vendredi 25 novembre 2011

Comment apprendre à aimer les bebittes (ou à moins les détester) : Chronique sur les arthropodes

MISE EN GARDE : SEXUAL CONTENT


J’ai longtemps eu une phobie des bebittes, toutes les bebittes. Et quand je dis bebittes, ça inclut aussi les plus quioutes comme les coccinelles pis les lucioles. Pas super pratique pour quelqu’un qui a passé tous les étés de sa vie à la campagne. Je parle au passé parce que je peux maintenant dire avec succès que j’ai presque pus peur, du moins je peux dire que ce n’est plus une phobie qui me gâche la vie, à l’exception des orthoptères en général et des camellines maculées en particulier. Mais je travaille fort sur ça, je vous le jure. Et si j’écris cette note en ce moment, c’est pas pour vous regarder de haut, vous qui vivez avec cette terreur de rencontrer un mini-monstre dans votre douche ou en ouvrant une boîte de livres qui sort de la cave. Non. C’est parce que j’ai un grand coeur — il est petit mais il est grand — et que je veux partager les trucs qui ont fonctionné avec moi. Ça fait longtemps que je veux parler des insectes et autres créatures apparentées, je connais tant de gens qui en ont une phobie grave ou un profond mépris. Je pense entre autres à Éric, qui peut pas supporter de juste en entendre parler, et à Fredoune, qui me parlait l’autre jour de son écoeurantite des punaises de lits (voir Un peu fatigué, c’est du gros beau). Je lui ai dit que j’essaierais de lui faire aimer (ou moins détester) ses punaises de lits.

Alors, t’as peur des bebittes? Tu les trouves dégueuses? Tu voudrais que ça change? Alors si tu veux, je t’accompagne dans ton apprivoisement graduel des bebittes.

Je commence ça big et je vous présente Cimex lectularius aka la punaise de lit. Si tu as déjà été intime avec Cimex lectularius, il se peut que tu ressentes des démangeaisons juste en lisant ces lignes. C’est normal. Respire bien. Ça va passer. Ça finit toujours par passer. Bien sûr, même les ceuzes qui n’ont aucune phobie des insectes peuvent la trouver repoussante parce qu’elle est dans la vilaine team qu’on appelle LES PARASITES. Heureusement, c’est un ectoparasite visible, de sorte que tu feras pas un badtrip en t’imaginant que des punaises logent dans ton cerveau et pondent des oeufs dans ta zone du rationnel. Non, parce que ces parasites sont visibles à l’oeil nu : ils mesurent environ de 4 à 7 mm de longueur. Sauf ceux qui font 15 pieds et mangent des villes entières. Mais t’en fais pas, ceux-là se cachent pas dans ton matelas.

(OK, je m’interromps. Puis-je éviter le mot parasite? Je trouve ça quand même un peu péjoratif, et ça t’aiderait pas à trouver quelque chose de quioute à C. lectularius. Bon, merci. Je poursuis.)

Moi je vous le dis, un de mes meilleurs trucs pour apprécier les bebittes, c’est de les voir en gros plan. Sur photo, pour commencer. Je crois beaucoup au processus de désensibilisation dans le traitement des phobies simples, mais il est important d’y aller à son rythme, sinon on risque d’empirer son cas. Aussi, je précise que pour moi, regarder de près une petite bestiole ne me sert pas juste à en avoir moins peur, mais surtout à essayer de la trouver belle. J’ai commencé ça avec les araignées quand j’étais enfant, je vous en reparlerai plus tard.

Moi, quand je regarde cette grappe de punaises, j’ai la chair de poule. Alors fais comme moi et tourne ton regard vers ce gros plan :


En tout cas, quand je regarde cette belle grosse face de punaise, je dis AON pis ça me donne envie de revoir Naked Lunch. Oui, pense à Naked Lunch. Maintenant, la trouves-tu un peu plus cool, notre bebitte? Pas convaincu? J'essaie encore.

C. lectularius est fine pour une chose : quand elle te mord, elle fait ça gentiment. Tu sens rien. Après, par contre, ça pique que l’crisse. Mais bon, c’est mieux que rien, non? Les piqûres de maringouines, elles, te piquent pendant ET après. De plus, c’est un super-animal. Non seulement C. lectularius a-t-elle développé une résistance fort admirable aux insecticides, mais en plus, un adulte peut survivre des années sans se nourrir (de ton sang). Des années! Moi je fais des crises de nerfs après à peine six heures de jeûne, faque : respect à toi, Cimex lectularius. Juste au cas où ça t’inquiéterait, sache qu’elle te donnera pas le sida ni l’hépatite. Et si t’es game de cohabiter avec des punaises de lits, il se pourrait que tu développes une résistance aux piqûres et devenir un super-animal toi aussi. N’est-ce pas complètement FOUMALADEDANSTÊTE?

Faut surtout que je te parle de sa vie sessuelle. Même Ed Hardore a pas encore écrit une histoire de cul aussi gore. (Je vais pas m’étendre sur ça trop longtemps parce que je sais que t’es capable de fouiller Google autant que moi.) Quand j’ai appris l’existence des punaises de lits, je savais même pas c’était qui, Gougueule. J’avais lu un livre dont j’oublie le titre, mais je me souviens que ça portait pas sur les punaises de lits, ça parlait de plein de phénomènes étranges, et Cimex lectularius était dedans à cause de son mode de reproduction traumatique. Traumatique, oui. Imagine qu’un monsieur veut mettre pepa dans meman. Mais que le monsieur, au lieu de fourrer la madame dans son vagin (ou dans ses fesses), il la prend du bord que ça lui tente et lui transperce le ventre avec son pénis-dard, ou la défonce uniquement grâce à son cumshot hyperpuissant. Il l’insémine comme ça. Kin toué, la madame. Les spermatozoïdes trouvent leur chemin. De la fourre extragénitale, quoi. Aussi, monsieur punaise ne fait pas bien la distinction en les messieurs et les mesdames. Et puisque les punaises mâles ne peuvent se reproduire entre elles, punaise bottom envoie un message par phéromones à punaise top pour lui signaler que ça serait pas utile qu’il mette son précieux sperme dedans lui. Il existe plusieurs variantes sessuelles en fonction des espèces, alors pour plus de détails, lire le premier texte ici.

Si tu es malheureusement pogné dans une infestation de punaises de lit, il existe plusieurs méthodes chimiques et physiques pour t’en débarrasser (Google, yeault!). Mais moi, la première chose que j’essaierais, comme le suggère avec raison Ed l’entomologiste amateur, c’est la lutte biologique avec son ennemi mortel, la scutigère véloce. D’ailleurs, cette coquine mériterait bien une note à elle toute seule.


En espérant que cette première chronique t’aura été un peu utile, sinon bin tu vas au moins te rappeler du nom latin des punaises de lit.

10 commentaires:

SymonDou a dit…

euargh... des punaises de lit... En déjà eu... Crisse de kossin c'te bebitte là.

Lorazepam a dit…

Ataboy. C'est un échec. Les seuls commentaires que j'ai eu c'est des OUA-CHE.

Mais je lâche pas pour autant!

Ed. a dit…

Tu sauras, Lora, que j'ai déjà écrit une histoire de perçage de trou pour fourrer n'importe où dans le corps, sur un blogue UK dans le temps de 20six (ça nous rajeuni pas). Ça s'intitulait Motel, c'était un feuilleton, pis ça va devenir une novella ou roman (j'y travaille depuis 1 mois) avec un tout nouveau titre : Panique chez les pin-ups. En plus du perçage de trou pour fourrer, l'intrigue tourne autour de not'scutigère véloce préférée, mais en gang. Faque heille wôô t'sais.

(j'aime tes trucs, mais j'aime pas plus les beubittes)

(j'aime être un « libellé »)

Bisous.

Lorazepam a dit…

Maaaaah! :O
Je me souviens avoir lu le début d'un feuilleton, ça se déroulait dans un motel crade, il y avait un gars et une fille assez jeunes, il y avait sûrement des coquerelles mais je les ai peut-être imaginées, mais je me souvenais pas du tout des trous. (Des trous percés.) J'étais déçue de n'avoir jamais eu la suite, et là j'apprends que tu y travailles ET qu'il y aura des scutigères? Et des trous?

T'es ma bonne nouvelle du jour.

Ed. a dit…

Non. C'est pas ça. Ce dont tu parles, c'est des scénarios de courts-métrages que j'ai écrits. Le feuilleton sur 20six, c'était à la fin 2004 début 2005. T'étais peut-être pas encore née à cette époque...

Lorazepam a dit…

Aaaah! OK!
À cette époque, j'étais un embryon, je pense.

Ed. a dit…

Faux. T'étais une embryonne. J'pense.

Lorazepam a dit…

J'étais un embryon, mais Peter Šťastný a tute fucké la patente.

Ed. a dit…

Maudite marde.

Lorazepam a dit…

Ouais. Et ce sont mes premiers mots.