lundi 30 novembre 2020

Le plan de ma journée + une photo de mon beau chat brun

[Originalement publié le 6 octobre 2020 sur mon Patreon.]


Le plan de ma journée c’était de commencer par le travail mental, c’est-à-dire la demande de bourse au Conseil des arts du Canada (j’ai l’doua de rêver), puis terminer par le travail manuel : une deuxième et dernière couche d’apprêt dans la cuisine, ramasser le chantier, faire du lavage, etc. J’ai évidemment fait le contraire, et je suis contente parce que j’ai une belle cuisine peurope et lumineuse, mais il est passé 3 h du matin et j’ai pas full avancé dans ma demande. J’ai au moins mis à jour mon « CV artistique » (querisse que c’est niaiseux mon CV artistique), et j’ai aussi écrit à ma clinique vétérinaire comme je devais le faire, et fait la commande d’épicerie et prenant soin cette fois d’acheter les ingrédients de la PROCHAINE RECETTE, j’ai même joué avec Démon et sorti le recyclage, mais l’affaire que je dois faire avant le 7 octobre? HÉ HÉ. 

Je prends aussi le temps de bloguer parce que j’essaie de documenter ma vie vu que j’oublie tout à cause de mon cerveau qui a pris des vacances sans moi. Et pour vous dire, à vous mes cher·es mécènes, merci de me lire ici et de continuer de me soutenir même si je suis pas toujours constante ni intéressante.


En bonus, voici une photo de Frédéric-Démon, mon brave collègue durant mon stage de cinq semaines chez Doctorak.co :


Je comprends même pas sa face, il a jamais cette expression! 




Recette de nouilles aux légumes volée à Doune

  [Originalement publié sur mon Patreon le 4 octobre 2020.]


Mon sondage sur Instagram m’indique que 100 % des répondant·es souhaitent connaitre la recette de nouilles aux légumes que j’ai piquée à Doune, alors la voici sans plus tarder, je sais que vous avez faim et êtes impatient·es parce que toute va mal tout le temps :


·  des edamames surgelés

·  des légumes surgelés au choix

·  des haricots verts fins surgelés c’est nice

·  des nouilles au choix (oui, je vous laisse beaucoup de liberté dans cette recette)

·  de l’huile végétale (j’ai choisi de l’huile d’olive)

·  des sauces au choix (soya, mirin, huile de sésame — ÇA COMPTE POUR DE LA SAUCE)

·  du sel

·  facultatif (tout est facultatif anyway) : des pinotes ou des graines de sésame


Les outils nécessaires :


·  une source de chaleur, genre un four qui marche

·  une poêle

·  un chaudron

·  une passoire

·  au moins une cuillère

·  une spatule ou une grosse cuillère pour brasser les légumes


OK j’ai commencé par faire bouillir de l’eau avec une pincée de sel dans le chaudron, et j’ai querissé les légumes dans la poêle sur un petit fond d’huile d’olive. Je mets tout au maximum tout le temps mais je sais pas si j’ai rapport de faire ça.


Aux légumes j’ai ajouté de la sauce soya et du mirin, et j’ai remué avec une spatule pour pas que ça brule au fond.


Quand l’eau a commencé à bouillir, j’ai ajouté mes nouilles — j’aime bien les fusillis, c’est l’fonne dans bouche. Quand les légumes ont eu l’air un peu cuits et que toute la sauce fut évaporée, je les ai retirés du feu le temps que les nouilles soient cuites.


Après, j’ai égoutté les nouilles et je les ai ajoutées aux légumes. J’ai fait cuire encore un peu, après avoir ajouté encore de la sauce soya et du mirin, et une petite quantité d’huile de sésame. Je sais pas trop doser les sauces, alors allez-y au gout, sachant qu’il vaut mieux commencer par moins parce que ça s’enlève pas hein.


Vous pouvez manger ça direct dans la poêle, ou verser votre repas dans un bol pour faire plus chic. C’est un repas complet, et si vous choisissez des nouilles de grains entiers, ça fera encore plus de fibres pour faire des belles selles. 







Whitney veut s'en mêler

  [Originalement publié sur mon Patreon le 27 septembre 2020.]



Mes murs ont une bouche

 [Originalement publié sur mon Patreon le 26 septembre 2020.]


Finalement, repeindre mon appart ça n’a pas le même pouvoir thérapeutique que me teindre les cheveux ou changer de coupe. J’ai eu de bons moments, comme quand je pensais à Bob Ross qui se fait aller le rouleau dans son générique, ou quand je chantais un peu, et surtout j’ai remarqué que j’ai pas pleuré une seule fois en peinturant, alors ça a du bon. Sauf que ça m’a découragée quand j’ai bien vu que le résultat final serait laitte. 


J’avais demandé au proprio s’il pouvait fournir la peinture vu que les murs sont vraiment à refaire : la peinture a beaucoup vieilli, les couleurs sont laittes, y’a des patchs de plâtre dans exactement toutes les pièces. J’ai vu des communes de punks pas mal plus chics que ça, pour être franche. Je sais pas trop pourquoi je tiens à me justifier de vouloir des murs corrects sans passer pour une grosse bourge. C’est sûr que je pense que ça fait partie de l’entretien normal d’un immeuble que de le garder potable, mais plus intimement, je sentais que ça pourrait affectait mon humeur déjà pas top.


Je passe beaucoup de temps chez moi. Je travaille de la maison, j’ai des chats qui ont besoin de soins et d’attention, j’aime être chez moi. Et depuis le confinement, que j’ai jamais vraiment relâché sauf pour les courses de base et le CANADIAN TIRE, bin je sors encore moins. Ces jours-ci je suis obsédée par l’idée que je vais jamais sortir de la pauvreté, que chaque fois que ça semble aller un peu mieux, après c’est juste encore pire. Je suis donc enfermée chez moi et dans ma classe sociale, mes murs laittes me regardent 24/24, quand j’ouvre les yeux je les vois qui me disent : « t’es pauvre, lol », pis ça me fait un peu chier.


Mais j’ai de la chance, le proprio a accepté de me donner 18 L d’apprêt-scellant. Comme j’aime pas ça faire sentir aux gens que je doute de leurs compétences, je lui ai demandé, avec beaucoup de précautions : « Mais de l’apprêt, c’est du primer, c’est pas censé être juste la couche de base? Que je dois ensuite recouvrir de peinture? » Apparemment, ça va bien aller. Ça va tout couvrir les couleurs actuelles, et ça va suffire. Okay. 


Évidemment, non. J’ai déjà appliqué deux couches dans la moitié de l’appart, et on voit encore un peu les couleurs. Et je sais pas trop ce que ça fera dans la salle de bain avec l’humidité. C’est un peu plate de se donner autant de trouble pour un résultat devoir de cégep. C’est pour ça que j’ai eu envie d’aller m’acheter juste un p’tit gallon de peinture recyclée Boomerang — la moins chère — pour ma chambre, mais je me suis ravisée : c’est pas mal plus important de trouver du cash pour les soins dentaires de Frédéric-Démon que d’avoir un beau fini sur les murs de ma chambre. En fait, je pourrais lister beaucoup de choses que je dois payer avant ça, et ça inclut des incontournables.


Anyway. Je vais laisser ça de même. Mes murs vont encore me dire que chu pauvre, mais au moins je les ai changés un peu, j’ai fait ça moi-même, fcapabe tfou feule. 


Ayoye chu pas bin. Je peux pas croire que je viens d’écrire tout ça à propos de mes câlisses de murs. Pense que chu fatiquée.

Des souris et des fantômes

[Originalement publié sur mon Patreon le 22 septembre 2020.]

 TW : mort brutale d’un animal


Hier après ma journée de marde je suis allée au lit sans finir mon film, me suis couchée tout habillée, parce que j’ai tout le temps froid, me suis bien emballée dans mon super cocon, Frédéric-Démon en boule derrière mes genoux, Whitney blottie dans mon cou et ronronnante. J’étais enfin assez détendue pour espérer m’endormir. Puis j’ai entendu ce bruit. On l’a entendu.


Des petits craquements inquiétants dans les murs. Sur le coup, j’ai pensé : c’est le fantôme japonais de l’autre jour. Yé revenu. The Grudge m’avait beaucoup fait peur à l’époque, il m’a fait quand même pas mal peur quand je l’ai réécouté il y a deux ans, et j’avoue avoir un peu eu peur quand j’ai entendu ces mêmes bruits il y a deux jours. 


Mais cette nuit, dès que ça s’est manifesté de nouveau, mes chats ont bondi hors du lit pour se jeter sur la source de bruit. Ils ont fait un gros vacarme, avec grognements de bêtes féroces pis toute. C’était évidemment eux les bêtes féroces. 


Dès que j’ai pu allumer une lampe, mes chats étaient déjà rendus dans le couloir, et j’ai vu la source du bruit : une petite souris terrifiée qui court pour sa vie. Tout ça s’est passé très vite, et le temps que je me rende compte que c’était mes chats les monstres, la souris étaient déjà entre les crocs de Whitney.


J’ai vraiment essayé de lui sauver la vie. Ou, du moins, de la retirer à Whitney. Au besoin, j’aurais pu lui offrir une mort plus douce; ça ne prend pas beaucoup de bruprénorphine pour endormir pour toujours un petit animal de 20 grammes. Mais Whitney était en mode prédation à 100 %. Je pense qu’elle a grogné pendant 20 minutes, en se promenant partout dans l’appart, poffée, sans jamais vouloir lâcher la souris, et elle a fini par se calmer un peu après que j’aie enfermé son frère dans la chambre pour lui laisser un peu d’espace. J’ai vu la souris mourir d’asphyxie tranquillement sans pouvoir rien faire. Je filais pas bin.


Là, inutile de me parler du cycle de la vie et des dures réalités de la vie sauvage. Chu au courant. J’en ai vu (trop) souvent des animaux se faire tuer devant mes yeux, y compris des rongeurs qui tombent entre les griffes de chats agiles. Je sais aussi que Whitney, comme la grande majorité des Felis silvestris, a un instinct de chasse en elle. Que c’était pas de la méchanceté. Ça m’empêche pas d’être bouleversée. Je dois dire que c’est quand même spécial de voir la part très primitive d’un animal de compagnie qui en temps normal mange de la bouffe en canne et chie dans une boite. 


Quand Whitney a commencé à se calmer un peu, j’ai sorti les croquettes pour voir si ça la déconcentrerait de son projet sérieux. Ça a marché. Elle s’est lancée dans les croquettes comme si sa vie en dépendait (brave petite chatte domestiquée!), et j’ai pu ramasser la souris. Son corps était déjà froid, tout mou. Et Whitney n’en avait pas besoin — oui, je sais que ses croquettes et ses cannes de mou sont faites d’animaux morts. J’ai déposé la souris dehors près de ma porte en espérant qu’un chat errant la trouve.


Je pouvais pas aller me recoucher right now. Les chats non plus, bin trop paquets de nerfs. J’ai parlé un peu avec Julie pour me changer les idées, mais on entendait d’autres souris marcher dans les murs. Les chats se sont remis en mode chasse. Câlisse que j’aurais vraiment préféré avoir un problème de fantômes.


La solution à court terme que j’ai trouvée : faire jouer du Merzbow toute la nuit pour éviter que les souris viennent rôder près de nous et se fassent tuer par les chats. J’ai fait une playlist vite fait pour avoir du Merzbow pour quelques heures, et j’ai placé le speaker dans le coin où les souris s’étaient manifestées. 


Je sais pas pourquoi, mais les chats n’ont pas dormi avec moi après tout ça. Je me suis levée pour aller faire pepi, et je les ai vus tous les deux sur le divan, s’étirant le cou comme des suricates pour me regarder d’un air fru. Voyons les chats. Est-ce que vous boudez? Parce que je vous ai pas appuyés dans votre projet de tuer une souris? 


Vers midi, la chambre était ensoleillée et chaude, j’ai pu me déshabiller. Démon, sur le lit, attendait le déjeuner. Le speaker était éteint, YouTube était sur pause. Le party Merzbow était fini, et ça a eu l’air de fonctionner. 


Tantôt, le propriétaire avait l’air d’accord avec mon plan de gestion non létale. J’espère que l’exterminateur qui va passer demain matin va pas tout faire foirer. Hey pis c’est pas moi la snitch : c’est le proprio lui-même qui a pris l’initiative de m’écrire à propos des souris, vu que c’est un problème récurrent. Je lui ai pas parlé de Merzbow, mais il connait les autres astuces de mon plan. Ça va-tu aller? Si ça pouvait au moins aller bien pour les souris, maudit. 

Texte de commande : mon expérience Canadian Tire de la journée (et autres gnéseries)

[Originalement publié sur mon Patreon le 20 septembre 2020.] 



Mes abonné·es sur Instagram sont UNANIMES, c’est juste Mélopée qui s’est trompée de bouton. (Ça donne une idée du nombre de répondant·es, héhé.)


C’est toujours super dur pour moi de sortir du lit, ça me prend du temps et me demande beaucoup d’efforts, mais ce matin j’ai pas eu le choix de me dépêcher : Alexandre m’a textée à 13 h pour me dire qu’il avait réussi à nous réserver de la bouffe au café Dei Campi et qu’il fallait aller la chercher vers 14 h — ça ferme à 15 h, alors pas de niaisage.


Claudine devait nous y rejoindre aussi, mais je sais pas trop ce qui s’est passé, je pense que son cadran a sonné dans ses rêves sous forme de berceuse qui l’a encouragée à rester endormie. Pauvre Claudine, est trop fatiguée. Plein de petits becs à Claudine.


Je pouvais pas être en retard, pis j’avais aussi hâte de manger une bonne PIZZETTE pis un cornetto. Fait que je me suis levée, hop! même mes chats en revenaient pas, je les ai nourris, je me suis fait une face en vitesse, j’ai mis mes bottes pis mon manteau d’hiver et je suis partie. J’ai hâte d’aller chercher le reste de mon stock chez Thieuse, mon manteau d’automne/printemps est là.


Quand je suis trop énarvée pour écrire lisiblement.


Alexandre était déjà arrivé devant le Dei Campi (dehors), alors j’étais en retard, finalement. On a mangé (dehors) sur un banc, à distance, c’était full bon, on a remis nos masques pis on a embarqué dans son petit char pas de toit. 




Tout naturellement, j’ai dit : « On va-tu su Canadian Tire? » Je prévoyais y aller dans les prochains jours pour m’acheter une autre poche de 40 lb de litière, ça rentre tout juste dans mon caddy. J’avais aussi besoin de pots à plantes en terre cuite pour mes NOUVELLES PLANTES, de masques lavables, et d’époxy pour réparer mon bain. Tant qu’à être sur une lancée de faire des choses, tsé. En gros, Alexandre pis moi on fréquente deux places : le Dei Campi, pis le Canadian Tire. On est un peu des chats castrés. 




On entre. On marche. Alexandre dit : « J’ai déjà oublié ce qu’on est venus chercher ici. » C’est un peu ça que ça fait les magasins, han. En tout cas, moi je suis facilement éblouie quand j’entre dans une quincaillerie, surtout les grandes surfaces comme Canadian Tire qui veulent nous vendre tellement de choses, des trucs pour la maison, des belles plantes — ayoye je devrais faire une note de blogue juste sur mes plantes pis mes problèmes de plantes, c’est fou —, des outils pour construire ou réparer des choses, de la peinture, pis même du stock pour les animaux. Je voulais aussi acheter un jouet pour les chats, parce que la veille, Whitney a fait plein de gnéseries parce qu’elle s’ennuie. Je veux passer plus de temps à jouer avec les chats, ça me fait autant de bien qu’à eux je pense.


Là, je pensais écrire tout un texte sur notre expérience de magasinage au Canadian Tire, mais j’ai un peu oublié ce qui s’est passé. J’oublie tout au fur et à mesure. Une fois, Boubeur m’a dit que j’avais une grande mémoire parce que je pouvais raconter en détail des évènements qu’on vivait. Sauf que ça marche juste si je le fais rapidement, et quand je suis pas en dépression I guess. Hi hi. Je ris mais c’est pas si drôle que ça de te rendre compte que ton cerveau se détériore. J’espère que c’est réversible. 


Ah oui! Vu qu’aucun jouet pour chats n’était satisfaisant su Canadian Tire, Alexandre a suggéré d’aller su Mondou, drette à côté. Il voulait regarder les distributrices à croquettes programmables. C’est un grand Moudou, c’est pas loin d’être un Mondou-Dépôt, alors j’étais pas mal sure qu’on en trouverait au moins un modèle. Même pas! Mais j’ai acheté deux choses : un jouet qui va certainement intéresser mes chats (une baguette avec un gugusse au bout), et des bâtonnets de matatabi. Ça faisait longtemps que je voulais faire essayer ça à mes chats. Apparemment, c’est populaire au Japon, peut-être autant que la cataire ici. La plante (Actinidia polygama) est de la même famille que les kiwis qu’on mange, et ses fruits ont un effet euphorisant chez la plupart des chats domestiques (cette étude dit que 80 % des sujets ont réagi, ce qui est un meilleur score que la très connue catnip). Sauf que chez Mondou, c’est du bois que j’ai trouvé. De très petites branches bien découpées et présentées dans un bel emballage « écolo » (« ça c’est du beau greenwashing! », a dit Alexandre en riant). Il semblerait que le bois soit un peu moins buzzant que les fruits séchés, sauf qu’il a l’avantage d’améliorer la santé buccodentaire des chats qui le mâchouillent. 


Ah oui, pis sur l’emballage, c’est écrit que ce produit « ne manquera pas d’émoustiller votre chat ». Émoustiller? On trouvait que c’était un drôle de choix de mot…




Alexandre a transporté les deux sacs de litière du char jusque chez moi, je lui ai prêté ma distributrice à croquettes, pis j’ai vite caché le jouet pour chats avant que Whitney se sauve avec pour le détruire (elle a fait ça la semaine passée quand je suis revenue du Douleurama avec un jouet). 


Là, c’était l’heure du p’tit buzz de matatabi!


Je présente un bâtonnet à Whitney : elle le sent, se frotte les dents dessus, les joues, toute, et se met à baver. Mais pas de la grosse écume de chat qui va pas bien, là. De la bave fluide de chat qui tripe. Whitney et Démon bavent souvent quand ils sont contents, détendus, extatiques. Et là, je vous confirme que ma chatte était très émoustillée. J’ai dû laver le plancher pour ramasser son fleuve de bave.


Frédéric-Démon : beaucoup de tortillage par terre, très rapidement. Ça semblait plus euphorisant-stimulant, dans son cas. Beaucoup de plaisir en tout cas. Je vous le recommande. Mais c’est cher en estie : 13 $ pour 4-5 bâtonnets. Mais peut-être qu’ils sont durables. Whitney vient d’ailleurs de se refaire un p’tit trip pendant que j’écris ceci, environ 10 heures plus tard. Si ça les occupe souvent, que ça les détend ou les buzze, je dirai que ça vaut la dépense.


Après, j’ai essayé de faire une sieste, j’ai échoué, j’ai soupé, puis j’ai décidé d’essayer une nouvelle épicerie : le Super C sur Atateken. Mes attentes étaient élevées, parce que le Super C de Varennes est spacieux et peu fréquenté à mes heures normales d’épicerie. Sans surprise, celui-ci est plus petit, les allées sont plus étroites, mais il n’était pas bondé de monde et j’ai pu trouver tout ce qui était écrit sur ma liste, chose qui m’arrive pas souvent. Mais c’était une liste conservatrice, là : lait de soya, essuietouts, sauce soya, légumes surgelés, Quick, tofu, riz ou orge pour faire un sac magique, confiture, pâtes.


Boubeur aime mon caddy, il m'a demandé de lui envoyer une photo.


J’ai visité trois commerces en une journée, c’est too much pour moi. Je devrais recommencer à me faire livrer l’épicerie. Avoir du cash, je me ferais une épicerie de survivaliste. 


Après tout ça, je suis allée faire une longue marche, parce que j’ai beaucoup de stress à évacuer et marcher me fait du bien. Mont-Royal et Saint-Laurent un samedi soir, c’était plein de monde qui veillent tard, dans la rue, sur les trottoirs, les terrasses et dans les bars, et j’ai vu beaucoup de gens faire la fête comme si on était encore dans les années 10. J’ai pas de fonne à juger le monde, j’ai juste pas vraiment eu le temps de me remettre de la première vague et j’ai un peu beaucoup envie de mâchouiller du matatabi. Merci de m’avoir lue.





vendredi 24 juillet 2020

La nostalgie des choses laides

L’autre jour j’ai dit sur Instagram que je venais de passer trois mois à Varennes, mais c’est faux, j’y suis restée juste deux mois. J’imagine que ça m’a paru plus long. C’était une expérience spéciale. J’ai trouvé que la ville du bonheur était fucking plate mais le condo de ma sœur était super confortable (et climatisé). Pour vrai je me suis fait chier, surtout le premier mois, où j’étais isolée de mon réseau, mises à part les visites d’Alexandre et Christophe. Mais j’avais mes chats. Et pendant ce premier mois en banlieue où je souffrais de solitude et de dépression et de désespoir face à mon/l’avenir, j’ai pensé : check bin si je vais pas un jour être nostalgique de ma période Varennes. Parce que je sais que j’ai tendance à embellir le passé, à retenir surtout les belles choses. Je le sais parce que ça m’arrive de repenser à certains moments de 2012 avec nostalgie alors que sais, rationnellement, que c’était une année de cul.


Cette faculté — on va appeler ça une faculté et non un défaut — m’aide assurément à garder le moral, autrement, si j’en étais pas dotée, je regarderais ma vie avec dégout et mépris et j’aurais pu envie de continuer. 


Mais je continue! Oh, la vie se passe! J’ai pas beaucoup écrit ici mais la vie se passe pareil. Je suis revenue à Montréal le 6 juillet, j’habite dans l’atelier de Doctorak! Je prends ses commandes de t-shirts et de masques pendant qu’il est en vacances en région. J’aime ça! J’avais envie d’un peu de travail manuel, c’est cool. 


Mes chats aussi ont l’air d’aimer vivre chez Thieuse : les bruits de robot de la découpeuse à vinyle les intriguent; grimper sur le lit mezzanine est une belle activité de chats excités; et ils n’ont pas encore eu de face-à-face avec les chats des voisin·es par la fenêtre de la cuisine (j’anticipe ce moment). 


Ringuette me cède son appart pour septembre. Thieuse va revenir chez lui vers la mi-aout, alors ça se pourrait bien que je retourne à Varennes avant de pouvoir enfin être chez moi.


C’est bizarre de pas avoir de chez-moi depuis trois mois. C’est pas grand-chose, trois mois. Je pense à Vickie et ses nombreux déménagements. Quand je l’ai connue, je crois que toutes ses possessions entraient dans une valise. Elle habitait à plusieurs endroits à la fois, dans plusieurs villes, même. Souvent chez Pepa, parfois chez moi. Je me demande comment elle vivait cette mobilité.


Je tends à m’attacher aux lieux que j’habite. Et c’est très important pour moi de me sentir en sécurité où je vis. Je sais pas si j’habite les lieux où je vis depuis trois mois, mais je remarque une chose : mes chats me suivent, et je crois qu’ils m’aident à me sentir chez moi partout. 


L’appart de Thieuse est quand même un lieu familier pour moi. Pendant six ans, j’ai eu peur de tomber du lit en dormant. Une chute de cinq pieds, ça doit être dangereux, que je me disais. Je le pense encore. Et j’y ai pensé le premier soir où je me suis couchée, après notre arrivée. J’ai grimpé l’échelle, je me suis demandé comment mes chats allaient m’y rejoindre, si je devais pas déplacer un meuble pour leur faire comme une marche, et ça a pas pris trois minutes pour que je voie les pattes de Whitney qui s’agrippent au pied du lit : elle avait trouvé l’échelle. Frédéric-Démon l’a suivie en deux ou trois bonds. 


Après, j’ai pensé : comment vont-ils redescendre? Est-ce qu’ils risquent de tomber en dormant? On a fini par s’endormir tous les trois, et je me suis fait réveiller par le bruit des griffes de Démon plantées dans le matelas. J’ouvre les yeux, je vois sa face de Rambo qui veut pas tomber dans la falaise. OMG. On a eu peur, mais je l’ai aidé à remonter. Je pense qu’il a tout oublié parce qu’il dort encore sur le bord du lit et ça me stresse. 


Je suis donc sans domicile fixe pour encore quelques semaines, mais ça achève. Oh, je pourrais aussi dire que je suis en résidence de création pour moins me sentir poche, mais ce serait un gros mensonge. J’ai plein de projets, j’ai envie de faire des choses, mais l’anxiété, la colère et la dépression me paralysent, ça fait que la création, ça marche pas fort. La vague de dénonciations d’agressions sexuelles me rentre dedans. Le 13 juillet, j’ai écrit : « Je suis tellement cernée que je reconnais pu ma face. » Dix jours plus tard, les cernes sont encore là. Je vais peut-être devoir m’habituer à ma nouvelle face. (Je me suis jamais habituée à ma face d’avant.)


Mon prochain loyer va me couter plus cher et j’ai presque plus de contrats, je dois trouver de nouvelles sources de revenus. Je vais rouvrir ma boutique Etsy, je suis dedans pour faire des t-shirts pis toute, même si je file pas trop autopromo. Mais c’est roffe en ce moment d’être dedans pour kekchose, je trouve. Tout est roffe en cette année de cul. Hey, j’ai hâte d’être nostalgique de 2020, hi hi.