vendredi 30 décembre 2011

Yé, des mot-clés!


1- lora zepam blog (Aon?)
2- lorazepam blog (Aon.)
3- lorazepam blogue (Aon!)
4- l o r a z e p a m pour enlever la nausée que m’occasionne (J’aimerais ça comprendre. C’est carrément un extrait d’une vieille note.)
5- « maxym ringuette » (Je lui pars un vrai fan club en 2012, promis.)
6- dentist (Mon meilleur ami, normal qu'il soit en sixième position.)
8- zepam wikipedia (Toujours s’informer sur Wikipedia quand on vient de recevoir une prescription médicale. Ça rassure, oui oui.)
9- félix et ciboulette (Je comprends. Qui ne s’ennuie pas d’eux?)
10- lorazepam blogspot (T’es à la bonne place!)
11- homme le plus musclé du monde (Ça c’est parce que j’obsède bin raide sur l’homme le plus musclé du monde. C’est quand la dernière fois que je vous ai pas parlé de l’homme le plus musclé du monde? Han?)
12- jacob a poil (À poil sans aucun poil. Méchant loup-garou crédible. Es-tu content-e, là?)
13- l orazepam (Nouvelle orthographe?)
14- l.orazepam (Bin coudonc. Je vais penser à ça.)
15- maxym ringuette (Bin ouiiiii, là!)
16- ouaouaron (Aaaaw! <3)
17- photos sexy (Bon. Mettons que tu cherches « photos sexy » sur Google. Attends-toi à trouver du plus que sexy, OK?)
18- puritan irish stew (Aweille maudit coloc pas bon! Qu’est-ce t’attends pour faire d’autres critiques gastronomiques? Je t’ai pas acheté du manger à une piasse pour eurien!)
19- truck ki fait peur (Un monster truck, ça fait-tu?)
20- unknown pleasures (C’est ma fête! Je veux des bobettes Unknown Pleasures! Pis un casse de bain Unknown Pleasures! Tute!)
22- « richard suicide » (Juste ici.)
23- a enleve t pied de la table sinon je te tape 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 c pas grave dje vais te defonce sa face fion du cul (Je serais contente de savoir d’où ça sort. Sinon, c’est pas vraiment grave.)
26- anecdotes de chasse (Oui! Une autre bientôt!) 
27- annecdotes chasse (Non! >:O )
29- araignée avec bébé (Oui! Un jour, pour vous attendrir.)
30- bébé opossum (Tu sais que si tu cherches ça sur Google, on pourrait être amis?)
32- berger allemand patte palmée (Ça c’est parce que j’obsède sur le berger allemand à la patte palmée. Je vous en ai déjà parlé souvent.)
33- big gay phoque (Oui, c’est ici.)
44- chanteuse monique pouliot du groupe nuance (SANDRA DORION, CÂLASSE!)
45- chat avec gros penis (Ah, please…)
49- comment bien utiliser un cocring (Je peux t’apprendre à l’orthographier, ensuite on verra.)
52- comment éradiquer les punaises de lit (Si tu demandes à Fredoune, il va te dire que ça vaut même pas la peine d’essayer.)
53- comment exterminer des camellines (Je sais PAAAAS. Aussi bien apprendre à vivre avec, non?)
55- comment rester pauvre (Oui, je peux t’aider.)
57- demis roussos arthritique (Pas depuis qu’il prend du GÉNACOL, fier commanditaire du Retour de nos idoles!)
70- gay dans un fauteuil pres d une fenetre (C’est pas un poème de Frédéric Dumont, ça?)
71- gay gothique
72- gay gothiques
74- gothique cumshot (Ouin, je sais, chu plate.)
86- la plante qui reste toujours vivantes (Mais c’est la chanteuse de Nuance, voyons!)
93- lora zepam ecureuil
94- lora zepam écureuil
95- lora zepam écureuils
96- lora zepam écureuol (Mais pourquoi cette régression?)
101- lorazepam vie plate (Heille, c’est moi ça!)
106- monique pouliot chanteuse (Aaaaargh!)
109- oeil gothique et seringue (Ma mère me croit pas que je lui dis que les fétiches n’ont pas de limites.)
131- tigre de tasmanie à vendre (Désolée, cet item est en rupture de stock.)

lundi 26 décembre 2011

Je sais que je suis en retard pour l'annoncer, mais :



J'ai commencé à bloguer chez Terreur! Terreur! \o/
Tu peux y lire ma chronique sur les arthropodes. Vas-tu devenir ami avec le iule?

Beau iule dessiné par Darnziak

Mourir brûlé et souffrir beaucoup sont aussi des choses qui arrivent


Le temps des Fêtes me donne envie de m’enfermer et de jouer au Nintendo jusqu’à ce que mes mains n’en peuvent plus. Vendredi dernier, Darnziak et moi on a fait les trois quarts de Mario World, samedi j’ai joué à Dino Run, et hier, j’ai eu envie de refaire Zelda sur SNES, ce chef-d’oeuvre dont je me tannerai jamais. C’est donc ce que j’avais décidé de faire aujourd’hui, c’était ça ma mission, ça pis aller m’acheter des nouveaux légumes. Alors je me suis levée, après une nuit d’étranges rêves où j’étais internée en psychiatrie aux côtés d’un prédateur sexuel et où je devais combattre la fille de Naomi Watts possédée du Yâwbe, puis j’ai commencé à déjeuner en me disant que j’allais prendre mon temps pour faire Zelda, jouer comme j’aime jouer, parce que je suis pas du genre à faire des speed runs. C’est là que j’ai failli me tuer en avalant ma penule de travers : l’alarme à feu s’est mise à sonner. Bon, encore une fausse alarme… Il y a deux mois, l’alarme a supposément été réparée parce qu’elle sonnait toujours pour rien. Mais comme j’entendais pas mal de bruits inhabituels dans le bloc, j’ai sorti ma tête dans le couloir pour tchèquer ça. Ma voisine m’a dit qu’il y avait le feu pour vrai. Le peintre était dans les escalier : « Ouais, ça a l’air qu’y a un feu au troisième. » Euh. Argh. J’ai mis mes bottes et mon manteau, et je suis descendue pour voir si c’était sérieux. Ça sentait pas le feu. Alors j’ai pris la peine de remonter prendre ma tuque laitte pis mon beau foulard Rimbaud. Po était déjà cachée. Bouge pas, Po, j’orviens dans pas long, les pompiers vont juste venir faire une tite visite, comme d’habitude.

En temps normal, je suis pas du genre à m’énerver pour un pseudo feu. Mais en ce moment, en ce moment où mes nerfs sont tellement usés que je sursaute quand Gaston éternue, bin juste d’entendre les voisins crier « AU FEU! » c’était suffisant pour que je sois sur le bord de la grosse crise de nerfs. J’aurais pu faire des jokes aux pompiers, tsé, on les aime tellement, pourquoi sont pas venus passer le Réveillon avec nous, j’aurais pu rester pour socialiser avec mes voisins, rester pour m’assurer que c’est vraiment pas sérieux, que Po est en sécurité pour vrai. Mais non. Je suis pas restée, parce que je voulais pas vomir sur le trottoir toutes mes angoisses accumulées dans les derniers mois, dégueuler ma haine de cet immeuble puant, gerber du gros stress de tite fille inquiète qui dort mal. Je suis partie en marchant d’un bon pas, pour évacuer l’adrénaline inutile. 

Quand je suis revenue, les trois camions de pompiers étaient partis, un petit attroupement de voisins jasaient dans le hall. Monsieur Zombie a dit « c’est notre cadeau de Noël! » et il y avait cette petite madame qui a toujours l’air triste, elle était emballée dans sa robe de chambre, avec une face d’inquiétudes un peu plus inquiète qu'avant. Je lui ai demandé ce qui s’est passé. Elle m’expliquait ça, découragée, en cherchant ses mots. Tout ce dérangement à cause d’un pardu qui a décidé d’aller se coucher en laissant un truc sur un rond allumé. « Si le feu pogne ici, on est trente-deux qui meurent! » m’a dit Monsieur Zombie sans cligner des zoeils. Et Tom Savini de Longueuil m’a dit que « le bloc est tout en bois, et du bois sec, ça brûle comme du pétrol, hi hi! » puis il m'a demandé si mon chat allait bien puis on s’est dit « Bonne Année, là! » puis je suis retournée chez moi. Ma porte était même pas barrée, j’aurais pu me faire voler. Je trouvais pas ma Po. J’ai fouillé dans ses cachettes habituelles, elle était pas là, je l’ai appelée, puis elle a surgi d’une nouvelle cachette. Elle était encore toute épouvantée, j’arrivais même pas à la calmer, alors j’ai dû lui faire un massage énergétique pour opossum afin qu’elle se remette à vibrer.

Mathieu m’a tweeté : « Si tu vois un locataire avec une spirale de poêle imprimée sur la joue, fais-lui une jambette. » Oh que oui. DUDE, si t’es trop sua poffe pour cuisiner, va donc t’acheter du poulet graisseux!


Je ne connais plus Home Sweet Home depuis juillet 2011. Querisse.

vendredi 2 décembre 2011

Deuxième chronique sur les arthropodes : Les Salticidae


Bon. Étant donné que ma première tentative de rendre aimable une bebitte fut un gros échec - tu vois, j’ai écrit « échec » et non pas « fail » - mais pas un échec épique, quand même, parce que certains amis m’ont dit que c’était bin deurôle à lire, mais étant donné l’échec de mon but premier, donc, je descends d’une coche le niveau de difficulté et je te présente aujourd’hui un animal quioute. En fait, il s’agit de plusieurs animaux, car je veux dire quelques mots sur une famille d’araignées. Bin quoi, je vais pas me contenter de parles des araignées en général. Sais-tu combien il existe d’espèces d’aranéides? Kekchose comme 42 000, si je me fie à Wikipédia pis à mes souvenirs de lectures de livres passionnants. Mon espérance de vie étant trop courte, je vais donc pas m’attarder à chaque espèce. Mais je me dis que si chaque race de chien se mérite un livre (ou 42 000?), je me dis que chaque famille d’aranéides peut bien se mériter une note de blogue.

Les araignées sont largement craintes ou détestées. Très jeunes, on est conditionnés à les trouver effrayantes, si t’as un doute là-dessus fais juste te rappeler de quoi a l’air la section de l’Halloween au Douleurama. La peur des araignées doit bien être dans le top 10 des zoophobies, et ça m’a gâché la vie assez longtemps. Même si je savais qu’elles sont inoffensives, même si j’avais pas de raisons valables de les craindre, je pouvais pas m’empêcher de vérifier dans mes draps, mes chaussures, mes vêtements, tute, partout, pour m’assurer que c’était 100% spider free. Je me trouvais poche de faire ça, parce que les obsessions, ça demande de l’énergie et du temps, et parce qu’au fond de moi, j’aime tous les animaux, et les araignées aussi je les trouvais fascinantes. Puis, tranquillement, j’ai commencé à accepter de cohabiter avec des araignées. Je cessais d’appeler ma mère en criant pour qu’elle vienne ramasser le monstre. Mais le plus grand pas que j’ai fait, c’était par la force des choses. Quand j’ai commencé à vivre avec Patrick, on habitait un rez-de-chaussée pas pantoute bebittes free, et je me suis vite rendue compte qu’il avait peur des araignées. « J’ai pas PEUR, ça m’ÉCOEURE! » Ouais ouais, mais oui. C’est sûrement parce que ça t’écoeure que je t’ai déjà surpris dans la cuisine en train d’essayer de tuer une araignée avec une fourchette, en pleine crise de nerfs de madame. Qui c’est qui a expulsé la pauvre bête sans violence? Moi. Et j’étais assez fière. Enfin. C’est un peu ça qui m’a poussée à développer ma débrouillardise, parce que je pouvais pas compter sur Patrick pour me défendre des monstres, ni sur nos chattes beaucoup trop dénaturées pour même penser à agir comme des prédateurs. 

La première araignée que j’ai réellement trouvé belle, c’était une salticide, mais à ce moment-là je savais même pas ce que c’était. J’étais au chalet de mes parents, et on venait de trouver une araignée noire d’environ six millimètres. « Wow, on dirait une tarentule miniature! » Un corps trapu, des grosses papattes velues, une démarche saccadée, et, élément marquant, un motif destroy orange vif en forme de tête de squelette de tête de monstre*. Notre bébé tarentule a logé tout l’été sur notre table à pique-nique. Elle ne tissait pas de toile pour capturer des insectes, et le jour où je l’ai vu chasser, j’était É-BAU-BIE. Le Canal D live dans ma face! Je lui avais donné une mouche qui s’était semi-noyée dans le bock de bière de mon papa. La mouche marchait, mais elle ne volait plus. La belle salticide s’approchait de sa proie à une lenteur incroyable et si fluide - je pourrais faire un parallèle avec la danse contemporaine que j’ai vue cet été, mais je te laisse l’imaginer toi-même. Ses chélicères vibraient, mais dès que la mouche bougeait, elle s’immobilisait complètement. Comme si elle était vraiment vraiment tutessitée par cette chasse mais qu’elle faisait un gros effort pour se contenir! Mais là, mais là, je m’énerve moi-même et je fais de l’anthropomorphisme… Disons simplement que c’était juste BEAU de la voir chasser. 

Quand la salticide juge être assez près de sa proie, elle bondit dessur avec une précision remarquable que lui permettent ses zoeils frontaux médians, et c’est drette ce que mon araignée destroy a fait. (C’est d’ailleurs beaucoup grâce à son regard qu’elle est si quioute! Tu trouves pas? On n’est pas loin du bébé phoque, je trouve!) 

Plus tard, j’ai appris que mon araignée préférée** faisait partie de la famille des Salticidae, ou salticides, ou araignées sauteuses. Tu comprends pourquoi c’est les premières araignées que je présente? C’est possiblement les plus faciles à aimer. Si ça marche pas tussuite, faut pas que tu te décourages. C’est un long processus. En tout cas, moi je les trouve A-DO-RA-BES. Regarde-la bien dans les deux zoeils :



OK, c’est du photoshopé. Phidippus mystaceus ne sourit pas vraiment. J’ai mis ça juste pour faciliter la dé-monstrualisation de la bête. Mais je t’invite quand même à aller voir d’autres images d’araignées sauteuses, parce qu’elles sont étonnamment jolies et attachantes.

Si tu te sens prêt, regarde cette courte vidéo de monsieur Saitis barbpipes qui fait des moves de danse pour impressionner une madame afin d’amoureusement remplir sa spermathèque. Sa troisième paire de pattes est MALADE. C’est comme s’il était toujours habillé chic! Mais chic flashy!


Quand j’aurai fait des progrès dans ma lutte contre la phobie des arthropodes, je ferai une note sur les opilions, aka les faucheuses. Ces bebittes qu’on a trop souvent l’habitude de classer à tort dans l’ordre des aranéides (et on s’en veut à chaque fois qu’on fait cette erreur, je sais) me donnent encore des frissons. Je pense à mettre des photos d’opilions sur mes murs, question de me désensibiliser tranquillement.



*©mon neveu préféré
**Phidippus clarus, je crois.

lundi 28 novembre 2011

Comment insérer habilement des plogues et de l’autopromo dans une note de blogue

Je marchais sur St-Laurent pour me rendre au Sparrow en me demandant pourquoi je suis du genre à prendre une heure pour me préparer à quitter ma maison pas sucrée sans même prendre 30 secondes de ma vie pour noter l’adresse de ma destination. Ah, c’est facile, je l’ai écrite au moins quatre ou cinq fois aux gens que j’ai invités, c’est 5335, ou 5535, ou 5355. Peu importe, je sais à peu près où ça se trouve et je suis confiante. Alors je marche, pom pom pom, je suis optimistic, pom pom pom, et j’aperçois une silhouette que je connais. C’est Catherine Cormier-Larose! Chargée comme une mule! Elle revient de l’Expozine, où elle a vendu des belles affaires. Elle me dit qu’elle s’en va à son souper de pré-fête, puis elle me donne des cadeaux. « As-tu acheté mon livre? Tiens, je te l’donne » WAW le beau bébélivre pwelu! « T’as payé pour ta cassette? T’avais pas à la payer, je vais te rembourser… » Nenon, t'as juste à m'en donner une autre, je vais la donner en cadeau à un ami.


(Tiens, Fredoune, c’est ça le cadeau que je t’ai trouvé) :

Un SEX TAPE. (Visibles en arrière-plan : Fred Mahieu, Zviane, Richard Suicide et Iris. J’y reviendrai.)


Catherine a donné l’occasion à Vécké de diriger une des micro-revues du OFF-FIL, et Vécké a invité Alexie Morin, Meulie, Pit Boilard et moi (MOUAH MOUAH MOUAAAAH). La requête? Dessine-moi un pénis. J’ai dit oui tussuite! Dedans la cassette, tu trouveras : un mot de l’éditrice en cheffe et son entretien avec le Petit Prince de Sexamour; un jeu amusant, par Alexie; un dossier « Brutalité policière » par Pit Boilard, le Courrier du corps, de Meulie; mon texte C'est la faute à Peter Šťastný; et des beaux dessins. Pour trois dollars canadiens! Je dois avouer que je sais pas exactement comment tu peux te la procurer, mais essaie en contactant les Productions Arreuh, ou en m’écrivant. Et si tu me le commandes directement, je pourrai t’envoyer une version corrigée avec PAS mes grosses fautes laittes.

Je souhaite bonne fête à Catherine et je poursuis mon chemin. 5335? Non. 5355? Non. 5535? Non. Me semble que je suis rendue loin… Je me dis que je serais même pas surprise de croiser une sous-espèce de raton laveur que je connais pas. Vécké répond pas à mes textos de détresse, alors je texte Facebook. Réponse rapide de Bernard et Darnziak. Ah! Merci! Je reviens sur mes pas et je trouve le Sparrow, j’entre et je rejoins Mathieu. J’observe la place. Une tapisserie d’oies blanches. Un vitrail de mésanges à tête à noire. Mais… Mais! Sont où les moineaux? Je suis PAS D’ACCORD avec le décor!

Je me suis rendue là pour le lancement de Coming Envelope, dans lequel il y a des textes de Mathieurseno traduits en anglais. Je suis un peu mal à l’aise, je connais personne, je suis pas très bilingue alors je me sens incapable d’entretenir une conversation intéressante avec quelqu’un. J’écoute, mais je finis par me sentir un peu comme le moineau qui s’était enfermé accidentellement dans un Second Cup quand Oli et moi on avait fait notre petite virée montréalaise il y a un an presque jour pour jour. Le moineau volait dans tous les sens, il semblait pas trop être dans son élément. J’aurais aimé que Meulie soit là, elle aussi aurait aimé être là, mais elle est un peu malade. On se fait un peu de textothérapie. Je lui dis que Catherine vient de me donner Balades pour Ai Weiwei. « Il est écoeurant son petit livre pouelu. »



La lecture de Mathieu est superbe, il lit des textes malheureusement non publiés, qui sont superbes eux aussi. Sa traductrice lit les versions anglaises et ça sonne très bien, on dirait qu'elle a déjà vu Mathieu lire. Mais elle, elle lit pas avec ses pieds comme peut le faire Mathieu quand il est gros dedans. Savais-tu ça que Mathieu est capable de parler sans ponctuation? Il lit comme il écrit. C’est fou. J’assiste à toutes ses lectures pis je me tanne pas.

Je profite de la pause pour quitter le Sparrow. Je suis un peu déçue que ma fatigue dépasse ma curiosité d’entendre les autres. Mes membres sont engourdis de chatouillis de pus d’énergie, et je sais que je pourrai pas me laisser rouler jusque chez moi comme un tumbleweed, alors je prends ce qui me reste de HP et je pars avec le disque dur de Mathieu rempli de cadeaux pour moi : toutes les saisons des Simpson (avec doublage québécois, oué!) et des vieux Watatatow. J’ai ce qu’il faut pour hiberner. Yup yup yup yup yup.

mercredi 23 novembre 2011

Le soir où j’ai chillé avec Gaston

C’était encore l’été, dedans il faisait chaud mais dehors il faisait chaud correct, j’avais passé la journée devant l’ordi alors j’ai décidé sortir galoper dehors telle une pouliche qui sort de son box au printemps. Mue à la fois par le désir d’explorer mon nouveau quartier et par la culpabilité de ne jamais entretenir ma vieille carcasse ankylosée, je marchais vite vite au demi-trot, propulsée par mon bébéPod. J’ai marché jusqu’à ce que je sois vraiment écoeurée de marcher, stade ossetie que chfatikée.

Je retournais chez moi au petit trot, les jambes palpitantes, me disant que j’avais sûrement un système cardiovasculaire de marde. J’ai ouvert la porte de mon bloc, puis celle qui mène à la cage d’escaliers, puis PAF! ou plutôt PAKLAW! j’ai senti comme un coup de 2x4 dans face, ma première poffe d’air était vraiment douloureuse. Mon premier réflexe fut de sortir dehors en courant pour prendre une seconde poffe d’air, ça s’est fait super vite, comme quand tu restes trop longtemps sous l’eau pour examiner le motif de la toile au fond de la piscine et que tu réalises que t’as besoin d’air . Je me suis donc retrouvée dehors à me demander kessé que j’avais bin pus respirer pour ressentir ça. Il n’y avait pourtant pas d’odeur, pas de fumée, rien. Juste de l’air brûlant. La sensation m’a rappelée la fois où j’avais pris une grosse poffe de cendre accidentellement en fumant du pot avec mon premier chum. Mais cette fois-ci, je comprenais pas pourquoi. J’ai pensé appeler mon concierge, qui aurait pu me rassurer en me disant que c’est juste du stoffe chimique qu’il a épandu pour tuer les scutigères véloces, par exemple, mais j’osais pas l’appeler à minuit. Mais que vaiche ferge? J’avais besoin d’un avis.

J’appelle Mathieu, mais ça ne répond pas. Ah fuck, il est parti voir un show et je sais pas quand il revient. Ah, tiens, je vais appeler Patrick. Je m’assois sur le trottoir et je prends un ton décontracté pour lui expliquer ce qui se passe, même si en réalité, je sais pas pantoute ce qui se passe et que je commence à être un tout petit peu paniquée. Je veux juste un avis. Faut dire que le jour-même, mon nouveau médecin, un gentil monsieur un peu farfelu, m’avait dit que j’avais peut-être un trouble d’anxiété généralisée, ou peut-être autre chose, enfin, c’est le psychiatre qui va décider. Donc, si je suis folle, mon jugement doit pas être si bon, han? Je dois être en train d’amplifier les choses, non? « Ça doit être dans ta tête. Va dormir chez Mathieu. Si y’a vraiment quelque chose, tout va être réglé demain. » Et si demain tout mes voisins sont morts à cause d’une fuite de gaz toxique ou je sais pas quoi? Je me sentirai pas tellement mieux, tsé.

Je décide d’aller chez Mathieu en essayant de me convaincre qu’il va revenir bientôt. J’appelle Info-Santé. L'infirmière rit un peu, elle est vraiment embêtée, elle sait même pas quoi me conseiller. Je pourrais peut-être appeler le Centre antipoison? « Oui, c’est une bonne idée. Ils devraient être en mesure de vous dire ce qui peut causer une telle irritation. » Cette fois, la madame ne rit pas : il faut appeler les pompiers. Eux seuls peuvent vérifier la qualité de l’air pour savoir s’il présente un danger. J’appelle donc les pompiers. La deuxième madame est encore plus sérieuse, elle est prête à m’envoyer les pompiers drette-là. Mais c’est peut-être pas vraiment grave? Je suis peut-être encore plus fif des nasaux que je le croyais? « Madame, on ne peut pas prendre de tels risques pour la santé des autres. » OK, oui, c’est vrai, je comprends. Mais vous allez pas envoyer un camion de pompiers avec les sirènes pis toute, han? Je veux pas réveiller mes voisins. « On peut pas faire ça, madame, il y a un protocole très strict à suivre. » Oh damn. Moi qui n’osais pas réveiller mon concierge, voilà que j’apprends que le quartier au complet va savoir que je badtripe à cause d’un possible pet trop épicé pour mon tit nez. « OK, je vous donne l’adresse, mais pouvez-vous attendre 10 minutes avant de les envoyer? Je dois me rendre chez moi avant eux… » Oui, bin oui, c’est à cet instant que je me suis rappelée qu’il y a une caserne de pompiers à un coin de rue de mon bloc, en plus ça m’a pris du temps à m’en rendre compte, j'entendais des sirènes jour et nuit et j'en ai rapidement déduit que les gens du quartier étaient yinque des maudits pas bons de malhabiles qui sacrent le feu à tout instant. J’ai pas encore fini mon appel que je suis déjà en train de descendre les escaliers en courant, je dois arriver chez moi avant eux. Je m’en veux d’avoir dépensé toute mon énergie pour une marche inutile même pas héroïque. OH NO, je vois des lumières au bout de la rue. FUCK, je vois passer un homme en uniforme. Ohmondiou, y’ont peut-être pété les fenêtres et les portes! \o_O/

Argh, je voulais juste 2-3 pompiers discrets qui arrivent sur la pointe des pieds, et je me retrouve avec deux camions qui flashouillent de tous les bords et une dizaine de pompiers qui attendent à ma porte. Je suis si essoufflée que j’arrive pas à finir mes phrases. Oui... c’est moi qui ai appelé… mais… c’est peut-être pas si grave… je suis pas sûre de rien… juste pour vérifier…

Je donne ma clé aux monsieurs et ils montent les escaliers, équipés de leurs bidules pour tester la qualité de l’air et de leurs gros pénis de pompiers de calendrier de pompiers sexés. J’ai envie de leur dire de pas marcher trop fort pour pas déranger les voisins quand un voisin arrive à l'instant. Je lui explique la patente. C’est mon voisin gentil qui ressemble à Tom Savini mais avec des lunettes pis une coupe Longueuil. On franchit la première porte, puis je me mets à tousser. « Oui, c’est vrai que l’air est piquant… » On ressort dehors et on observe par la porte vitrée. Les pompiers sortent de la cage d’escaliers, commencent à cogner très fort dans la porte de chaque locataire. « POMPIERS! ON ÉVACUE! » Me confirment qu’il y a un manque d’oxygène à l’étage et qu’ils vont essayer de trouver ce qui rend l’air pas respirabe. « Vous avez bien fait de nous appeler. » OK, j’avais besoin d’entendre cette phrase pour dégonfler mon malaise un peu. Merci. J’peux-tu aller chercher mon chat? Svp monsieur?

Je l’ai pas encore mentionné, mais depuis le début, je pense à Po, j’essaie de me convaincre que c’est rien, mais j’ai pas osé retourner chez moi pour aller vérifier si elle va bien. « Y’a pas de danger pour votre chat, inquiétez-vous pas. » Vous êtes sûr? « Certain. »

Même si c’est pas vrai qu’ils sont sexy, les pompiers inspirent naturellement le respect et la confiance. Dès le premier coup d’oeil, on sait pas pourquoi mais ils sont rassurants et admirables, contrairement aux policiers. Les voisins sont entassés sur le trottoir. Wow, méchante gang. Je connais pas la moitié d’entre eux. Une voisine que j’ai jamais vue me dit qu’elle a remarqué que l’air était incommodant « mais bon, on respire tellement d’odeurs chimiques dans une journée qu’on finit par s’habituer à tout… » Gaston me dit « c’est toi qui les as appelés? », je dis oui, que ça m’inquiétait, mais j’avais bin peur de déranger tout le monde pour rien. Gaston me dit qu’il a rien senti parce qu’il a les narines finies. Je lui demande pas pourquoi. Le monsieur à moustache qui a un accent italien ou portugais (je sais pas faire la différence) est vraiment dedans et nous fait un show. Il fait les cent pas dans la rue en se lamentant, hyper théâtral : « Ah ah ah! C’est looong! Jé travaille démain! » Ah ouin? T'as des tuyaux à débloquer? Une princesse à secourir? Tout le monde le niaise, personne peut croire qu'il travaille un samedi matin. Des passantes s’arrêtent pour se prendre en photo avec les pompiers, qui eux se font siffler dans la rue pendant qu’ils font leur travail. Un caméraman d’un poste quelconque de tévé espère faire des bonnes shots. Manne, tu perds ton temps : c’est une opération longue et pas télégénique. Tom Savini de Longueuil est de grosse bonne humeur, il arrête pas de faire des blagues avec Monsieur Zombie et avec moi, il rigole : « Hihi! On va prier pour ton chat! Hihihi! » Po… J’essaie d’oublier que je suis inquiète en riant avec les voisins. J’en profite pour demander à Gaston si je le dérange encore, si je fais toujours du bruit sur sa tête. Il dit que non, que c’est correct, sauf quand j’ai mes souliers, pis que « l’ancienne voisine a devait peser 300 livres, je l’entendais BANG BANG BANG jour et nuit. Toé, c'est bin moins pire. » Oh. Je pense que je commence à le comprendre un peu mieux.

Cette ambiance de party (forcé) de voisins est vraiment étrange et intéressante, et j’aimerais ça rester pour savoir ce qui nous vaut cette évacuation, mais j’ai trop frette pour rester figée dehors. Oui, moi je claque des dents à 21°C. Alors je pars chez Mathieu pour aller me chercher une chemise. Je le rappelle et il me dit qu’il va m’accueillir avec une couverture de sinistrée. Il me rejoint à mi-chemin avec son beau coat de jeans avec du pwel de pimp. Aon.

Quand je suis revenue, le party était fini. Pus de voisins, pus de pompiers, l’air était correct. Tout ce que j’ai su, c’est que c’était probablement du poivre de cayenne qui m’avait vargé en pleine face.


Cette aventure urbaine m’aura laissée avec un tourment qui part pas : j’aurais même pas essayé de sauver Po dans une maison en flammes. J’ai honte.