dimanche 24 juillet 2011

Les gothiques du Village gay

Même au point fort de la canicule, Oli-Poule ne craint pas de quitter le confort de Québec, ville climatisée. Je suis touchée qu’il vienne me voir dans de telles conditions. On est d’accord pour limiter nos dépenses énergétiques et c’est pour ça qu’on se rend au parc Lafontaine en voiture polaire. Je suis à peine sortie du char quand j’aperçois la fameuse bête, l’étchureu albinos dont m’a tant parlé Mathieu. « Hiiiiiiiiiii! Oliiii! REGARDE L'ÉTCHUREU ALBINOS!!!! Je veux aller le voir! » On s’approche de la créature mythique, Oli sort son beau Nikon, et moi j’active la fonction appareil photo sur mon Blackberry. J’envie Oli parce que mon Nikon à moi est coincé dans un donjon de niveau moyen-toff à St-Urbain, et pour le récupérer je devrai ramasser un petit tas de roupies et vaincre quelques monstres. Je me contente alors de mon Blackberry. Pendant qu’Oli le paparazzite activement, je regarde l’écureuil de plus près. « Heille, c’est pas un albinos! Il a les yeux noirs. Mais il y a un nom pour ça, cette anomalie de la pigmentation. Hypomélanisme?… » « Homochromatisme? Me semble que c’est ça. » « Tu veux dire qu'il est monochrome? » « Non, je pense que c’est ça. Par exemple, hétérochromatisme ça s’applique à mes yeux qui sont pas pareils. » « Ah, t’as peut-être raison. Mais comme dirait Mathieu, ça c’est une question pour Internet! »

Oli a deux billets pour un film à Fantasia, mais l’ami qui devait l’accompagner est apparemment disparu. Pardu dans malle. Je suis pas dans un mood pour un film, alors je le matche avec Vickie l’enthousiaste et je vais me réfugier chez Mathieu dans son salon frais. Tout est parfait.

Après leur film, Oli et Vickie sont mindés pour aller au Village. Je suis très bien à l’air climatisé, mais ils réussissent à me convaincre, et Mathieu aussi est partant. Oli veut découvrir le nightlife gay de Montréal. Bin je peux vous dire que rendus sur place, on bandait mou. Parsonne! Le désert humide! En fait, non, il y a du monde, mais c’est anormalement tranquille. On pense à une catastrophe de type invasion de zombies. Pour nous aider à les identifier, Oli nous mime un zombie-fif : eux aussi ils tendent les bras vers l’avant, mais avec les poignets cassés super stéréotypés. On déambule comme ça un peu, on se trouve pas mal drôles puis on se rend chez Mado parce qu’on n’a pas l’intention de se laisser impressionner par le peu de vie qui nous entoure. On arrive sur la fin du show de drag queens, c’est dommage, mais on a quand même le temps de voir une drag qui porte une robe en hibou. On sait que c’est un hommage à Émilie Hamel, qui collectionne les hiboux.

C’est le last call, on s’éternise pas pis on sort en se dirigeant vers McDo. Je déteste McDo, au complet, du Big Mac jusqu’au boutte de la fritte de patates en pourde. Non seulement c’est graisseux et infect, mais je vois ça comme un cancer pour la planète. Mais bon, je suis conciliante, alors je les suis et je souhaite qu’il y aura des jouets quioutes de laitte pour me consoler. Même pas! Rien! Je suis déçue et presque insultée. Parait que ça se vend pas la nuit, des Joyeux Festins? En tout cas. Après des heures d’échanges de niaiseries, nos conversations commencent à prendre une tournure sérieuse. Oli prétend que si tu fais une fellation sans avaler, c’est incomplet. C’est une grosse question, là. Ça mérite réflexion. J’ai pas encore la Réponse.

On s’en va tranquillement. Je suis triste parce que j’ai perdu des yeux le SDF qui se promène avec un beau petit chat blanc, une demi-Fouine super belle. Je voulais lui parler et lui donner de la monnaie, j’espère que je le reverrai une autre fois. De l’autre bord de la rue, un petit groupe de punks nous interpelle. « Heille les gothiques! » Les gothiques. On trouve ça très drôle. « C’est-tu vrai que vous sucez… du sang? » « On suce le sang, mais on l’avale pas. On est des vampires incomplets, tu vois. »


En arrivant chez moi, je me suis pas couchée tout de suite et j’ai posé ma question à Internet, qui m’a répondu que le terme correct c’est hétérochromie. Et il m’a aussi retrouvé le terme que je cherchais : leucistisme. Ah ha! Je savais! dis-je en mettant mes lunettes de p’tite tronche première de classe.


L’étchureux leucistique, tel que vu dans la revue Inexpliqué, est réellement réel, parce que je l’ai vu, moi.

Le jour où j’ai commencé à vivre à Montréal en tant que citoyenne

Les copains sont partis, j’espère qu’Oli ne va pas frapper une grosse fatigue et se tuer sur la route, il a tout de même une dure journée dans son petit corps. Québec-Ville doit lui sembler tellement loin.

Ma prochaine mission : me nourrir. Mathieu et moi on se rend à notre épicerie 24h (parce que maintenant, c’est NOTRE épicerie 24h), et rendue là, je réalise que j’ai oublié mon précieux MacBook gothique sous le siège passager du truck pas à Oli. ARGH. Je devrais pleurer de découragement, mais j’ai trop faim. Je texte Oli. « Non, je reviens pas… » Évidemment. Mais tu peux le garder en sûreté, stp? Merci. Merci encore. T’es adorabe. Je t'aime. Je te liche la face.



Un déménagement, c'est fatikant.

En revenant de l’épicerie AVEC PAS DE BISCUITS SODA, on fait un arrêt chez Mathieu. J'ai de la chance, il me prête un matelas coquilles d’oeuf. Pas pour le confort, mais pour que je puisse me patenter un lit avec des coussins (le matelas de mousse les empêche de glisser, c’est super intelligent comme invention). Je dors sur le tas de coussins avec Po sur moi. Gros défi de se retourner sur ça sans crisser le camp sur le plancher sale, mais ça m'inquiète pas, j'ai pas l'énergie pour me retourner.

Sur mes cuisses, les marque laissées par la cage de transport de Po sont encore là. Le soleil va se lever dans moins de trois heures et je n’ai rien pour couvrir mon immense fenêtre. J'ai pas de table et je vais devoir manger sur une pile de boîtes.

Mais le pire, le plusse pire du gros trisse, c'est que je n’aurai plus d'internets pendant trois semaines. Le Tiers-Monde à Mourial. Huuuuuu...

mercredi 20 juillet 2011

Le jour où j'ai quitté Québec-Ville

[Vision flou de flash-back]

C'est le Jour D! Jour du déménagement! Wouhou! Yéé! Je suis contente! Ça fait des semaines que je trépigne à l'idée de m'installer dans ma nouvelle maison sucrée. Toutefois, bien que je macère dans mon jus depuis un bail (un BAIL! hi hi! ho ho!), et bien que le coloc pis moi on est écoeurés de vivre dans un appart sale ("On n'est quand même pas pour faire le ménage si on a déjà prévu faire un méga ménage de déménagement, han?" "Bin d'accord."), on se lève sans aucune envie de déménager. Ça nous tente juste pas de faire ce gros effort. On râle, on rampe, on se lamente, pis à travers ça on se botte le cul mollement, juste pour dire. Le coloc avait raison : j’ai sous-estimé la quantité de cochonneries que je dois faire rentrer dans le truck qu'Oli emprunte à sa job. Je fais un tas "cossins à donner/jeter" et un tas "cossins non prioritaires". Je m’invente un sens de l’organisation, là.

À entendre ses longs miaulements, à voir ses yeux inquiets et sa façon de marcher sans qu'on voit ses pattes, je suppose que Po n'a pas envie d'un 9e déménagement. Je stresse à l’idée que Po soit stressée.

Oli veut commencer par déménager Alien parce qu’il ne s’en va pas très loin et qu’il a si peu de stock qu’on pourrait le charger sur une mule (mais on n’a pas pensé à chercher une mule). J’espère qu’il aimera ses nouveaux colocs, sinon je vais le faire livrer d’urgence à Mourial.

Mon tour. On fourre le truck avec mes cochonneries. Oli fait du Tetris. Il est bon! Moi je lui donnerais un gros score. Le truck est tellement loadé qu’on pourra pas ouvrir la porte sur le côté au risque de provoquer une explosion de cossins mal triés. Dernière étape : attacher mon matelas sur le top du truck. « Vous êtes SÛRS que ça va tenir? » « Oué… Oui oui, check, c’est solide. » Hum. Je suis pas complètement rassurée, mais je suis complètement tannée et je veux partir. J’appelle mon concierge pour savoir comment obtenir les clés de mon nouvel appart. « Ah non. Je peux pas te laisser déménager si tard, ça va déranger les autres locataires. Tu m’avais dit que t’arriverais vers 7h! » Oui, c’est ce que j’avais prévu. Mais la vie contient souvent une dose imprévisible d’imprévus, tsé. Je peux pas reculer, là, yé trop tard! Si je vide le truck, je pleure, et je perds ma chance d’avoir de l’aide dans les prochains jours. Je négocie, et on s’entend que Mathieu va aller chercher les clés tout de suite, et que je vais déménager silencieusement. Ouf. J'ai eu peur.

Gaétan Tanguay est à mes pieds. J'essaie de pas faire un dégât de terre dans le beau truck pas à Oli. Po est tranquille. On a près de trois heures devant nous pour jaser, se reposer, manger. Fuck. La seule nourriture à ma portée c’est une boîte de biscuits soda trop salés. Je me force à en manger parce que je sens que j’ai vraiment besoin de calories si je veux pas mourir avant d’arriver en ville mais ça me tombe vite sur le coeur, c’est comme boire un grand verre d’eau de mer mais sans l’eau. Et si je mange pas, la faim me donne la nausée. Quel dilemme plate (et inintéressant, c’est vrai). La grosse misère, han. Mais je peux pas juste me plaindre, tsé, j’ai tellement eu de chance dans tout ça. Parce que ma richesse, c’est mes amis. Et ils n’existent pas seulement pour faire la fête car je vais avoir de l’aide pour décharger le truck. Ouf. Je texte Luc Chicoine pour lui dire qu’on part.

LUC CHICOINE!* à 19:24
Ok good! Vous passez me chercher? Haha

Moi à 19:25
Haha. J’aimerais trop ca! Le char est si plein que j’ai pas tout amené. 0_0
Ford Flex tout plein, ca te donne une idée?

LUC CHICOINE! à 19:25
Oups! Lol

Moi à 19:27
Ohlala, faut qu’on dompe mon matelas, ca tiendra pas.

LUC CHICOINE! à 19:28
Oh shit!

Moi à 19:30
Je veux pas causer un accident!

LUC CHICOINE! à 19:30
Non, pas pour un matelas

Moi à 19:31
On cherche une place ou le domper…

LUC CHICOINE! à 19:31
Wow lol un autre beau billet de blog

Moi à 19:35
Hehe, merci de voir du bon cote.
Au moins, Po crie pas.

On balance mon matelas dans un conteneur à déchets chez Home Dépôt. Il n’était pas neuf, mais quand même, je viens de perdre mon lit. Pour le moment, je m’en câlisse. Ma principale préoccupation, c’est de rester vivante. Je suis déjà épuisée et je sais que ça va être long avant que je puisse dormir sur mon plancher. Là, j’ai très faim, là. Ostie de biscuits soda dégueulasses.

On arrive! Mathieu, Choukri et Luc Chicoine nous donnent un précieux coup de main. Tout le monde a bien compris qu’il faut procéder le plus discrètement possible, je voudrais pas arriver ici en guerre avec mes voisins. Ça roule bien. Jusqu'à temps que j’entende parler fort au rez-de-chaussée. On dirait presque une engueulade, ça résonne dans les couloirs. Je descends pour voir ce qui se passe. Choukri et Luc Chicoine tiennent mon plus gros morceau, Vagine à laver, ma mini-laveuse à roulettes, tandis qu’un voisin, celui qui parle fort, veut vraiment beaucoup nous faire comprendre qu’il est interdit d’avoir une laveuse dans le bloc. Bon. Je me dis que je vais rester calme, parce que je tiens à avoir une bonne relation avec mes voisins, et j’ai toujours eu de bonnes relations avec mes voisins, alors ça devrait bien aller. Le concierge est au courant, tout est bin correke. Oui, je sais qu’il n’y a pas d’entrée pour les laveuses, mais Vagine se plogue direct sur le robinet. Oui, monsieur, je vais lire les petits caractères sur mon bail, vous avez raison, il y a peut-être eu un malentendu. Et je vais en reparler au concierge, même s’il m’avait dit que c’est bin correke d’avoir une laveuse, et si ça pose problème, je vais m’en départir, simplement, je veux pas causer de problème à personne. Mais pour l’instant, je vais juste la monter chez moi. Oui, enchantée, monsieur. Moi c’est Sophy. OK, je vais me méfier du voisin « calleux de 911 ». On a droit à un paragraphe complet en majuscules sans ponctuation toute la patente. Là, Mathieu intervient. Mathieu, cet être tout en douceur, bourré de tact, inoffensif comme un bébé chaton, aussi menaçant qu’un bébé fourmilier. « Faudrait pas parler trop fort, pour pas déranger les voisins… » C’EST PAS À TOÉ QUE JE PARLE T’ES PAS SUL BAIL C’EST À ELLE QUE JE PARLE. Sans le regarder. Oh. Ish. Mathieu ne répond pas. Une chance qu’il est capable de mettre son orgueil de côté. Une chance que tout le monde garde son calme. Je suis si heureuse, à ce moment-là, que mes amis ne soient pas agressifs et violents.
Le monsieur s'en va. On poursuit.

Choukri : Bienvenue à Montréal!
Luc Chicoine : As-tu un bail mensuel?
Moi : Non, annuel…

Au total, ça nous aura pris environ une demi-heure. Pendant que je remercie mes anges gardiens sur le trottoir, mon voisin revient. Il s’excuse d’avoir été un peu impoli. Il me parle des règlements de l’immeuble. Poignée de mains, salutations. Je peux pas en vouloir à quelqu’un qui reconnait sa faute et qui présente des excuses, alors ça va, tout est correct.

J’ai quand même un drôle de feeling, mais pas « haha-drôle », comme dirait Ralph Wiggum. Hum, est-ce un bon départ, ça?

lundi 18 juillet 2011

MONIQUE POULIOT, JE T'ABANDONNE.

Eh oui. J’ai laissé Monique Pouliot à Québec-Ville. Et j’ai eu le front d’apporter avec moi Gaétan Tanguay même si le truck était trop plein. Et j’ai aussi eu le front d’adopter d’autres plantes pour verdir mon nouveau bunker. Enfin, c’est pas vraiment un bunker. Pas pantoute, même. Parce que j’ai non seulement laissé Monique Pouliot derrière moi, mais j’ai aussi dompé là toute la quiétude de mon bunker qui me donnait l’impression que le monde extérieur n’existait pas. Mon nouveau chez-moi n’a rien à voir avec un bunker, c’est un nid d’oiseau chambranlant au top d’un arbre en pleine ville, là où ça bouge, ça crie, ça vie, ça respire 24h/24. Ah, mais je m’en plains pas! C’est ça que je voulais, je suis maintenant dedans et j’adore mon quartier. Je me suis vite habituée aux bruits, et Po commence tranquillement à s’y faire. Par contre, un de mes nombreux voisins ne semble pas s’accommoder aux bruits que je peux faire en existant. Pourtant, j’existe à peine. Et je fais mon gros possible, le plusse moins mal possible.
J’espère que je pourrai bientôt me sentir chez moi.

Mais là, mais là! J’avions pas d’internets pendant TROIS semaines, kessé qui s’est passé pendant que je disais rien ici? Peu de grandes choses. Mais je vais quand même en parler, tsé, parce que moi je suis la future ptite vieille qui va raconter sa vie plate à la caissière du Provigros pendant le rush du souper. Oui oui.

Donc, à venir bientôt sur L o r a z e p a m : des vidéos de Po qui mange du foin, des photos laittes de cellulaire, pis encore des histoires niaiseuses. Yé! Ça va être amusant! \o\ \o/ /o/

vendredi 24 juin 2011

Comment utiliser un cockring pour enfants avec des chiens

Cette semaine, je suis devenue un petit peu plus Montréalaise : je devais aller à ‘pital pour des prélèvements sanguins, ce qui fait que j’ai maintenant ma carte du CHUM. C’est touchant. La semaine prochaine, je devrais être beaucoup plus Montréalaise car je vais enfin avoir les clés de mon nouvel appart où je pourrai entasser mes boîtes de cossins et m’installer avec Po ma chatte gériatrique. Mais je dois dire que je me sens surtout Montréalaise depuis que je participe aux rencontres hebdomadaires de la Ligue Internationale Montréalaise de Pétanque, fondée par des amis complètement adorabes (je suis pas Woody Allen, moi, ça me fait plaisir de faire partie d’un club qui veut de moi, surtout s'il est constitué d'amis aussi fantastiques).

C’est par un beau dimanche après-midi que Mathieu pis moi on s’est rendus à notre toute première partie de pétanque avec notre kit de boules qu’on s’est acheté dans le quartier chinois (on est allés là juste pour ça, mais j’ai quand même acheté une lampe laitte en papier pour éclairer tout en rouge mon nouvel appart). Je connais rien rien à la pétanque, excepté le terme cochonnet que je trouve fort charmant. Le groupe a choisi un beau spot à l’ombre, je suis contente, ça va préserver ma peau semi-translucide. Choukri est totalement absorbé et passionné par la partie de pétanque en cour. J’ai hâte d’apprendre à jouer! Émilie a le plus beau chandail de minous de la ville. Hulie veut que je mette du Herbert Léonard, mais mon bébéPod ne fitte pas avec son ghettoblasteur du futur. On chante, ça fera. Luc Chicoine nous parle de son maillot de bain, qui est en fait une paire de bobettes, mais « des bobettes vraiment sexées ». Il s’arrange pour être pogné pour nous prouver ça, là. Émilie a amené un livre féministe des années 70 ou 80. Elle nous lit un paragraphe qui nous explique comment bien chevaucher l’homme. Léa et Hulie sont en feu et nous parlent des nouveaux personnages qui vivent dans leurs têtes, sont meilleures que n’importe quel finissant de l’École de l’humour, mieux, ce sont des dames de théâtre mais avec plus de naturel et surtout, du gros fonne, du niaiseux, du mongol, c’est la schizophrénie à son meilleur. Je vais finir par avoir mal à la face.

De 16 à 21h, je suis restée assise/couchée sur un drap au parc à placoter et mangeouiller avec les copains, sauf pour une pause où Léa a proposé d’aller mater les chiens au parc à chiens. Elle a apporté l’étrange jouet trouvé au parc, un truc turquoise avec un anneau de plastique. On était d’accord pour dire que c’est un cockring, mais Mathieu a dit que c’est un cockring pour enfants à cause du format de l’anneau et de la face d’animal dessus qui le rendait un peu trop fonné pour rien. On a franchi les deux barrières et on s’est approchés tranquillement des joyeuses bêtes qui lâchaient leur fou, j’ai remarqué que certains avaient beaucoup de fou à lâcher lousse, dont le whippet qui avait l’air d’un furet trop grand, et le premier qui est venu nous voir nous a conquis sur-le-champ : un petit beagle avec trop d’oreilles. Pas en quantité, en longueur. Elles étaient douces! Toute sa face était douce! Et il nous laissait profiter de sa douceur, on le taponnait, on le flattait, on le complimentait, c’était notre meilleur ami du moment. Léa, la « quille dans un jeu de chiens », a lancé le précieux item vers le milieu du terrain. Le brave pitou s’est garoché dessur, la queue comme un hélicoptère, et son excitation a attiré l’attention du whippet qui s’est alors lancé à la poursuite du trésor. Nos deux pitous préférés se chamaillaient pour le cockring. Hulie : « ZIZANIE AU PARC À CHIENS! » Mathieu : « C’tait pour les enfants, ce cockring-là! C’tait pas pour les chiens! » Ni le beagle ni le whippet ne nous a rapporté le jouet insolite. On a quitté le parc à chiens.
J’aime ça, la pétanque!

vendredi 17 juin 2011

Prédictions angéliques pour Edouard Hardcore

Né le 28 mars 1975

Choeur Angélique : I. Les Séraphins
Archange recteur : Metatron
Période de force : 26 au 30 mars
Nom de l’Ange : Jeliel
Numéro de l’Ange : 2

Wow, comme ma mère! Vos vies vont peut-être se ressembler? Si tu connaissais ma mère, tu trouverais ça cocasse.

En 2011, tu vivras des remises en question. Conseil angélique : quand t’es vraiment dans marde, demande de l’aide à ton ange Jeliel ou à ton ange recteur. J’ai pas son email, alors va falloir que tu sois débrouillard.
Ed, tu aimes avoir le plein contrôle des événements mais, cette année, tu devras t’armer de patience parce que ça marchera pas toujours comme tu veux. Il faut que tu prennes le temps de bien réfléchir avant de faire quoi que ce soit, watch out l’impulsivité. « Si vous brusquez trop les événements, les résultats en souffriront ainsi que votre moral. » T'as bien compris? C’est sûrement pas des menaces en l’air.

Amour
Il paraît que si tu as vécu une rupture amoureuse ou un deuil l’année passée. Bin imagine-toi donc que tu vas encore penser à cet événement cette année et que --check bin ça-- ça va te faire de la peine. Maudites affaires de pas drôles.
Quand ça va mal en amour, prie Vehuiah ou Jeliel. Aussi, on te recommande chaudement de dialoguer avec ton ou ta partenaire en cas d’épreuve. Vraiment. Dialoguer, communiquer.
Mais il parait que toi, enfant de Jeliel, tu vas bien t’en sortir. Tu vas les trouver, les solutions. Ou alors c’est ton ange qui va le faire? Enfin, ça va bien aller, cher.

Travail
Bon, côté travail, tu vas rusher. Il va t’arriver un paquet de troubles : collègues chiants, exigences effrayantes, tâches démesurées, défis insurmontables, etc. Pis en plus, personne pour t’aider. « Il faudra attendre le mois de juillet pour voir des changements favorables. » AH! Une chance que je t’ai pas dit ces prédictions angéliques au début de l’année, ça t’aurait salement démoralisé, han? HAHAHA! Eh. Octobre et novembre aussi seront favorables pour l’upgrade de ta situation professionnelle. Ça se pourrait même que tu retournes aux études!

Santé
En général, t’as pas en t’en faire, mais surveille ta santé mentale. Il faut que tu puisses admettre que ça t’arrive d’être fatigué, parce que l’orgueil pourrait te faire dépasser tes limites (veux-tu vraiment être interné?). « Prenez soin de vous à votre manière. » Bon, je pense que tu sais ce que ça veut dire. Je pense que tout le monde sait pas mal ce que ça veut dire. « Faites-vous masser (!), si vous en ressentez le besoin. Allez au cinéma. Mangez un bon repas devant la télé dans votre fauteuil préféré. »


Troubles de zoeils ou chirurgies. Maux d’oreilles, maux de dents. Attention aux objets tranchants. Tu vas prendre des antidouleurs (attention, la morphine c'est roff). Risques de blessures à la main ou au poignet (raison de plus pour faire appel à une aide extérieure). Une mauvaise nouvelle attend les fumeurs de plus de cinquante ans. Ouf, t’es correke!

Chance
Je trouve ça plate de te dire ça, mais ça a bin l’air que la chance va être moyenne en 2011 pour les Séraphins. Moyen, c’est plate rare. On te recommande même de jouer « raisonnablement ». MAIS! pour toi, enfant de Jeliel, la chance va être un peu meilleure. Et si j’ai bien compris, la chance, c’est à peu près juste lié à la loterie et aux jeux de hasard. Parce que je vois que tes chiffres chanceux sont les 3, 28 et 32, tes jours de chance sont les mercredi et dimanche, pour les mois c’est juillet, octobre et novembre, et oh! je lis que « tous les billets que vous recevrez seront chanceux ». (!!!) On fait-tu un deal? Je t’achète un gros tas de Poule, Bingo, Slingo et on partage? Ça serait équitable, non? Après tout, ne suis pas en train de t’aider à avoir une vie meilleure? En tout cas, retiens bien ceci, car c’est peut-être un des plus précieux conseils que tu recevras cette année : « Si un homme aux cheveux bruns vêtu de foncé vous offre un billet, achetez-le puisqu’il pourrait être chanceux. » C’est écrit noir sur blanc, p.37 des Prédiction angéliques de Joane Flansberry. Et si ça t’intéresse, tes mois non favorables : janvier, mars, mai et août. Tu peux déjà vérifier.

Maintenant, j’ai des prédictions plus spécifiques aux enfants de Jeliel (t’en es un, si tu l’as pas encore compris). En gros, tu vas récolter le fruit de tes efforts, et trois événements te feront sauter de joie. Je t’ai jamais vu faire ça, j’espère être là quand ça va arriver. Ton ange accompagnateur, c’est Lecabel. Parait que c’est lui qui va te sortir de la marde si tu tombes dedans. Encore une fois, je peux pas te dire comment le contacter, c’est vraiment pas mon domaine. Google-le, tu me diras ce que ça donne. Et sache que l’Ange Lecabel te permettra de « recevoir les bienfaits de chacune de vos bonnes actions ». ÇA, ça veut dire qu’il faudra que tu fasses des bonnes actions. Au pire, essaie d’être discret.

Ensuite on tombe dans un chapitre qui divise l’année en saisons, c’est long pis encore plus redondant, alors j’espère que tu m’en voudras pas que je te parle juste de la saison estivale (juillet-août-septembre).
C’est vrai, ça, que tu es du genre à tout planifier? C’est ce que je lis, en tout cas. Je veux pas t’écoeurer avec ça, mais y’a rien qui va marcher dans ce que tu planifies. Et il parait que c’est même pas grave!
Tu dois t’attendre à de belles surprises dans la semaine du 8 au 16 juillet (mais là, ça va être à moitié surprenant, parce que tsé). Ensuite, tu vivras beaucoup d’imprévus (contrairement aux années précédentes où tout ce qui arrivait était toujours prévu, han), tu vas patauger pis ramer pour rien pis tu vas être frustré (prépare-toi des nouveaux jurons). « Conseil angélique : Au lieu de courir, apprenez à marcher. Ainsi, vous ne ferez pas de pas inutiles. » Magnifique. Marche, Ed. Marche.

Sur le plan affectif
Je sais que tu as des émotions, toi aussi, alors j’escamote pas cette section. Émotivité, déception, tristesse, orage. Tout ça à cause d’un travail ou de l’indifférence. Sentiment de rejet, menace de séparation ou divorce. Cause? L’ostie d’argent. Fais attention à l’argent! Faut pas en manquer, mais faut pas trop en vouloir non plus, ah, c’est compliqué le rapport à l’argent. Moi, ça m’écoeure. Mais il n’est pas question de moi ici, alors je poursuis. Tu pourrais faire une rencontre intéressante en juillet : « Même si elle n’est pas physiquement votre genre, cette personne saura vous charmer. » OK, c'est vraiment intrigant. Tu vas m'envoyer un jpeg? Je suis curieuse. Ça m'arrive pas souvent d'être curieuse comme ça, mais là. En tout cas, cet été sera favorable aux belles rencontres, alors mets tes plus beaux suyers.

Sur le plan du travail
Tu vas suer et bûcher, mais ça va en valoir la peine. Hausse de salaire, meilleures tâches, retour aux études ou nouvelle job. Il y a des risques de déceptions, peut-être même que ton contrat de travail ne sera pas renouvelé. Mais tu as de bonnes références parmi tes collègues, ça va t’aider. Bonus : tu vas recevoir un honneur! Employé du mois? J’sais pas! T’as hâte, han?

Sur le plan de la santé
Fatigue et épuisement, petits bobos. Prescription : repose-toi! (Ou retourne voir une masseuse…) As-tu déjà essayé la méditation? Les produits naturels et les vitamines pourraient aussi t’aider.

***Bonus de fin***

Petite liste à cocher. Cet été, il se pourrait que :

- tu perfectionnes tes talents (aon!).
- tu reçoives 2 à 6 gains monétaires.
- tu déménages à la campagne (pas déjà?!).
- achète un ou plusieurs chevaux (des pouliches?). Ou adopte un autre animal de compagnie (une licorne?).
- tu brises une relation amicale ou amoureuse. Ou apprennes la séparation d’un proche. Bref, il se pourrait que des gens mettent fin à une relation cet été. Houlala.
- tu manges un coup de foudre. Mais on parle d’amour, là.
- quelqu’un de ton entourage se blesse l’épaule (TABARNAC!).
- tu subisses un dégât d’eau (ou rénove ton toit).
- tu fasses des virées à la campagne. Et que tu pêches.
- tu vives HUIT JOURS de tristesse. Des larmes sont à prévoir.
- tu fasses de belles récoltes si t’es apiculteur (je ne connais pas toutes tes passions secrètes).
- tu reçoives de l’aide d’un Ange terrestre pour régler une situation toff.
- tu achètes un immeuble à revenus.
- tu vives ou sois témoin d’un divorce (on a-tu compris, tu penses??).
- toi ou un membre de ton entourage se blesse l’épaule gauche (ah! un peu plus de précision, yé!). Tu vas consulter un physiothérapeute.
- tu apprennes un secret suprenant.
- un membre de ton entourage te parle d’une faillite (moi je dis que t’es pas forcé de subir des conversations plates, tsé).
- tu sois secoué par un séisme (hohoho) dans un autre pays. Ça veut pas dire que tu vas être là. Mais ça se pourrait que tu connaisses kekun qui y était et qui en serait traumatisé.

Ça s’annonce quand même pas pire, han? Moi, ce que je retiens, c’est de la chance, des séparations, des pouliches, pis des bobos à l’épaule. Si tu veux connaître la suite pour cet automne, fais-le moi savoir.

mercredi 15 juin 2011

Bonnie la chienne la plus cool de l'univers

Bonnie habitait officiellement su Marc, un de nos voisins de chalet. Jamais je ne l’ai vue avec une laisse ni même un collier, c’était la chienne la plus libre que j’ai connue. Aussitôt qu’elle entendait le moteur de notre voiture qui passait devant su Marc, elle nous accueillait et nous suivait jusqu’au terrain/au chalet pour nous accompagner dans toutes nos activités extérieures, dont la baignade à la rivière, où elle semblait troublée de nous voir disparaître sous l’eau. Bonnie, toujours à proximité de nous, monitrice de nos vies sans jamais avoir à intervenir comme Littlest Hobo parce qu’il ne se produisait jamais rien de dramatique dans notre vie pas comme à la tévé.

Elle était si belle! Marc disait que sa Bonnie était un croisement entre un labrador et un berger allemand. Elle avait pourtant un masque de husky, mais quand même des oreilles de labrador et aussi des pattes palmées d’ornithorynque et les couleurs d’un écran de télé enneigé.

À chaque fois qu’on allait se promener dans la forêt, à la rivière ou à la montagne, on pouvait compter sur elle pour nous escorter avec enthousiasme et quand même beaucoup de sérieux. Bonnie, c’était une chienne très sérieuse. Elle n’aboyait jamais, elle ne jouait pas tel un éternel chiot, elle aimait se faire flatter, mais pas démesurément. Oh, à la limite elle pouvait aller chercher un bâton qu’on lançait à l’eau, mais je soupçonne que c’était juste un prétexte pour se mouiller, se secouer près de nous et puer. La Bonnie, on pouvait l’oublier dehors plusieurs jours de temps pis c’était pas grave. Elle buvait à la rivière, dans une flaque d’eau ou dans la cuvette de la toilette, et elle chassait aisément des marmottes belliqueuses. Ou alors elle déterrait la tête de boeuf que Michel lui avait donnée et grugeait ça en snappant des mouches. Les rares fois où elle s’est faite asperger par une moufette, elle s’est frottée la face contre la mousse des roches dans la rivière. L’odeur finissait par disparaître, et Bonnie finissait par sacrer la paix aux bêtes puantes. Elle se baignait à la rivière dès que les glaces avaient fondu et ce jusqu’à ce qu’elles réapparaissent à l’automne. Bonnie avait un comportement un peu étrange envers les autres chiens. Alors qu’eux devenaient totalement excités à l’idée d’une rencontre canine, elle, elle avait l’air de s’en foutre un peu, restait trop calme. On aurait pu dire qu’elle était un peu snob avec les chiens.

Un jour, Robin a décidé de m’amener à la chasse à la perdrix. (C’est la seule fois de ma vie, juge-moi pas!) Il a demandé à ma mère de garder la chienne avec elle dans le chalet. « Bonnie va faire peur aux pardrix. Laisse-la pas sortir avant une bonne demi-heure, le temps qu’on monte la montagne. A nous r’trouvera pas. » La montagne automnale, c’est magique. Les couleurs sont flashy, y’a presque pas de bibittes, c’est pratiquement silencieux, on entend juste le vent dans les feuilles et quelques oiseaux, parfois. On marchait d’un pas régulier dans la forêt tranquille quand SOUDAIN!!! on entendit le souffle profond d’un carnassier féroce s’approcher de nous par derrière. Bin oui, je sais que c’est pas vraiment un gros punch thrillant, mais je peux vous dire qu’on a quand même eu la chienne pendant deux secondes avant de se rendre compte que c’était notre chienne qui nous avait rejoints. Bonnie nous a pistés grâce à sa vaste membrane olfactive de dedans de nez de chien super motivée à travailler, parce que Bonnie c’était pas un chien de race sélectionné pour la longueur de ses pattes ou la hauteur de ses oreilles ou whatever d’on s’en crisse-tu de vos standards de chiens pure race trop cons pour tenir debout ça crève au premier coup de vent. Et Bonnie a compris qu’elle allait devoir nous suivre parce qu’on voulait pas qu’elle fasse décoller une perdrix trop loin devant nous. Et ça n’a pas été long qu'une gélinotte huppée a bondi hors d’un buisson. Pas encore assez saoul, Robin était gréyé d’un pas pire réflexe et a tiré l’oiseau. J’aurais bien voulu voir sa face de pauvre perdrix pas chanceuse et m’excuser mentalement en la regardant dans les yeux, mais on ne trouvait plus sa tête. Un petit corps chaud décapité, des tas de plumes. « Maudit criss! J’ai jamah vu ça! A PUS D’TÊTE, CÂLISSE! » Robin n’avait encore jamais pulvérisé une tête de perdrix et il trouvait ça très drôle et n’en revenait pas. On n’a trouvé aucun morceau de tête dans le périmètre de la scène tragique. Traîne encore quelque part une photo où on me voit tenant la gélinotte sans huppe, et ma grosse soeur aime bien la sortir celle-là quand elle veut montrer à quelqu’un que dans une autre vie, les animaux, je les aimais pas tant que ça. Pff.

Un jour, quelqu’un a vidé du métabisulfite de sodium dans la cuvette de la toilette sans flusher. Bonnie a souffert au moins deux jours avant de mourir. J’avais douze ans, elle en avait un peu plus. J’ai pleuré des larmes de grosse tristesse sur bébé Po dans mes bras.