vendredi 23 novembre 2012

Exposer mon zizi


À force de parler de mon fanzine comme d’un zizi, ça a fini par être pinisse, pis batte. J’aurais donc pu intituler cette note « Exposer mon batte », c’était même ça qui a spontanément poppé dans mon esprit, mais heille, wo, fourrait pas que je perde le contrôle, là. Je cherche pas spécialement à être vulgaire. Pis ça commence à être nébuleux, « Exposer mon batte », tandis qu’avec « Exposer mon zizi », tu peux rapidement faire le lien avec Expozine et mon fanzine. Trouver des titres de notes de bloye, c’est un art, et si je m’y investissais vraiment, je pourrais pondre les plus beaux titres de la blogosphère mondiale — voire COSMIQUE — mais y parait que j’ai d’autres qualités, faque j’ai pris l’habitude de torcher ça assez vite, les titres. Voilà. T’as compris que je m’apprête à parler d’Expozine pis que ça risque d’être long et gnéseux et peut-être même plate.

J’anticipais un peu la fin de semaine parce que ça me faisait peur d’avoir à me lever à neuf heures du matin pis passer la journée à essayer d’être de bonne compagnie. J’ai dormi cinq heures (le minimum que mon corps réclame pour pas trop souffrir) pis je me suis hissée hors de mon lit chaud. Même Po trouvait ça trop tôt, elle avait même pas encore commencé à faire du pain sur moi. Malgré l’horreur de devoir exister le matin, ma journée a commencé par que’que chose de beau : Darnziak m’a remis une carte de fête faite par lui-même. A-ooooooon!

Punaise Face-de-marde, SNES, mon épée Master, Po, pis mon frigo Excite Bike.


Yé fin, lui! Il m’avait promis de venir m’aider à m’installer et passer une partie de la journée avec moi. Faut que je le dise : c’est bizarre de voir mes amis le matin. L’éclairage naturel est du mauvais bord, j’ai l’impression de vivre à l’envers.

En arrivant sur les lieux, j’ai spotté un coin de table pas loin d’une sortie. Je me suis dit que la petite brise nous garderait vivants (comme tu peux le constater, mes chers lecteurs, ça a fonctionné puisqu'on est tous les deux vivants au moment où je tape ces mots). Par bonheur, il y avait deux chaises, alors c’était possible pour Darnziak et moi d’être assis en même temps. On s'était préparés au pire, on se disait qu'une seule chaise saurait suffire pour nos demi-fessiers, faque on se considérait assez chanceux. Par contre, on était tellement tassés que c’était plus simple pour nous de se glisser sous la table plutôt que de de tasser les autres humains si on voulait entrer ou sortir de la zone des exposants.

Avant qu’il n’y ait trop de visiteurs, je suis allée voir Zviane à sa table pour lui donner un aimant que j’ai fait. Je savais qu’elle l’aimait, elle avait l’air de tripper quand je l’avais mis sur Facebook. C’est un « Peupi » en beads jaune et brun. Quand je lui ai remis ça, ses yeux se sont illuminés, elle a mis une main sur son coeur, et a dit :  « C’est le plus beau jour de ma vie. » Ses yeux se sont mis à lancer des rayons laser, pis elle a mis le feu à ses zines. J’ai dit wo, calme-toué, wo! Je voulais pas avoir du troube avec la sécurité.

Après ça, quelqu'un que je connais pas s’est présenté à ma table, puis il a dézippé sa veste pour me montrer… un chandail de Po! Laurence! C’était Laurence, que j’avais jamais vu, mais avec qui j’ai échangé quelques emails cet été quand il m’a écrit pour me commander son t-shirt. Il s’occupait de deux tables, dont une où j’ai acheté des zines queer (Queer and Trans Youth Resistance — Out of Order et  Queer Tribes — Pour les mecs qui aiment les mecs, ainsi que la liberté). Peu après, Ranger l’énarvé est venu nous voir. J’étais contente de le voir tout content tout fringant. On a jasé un bon moment, nous assis, lui dansant devant nous, comme un fou.

Je suis allée faire une tournée rapide, question de voir, taponner et acheter des zizis. En nageant dans la foule, j’ai retrouvé Angé! Aon! Je l’avais pas vue depuis des mois, alors j’étais tutesssitée par sa présence. Elle était enrhumée, alors elle osait pas trop se frotter sur moi pour notre traditionnel échange de phéromones. Le moment était mal choisi pour examiner le stoffe et les zizis magnifiques qui m’entouraient, alors je suis retournée à ma table, me disant que je ferais le tour dimanche avant que la foule n’arrive.

Au total, je me suis absentée 10 ou 15 minutes. Juste ça. À mon retour, Darnziak me dit : « Tu croiras pas ce qui vient d’arriver. Faut que je te conte ça. » J’ai tout de suite pensé à un truc grave, mais il a souri et m’a dit nenon, c’est du beau. Je me faufile alors sous la table et je le rejoins, super intriguée. Il me raconte que pendant ma courte absence, François Fucking Blais est venu acheter une édition deluxe de La punaise de lit. « Je lui ai dit que t’allais revenir dans pas long, mais il voulait pas t’attendre, y’avait l’air INTIMIDÉ. Peux-tu croire à ça? » Darnziak était tout lumineux. Cette rencontre-là, il aurait même pas osé l’espérer. Parce que François Blais, c’est un peu un mythe, des fois on se demande s’il existe pour vrai. Y’a des gens qui me disent l’avoir déjà vu, mais quand tu leur demandes des détails, sont pus trop sûr si c’était bin lui. Mais Darnziak, il l’a vu pour vrai, et lui a même parlé. « Il était pareil comme sur le cover d’OVNI! Avec la même tuque! » Woah. OK, ça fait notre journée en crisme. 

Là j’ouvre une parenthèse : (Qu’est-ce qui fait qu’on est en émoi comme ça, Darnziak pis moi? Parce qu’on est des fans de François Blais, oui, mais y’a pas que ça. Il y a environ un mois, une certaine Marie m’a contactée via la page de Po. Elle voulait me commander deux t-shirts de Po : un pour elle, un pour son frère. On s’est mis à s’écrire un peu, et dès les premiers emails je l’ai trouvé adorabe. Puis elle me dit que je connais peut-être son frère… qui est écrivain… François Blais… Meh! Bin oui! Mais non, je le connais pas personnellement, mais j’ai Vie d’Anne-Sophie Bonenfant dans mon lit, drette à côté de moi, parce que ça fait un boutte que Vickie pis Mathieu me disent de lire du François Blais, que je vais aimer ça, c’est sûr. Faque j’ai commencé par lire Document 1, son plus récent. Moi là, quand je regarde un film qui me fait beaucoup tripper, ça m’arrive de taper des mains en sautillant comme une mongole. Seule devant mon écran, consciente que personne sait que j’applaudis pour souligner les qualités de l’oeuvre. J’y peux rien, c’est l’essitation qui sort spontanément. Bin Document 1, c’est exactement le genre de livres qui m’aurait fait taper des mains comme une querisse de mongole si j’étais pas obligée de le tenir entre mes mains. Je suis pas critique littéraire, han. Je peux te dire à quel point j’étais énarvée et émerveillée de lire un livre, mais je serai pas très profonde. J’écris pas pour Liberté, tsé. Là, je suis dans Iphigénie en Haute-Ville, pis je fais attention pour pas l’échapper à cause de mon envie de taper des mains. Mais mise à part mon admiration pour l’oeuvre de François Blais, j’ai un peu un crush sur sa soeur pis lui. Je les adopterais. Ils s’occupent des chats SDF de leur quartier! Ils sont A-DO-RA-BES. Dans ma tête, je les vois comme un couple ducharmien, pis ça rajoute encore plus à mon affection pour eux. Ouain, je suis un peu intense, j’sais bin, mais c’est comme ça. Je suis emo, tsé. Oh pis l’autre jour ils m’ont envoyé un magnifique cadeau! C’est pour ça que c’était ma fête en tabarnaque. Sur le colis, c’était écrit « Sophy et Po » (AON!), et à l’intérieur, il y avait deux (2!) sachets de minouches deluxe, QUATRE (4) livres de François Blais, et une lettre touchante et farfelue. Darnziak est arrivé chez moi pendant que je lisais la lettre de François, il a bien vu que j’étais tutémue. Veux-tu bin m’dire comment je pourrais ne pas les aimer, han? Bon, on va dire que je ferme ma parenthèse ici.)

Marie-Chantal, ma beauté sauvage, est aussi venue faire un tour. C’était vraiment la journée des rencontres, ça n’arrêtait pus! Une chance que je filais pas sauvage à ce moment-là. Même Clara, qui trippe pas sur les foules, a osé mettre le pied à l’Expozine! On a jasé de chats, bien sûr, et de notre future soirée de gaming. Elle m’a laissé une petite pile d’impressions, je lui avais proposé de les ajouter à ma table parce que je trouvais ça inacceptable que ses beaux dessins ne fassent pas l’Expozine. 

Toute le monde était là. Même François Blais, même le soundman de Fred Pellerin, même Mathieurseno qui était occupé pour la fin de semaine, même Sonia Vachon avec une boîte de Tide, pis même la fille du centre d’impressions est passée! « T’as oublié ta clé USB. Je savais pas ton nom, on a collé une note avec Folle aux chats écrit dessus… » Aooon. Bin non je suis pas offusquée! J’assume totalement ce titre!

On a aussi vu Sébastien Dulude. Il m’a dit qu’il allait peut-être adopter un chat prochainement. Je lui ai parlé de Ron Jeremy. Il était bin d’accord sur le fait que c’est un très beau chat, « les tigrés, c’est les meilleurs », pis je l’ai laissé réfléchir à ça. Darnziak pis moi on était pas mal fatigués, mais la journée était l’fonne, et on n’avait pas beaucoup de temps pour penser à notre fatigue. En tout cas, je l’ai trouvé pas mal toffe de faire toute la journée sur un lendemain de brosse. « Mais demain, je pourrai pas rester aussi longtemps, je vais juste t’aider à t’installer, te laisser faire une tournée, pis rentrer. J’ai de la correction à faire… »

À 18 heures, j’ai recouvert ma table d’une belle nappe blanche, on s’est glissés de l’autre bord de la table, pis on s’est laissés rouler jusque chez moi. On a mangé au ralenti, enduré les nounoueries du Ringuette, pis Darnziak est rentré chez lui. Ce soir-là, je me suis écroulée dans mon lit avant une heure. Fait rare. Même pas eu le temps de tout regarder mon documentaire sur les hippopotames.

Là, il reste dimanche. Ouh.

mercredi 21 novembre 2012

Juste pour vous dire que...


Ron Jeremy est toujours à la recherche d’un foyer permanent et aimant. Il sera vacciné et castré le 1er décembre, mais je vous promets qu’il sera aussi sexé.

Chat gentil, magnifique, et qui sait faire du pain recherche humain aimant et responsable. Pour tute la vie. MP. Merci.

mardi 20 novembre 2012

La mort de Minoune et autres histoires de chattes


Lora Zepam et les chattes de sa vie, par Clara B.

Avant ma naissance, mes parents ont eu une chatte siamoise. La Minoune, qu’elle s’appelait. Mon père l’aimait bin gros, pis elle est morte dans ses bras. Ça l’a tant bouleversé qu’il n’a pas pu dormir de la nuit. Quand ma mère me racontait ça, elle avait l’air de trouver ça un peu exagéré de la part de mon père, de trouver ça drôle qu’il soit emo. J’ai jamais eu l’impression que ma mère s’attachait beaucoup à nos animaux. Elle les flattait peu, sauf quand ils étaient très jeunes et irrésistibles avec leur face de Cute Overload. Mon père, lui, il est du genre à travailler debout à sa table à dessin parce que mon chat est couché sur sa chaise. On dirait bin que mon père, c’est mon père, han.

Un peu avant que mes parents ne s’installent définitivement dans Charlevoix, mon papa avait trouvé un emploi là-bas. Il passait la semaine au chalet et revenait nous voir à Québec-Vile durant la fin de semaine. Le voisin du chalet a toujours eu des chats pour dératiser sa grange. Il s’y forme une micro colonie de chats — ou plutôt de chattes, les matous ayant tendance à s’exiler pour aller fourrer ailleurs ou à mourir sur la 381 — qui chassent le petit gibier et nous quêtent pour le reste. Je crois que leur espérance de vie se limite à environ quatre ou cinq ans maximum, l’âge à laquelle Améthyste, la maman de Po, est disparue dans la nature. Ma famille et moi avons toujours eu l’habitude d’apprivoiser les chats du voisin et de leur donner des restes de table comestibles pour eux, ce qui inclut les délicieuses entrailles des truites qu’on pêchait à la rivière. Bref, les chats ont toujours préféré chiller autour du chalet que dans leur résidence officielle. Mais cette année-là, quand mon papa vivait au chalet presque à temps plein, il y avait trois nouveaux chatons pour remplacer La Marbrée, qui avait disparue un peu après Améthyste. Je dis trois mais au début ils étaient quatre, sauf que la plus poquée de la gang n’a pas survécu deux jours. J’avais pourtant dit au voisin que la petite tigrée — je l’avais appelée Twiggy — était malade et contagieuse, qu’elle devait être isolée des autres. « Ah, bah non! A doit avoir eu une paille dans l’oeil! » De kessé? Une paille? Pis c’est pour ça qu’elle a du mal à tenir sur ses pattes, qu’elle éternue, morve, pleure? Deux jours plus tard, la chatonne avait disparue — les chats qui meurent dans la nature ne laissent pas souvent de trace — et les trois autres chatons avaient les yeux et le nez pleins de pus. La plus affectée, c’était Moufie, une belle angora bicolore aux yeux verts full eye-liner. Une fois, elle avait tellement de pus dans les yeux qu’elle ne voyait plus où elle s’en allait. Ma soeur (la petite) et moi on s’occupait d’eux du mieux qu’on pouvait, on nettoyait leurs yeux à tous les jours quand on allait au chalet. Je trouvais ça triste, moi. Je pense que je suis trop sensible pour la campagne. Ça m’a toujours traumatisée de voir des animaux souffrir sans pouvoir intervenir.

Il me semble que la vie des chats de ferme est juste un peu plus soft que celle des chats de ruelles : chaque jour est un combat, et l’intervention humaine est plutôt rare dans la courte vie de ces petits fauves qui devront se réparer tout seuls en cas de blessure ou maladie. Les chats de ferme, tout comme les animaux de boucherie, sont des choses remplaçables, il ne faut pas s’attacher à eux. On a bien essayé de me rentrer ça dans la tête, rien à faire. Le nombre de fois où j’ai demandé à mes parents qu’on soigne un chat malade. Où j’ai fouillé le frigo pour trouver de la nourriture potable pour les plus maigres de la gang. Mais j’ai jamais pu convaincre personne de faire soigner un chat de ferme par un vétérinaire. On dépense pas d’argent pour ces animaux-là, weyons. Pas pour cette sous-catégorie d’animaux. C’est pour ça que j’étais un peu surprise quand mon père m’a appelée du chalet pour me demander ce qu’il pouvait faire pour Moufie, qui avait l’air vraiment mal en point. Il était prêt à l’emmener chez le vétérinaire, même si ça représentait une dépense un peu folle. Ma mère trouvait que ça n’avait pas d’allure qu’on débourse le peu de cash qu’on avait pour soigner le chat du voisin. « C’est pas à nous autres à payer pour ça, c’est même pas notre chat! » Mon papa, lui, trouvait ça trop triste de la voir souffrante. Je me souviens plus ce qu’on a fini par faire, mais je sais que Moufie a survécu à cet épisode ainsi qu’à quelques autres plus bénins, la rhinotrachéite ne se guérissant jamais complètement. Ce que j’avais retenu de ça, c’est que mon père est probablement plus sensible que ma mère à la souffrance animale, ou alors qu’il est plus enclin à intervenir. Je comprends très bien son insomnie après la mort de sa tendre Minoune.

Cet été, quand j’ai appelé ma mère pour lui dire que Po était hospitalisée et que je pouvais pas assumer les frais immédiatement, elle m’a dit que ça valait peut-être pas la peine de payer pour la faire soigner. Vu son âge, pis vu ma situation financière. J’en revenais pas que ma mère me parle d’euthanasie comme si c’était une option. Po était pas en train de vomir du sang, secouée par des spasmes de possédée. Po avait une cystite, et ça traite, et elle fait de l’hyperthyroïdie, et ça se traite aussi. Je vais pas transformer Po en mort-vivant, je vais pas lui faire subir des chirurgies expérimentales qui coûte 10 000$. Sauf que ma mère s’inquiète pour mes finances. Moi aussi, mais je m’en fais pas mal plus pour ma chatte. Ça fait des années que ma mère n’a pas vu Po, elle sait pas qu’on passe nos journées ensemble, qu’on est pas mal en amour-fusion depuis depuis la mort de Chechou. Elle se doute peut-être pas de l’attachement que j’ai pour ma vieille minoune, que cet attachement s’intensifie toujours plus avec le temps. Mais ma mère est loin d’être insensible. D’abord, elle m’a prêté 500$ pour que je puisse payer ma première facture de vet. Sans me faire sentir cheap. Sans laisser sous-entendre que je pourrai jamais la rembourser de ma vie parce que je suis trop pauvre et irresponsable et pas débrouillarde. Pis ma mère, elle s’inquiétait pas mal quand sa jeune chatte a fait une fugue l’autre jour! Parce que mes parents aussi sont rendus avec une chatte, astheure. Un rejeton de Mini-Po qu’ils ont adopté l’hiver dernier. Elle est née le 11 septembre. Ma mère a noté la date, elle suit attentivement les grossesses de Mini-Po. Leur jeune chatte est bicolore et s’est donc mérité le nom de Moufie II. Une belle minoune hyperactive qui suit mes parents partout, un vrai chat de poche. Moufie II m’a fait réaliser que ma mère est plus protectrice que je ne l’aurais cru. Elle a peur que sa jeune minoune se fasse frapper par un char, attaquer par une bête sauvage, tirer par un chasseur, ou encore qu’elle attrape des vers en mangeant des oiseaux. Maman, tu peux y donner du lousse, tsé. Moufie va pas se faire bouffer par un étchureu.

Ma mère, elle a du coeur. L’autre jour elle m’a appelée pour me dire qu’elle avait pris une décision. « Je va faire opérer Mini-Po. » AON. Mini-Po, mon amour impossible, la chatte sauvage de mon coeur. Ça fait si longtemps que je gosse mes parents pour qu’ils la kidnappent et la fasse opérer. Cette minuscule chatte enchaîne les grossesses sans prendre de break. C’est pas créyabe, tous les chats qui débordent de sa chatte. Et ils deviennent tous plus gros qu’elle, avant même d’être sevrés, parfois. Je disais à mes parents que le voisin, il s’en sacre de Mini-Po, je les encourageais à la prendre en charge. Si elle est stérilisée, elle pourra poursuivre sa vie palpitante de chatte sauvage apprivoisée, mais sans le fardeau de la maternité. Faque là, ma mère essaie de trouver le bon moment pour l’envoyer à la clinique. Dès que ses petits derniers seront sevrés. Faque ma mère va prendre les responsabilités que son voisin millionnaire veut pas assumer. Je l’ai déjà dit, j’ai grandi dans une famille de Barbapapas.



Le 31 octobre, ça a fait trois ans que Chechou est morte. C’était juste un animal, oué. Mais je me souviens parfaitement de la texture de son poil, de ses miaulements en « rwouar » quand elle ronronnait, de sa façon de se crisser violemment par terre pour se rouler quand on la flattait, je me souviens comment elle chassait des proies imaginaires sur le plancher de la cuisine, de ses trips de droyes avec les autres chattes, de sa manie de se coucher sous les draps pour former un petit tas, de ses séances de toilettage passionné avec Po. Et je me souviens que j’avais très mal dormi quand elle est morte à 160 km de moi.

*


La magnifique illustration est de Clara B. Je trippe sur ses dessins, qui sont un parfait mélange de quioute et de morbide, et quand je lui ai demandé si elle aimerait illustrer une de mes histoires de chats — elle aussi c’est une folle aux chats — elle a gentiment accepté et m’a DONNÉ le dessin quand elle est passée me voir à l’Expozine samedi! En plus d’une impression de ce dessin! C’était encore ma fête!  J'étais si émue. Si vous voulez lui acheter des impressions, n’hésitez pas à la contacter, elle est charmante et douce comme des bonbons au caramel.

lundi 19 novembre 2012

Euaé


J’ai eu beaucoup de pliaisir à l’Expozine en fin de semaine, mais ce soir je suis beaucoup trop fatiguée pour expliquer pourquoi. Juste pour te donner une idée de mon état d’esprit du moment, je suis un peu excitée à l’idée de trier des beads. Tsé. Lora Zepam en mode vedge : ON.

Mais j’ai autre chose à partager avec toi, mes chers lecteurs. Dès que Mathieuse m’aura envoyé un dessin qu’il a scanné, je mets en ligne un texte écrit il y a déjà plusieurs semaines. Je tenais à le joindre à un magnifique dessin, c’est pour ça que je l’ai gardé FULL SECRET. Mais ça s’en vient.

OK, je veux quand même pas créer des attentes, là. C’est quand même juste une autre fucking note de bloye sur les chats.

samedi 17 novembre 2012

Je me préparais pour l’Expozine


Je me suis fait une liste de choses à faire pour venir à bout de ma semaine chargée, et j’efface mes tâches à un rythme constant. Ce soir, je trouve que j’ai l’air efficace et organisée, mais en réalité, si je travaille vite et bien, c’est bin juste parce que je suis encore à la dernière minute, et que j’ai juste pus le choix de courir. Je suis pas encore aussi organisée que je le voudrais, querisse. Dans ma liste de tâches : arrête de glander sur Fecebook. Parce que ça aide à augmenter l’efficacité, lâcher le Fecebook. 

En tout cas, j’ai réussi à faire tout ce que j’avais prévu! J’en ai même fait plus, comme me brûler les doigts avec mon gonne à colle. C’est des choses qui arrivent. J’ai aussi décidé de teindre ma repousse de cheveux. Pourquoi pas? Tant qu’à être efficace. Je me suis un peu tachée. Ça aussi c’est des choses qui arrivent. 

J’ai tout fini. J’ai préparé quelques éditions deluxe de La punaise de lit, j’ai fait plein de macarons, dont un tout nouveau kit de minous adorabes, et mon kit Folle aux chats sera aussi à ma table, agrémenté d’un mini-zine, ainsi que des beaux aimants de frigo 8-bits et trois (3) t-shirts de Po. Bonus : je vais aussi vendre des articles de Doctorak! Des macarons et cartes d’auteurs! Oh ouimadame!

Étant donné que je devrai me lever en pleine nuit pour arriver à l’heure, j’aurai une face de zombie pire que d’habitude. Je devrais être en train de dormir, mais mon corps veut pas, il trouve ça cave de dormir tôt. C’est qui c’est qui va avoir l’air cave demain, han?

Bon, je me plains, je chiâle, mais je le sais bin que je vais avoir du fonne. Pis en plus (un autre bonus), Darnziak va être avec moi! Pas toute la fin de semaine, là, mais il va quand même m’aider à m’installer demain, il va faire des dédicaces pour toi, et me soutenir moralement. Yé fin, mon frère. Pis le Mathieu aussi va venir faire son tour. En fait, tout le monde va y aller. Même Sonia Vachon avec sa boîte de Tide.

Si jamais je réponds pas quand tu me parles, ça se pourrait que je sois simplement en train de dormir les yeux ouverts. T’as juste à me poker doucement pis ça va me rebooter le système.

jeudi 15 novembre 2012

Parce que c'est ma vraie fête


Cher Jésus,

Pour ma fête, je veux : un remède contre le cancer. C’est tout. Merci. Baille baille baille baille baille.


Sophy (je te donne pas de ti becs, on n’est pas pantoutes intimes, tsé)





Péesse : Dis donc oui, c’est même pas pour moi, le cadeau.

Péesse 2 : Ah pis mille fuck you, Jésus.

lundi 12 novembre 2012

Y’a un petit point noir sul soleil aujourd’hui

Je venais tout juste de revenir de Québec-Vule, hier après-midi, quand Mathieu m’a tweetée pour me dire qu’un chat était entré chez lui pendant qu’il prenait sa douche. L’intrus s’est faufilé par un trou dans le moustiquaire, le même par lequel Linus est tombé dehors sur la galerie — un aventure qui l’avait bin gros traumatisé, mais qui avait surtout fait peur à Mathieu. Faque là Mathieu me teasait avec son histoire de beau petit chat noir tout gentil qui vient se coucher sur lui en ronronnant. Je me suis encore plus dépêchée de m’en venir, je voulais pas manquer le p’tit chat noir. J’ai même soupçonné Mathieu d’avoir inventé ça pour que j’arrive plus vite. Parce que Mathieu est triste depuis samedi soir. Et moi aussi. Des fois, c’est pas toujours ma fête. Des fois, il arrive de belles choses super essitantes, et l’instant d’après, c’est un truck de marde qui t’orcule dessus sans crier biiiip. Le p’tit chat noir, c’est un ange darque qui est allé voir Mathieu pour ronronner par-dessus sa tristesse, ça c’est sûr. Et je voulais le voir de mes propres zoeils (et le flatter de mes propres mains, ça c’est évident).

J’avais donc comme mission d’aller flatter Mathieu et Berlioz, parce qu’il s’appelle comme ça le p’tit chat noir, c’est écrit sur sa médaille. Sur sa médaille, il y avait aussi un numéro de téléphone, Mathieu a donc appelé là pour savoir si quelqu’un s’inquiétait de la disparition de Berlioz, mais non, c’est normal, il vit dans le quartier pis il aime bin ça chiller avec le monde. On en a-tu profité, tu penses? On le flattait, on trippait sur ses tactiques de chasseur de point rouge, je m’extasiais sur sa beauté, pis j’arrêtais pas de rire parce que sa queue battait l’air super vite quand je le flattait. C’était presque canin comme attitude. Mais le plus drôle, le plus quioute, c’est quand je lui faisais des compliments : il me répondait en plissant des yeux. Mgnnnnnnn aon le beau ti chat qui fait des beaux zieux!

Notez le flou de mouvement au bout de la queue.

Bien sûr, on l’a gâté un peu. Mathieu lui avait donné un bol de lait avant mon arrivée — « Faut pas faire ça, le lait pourrait lui donner la fouérasse! » « Pas grave, c’est pas chez moi qu’il va avoir la fouérasse! » — et moi je lui avait apporté les minouches deluxe que Po a reçues par la poste de ses admirateurs de Québec. C’est dommage, parce que Po ne pourra jamais y goûter, à cause de son régime strict de chatte hyperthyroïdienne. Mais ces petites gâteries vont finir entre de bonnes dents, car j’ai bien l’intention de gâter tous les mimis SDF que je vais croiser sur la route de ma vie de folle aux chats. Bon, je sais que Berlioz n’est pas un chat mal nourri, mais ces petites croquettes tendres ont tellement l’air délicieuses que je me suis dit qu’il méritait bien ça, notre petit ange noir. Heille, si j’avais pas été une végane radicale, j’y aurais goûté, c’est pas des farces.

Là, je me suis rendu compte que j’avais oublié mes penules chez moi. Mathieu m’a proposé qu’on aille les chercher, ça nous ferait prendre une bonne marche. Il a pris Berlioz dans ses bras, et je te jure qu’il avait vraiment l’air bien, il était tout en confiance, et là Mathieu l’a doucement déposé sur la galerie en lui disant « tu reviendras nous voir, han ».

Sur le chemin du retour, Mathieu a décidé d’aller à picerie, et moi je suis rentrée directement chez lui. J’ai fait le tour de l’appart pour voir si Berlioz n’était pas revenu en passant par la fenêtre invitante, mais non, que des pièces vides de vie, pas un ange. Quand il est revenu de la picerie, la première affaire que Mathieu a faite c’est d’aller vérifier si son p’tit rayon de soleil noir était pas revenu. Déception? Je pense que oui. Tchèque bin si le Mathieu va pas se mettre à recevoir des chats chez lui. Ils vont se passer le mot dans le quartier, pis ils vont tous aller se frotter sur les jambes de mononc Mathieu. Je devrais peut-être lui laisser un sachet de minouches deluxe.


Avant de s’endormir, on a regardé un documentaire sur les léopards.

— J’espère que le p’tit minou noir va revenir!
— Ha ha! Je SAVAIS que t’avais un kick sur lui.
— Bah, je dis ça juste pour te faire plaisir…
— Oué oué.

Moi je sais que si c’est pas son p’tit ange darque qui va revenir, ça va être un autre. Les chats sont les êtres les plus doués pour bien pétrir la tristesse.