vendredi 30 décembre 2011
Yé, des mot-clés!
lundi 26 décembre 2011
Je sais que je suis en retard pour l'annoncer, mais :
Tu peux y lire ma chronique sur les arthropodes. Vas-tu devenir ami avec le iule?

Mourir brûlé et souffrir beaucoup sont aussi des choses qui arrivent
mardi 13 décembre 2011
vendredi 2 décembre 2011
Deuxième chronique sur les arthropodes : Les Salticidae
lundi 28 novembre 2011
Comment insérer habilement des plogues et de l’autopromo dans une note de blogue
(Tiens, Fredoune, c’est ça le cadeau que je t’ai trouvé) :
Un SEX TAPE. (Visibles en arrière-plan : Fred Mahieu, Zviane, Richard Suicide et Iris. J’y reviendrai.)
Catherine a donné l’occasion à Vécké de diriger une des micro-revues du OFF-FIL, et Vécké a invité Alexie Morin, Meulie, Pit Boilard et moi (MOUAH MOUAH MOUAAAAH). La requête? Dessine-moi un pénis. J’ai dit oui tussuite! Dedans la cassette, tu trouveras : un mot de l’éditrice en cheffe et son entretien avec le Petit Prince de Sexamour; un jeu amusant, par Alexie; un dossier « Brutalité policière » par Pit Boilard, le Courrier du corps, de Meulie; mon texte C'est la faute à Peter Šťastný; et des beaux dessins. Pour trois dollars canadiens! Je dois avouer que je sais pas exactement comment tu peux te la procurer, mais essaie en contactant les Productions Arreuh, ou en m’écrivant. Et si tu me le commandes directement, je pourrai t’envoyer une version corrigée avec PAS mes grosses fautes laittes.
Je souhaite bonne fête à Catherine et je poursuis mon chemin. 5335? Non. 5355? Non. 5535? Non. Me semble que je suis rendue loin… Je me dis que je serais même pas surprise de croiser une sous-espèce de raton laveur que je connais pas. Vécké répond pas à mes textos de détresse, alors je texte Facebook. Réponse rapide de Bernard et Darnziak. Ah! Merci! Je reviens sur mes pas et je trouve le Sparrow, j’entre et je rejoins Mathieu. J’observe la place. Une tapisserie d’oies blanches. Un vitrail de mésanges à tête à noire. Mais… Mais! Sont où les moineaux? Je suis PAS D’ACCORD avec le décor!
Je me suis rendue là pour le lancement de Coming Envelope, dans lequel il y a des textes de Mathieurseno traduits en anglais. Je suis un peu mal à l’aise, je connais personne, je suis pas très bilingue alors je me sens incapable d’entretenir une conversation intéressante avec quelqu’un. J’écoute, mais je finis par me sentir un peu comme le moineau qui s’était enfermé accidentellement dans un Second Cup quand Oli et moi on avait fait notre petite virée montréalaise il y a un an presque jour pour jour. Le moineau volait dans tous les sens, il semblait pas trop être dans son élément. J’aurais aimé que Meulie soit là, elle aussi aurait aimé être là, mais elle est un peu malade. On se fait un peu de textothérapie. Je lui dis que Catherine vient de me donner Balades pour Ai Weiwei. « Il est écoeurant son petit livre pouelu. »
La lecture de Mathieu est superbe, il lit des textes malheureusement non publiés, qui sont superbes eux aussi. Sa traductrice lit les versions anglaises et ça sonne très bien, on dirait qu'elle a déjà vu Mathieu lire. Mais elle, elle lit pas avec ses pieds comme peut le faire Mathieu quand il est gros dedans. Savais-tu ça que Mathieu est capable de parler sans ponctuation? Il lit comme il écrit. C’est fou. J’assiste à toutes ses lectures pis je me tanne pas.
Je profite de la pause pour quitter le Sparrow. Je suis un peu déçue que ma fatigue dépasse ma curiosité d’entendre les autres. Mes membres sont engourdis de chatouillis de pus d’énergie, et je sais que je pourrai pas me laisser rouler jusque chez moi comme un tumbleweed, alors je prends ce qui me reste de HP et je pars avec le disque dur de Mathieu rempli de cadeaux pour moi : toutes les saisons des Simpson (avec doublage québécois, oué!) et des vieux Watatatow. J’ai ce qu’il faut pour hiberner. Yup yup yup yup yup.
mercredi 23 novembre 2011
Le soir où j’ai chillé avec Gaston
C’était encore l’été, dedans il faisait chaud mais dehors il faisait chaud correct, j’avais passé la journée devant l’ordi alors j’ai décidé sortir galoper dehors telle une pouliche qui sort de son box au printemps. Mue à la fois par le désir d’explorer mon nouveau quartier et par la culpabilité de ne jamais entretenir ma vieille carcasse ankylosée, je marchais vite vite au demi-trot, propulsée par mon bébéPod. J’ai marché jusqu’à ce que je sois vraiment écoeurée de marcher, stade ossetie que chfatikée.
Je retournais chez moi au petit trot, les jambes palpitantes, me disant que j’avais sûrement un système cardiovasculaire de marde. J’ai ouvert la porte de mon bloc, puis celle qui mène à la cage d’escaliers, puis PAF! ou plutôt PAKLAW! j’ai senti comme un coup de 2x4 dans face, ma première poffe d’air était vraiment douloureuse. Mon premier réflexe fut de sortir dehors en courant pour prendre une seconde poffe d’air, ça s’est fait super vite, comme quand tu restes trop longtemps sous l’eau pour examiner le motif de la toile au fond de la piscine et que tu réalises que t’as besoin d’air là. Je me suis donc retrouvée dehors à me demander kessé que j’avais bin pus respirer pour ressentir ça. Il n’y avait pourtant pas d’odeur, pas de fumée, rien. Juste de l’air brûlant. La sensation m’a rappelée la fois où j’avais pris une grosse poffe de cendre accidentellement en fumant du pot avec mon premier chum. Mais cette fois-ci, je comprenais pas pourquoi. J’ai pensé appeler mon concierge, qui aurait pu me rassurer en me disant que c’est juste du stoffe chimique qu’il a épandu pour tuer les scutigères véloces, par exemple, mais j’osais pas l’appeler à minuit. Mais que vaiche ferge? J’avais besoin d’un avis.
J’appelle Mathieu, mais ça ne répond pas. Ah fuck, il est parti voir un show et je sais pas quand il revient. Ah, tiens, je vais appeler Patrick. Je m’assois sur le trottoir et je prends un ton décontracté pour lui expliquer ce qui se passe, même si en réalité, je sais pas pantoute ce qui se passe et que je commence à être un tout petit peu paniquée. Je veux juste un avis. Faut dire que le jour-même, mon nouveau médecin, un gentil monsieur un peu farfelu, m’avait dit que j’avais peut-être un trouble d’anxiété généralisée, ou peut-être autre chose, enfin, c’est le psychiatre qui va décider. Donc, si je suis folle, mon jugement doit pas être si bon, han? Je dois être en train d’amplifier les choses, non? « Ça doit être dans ta tête. Va dormir chez Mathieu. Si y’a vraiment quelque chose, tout va être réglé demain. » Et si demain tout mes voisins sont morts à cause d’une fuite de gaz toxique ou je sais pas quoi? Je me sentirai pas tellement mieux, tsé.
Je décide d’aller chez Mathieu en essayant de me convaincre qu’il va revenir bientôt. J’appelle Info-Santé. L'infirmière rit un peu, elle est vraiment embêtée, elle sait même pas quoi me conseiller. Je pourrais peut-être appeler le Centre antipoison? « Oui, c’est une bonne idée. Ils devraient être en mesure de vous dire ce qui peut causer une telle irritation. » Cette fois, la madame ne rit pas : il faut appeler les pompiers. Eux seuls peuvent vérifier la qualité de l’air pour savoir s’il présente un danger. J’appelle donc les pompiers. La deuxième madame est encore plus sérieuse, elle est prête à m’envoyer les pompiers drette-là. Mais c’est peut-être pas vraiment grave? Je suis peut-être encore plus fif des nasaux que je le croyais? « Madame, on ne peut pas prendre de tels risques pour la santé des autres. » OK, oui, c’est vrai, je comprends. Mais vous allez pas envoyer un camion de pompiers avec les sirènes pis toute, han? Je veux pas réveiller mes voisins. « On peut pas faire ça, madame, il y a un protocole très strict à suivre. » Oh damn. Moi qui n’osais pas réveiller mon concierge, voilà que j’apprends que le quartier au complet va savoir que je badtripe à cause d’un possible pet trop épicé pour mon tit nez. « OK, je vous donne l’adresse, mais pouvez-vous attendre 10 minutes avant de les envoyer? Je dois me rendre chez moi avant eux… » Oui, bin oui, c’est à cet instant que je me suis rappelée qu’il y a une caserne de pompiers à un coin de rue de mon bloc, en plus ça m’a pris du temps à m’en rendre compte, j'entendais des sirènes jour et nuit et j'en ai rapidement déduit que les gens du quartier étaient yinque des maudits pas bons de malhabiles qui sacrent le feu à tout instant. J’ai pas encore fini mon appel que je suis déjà en train de descendre les escaliers en courant, je dois arriver chez moi avant eux. Je m’en veux d’avoir dépensé toute mon énergie pour une marche inutile même pas héroïque. OH NO, je vois des lumières au bout de la rue. FUCK, je vois passer un homme en uniforme. Ohmondiou, y’ont peut-être pété les fenêtres et les portes! \o_O/
Argh, je voulais juste 2-3 pompiers discrets qui arrivent sur la pointe des pieds, et je me retrouve avec deux camions qui flashouillent de tous les bords et une dizaine de pompiers qui attendent à ma porte. Je suis si essoufflée que j’arrive pas à finir mes phrases. Oui... c’est moi qui ai appelé… mais… c’est peut-être pas si grave… je suis pas sûre de rien… juste pour vérifier…
Je donne ma clé aux monsieurs et ils montent les escaliers, équipés de leurs bidules pour tester la qualité de l’air et de leurs gros pénis de pompiers de calendrier de pompiers sexés. J’ai envie de leur dire de pas marcher trop fort pour pas déranger les voisins quand un voisin arrive à l'instant. Je lui explique la patente. C’est mon voisin gentil qui ressemble à Tom Savini mais avec des lunettes pis une coupe Longueuil. On franchit la première porte, puis je me mets à tousser. « Oui, c’est vrai que l’air est piquant… » On ressort dehors et on observe par la porte vitrée. Les pompiers sortent de la cage d’escaliers, commencent à cogner très fort dans la porte de chaque locataire. « POMPIERS! ON ÉVACUE! » Me confirment qu’il y a un manque d’oxygène à l’étage et qu’ils vont essayer de trouver ce qui rend l’air pas respirabe. « Vous avez bien fait de nous appeler. » OK, j’avais besoin d’entendre cette phrase pour dégonfler mon malaise un peu. Merci. J’peux-tu aller chercher mon chat? Svp monsieur?
Je l’ai pas encore mentionné, mais depuis le début, je pense à Po, j’essaie de me convaincre que c’est rien, mais j’ai pas osé retourner chez moi pour aller vérifier si elle va bien. « Y’a pas de danger pour votre chat, inquiétez-vous pas. » Vous êtes sûr? « Certain. »
Même si c’est pas vrai qu’ils sont sexy, les pompiers inspirent naturellement le respect et la confiance. Dès le premier coup d’oeil, on sait pas pourquoi mais ils sont rassurants et admirables, contrairement aux policiers. Les voisins sont entassés sur le trottoir. Wow, méchante gang. Je connais pas la moitié d’entre eux. Une voisine que j’ai jamais vue me dit qu’elle a remarqué que l’air était incommodant « mais bon, on respire tellement d’odeurs chimiques dans une journée qu’on finit par s’habituer à tout… » Gaston me dit « c’est toi qui les as appelés? », je dis oui, que ça m’inquiétait, mais j’avais bin peur de déranger tout le monde pour rien. Gaston me dit qu’il a rien senti parce qu’il a les narines finies. Je lui demande pas pourquoi. Le monsieur à moustache qui a un accent italien ou portugais (je sais pas faire la différence) est vraiment dedans et nous fait un show. Il fait les cent pas dans la rue en se lamentant, hyper théâtral : « Ah ah ah! C’est looong! Jé travaille démain! » Ah ouin? T'as des tuyaux à débloquer? Une princesse à secourir? Tout le monde le niaise, personne peut croire qu'il travaille un samedi matin. Des passantes s’arrêtent pour se prendre en photo avec les pompiers, qui eux se font siffler dans la rue pendant qu’ils font leur travail. Un caméraman d’un poste quelconque de tévé espère faire des bonnes shots. Manne, tu perds ton temps : c’est une opération longue et pas télégénique. Tom Savini de Longueuil est de grosse bonne humeur, il arrête pas de faire des blagues avec Monsieur Zombie et avec moi, il rigole : « Hihi! On va prier pour ton chat! Hihihi! » Po… J’essaie d’oublier que je suis inquiète en riant avec les voisins. J’en profite pour demander à Gaston si je le dérange encore, si je fais toujours du bruit sur sa tête. Il dit que non, que c’est correct, sauf quand j’ai mes souliers, pis que « l’ancienne voisine a devait peser 300 livres, je l’entendais BANG BANG BANG jour et nuit. Toé, c'est bin moins pire. » Oh. Je pense que je commence à le comprendre un peu mieux.
Cette ambiance de party (forcé) de voisins est vraiment étrange et intéressante, et j’aimerais ça rester pour savoir ce qui nous vaut cette évacuation, mais j’ai trop frette pour rester figée dehors. Oui, moi je claque des dents à 21°C. Alors je pars chez Mathieu pour aller me chercher une chemise. Je le rappelle et il me dit qu’il va m’accueillir avec une couverture de sinistrée. Il me rejoint à mi-chemin avec son beau coat de jeans avec du pwel de pimp. Aon.
Quand je suis revenue, le party était fini. Pus de voisins, pus de pompiers, l’air était correct. Tout ce que j’ai su, c’est que c’était probablement du poivre de cayenne qui m’avait vargé en pleine face.
Cette aventure urbaine m’aura laissée avec un tourment qui part pas : j’aurais même pas essayé de sauver Po dans une maison en flammes. J’ai honte.



