’avoir son Megaman et ses robot masters, il a même joué avec sur mon frigo, comme un ti ninfint. Je lui en ai fait six, et dès que je pourrai m’acheter d’autres Hama Beads, je vais lui faire Air Man et Heat Man. Ça donne de très beaux aimants de frigo pour les retro gamers.


Ma nouvelle passion essitante : les Hama Beads.

On a travaillé un peu sur notre fanzine, puis on s’est récompensés en jouant à Mario 3. La dernière fois qu’on avait touché à notre game, on était rendus au monde 8, on avait plein de beaux items, trois suits de marteaux, des tanookis, des ailes, tutes. Pis notre game était effacée. Pour rien. Quelle horreur! Faut tout recommencer. Faut tout refaire Mario 3 à partir du début. Tu parles d’une affaire plate.

Ça fait qu’on a joué à Mario 3, jusqu’au monde 5. Il a ramassé tous les tanookis, l’ossetie. Mais c’est pas grave, moi j’ai fait le tableau avec des bas. On a inventé des sacres. On a lâché des cris de mort inhabituels. Il m’a parlé de son caca. On a ru. Ah pis j’ai même fait une demi-crise de nerfs quand un des deux tipules est venu voler près de moi, je criais en me débattant pour le décourager de me poker avec ses interminables papattes. « Veux-tu que je l’écrapousse? » Nenon! Je veux m’habituer à sa présence pour pu jamais re-crier de même comme une folle.

On était tous les deux fatigués, et dans un mood mou-mongol.

— Me semble que je suis un peu plus mongol, ce soir.
— Oui, je vois que tu as nourri ton mongol intérieur!
— Mon mongol intérieur est ENFLÉ.

Moi, j’ai tout de suite eu cette image en tête :

Mario sua poffe.


J’étais contente de le voir rire. Je sais que ça n’annule pas sa tristesse, mais je sais aussi qu’on a besoin de légèreté et de mongoleries quand on est darque depuis longtemps. Allez, n’oublie pas ton petit mongol intérieur, cher petit grand frère.

vendredi 24 août 2012

J'ai pas le temps de bloguer, je jardine

J’ai réussi à faire pousser quelques brins d’herbe pour Po. Si j’avais un micro, on pourrait l’entendre mâchouiller. Quand elle ronronne par-dessus ça, ça donne un son magnifique et farfelu qui fait rire mes oreilles.

Ouan, je blogue pas, mais je fais du cinéma. Tchèque ça.






Une minute neuf secondes de mâchouillage d’herbe. Personnage principale : le kyste. Personnage secondaire, interprété par une actrice qui mérite un Oscar pour son charisme (créons une nouvelle catégorie juste pour elle) : Po. Hors champ : la cigale, jouée par Rémy Girard. Mais on l’entend pas. Désolée, mon Blackberry peut pas faire mieux.